Accès rapide :

Présentation du Liban

Présentation

Données générales

Nom officiel : République libanaise
Nature du régime : République parlementaire
Chef de l’Etat : M. Michel Aoun (depuis le 31 octobre 2016)- Président du Conseil des Ministres : M. Saad Hariri (depuis le 3 novembre 2016) - Président du Parlement : M. Nabih Berry (depuis 1992)

Données géographiques

Superficie : 10.452 km2
Capitale : Beyrouth
Villes principales : Tripoli, Saïda, Tyr, Zahlé
Langue officielle : arabe (depuis 1943), statut particulier du français (membre de l’OIF, langue encore utilisée dans l’administration, large réseau d’établissements scolaires et universitaires francophones).
Langues courantes : arabe libanais, français, anglais
Monnaie : livre libanaise (1 USD = 1507,1 LL)
Fête nationale : fête de l’Indépendance, 22 novembre

Données démographiques

Population (évaluation en l’absence de recensement depuis 1932) : 3,9 millions dont 465.000 réfugiés palestiniens enregistrés par l’UNRWA
1,18 million de réfugiés syriens comptabilisés par le HCR et 50.000 Palestiniens de Syrie comptabilisés par l’UNRWA
Indice synthétique de fécondité : 2,1
Espérance de vie : 71,7 ans
Taux d’alphabétisation : 88,5 %
Répartition par communautés confessionnelles (sur la base des recensements électoraux de 2005) : chiites (31%), sunnites (29%), druzes (5%), chrétiens maronites (20%), grecs-orthodoxes et autres catholiques (12%), Arméniens (3%)
Indice de développement humain : 0,791

Données économiques

PIB (nominal) : 51,16 mds$ en 2015 (est. FMI)
PIB par habitant (nominal) : 11 244 USD en 2015 (est. FMI)
Taux de croissance en volume du PIB : Entre 0% et 1% en 2015 (est. Banque Centrale / FMI)
Taux d’inflation (moyenne annuelle 2015) :

  • -0,3% d’après le Consultation Research Institute ;
  • - 3,8% d’après l’Administration Centrale des Statistiques. Déficit budgétaire : 7,9% du PIB en 2015. Dette publique brute : 70,3 mds$ à la fin de l’année 2015 (soit 137,4% du PIB). Solde de la balance commerciale : - 15,12 M$ en 2015 (soit 30% du PIB).

D’après les données du FMI (DOTS), la France était le 4ème fournisseur du Liban sur les dix premiers mois de l’année 2015 (part de marché de 6,09%) après la Chine (11,99%), l’Italie (7,45%) et les Etats-Unis (6,37%).
D’après les Douanes libanaises, la France était le 4ème fournisseur du Liban en 2015 (part de marché de 6%) après la Chine (11,5%), l’Italie (7,1%) et l’Allemagne (6,8%).
D’après les Douanes libanaises, la France était le 18ème client du Liban en 2015 et le 10ème hors pays du Moyen-Orient.

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 5 %
  • industrie : 20 %
  • services : 75 %

Exportations de la France vers le Liban : 998 M€ d’exportations en 2015
Importations françaises depuis le Liban : 54 M€ d’importations en 2015
Balance commerciale avec la France : +944 M€ en 2015 (+1,07 mds € en 2014).

http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/liban

Consulat Général de France : Beyrouth
Institut français : Beyrouth ; antennes à Tripoli, Zahlé, Baalbek, Jounié, Deir el Qamar, Saïda, Tyr et Nabatiyeh
Lycées français : 6 Lycées (Beyrouth, Tripoli) conventionnés par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et 34 établissements homologués par l’AEFE
Communauté française au Liban : environ 23.000 (22.525 immatriculés au 31 décembre 2013)
Communauté libanaise en France : environ 210.000

Politique intérieure

Situation politique

La crise syrienne a exacerbé la polarisation de la scène politique libanaise entre les partis du « 8 mars », favorables au régime syrien, ceux du « 14 mars », opposés à ce régime, et un pôle « centriste », comprenant notamment le chef druze Walid Joumblatt et l’ancien président Michel Sleiman. Les chrétiens sont divisés entre les partisans du Général Aoun, au sein du 8 mars, et les « souverainistes » du 14 mars (Samir Geagea et Amine Gemayel, notamment). Afin de préserver le Liban des retombées de la crise syrienne, qui divise profondément les Libanais, toutes les formations politiques ont souscrit, le 11 juin 2012, à l’initiative du président Sleiman, à la Déclaration de Baabda, qui rappelle l’attachement de tous les partis à la stabilité du pays et à son unité, ainsi que la nécessité du soutien à l’armée libanaise. La déclaration de Baabda a également consacré la « politique de dissociation » vis-à-vis de la crise syrienne, défendue en particulier par l’ex-président Michel Sleiman, dans le but de préserver la stabilité du Liban.

