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Présentation de la Jamaïque

Présentation

Données générales

Superficie : 10 991 km²
Population (2012) : 2,8 millions d’habitants (outre une diaspora d’environ 2 millions de personnes, installée essentiellement aux Etats-Unis, au Canada et en Grande-Bretagne)
Capitale : Kingston, 585 000 habitants avec son agglomération
Villes principales : Portmore (182 000 hab), Spanish Town (147 000 hab.), Montego Bay (110 000 hab.)
Langue officielle : anglais
Langues courantes : anglais, créole anglais

Religions : églises chrétiennes (anglicane, catholique, méthodiste, pentecôtistes et adventistes du 7ème jour), cultes spiritistes et rastafarisme (né sur l’île et pratiqué parallèlement à une autre religion par une partie importante de la population)

Fête nationale : 6 août (fête de l’Indépendance, 1962)
Taux de natalité : 17,4 ‰
Espérance de vie moyenne (2013) : 73,5 années
Taux d’alphabétisation : 79,9 %
Indice du développement humain (PNUD, 2013) : 0,715, soit 96ème rang

Communauté française en Jamaïque (2011) : 203 enregistrés

Données économiques

PIB (2013) : 14,36 Mds US$ (direction général du trésor)
PIB par habitant(2013) : 5 289 US$
Taux de croissance du PIB : 0,9 % (2013/2014)
Dette publique : 140 % du PIB fin mars 2014 (+ 50 % du budget)
Taux de chômage (2013) : 14 %
Taux d’inflation (2013) : 8 %.
Monnaie (moyenne 2012) : Dollar Jamaïcain : 1€ = 150,86 Jam$
Balance commerciale (2013/2014) : - 4 Mds US$ soit 27% du PIB

Principaux clients : Etats-Unis (48 %), UE (16,7 %), Canada (16,6 %), Norvège (10 %), Islande (2,8 %).
Principaux fournisseurs : Etats-Unis (35 %), Vénézuéla (15 %), Trinité-et-Tobago (13 %), UE (7 %), Chine (5 %).

Exportations françaises : 16,8 M€ en 2012, 16,9 M€ en 2013
Importations françaises : 15 M€ en 2012, 13,1 M€ en 2013
Solde : + 3,8 M€ en 2013

Politique intérieure

  • Chef de l’Etat : La reine Elizabeth II, représentée par un gouverneur général, M. Patrick Allen, 57 ans, qui a pris ses fonctions le 26 février 2009.
  • Chef du Gouvernement : Mme Portia Simpson-Miller, déjà Premier ministre en 2006-07, qui a remporté les élections législatives anticipées du 29 décembre 2011.
  • Parti majoritaire : le People National Party (PNP) a remporté 42 des 63 sièges de l’assemblée législative (+ 14).
  • Autres partis représentés : le Jamaïca Labour Party, JLP (21 sièges sur 63, - 11 par rapport à 2007 ; 3 nouvelles circonscriptions avaient été créées depuis les élections antérieures).

La Jamaïque est un régime parlementaire de type britannique. Le Chef de l’Etat est la Reine, représentée par un gouverneur général, nommé sur proposition du Premier ministre, sans limitation de durée. Le Premier ministre et le Cabinet sont nommés par le gouverneur général selon la majorité issue des élections législatives ; le Cabinet est responsable devant le Parlement bicaméral. La Chambre des Représentants est composée désormais de 63 membres élus par suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Le Sénat est constitué de 21 membres, dont 13 sont proposés par le Premier ministre, et 8 par le chef de l’opposition ; cette composition rend très difficile l’obtention d’une majorité qualifiée au Sénat ; ainsi, même avec la majorité qualifiée obtenue à l’Assemblée, le gouvernement n’est pas assuré de pouvoir faire adopter des réformes constitutionnelles, telles que le passage à une République.

Depuis l’indépendance en 1962, la vie politique est marquée par le bipartisme entre le PNP et le JLP, et l’alternance s’est produite régulièrement. Aux élections de septembre 2007, le JLP avait obtenu 32 sièges contre 28 pour le PNP ; M. Bruce Golding, leader du JLP, était alors devenu Premier ministre. La réticence à extrader un narco-trafiquant réclamé par les Etats-Unis, le recours à la force armée pour libérer d’un gang le territoire de sa propre circonscription en mai 2010, ainsi que le scandale lié au recrutement d’un cabinet de lobbying américain pour améliorer l’image de la Jamaïque auprès de l’administration américaine ont amené M. Golding à démissionner. Le jeune ministre de l’Education, Andrew Holness, lui a succédé, mais sa primature n’aura duré que d’octobre 2011 à janvier 2012. L’élection anticipée organisée pour tenter de profiter de l’ état de grâce » du jeune Premier ministre a en fait entraîné une victoire du PNP. Député depuis 1997, M. Holness a été réélu, le 10 novembre 2013, comme chef du JLP.

