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Présentation de l’Irak

Présentation

Données générales

Nom officiel : République d’Irak
Nature du régime : République
Chef de l’Etat : M. Fouad Maassoum

Données géographiques

Superficie : 438 517 km²
Capitale : Bagdad
Langues officielles : arabe, kurde
Monnaie : dinar irakien 1 € = 1207 IQD
Fête nationale : non encore déterminée ; le 14 juillet, anniversaire du renversement de la monarchie en 1958, est toujours fêté

Données démographiques

Population : 34,8 millions d’habitants
Croissance démographique : 2,9 %
Espérance de vie : 69 ans
Population <19 ans : 50%
Alphabétisation : 79 %
Religion : 96% de musulmans (chiites 60-65 %, sunnites 37-32 %)
IDH : 121eme rang mondial – 0,65 en 2015 (PNUD)

Données économiques

PIB : 223,5 Mds USD (2014)
PIB/hab : 6 147 USD (2014)
Taux de croissance : 0,5 % (2015, contre +4,2 en 2013)
Taux d’inflation : 2,2 % (2014)
Taux de chômage : 16,4% (2014)
Déficit public : 35,7 Mds USD (16% PIB – estimation 2015)
Pétrole : 51 % PIB ; 83 % des recettes de l’Etat en 2015 (contre 93 % en 2014) ; 99% des exportations
Partenaires :
Principaux clients (2013) : Inde 22,5%, Chine 20%, Etats-Unis 15%, Corée du Sud 10,5%, Grèce 5,5% et Italie 4,5%.
Principaux fournisseurs (2014) : Turquie 23%, Chine 17%, Etats-Unis 4,5%
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2015) :

  • agriculture : 10 %
  • industrie : 60 %
  • services : 30 %

Exportations françaises (2014) : 417 M€ (équipements mécaniques, matériel électrique, produits pharmaceutiques)
Importations françaises (2014) : 752 M€ (hydrocarbures bruts et raffinés)

Le site du ministère de l’économie et des finances propose plus de données statistiques.

Consulats : section consulaire à Bagdad et consulat général à Erbil
Communauté française en Irak (2014) : environ 410 personnes
Communauté irakienne en France : environ 3900 personnes

Situation intérieure

Une situation de crise politique durable

A la suite du départ des troupes américaines, le 18 décembre 2011, la politique menée par le Premier ministre chiite, Nouri al-Maliki, a conduit à une détérioration de la situation intérieure irakienne. Nouri al-Maliki a été accusé par une majorité de la classe politique irakienne, y compris des dirigeants chiites, d’avoir contribué au développement de Daech en marginalisant systématiquement la communauté sunnite. Les tensions avec les Kurdes ont également atteint un niveau inédit avec l’annonce, en juillet 2014, par Massoud Barzani, président de la région du Kurdistan, de l’organisation prochaine d’un référendum d’indépendance bien qu’aucun calendrier n’ait alors été défini.

Des élections parlementaires ont eu lieu le 30 avril 2014. Malgré les manquements observés dans l’organisation du scrutin, les opérations de vote se sont déroulées dans des conditions relativement satisfaisantes (63% de participation). La liste conduite par Nouri al-Maliki, la Coalition de l’État de droit, bien qu’arrivée en première position avec 92 sièges, sur les 328 que compte le Parlement irakien, n’a pas obtenu la majorité.

A la suite des élections législatives, le Parlement a élu le 15 juillet 2014 le sunnite Salim al-Jubouri comme président de la Chambre puis, le 24 juillet, le Kurde Fouad Massoum comme Président de la République. Le 11 août, ce dernier a désigné Haïder al-Abadi comme Premier ministre. Nouri al-Maliki s’est retiré, après avoir opposé une certaine résistance, et obtenu le poste honorifique de premier vice-président de la République.

Le 8 septembre 2014, dans les délais constitutionnels, Haïder al-Abadi est parvenu, à l’issue d’intenses tractations, à former un nouveau gouvernement autour d’un programme de réconciliation nationale et à obtenir la confiance du Parlement. Cependant, après plus d’un an au pouvoir, les grands projets de loi susceptibles de rallier les sunnites à la politique du gouvernement (création d’une garde nationale, révision de la loi dite de « débaathification », amnistie générale) sont toujours enlisés au Parlement. Début août 2015, le Premier ministre a annoncé, en réponse à des manifestations populaires et à l’appel du grand Ayatollah Ali al-Sistani, une série de réformes pour lutter contre la corruption et réduire les dépenses publiques. Les postes de vice-présidents, dont celui de Nouri al-Maliki, ont été supprimés.

