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Présentation du Nigeria

Présentation

Données générales

Nom officiel : République fédérale du Nigéria
Nature du régime : république fédérale
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : Muhammadu Buhari (élu le 28 mars 2015)

Données géographiques

Superficie : 923.773 km²
Capitale : Abuja
Villes principales : Lagos, Ibadan, Benin City, Kano, Port Harcourt
Langue (s) officielle (s) : anglais
Langue (s) courante (s) : haoussa, yorouba, igbo
Monnaie : Naira
Fête nationale : 1er octobre

Données démographiques

Population : 173 millions d’habitants (PNUD 2014)
Densité moyenne : 188 hab./km2 (INSEE 2013)
Croissance démographique : 2,8% (Banque Mondiale 2012)
Espérance de vie : 52 ans (PNUD 2013)
Taux d’alphabétisation : 61,3% (PNUD 2012)
Religion (s) : islam, christianisme, religions traditionnelles
Indice de développement humain : 152ème sur 187 (PNUD 2014)

Données économiques

PIB : 522 Mds$ (FMI, 2013), 574 Mds$ (estimation FMI 2014)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB : services (incluant notamment les services financiers et assurances, le logement, le commerce) : 52%, Industrie (pétrole et gaz) : 14,4%, Agriculture : 22%, autres industries : 11,6% (dont industrie cinématographique et musicale à hauteur de 1,42%).
PIB par habitant : 2 710 USD (FMI 2014)
Taux de croissance : 6,3% (FMI 2014) - les estimations du FMI sont de 4,5% en 2015 et 5% en 2016
Taux de chômage au sens du BIT : 24 % (FMI 2011) - La Banque mondiale estime que le chômage affecte 38% des jeunes.
Taux d’inflation : 8,1 % (FMI 2014)
Balance commerciale : excédentaire à 47 Mds$ (OMC 2013)
Principaux clients : Union européenne (35,6%), Etats-Unis (16,9%), Inde (11,1%), Brésil (7,5%), Chine (5,6%) (OMC, 2013)
Principaux fournisseurs : Union européenne (23,3%), Chine (21,5%), Etats-Unis (13,6%), Inde (8%), Brésil (8%) (OMC, 2013)
Exportations de la France vers le Nigéria : 1, 51 Mds€ (DGT 2014)
Importations françaises depuis le Nigéria : 4,11Mds€ (DGT 2014)

Autres données

Indice Mo Ibrahim de la gouvernance africaine 2015 : 37ème sur 52
Classement Doing Business 2015 : 170ème sur 189
Initiative pour la Transparence des Industries extractives : le Nigéria a été déclaré conforme le 1er mars 2011. Echéance de la prochaine validation : 26 février 2016
Transparency International 2014 : 136ème sur 175

http://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/nigeria

Consulat (s) de France : Lagos
Communauté française au Nigéria : 1 732 ressortissants français inscrits au registre des français établis hors de France au 31 décembre 2014 (dont 428 binationaux)
Communauté nigériane en France : 2 400 personnes environ

Politique intérieure

Le nouveau gouvernement devra faire face à des enjeux importants.

Lutter contre l’insécurité, et prioritairement contre Boko Haram

  • Le président élu veut éradiquer le groupe terroriste Boko Haram en s’appuyant en priorité sur l’armée nigériane. Il a promis de lui donner les moyens financiers et logistiques nécessaires pour vaincre les terroristes, et de poursuivre la collaboration régionale avec les pays voisins (Tchad, Cameroun, Niger, Bénin).
  • Afin de développer la région pauvre du nord-est, le président Buhari envisage de relancer la prospection pétrolière dans l’Etat de Borno et souhaite promouvoir des solutions permettant de préserver les activités liées à la pêche et à l’agriculture autour du Lac Tchad.
  • Le delta du Niger, l’une des régions les plus pauvres du Nigeria et les plus polluées du monde malgré ses richesses pétrolières et gazières, demeure sensible. Le programme d’amnistie lancé en 2009 par le gouvernement fédéral a permis de ramener un calme relatif ; il prend fin cette année. Sa reconduction est un enjeu pour le président Buhari, qui pourrait, s’il décidait sa suppression, affronter une nouvelle rébellion de cette région qui reste acquise au Parti Démocratique du Peuple (PDP) et au Président sortant Jonathan. Buhari s’est également engagé à lutter contre la pollution liée à l’exploitation pétrolière, et à mettre en œuvre les recommandations du Programme des Nations-Unies pour l’environnement issues de son rapport publié en août 2011
  • La Middle Belt, ce Nigeria du « milieu », est une zone qui connait une augmentation sensible des violences, et forme le troisième front de la violence au Nigéria.