La délinquance et la criminalité atteignent des niveaux très élevés, nuisibles au développement du tourisme. Le taux d’homicide est estimé à 39,3 pour 100 000 habitants, l’un des plus élevés d’Amérique, mais il a baissé de 35 % entre 2009 et 2012

Le Parlement a tenu un débat sur la peine de mort en 2010, objet d’un moratoire de fait depuis 1988, et de droit depuis l’arrêt Pratt & Morgan, rendu en 1993 par le Comité Judiciaire du Privy Council de Londres ; cette sentence, rendue sur un dossier jamaïcain en appel, considère qu’un délai supérieur à 5 ans entre la condamnation et l’exécution constitue un traitement inhumain contraire aux droits de l’homme. En 2003 déjà, le PNP avait tenté de substituer la Cour Caribbéenne de Justice (CCJ), instance régionale initialement créée dans le cadre du Marché commun régional pour régler les différents commerciaux, à l’instance judiciaire ultime, le Privy Council de Londres, devenu aujourd’hui Cour Suprême britannique. Dans son discours d’investiture, le 6 janvier 2012, la PM Portia Simpson-Miller s’est engagée à ratifier l’adhésion à la CCJ, mettant fin ainsi à cet héritage de la période coloniale ; en outre, elle a annoncé le lancement d’un processus de réforme constitutionnelle, destinée à transformer le pays en une République.

Situation économique

Le défi de la dette hypothèque fortement de développement de la Jamaïque. Le service de la charge de la dette publique obère environ la moitié du budget. Cette situation a contraint le gouvernement à restructurer sa dette avec l’appui des institutions financières multilatérales. De même, il a engagé la privatisation d’entreprises publiques afin de réduire le déficit budgétaire ; ainsi la compagnie aérienne nationale, Air Jamaica, qui a accumulé plus d’un milliard de dollars de pertes ces dernières années. En mai 2013 un nouvel accord a été conclu avec le FMI. 932 millions d’euros ont été débloqués sur quatre ans. Suite à cet accord, la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement ont alloué 1 milliard US$ en crédits supplémentaires. Une autre condition de l’accord avec le FMI a été de mener à bien une opération d’échange de dette, qui devait économiser environ 3 points de PIB en réduisant des deux-tiers la dette déjà arrivée à maturité. L’opération a permis de réduire le taux d’intérêt de 17 à 10 % pour la dette en dollars jamaïcains, et de 9 à 7 % pour celle en dollars américains. Un paquet fiscal, susceptible d’augmenter de 2 points de PIB les revenus de l’Etat, avait été voté en décembre 2009.

Un Fonds de Stabilisation du Secteur Financier (FSSF) a été mis en place de façon à assurer la liquidité des opérateurs financiers exposés aux titres de la dette, avec 950 M US$, dont 450 M US$ du premier décaissement du FMI, la Banque mondiale, la BID et la Caribbean Development Bank (CDB) apportant le reste.

Le déclin de l’industrie sucrière fait débat, le poids du secteur public y étant encore important. La privatisation des sociétés publiques qui produisent 80 % du sucre jamaïcain a été l’objet de négociation avec l’entreprise brésilienne Infinity Bioenergy. Avec la fabrication de rhum, la production d’éthanol peut constituer une diversification qui permettrait d’allèger la facture pétrolière du pays. Pour beaucoup, le maintien d’une industrie sucrière publique est un filet d’emploi et de protection sociale plus qu’une vériable activité industrielle.. Les trois plantations sucrières encore détenues par l’Etat jamaïcain ont été vendues à l’entreprise chinoise COMPLANT le 15 août 2011. La filiale jamaïcaine Pan Caribbean Sugar Company Limited de COMPLANT devrait investir 156 M US$ sur les quatre prochaines années pour améliorer les infrastructures existantes de transformation de la canne à sucre. Mais l’Etat jamaïcain conserve la dette de 210 M US$ accumulée par la Sugar Company of Jamaica durant la période de gestion publique de l’industrie sucrière.