De 25 mai 2014 (fin du mandat de Michel Sleiman) au 31 octobre 2016 (élection de Michel Aoun) le Liban a connu une période de vacance présidentielle qui a conduit progressivement à la paralysie des institutions. Durant plus de deux ans, les pouvoirs du président ont été transférés au gouvernement d’entente nationale de Tammam Salam, qui avait été formé le 15 février 2014, après plus de dix mois de blocage politique consécutif à la chute du gouvernement de Najib Mikati en mars 2013. Le Parlement ne s’est réuni qu’une fois en 2016 et a vu son mandat prolongé, par deux fois, depuis 2016.

L’élection de Michel Aoun à la présidence de la République est une première étape dans la remise en marche des institutions libanaises. Le 3 novembre, le Président Aoun a désigné Saad Hariri Premier ministre et l’a chargé de former un nouveau gouvernement. Des élections législatives sont prévues en mai-juin 2017 et devraient permettre au Parlement de se renouveler.

Situation sécuritaire

Sur le plan sécuritaire, les retombées de la crise syrienne se sont aggravées et étendues depuis 2011. L’implication massive du Hezbollah en Syrie met notamment à mal la politique de dissociation. Plusieurs régions ont été touchées par les tentatives de déstabilisation alimentées par la crise syrienne et renforcées par l’arrivée au Liban de jihadistes venus de Syrie.

Dans ce contexte, la lutte contre le terrorisme a été une priorité du gouvernement Tammam Salam. Le démantèlement de plusieurs cellules terroristes a pu être observé. A Tripoli, fin octobre 2014, l’armée a mené un raid contre des terroristes se réclamant de Daech et a permis un retour au calme dans la majeure partie de la ville. Les forces de sécurité ont également repris le contrôle du quartier des jihadistes de la plus importante prison du pays, à Roumié en janvier 2015. Le 15 août 2015, le cheikh salafiste Ahmad al-Assir est arrêté à l’aéroport de Beyrouth et déféré devant un tribunal militaire.

Toutefois, de nombreux d’attentats frappent le territoire libanais depuis juillet 2013. Ces attentats ont en particulier visé les intérêts du Hezbollah et de l’Iran. Le 12 novembre 2015, l’attentat de Burj El Barajneh a fait 43 morts dans la banlieue sud de Beyrouth. Les intérêts iraniens ont été touchés par deux attentats suicide meurtriers : l’un contre l’ambassade d’Iran au Liban en novembre 2013, l’autre près du centre culturel iranien en février 2014. Les zones à majorité chrétienne sont également touchées. Le 27 juin, une vague d’attaques kamikazes avait fait 5 morts et 28 blessés dans le village chrétien de Qaa, près de la frontière syrienne. Le 31 août, un attentat à la bombe a fait un mort dans la région de Zahlé.

Par ailleurs le jurd d’Ersal, à la frontière avec la Syrie, est le lieu d’affrontements récurrents entre forces armées libanaises et jihadistes. Début août 2014, les offensives des jihadistes de Daech en Irak et en Syrie avaient conduit à la prise temporaire d’Ersal par une coalition de groupes armés du Qalamoun syrien, dont des éléments de Daech et du Front al-Nosra. Cette attaque avait entraîné la mort de 19 soldats et de nombreux civils.

Situation humanitaire

La guerre en Syrie a enfin entraîné l’arrivée d’un nombre considérable de réfugiés de Syrie : le nombre de ressortissants syriens enregistrés par le HCR atteint désormais 1,1 million, chiffre auquel il faut ajouter 50.000 réfugiés Palestiniens de Syrie selon l’UNRWA et plusieurs dizaines de milliers de réfugiés non enregistrés. Les réfugiés représentent désormais plus d’un quart de la population libanaise, à l’exclusion des Syriens déjà présents au Liban avant le conflit, dont le nombre s’élève à plusieurs centaines de milliers. Il s’agit de la plus grande proportion de réfugiés par habitants au monde à l’heure actuelle. Cet afflux a contribué à tendre une situation économique et sociale déjà fragile, alors que le contexte politico-sécuritaire a tari la manne touristique, notamment le flux de visiteurs du Golfe. Il alimente les craintes des autorités et de la population dans une situation où les infrastructures et services de base (eau, électricité, éducation…) sont sollicités bien au-delà de leur capacité.