Lutter contre la corruption, promouvoir une croissance plus inclusive et réduire les inégalités économiques

  • Le Président Buhari souhaite engager plusieurs réformes, visant en priorité le secteur pétrolier. La première puissance économique du continent africain souffre d’une conjoncture défavorable (baisse du prix du pétrole, diminution des ressources budgétaires affectant le budget fédéral et des réserves de change, recours à l’emprunt, taux de croissance revu à la baisse) et dépend encore trop des exportations de pétrole brut.
  • Les orientations données par le nouveau pouvoir s’articulent d’abord autour des secteurs pétrolier et gazier, et de l’énergie : fin des subventions à l’importation de produits raffinés et développement des raffineries, refonte de l’administration du secteur dans la transparence, mise en place de tarifs de gaz et de conditions d’exploitation favorables aux investisseurs, finalisation des privatisations en cours dans les sous-secteurs de la génération et de la distribution d’électricité.
  • La politique agricole (21,6% du PIB), quant à elle, ne devrait pas connaître de changement (développement de l’agro-industrie) et devrait être davantage régionalisée.

Boko Haram

Le Nigeria affronte depuis plusieurs années la menace du groupe terroriste Boko Haram, qui a longuement sévit principalement dans le Nord-Est du pays (Etats de Yobé, Adamawa, Borno) et contrôlé jusqu’à vingt mille kilomètres carrés. Le Cameroun, le Tchad et le Niger ont également été durement frappés sur leurs territoires. La dégradation de la situation a conduit au déclenchement d’une offensive tchadienne en janvier, appuyée par les forces nigériennes et relayée par l’armée nigériane. Elle a permis un reflux notable et la reprise de la plupart des villes tenues par Boko Haram, Le groupe terroriste conserve toutefois sa capacité de nuisance.

La mise en place d’une force multinationale mixte (FMM), décidée par l’Union africaine, est en cours. Le Nigeria a promis une contribution de 100 M$ pour la soutenir (dont 20 M$ ont déjà été versés au Tchad).

Les discussions sur une résolution au Conseil de sécurité des Nations Unies devraient reprendre le projet après l’installation des nouvelles autorités nigérianes.

La France a joué un rôle de facilitateur de la coopération régionale avec les pays voisins francophones, grâce notamment au sommet de Paris (17 mai 2014).

La France soutient (pour près de 10 M€) les armées tchadienne, nigérienne et camerounaise en partageant du renseignement, en facilitant leur coordination et en fournissant un soutien logistique et des formations. Nous contribuons également à l’effort international (à hauteur de 5,5 M€ à ce stade) en matière humanitaire (1,65 million de déplacés), sans compter notre aide au développement pour les pays concernés.

Les partenaires américain et britannique apportent aussi une aide substantielle. La Commission européenne poursuit son aide humanitaire et pourrait financer la force régionale.

L’histoire personnelle de Muhammadu Buhari, ancien militaire ayant mené lorsqu’il était au pouvoir (1983-85) une politique de répression vigoureuse contre le groupe islamiste Maitatsine, laisse présager un traitement plus souverainiste de la lutte contre Boko Haram. Il devrait entreprendre une réforme de l’armée.

Situation économique

Eléments structurels

Avec un PIB de 574Md$ à la fin 2014, le Nigéria est la 1ère économie d’Afrique, devant l’Afrique du Sud. Le pays est au 26ème rang mondial en nominal et au 20ème rang mondial en parité de pouvoir d’achat. En 10 ans, le Nigéria est devenu un acteur déterminant de la transformation économique du continent. Sur la période, la croissance continue y a atteint 6% par an (chiffres révisés par le FMI).