Les « remittances », envois de fonds des émigrés, essentiellement aux Etats-Unis (736 000 résidents légaux en 2000 ; dans le seul Etat de Floride ils seraient aujourd’hui plus de 400 000), au Canada (environ 250 000) et en Grande-Bretagne (152 000 en 2009), représentaient entre 17 % et 19,4 % du PIB selon les estimations.

Enfin le tourisme, dont les rentrées de devises équivalent à 15 % du PIB, fait de la Jamaïque la 3ème destination de la région, derrière la République dominicaine et Cuba. 1,087 million de touristes se sont rendus en Jamaïque en 2013, auxquels il faut rajouter 1,2 M de croisiéristes. Les pays d’origine sont les Etats-Unis (65 %), le Canada (15 %) et la Grande-Bretagne (10%). L’expansion touristique de ces dernières années a attiré les investissements étrangers, en particulier espagnols depuis 2001, et chinois tout récemment.

Politique extérieure

Principales organisations dont la Jamaïque est membre : ONU, OEA, AEC, CARICOM, Commonwealth, OMC, G-77, Groupe de Rio et maintenant CELAC. Elle est également membre de la Corporación Andina de Fomento (CAF), organisme de financement de projets liés à l’intégration régionale des pays andins.

La Jamaïque a exercé dans les années 1960-70 une réelle influence internationale à travers le Mouvement des non alignés (NOAL). Elle s’intéresse particulièrement aux questions régionales, en s’appuyant sur la CARICOM, dont elle est le membre le plus influent avec Trinité-et-Tobago. La Jamaïque fait partie des six pays fondateurs du marché unique de la Caraïbe (Common Single Market & Economy, CSME), mis en place après l’adoption du traité révisé de Chaguaramas.

La Jamaïque a milité en faveur de l’Accord de Partenariat Economique (APE) UE-CARIFORUM, signé à la Barbade le 15 octobre 2008. De la part de l’Union européenne, elle bénéficie d’une importante aide au développement : 123 M € au titre du 10ème FED, dont la moitié devait être sous forme d’aide budgétaire et un quart pour la lutte contre la criminalité et la modernisation de la justice. Toutefois, le fait que le pays soit « off-track » depuis juillet 2011 dans l’accord avec le FMI a amené l’UE à suspendre le versement de son aide, et le redéploiement d’environ 20,5 M€ vers de l’aide sectorielle (mise en œuvre de l’APE, gouvernance) est à l’étude. Pour sa part, la Banque européenne d’investissement (BEI) a concèdé en décembre 2008 un prêt de 35 M € pour la modernisation de l’aéroport international Norman Manley desservant la capitale.

Enfin, c’est le seul pays de la région, avec Grenade, qui apporte des effectifs policiers à la MINUSTAH, la mission des Nations-Unies pour la stabilisation en Haïti ; au total, une vingtaine d’effectifs jamaïcains participent aux opérations de maintien de la paix menées dans le cadre des Nations Unies. Lors du tremblement de terre qui a ravagé Port-au-Prince le 12 janvier 2010, la Jamaïque a rapidement organisé des secours, acheminés par des unités de la marine. Le PM Bruce Golding s’était rendu en Haïti dès le 14 janvier ; la Jamaïque a maintenu plusieurs mois son dispositif d’aide d’urgence d’une centaine d’effectifs sur place. La CARICOM a utilisé la Jamaïque comme base logistique et nommé un ancien PM jamaïcain, M. Patterson, comme coordinateur de l’aide à Haïti pour la CARICOM. 

Par ailleurs, la Jamaïque a été l’un des principaux initiateurs de l’Association des Etats de la Caraïbe (AEC). Elle entend marquer, avec les autres membres de la CARICOM, son indépendance vis-à vis des Etats-Unis, qui demeurent cependant des interlocuteurs incontournables, notamment du fait de la diaspora, du tourisme (aux 2/3 en provenance des Etats-Unis) et des échanges commerciaux. Dès la mi-2009, les Etats-Unis avaient fait pression sur le gouvernement jamaïcain pour obtenir la détention et l’extradition de Christopher « Dudus » Coke, parrain du gang Shower Posse, dont le FBI estime qu’il serait responsable de 1 600 assassinats aux Etats-Unis même et contrôlerait une partie du marché de la drogue. Le Premier Ministre s’est longtemps montré réticent, arguant du fait que certaines preuves à son encontre avaient été obtenues par des écoutes téléphoniques illégales. Finalement, les forces de police et l’armée ont repris les quartiers tenus par les hommes de main de Christopher « Dudus » Coke entre le 23 et le 25 mai 2010, avec un bilan de 77 personnes tuées.