Le gouvernement de Tammam Salam a décidé en 2014 de faire évoluer sa politique d’accueil dans un sens plus restrictif, d’abord vis-à-vis des Palestiniens de Syrie puis de tous les réfugiés. La frontière syro-libanaise est officiellement fermée aux réfugiés depuis le 20 octobre 2014, hormis pour les cas humanitaires. Depuis le 5 janvier 2015, les ressortissants syriens doivent se soumettre à de nouvelles procédures à la frontière syro-libanaise. Ces mesures ont conduit à une relative stabilisation des effectifs enregistrés auprès du HCR. La diminution globale de l’aide internationale, conjuguée à l’augmentation des besoins face à un conflit qui perdure, conduit cependant à une précarisation croissante de la situation des réfugiés sur les plans alimentaire et sanitaire, tandis que les communautés d’accueil libanaises rencontrent elles aussi des difficultés grandissantes. Lors de la conférence de Londres sur le soutien à la Syrie et aux pays voisins, le 4 février 2016, le Liban a exprimé des besoins articulés autour des questions de l’éducation et du développement économique. Le montant total des aides (essentiellement dons) demandées par le gouvernement libanais à la communauté internationale s’élève à 4,9 Md$.

Situation économique

La performance économique et financière de l’année 2015 a été moins bonne que prévue. Le vide institutionnel et l’ombre portée de la crise syrienne limitant fortement la visibilité des agents économiques, la croissance en volume du PIB a été ramenée à un niveau nul ou quasiment nul en 2015. L’évolution de l’indicateur synthétique de la Banque centrale a été sensiblement plus atone qu’en 2014. La reprise du tourisme a été trop faible pour compenser l’atonie du secteur immobilier et le ralentissement progressif de l’activité bancaire.

Par ailleurs, les « déficit jumeaux » ont sensiblement augmenté en 2015. Le déficit de la balance des paiements s’est sensiblement creusé, passant de 1,41 Md$ en 2014 à 3,35 Mds$ en 2015, cela malgré la réduction du déficit de la balance commerciale et la stabilisation du déficit de la balance courante. Pour autant, les avoirs extérieurs bruts et hors réserves en or de la Banque centrale s’établissaient à 37,1 Mds$ (soit un peu plus de 14 mois d’importations de biens et services). Quant au déficit des comptes publics, il serait passé de 6,1% du PIB en 2014 à 7,9% du PIB en 2015. Par conséquent, la dette publique et le montant des intérêts qu’elle produit continuent d’augmenter, en valeur absolue et en valeur relative.

L’année 2016 s’inscrit dans le prolongement de l’année 2015. Entrées en vigueur en mai 2016, les dernières sanctions américaines ciblant le Hezbollah (HIFPA) risquent, quant à elles, de fragiliser l’activité du système bancaire libanais. Elles touchent en effet toute personne ou institution financière ou bancaire effectuant une transaction avec le parti ou les personnes qui lui sont affiliées.

Politique extérieure

La politique extérieure du Liban est largement contrainte par l’évolution des équilibres régionaux et par les crises qui secouent ses voisins immédiats, et ce en dépit de la fin de la tutelle syrienne en 2005.
Le Liban est toujours formellement en guerre avec Israël et aucun cessez-le-feu permanent n’a été conclu entre les deux pays qui ont toutefois cessé leurs hostilités, en application de la résolution 1701 d’août 2006. Depuis la guerre de 2006, les tensions avec Israël, au sud du Liban, restent présentes mais demeurent contenues.

Concernant le processus de paix, la position officielle du Liban se décline en plusieurs points : soutien à un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem pour capitale, appel à des mesures contraignantes pour qu’Israël respecte ses obligations internationales, demande d’un retour des réfugiés palestiniens du Liban (465.000 selon l’UNRWA).

Le Liban et l’UE sont liés par un accord d’association, signé à Luxembourg le 17 juin 2002 et entré en vigueur le 1er avril 2006. L’Union européenne est un partenaire particulièrement important pour le Liban : sur le plan politique, par son soutien en faveur de l’unité, de la stabilité et de l’indépendance du Liban, son implication dans le suivi des résolutions adoptées aux Nations Unies et son appui aux réformes politiques et économiques ; et sur le plan économique, car l’UE est le premier partenaire commercial du Liban avec des échanges de 6,7 milliards d’euros en 2012 (26,7% des échanges commerciaux totaux du Liban).
Le 22 juillet 2013, l’UE a inscrit la branche armée du Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes pour son implication dans des attentats commis sur le territoire de l’Union.

Le Liban est un membre assidu et actif de la Francophonie multilatérale dont le président Charles Hélou a été l’un des pionniers. Le président Michel Sleiman a lui-même signé le Pacte linguistique associant le Liban à l’OIF lors du sommet de Montreux (octobre 2010).