En plus de 10 ans, la répartition sectorielle du PIB a été structurellement transformée. Le pétrole et le gaz ne représentent plus que 14,4% du PIB (20 points de moins par rapport à 2003), cette situation est due à la stagnation des capacités de production pétrolière couplée avec une augmentation de la part des services (52 %) dans l’économie. Les hydrocarbures représentaient toutefois en 2014 90% des exportations totales. L’agriculture ne représente plus que 21,6% du PIB (contre 40 % en 2003). Le pays connaît une révolution manufacturière (près de 7% du PIB hors-pétrole, contre 2% il y a 10 ans). Cette transformation dans les secteurs des services et de l’industrie est à l’origine de l’émergence d’une classe moyenne aux revenus mensuels supérieurs à 645$ estimée à une vingtaine de millions de Nigérians.

Au cours de la décennie 2003-2013, les investissements directs étrangers (IDE) ont été de 4Md$.

Le développement de l’emploi est un enjeu d’importance. 50% des Nigérians ont moins de 18 ans, le taux de chômage officiel est de 24% et 60% de la population vit actuellement avec moins d’un dollar par jour.

Conjoncture économique

L’année 2014 est marquée par un affaiblissement de la croissance lié à la chute des cours du pétrole.

Depuis septembre de la même année, la bourse a connu une baisse de 30% de sa capitalisation boursière. L’élection du candidat Buhari a en revanche entraîné un rétablissement partiel de celle-ci. La banque centrale a dévalué à deux reprises le naira par rapport au dollar (novembre 2014 puis février 2015). Selon certains experts, le Président Buhari pourrait encourager une nouvelle dévaluation du naira en début de mandat.

La baisse des revenus pétroliers a entraîné mécaniquement la baisse des rentrées de devises étrangères. A la mi-mai, les réserves de change se situent à 28Md$, un niveau inférieur de près de 9Md$ à la moyenne 2009-2013 (37,6Md$) soit environ 4 mois d’importations (7,5 mois en 2013).

Finances publiques

Alors que les ressources budgétaires proviennent encore à 75% des hydrocarbures, le contre-choc pétrolier apparu au cours de l’été 2014 affecte le budget (le budget 2015 voté en avril affichait une baisse de 12,5% par rapport à 2014). Les réserves du compte pétrolier (3,5Md$) sont au plus bas depuis sa création en 2004 (contre 28 Md$ lors de la crise de 2008), et la capitalisation du Fonds souverain ne dépasse pas les 2Md$.

Il est cependant peu probable que le nouveau gouvernement puisse mettre sur pied un collectif budgétaire d’ici la fin de l’année. Il devrait s’attacher, dans les premiers mois de son exercice, à lancer un grand audit des finances publiques.

Par manque de consensus politique, la refonte du système fiscal est peu probable. Pour rappel, en 2014, les rentrées budgétaires de la Fédération se sont distribuées de la façon suivante : 75% provenaient du secteur pétrolier (taxes et royalties), moins de 15% des impôts et environ 10% provenaient des douanes. Le niveau des impôts est donc anormalement bas (7% du PIB contre 25% en Afrique du sud). Mais, pour des raisons politiques, il devrait être difficile au nouveau pouvoir élu de procéder à une réforme de fond qui impliquerait de réviser la clef de répartition des recettes entre l’Etat fédéral, les Etats fédérés et les collectivités locales et d’être impérativement rattaché à un audit de gestion des Etats fédérés.

Dans ce contexte, le gouvernement Buhari pourrait reprendre les mesures envisagées par l’administration sortante : (i) mettre en vente de nouvelles entreprises publiques ; (ii) désubventionner totalement l’essence. S’il adopte le doublement de la TVA de 5 à 10%, le nouveau gouvernement aura mis en œuvre les réformes préparées par le gouvernement précédent.