Du 19 au 21 avril 2009, le Premier Ministre du Canada, M. Stephen Harper, a effectué une visite officielle en Jamaïque. Alors qu’une importante diaspora jamaïcaine y est installée, notamment dans la région de Toronto, la Jamaïque est devenue une destination touristique prisée par les Canadiens. Le Canada est le 2ème client de la Jamaïque, essentiellement pour la bauxite. Si les entreprises canadiennes se sont retirées de l’exploitation minière, les intérêts canadiens sont omniprésents dans le secteur financier, avec 80 % des établissements : la First Caribbean, la National Comercial Bank, présidée par le milliardaire canadien d’origine jamaïcaine Michael Lee-Chin, la Nova Scotia Bank et la Royal Bank of Trinidad & Tobago, filiale caribéenne de la Royal Bank of Canada.

Avec la Russie, la Jamaïque avait établi des relations diplomatiques en 1975, avec l’arrivée au pouvoir de Michael Manley, qui fit une visite officielle à Moscou en 1979. En matière économique, l’entreprise Rusal a racheté en avril 2007 les parts que la société Glencore détenait dans deux entreprises jamaïcaines de bauxite : Windalco (Rusal en détient 93% et se retrouve partenaire de l’Etat jamaïcain pour le reste) et Alpart (Rusal en détient 65%, le reste étant propriété de Norsk Hydro Aluminium). La première détient deux raffineries d’aluminium, d’une capacité totale de 1,35 M TM, la seconde une seule de 1,7 M TM, mais toutes deux ont suspendu la production début 2009 du fait de la crise économique internationale. Le coût élevé de l’énergie en Jamaïque est le principal problème, que Rusal voudrait résoudre en installant des centrales au charbon, qu’elle ferait venir de Colombie.

La Jamaïque a établi des relations diplomatiques avec la Chine en 1972. Après des années de relations bilatérales de haut niveau très denses, la visite officielle de la Première ministre jamaïcaine à Beijing en août 2013 a consacré la place de la Chine comme partenaire de premier plan. L’entreprise publique chinoise China Harbour Engineering Company (CHEC) est maintenant très bien implantée en Jamaïque où elle a repris le chantier de l’autoroute nord-sud qui doit relier Kingston à Montego Bay qu’avait commencé Bouygues avant de se retirer de ce projet début 2012. Mais CHEC intervient aussi pour la modernisation du port de Kingston et devrait aussi jouer un rôle majeur dans la réalisation du pôle logistique annoncé sur Goat Islands. La société chinoise COMPLANT a acheté des plantations de sucre qu’elle exploite et dont les matériels d’exploitation sont en cours de rénovation. L’énergie est un autre domaine auquel les entreprises chinoises s’intéressent (construction de centrale, électriques au charbon, éolien, hydroélectricité, solaire). Les relations avec le Vénézuéla se sont renforcées lors de la signature début 2006 de l’accord Pétrocaribe, qui a constitué une véritable bouffée d’oxygène pour la Jamaïque, très affectée par la forte hausse des prix des produits pétroliers. L’île importe à ce titre 23 500 barils par jour du Venezuela à des conditions particulièrement avantageuses compte tenu de son niveau d’endettement. L’entreprise pétrolière publique venezuelienne, PDVSA, est actionnaire minoritaire à 49 % de la PetroJam Oil Refinery, la seule raffinerie du pays. Avec le Brésil, les relations s’intensifient : au niveau politique avec les visites des Premiers Ministres jamaïcains successifs et la venue du Président Lula en août 2007, tandis que le commerce et les investissements sont en pleine expansion. Enfin, la coopération avec Cuba se développe, notamment dans le secteur de la santé, avec environ 500 professionnels exerçant en Jamaïque.

Parmi les pays européens, l’Espagne fait une percée remarquée, avec d’importants investissements hôteliers sur la côte nord de l’île, estimés à environ 1 Milliard US$ depuis 2001, environ 5000 chambres, et la gestion de l’aéroport international de Montego Bay (le plus grand du pays). Des investissement additionnels d’environ 4 300 chambres seraient à l’étude ou en cours. Le Roi Juan Carlos et la reine Sofia ont effectué une visite d’Etat en février 2009.

Mise à jour : 20.11.14

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