Les relations se sont tendues entre le Liban et l’Arabie Saoudite avec l’annonce, le 19 février 2016, par Riyad, de l’arrêt des livraisons du programme de renforcement et de modernisation de l’armée libanaise (DONAS) à travers la fourniture de matériels français au Liban. Le 23 février 2016, l’Arabie Saoudite a demandé aux citoyens saoudiens de quitter le Liban et déconseillé tout voyage dans ce pays. Les Emirats arabes unis se sont alliés à cette démarche en décrétant le 24 février une interdiction de voyage à leurs citoyens au Liban et en réduisant au minimum leur présence diplomatique à Beyrouth. Bahrein, le Koweit et le Qatar ont égalemet décidé d’émettre des restrictions aux déplacements de leurs ressortissants vers le Liban.

Questions onusiennes

Groupe International de soutien au Liban

Au Conseil de sécurité des Nations Unies, la France s’est mobilisée pour obtenir la déclaration présidentielle du 10 juillet 2013, qui marque l’attachement unanime des membres du CSNU à la souveraineté, à l’intégrité, à l’indépendance et à l’unité du Liban, tout en incitant les parties libanaises à respecter les engagements souscrits dans la déclaration de Baabda.

Sur la base de cette déclaration, un Groupe International de Soutien (GIS) au Liban a été lancé le 25 septembre 2013 à New York, autour des membres permanents du CSNU, sous l’égide de l’ONU et en présence du président Sleimane. Ce groupe, qui s’est réuni en format élargi à New York, le 25 novembre 2013, a pour objectif de soutenir les institutions et les autorités libanaises, et d’œuvrer en vue de trois objectifs principaux : aide aux réfugiés et aux communautés libanaises d’accueil ; appui aux FAL ; soutien à l’économie. Une réunion ministérielle de suivi du GIS a eu lieu à Paris le 5 mars 2014, dans un format élargi à certains partenaires européens du Liban et à l’Arabie Saoudite, qui a permis de réaffirmer le consensus international en faveur de Liban et de réaliser des avancées sur chacun des trois objectifs du GIS.

Une réunion ministérielle du GIS sur le soutien aux FAL a ensuite eu lieu à Rome, dans un format élargi à une quarantaine de délégations, le 17 juin 2014. Le GIS s’est de nouveau réuni à New York, à niveau ministériel, le 26 septembre 2014, afin de réitérer la mobilisation internationale en faveur du Liban, et le 30 septembre 2015, en marge de la 70e AGNU, pour appeler notamment le Liban à élire sans délai un président.

FINUL

La France reste engagée au sein de la FINUL et appelle à une solution des questions de Ghajar et Chebaa, sous l’égide des Nations Unies. La position française sur la FINUL s’inscrit aujourd’hui dans le cadre des conclusions de la Revue stratégique publiée le 13 mars 2012, prévoyant notamment un renforcement de la présence des forces armées libanaises (FAL) et de la coopération entre les FAL et la FINUL. La France est engagée dans la Force à hauteur d’environ 850 hommes. Elle arme principalement la Force Commander Reserve (FCR), unique réserve du théâtre déployable dans toute l’aire d’opérations. Avec l’effectif actuel de son contingent, la France est le 6ème contributeur de la force (derrière l’Indonésie, l’Italie, l’Inde, le Ghana et le Népal) et le deuxième contributeur européen derrière l’Italie, sur un peu plus de 10.300 soldats au 25 mai 2015.

TSL

Le TSL, créé par la résolution 1757 (2007) du Conseil de sécurité, sous chapitre VII, a été mis en place à La Haye le 1er mars 2009. Il a vocation à permettre le jugement des auteurs, commanditaires, organisateurs et complices de l’attentat commis contre Rafic Hariri, Premier ministre du Liban, le 14 février 2005. Le TSL a émis en 2011 quatre mandats d’arrêt visant des membres du Hezbollah. Le procès des quatre assassins présumés de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, proches du Hezbollah, s’est ouvert devant le TSL, le 16 janvier 2014, à La Haye, en présence de Saad Hariri. Le 25 février 2014, la décision a été prise de joindre le dossier du cinquième accusé, Hassan Habib Merhi. Le mandat du TSL a été prolongé pour trois ans par le Secrétaire Général des Nations Unies à compter du 1er mars 2015.

La France, avec ses partenaires européens et l’UE, contribue chaque année au budget du TSL et soutient son action, qui est au cœur de la lutte contre l’impunité au Liban.

Mise à jour : 07.11.16

PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2016