Situation de la dette

Le gouvernement recourt à des emprunts pour financer ses plans de développement des infrastructures électriques et de transport. L’emprunt a toutefois servi dès le premier semestre 2015 à payer les salaires de fonctionnaires et l’achat d’armements.

85% du stock de la dette est composé par des titres de créances (obligations du Trésor et du gouvernement fédéral essentiellement). La dette nigériane comporte un faible risque de surendettement de l’Etat fédéral : le service de la dette est contenu à 12 % du PIB, dont seulement 1,5% du PIB en dette externe.

En revanche, le service de la dette absorberait cette année 36 % des recettes budgétaires fédérales.

Perspectives

Le nouveau gouvernement devrait inscrire son action dans la continuité de l’administration précédente s’agissant de l’objectif de faire du pays, d’ici 2020, une des 20 premières économies mondiales.

Le Nigeria a en effet lancé, en 2009, un programme de réformes structurelles de grande ampleur, appelé agenda de la transformation. Cet agenda a été complété par un programme de révolution industrielle visant à promouvoir des champions industriels nationaux, et à attirer les investisseurs internationaux.

Les grandes orientations de cet agenda pourraient cependant évoluer : politique budgétaire plus expansionniste, grands travaux pour réduire le chômage, dévaluation de la monnaie locale…

Politique extérieure

Le Nigéria s’est imposé comme un acteur diplomatique de premier plan en Afrique de l’Ouest et au sein de l’Union africaine. Le pays est membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour le biennum 2014-2015.

Il contribue à promouvoir la CEDEAO, dont le siège est à Abuja et qui constitue un instrument fondamental de l’influence du Nigéria en Afrique et dans sa relation avec l’UE. En 2007, le Nigéria a pesé de tout son poids au sein de cette organisation pour que celle-ci refuse de signer dans les délais impartis un Accord de Partenariat Economique (APE) avec l’Union européenne.

Le Nigeria est membre de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT), l’une des plus anciennes institutions régionales africaine (création en 1964). L’organisation compte 6 pays : le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad, la RCA et la Libye. Son siège est à Ndjamena au Tchad.

Engagé en faveur du maintien de la paix depuis les années 1960, le Nigéria est actuellement le 5ème contributeur mondial (et le second du continent africain après l’Ethiopie) aux opérations de maintien de la paix (OMP) des Nations Unies avec un total de 4 800 casques bleus. Entre janvier 2005 et janvier 2013 il s’est systématiquement positionné parmi les 10 plus importants contributeurs en termes de troupes.

Le pays participe actuellement à 10 des 16 opérations de maintien de la paix des Nations Unies en cours. Ses contributions majeures sont déployées au sein de la MINUAD au Darfour (2 543 hommes soit 17,6% de l’effectif total) et de la MINUL au Libéria (où le Nigéria est par ailleurs engagé sous l’égide de la CEDEAO – ECOMOG).

En 2013, le Nigéria a été parmi les premiers Etats africains à déployer des troupes au Mali au profit de la Misma (1 200 hommes), dont il avait le commandement, puis de la Minusma. Un retrait de ce contingent a été effectué en juillet 2013 (seuls 261 personnels ont été maintenus).

Le litige opposant le Nigéria et Cameroun, relatif à la souveraineté de la presqu’île de Bakassi, a été tranché par un arrêt de la Cour internationale de Justice du 10 octobre 2002, mais il a fallu attendre 2006 et l’accord de Greentree pour que le Nigéria s’y conforme. La République du Cameroun exerce sa souveraineté, depuis octobre 2013, sur la totalité de la presqu’île. Un programme des Nations Unies approuvé par les autorités nigérianes et camerounaise a vocation, dans cette région frontalière, à promouvoir des micro-projets sociaux-économiques au bénéfice des populations concernées par l’arrêt de la Cour.

Enfin, le Nigéria exerce une influence importante sur son environnement régional grâce à son poids démographique et l’importance de sa diaspora, sans oublier la puissance financière de ses banques et le rayonnement de sa production audiovisuelle (troisième producteur de films au monde).

Mise à jour : 21.05.15

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