Le Kurdistan irakien traverse une crise politique et économique importante. Le mandat présidentiel de Massoud Barzani a pris fin le 19 août 2015 sans que les partis politiques kurdes ne soient parvenus à un accord sur la succession de M. Barzani ou la prolongation de son mandat. Dans le contexte de ces tensions politiques, les ministres du mouvement Goran ont été renvoyés du gouvernement régional. La guerre contre Daech et la chute du prix du baril de pétrole exercent une pression importante sur les finances de la région, qui se retrouve dans l’impossibilité de payer une partie des salaires de ses fonctionnaires. Enfin, l’accord conclu le 2 décembre 2014 entre le gouvernement central et le gouvernement régional du Kurdistan (GRK) pour ouvrir la voie à une résolution durable des différends pétrolier et budgétaire a été dénoncé unilatéralement par le GRK, fin juin.

Une situation sécuritaire et humanitaire fortement dégradée

Le 5 juin 2014, une insurrection rassemblant des tribus, d’anciens cadres baassistes et la mouvance jihadiste a lancé une offensive contre les provinces sunnites de l’ouest et du centre du pays, dont elle a pris rapidement le contrôle. Le 10 juin, le groupe terroriste Daech s’est emparé de Mossoul, deuxième ville d’Irak. L’armée irakienne, désorganisée et peu motivée, n’a opposé qu’une faible résistance à l’avancée de l’insurrection. Les terroristes ont également proclamé l’instauration d’un « califat islamique » le 29 juin 2014.

L’avancée rapide de Daech dans le nord de l’Irak et dans la province d’Anbar au cours de l’été 2014 a mis en lumière le danger immédiat pesant sur l’Irak. Face aux besoins urgents des troupes kurdes au nord de l’Irak et à la menace qui pesait sur Erbil, quatorze pays, dont la France, ont livré au GRK des armes et des munitions. La conférence sur la paix et la sécurité qui s’est tenue le 15 septembre 2014 à Paris a marqué le soutien résolu de 29 pays et organisations aux nouvelles autorités irakiennes dans le combat contre Daech.

Autour des États-Unis qui conduisent des frappes aériennes depuis le 8 août 2014, une coalition internationale de lutte contre Daech s’est constituée. La France y prend une part active et mène des frappes depuis le 19 septembre 2014. La résolution 2170 du Conseil de sécurité le 15 août 2014, la résolution 2178 sur les combattants terroristes étrangers du 24 septembre 2014, les résolutions 2199 et 2253 sur le financement du terrorisme du 12 février 2015 et du 17 décembre 2015, participent de la stratégie globale retenue par la communauté internationale pour lutter contre les groupes terroristes. La coalition internationale a réaffirmé son plein soutien à Haïder al-Abadi lors de la réunion ministérielle restreinte du 2 juin 2015 à Paris, tout en incitant le gouvernement irakien à accélérer la mise en œuvre des réformes nécessaires à la réconciliation nationale. La campagne militaire conduite par la Coalition a permis d’arrêter l’offensive de Daech en Irak, et de reprendre certains axes stratégiques (reprise de Tikrit, Baïji, Sinjar et Ramadi en 2015).

L’avancée de Daech au mois d’août 2014 a conduit à une aggravation brutale de la situation humanitaire. Dans les territoires qu’il contrôle, Daech cible délibérément les minorités ethniques et religieuses, notamment les chrétiens et les Yézidis. A cet égard, le Ministre des Affaires étrangères a présidé, le 27 mars 2015, un débat public au Conseil de sécurité des Nations Unies sur les victimes de violences ethniques ou religieuses au Moyen-Orient. Le 8 septembre 2015, la France a organisé à Paris, avec la Jordanie, une conférence sur les victimes de violences ethniques et religieuses, qui a permis l’élaboration d’un plan d’action autour de trois axes (politique, judiciaire et humanitaire). De nouveaux déplacements massifs sont intervenus en raison des violences dans la province d’al-Anbar depuis le mois de janvier 2014, portant le nombre total de déplacés depuis début 2014 à plus de 3,2 millions de personnes.

La campagne militaire et insurrectionnelle de Daech s’accompagne d’une offensive médiatique agressive destinée à terroriser les populations et à attirer les volontaires. Daech s’est également attaqué au patrimoine irakien préislamique, diffusant des images du saccage du musée de Mossoul et de la destruction des sites antiques de Nimroud et de Hatra (respectivement en février, mars et avril 2015) et alimentant le trafic illégal d’œuvres pour se financer. La communauté internationale, UNESCO en tête, s’est fortement mobilisée sur ce sujet.

Situation économique

Avec 34 millions d’habitants, l’Irak est l’un des plus grands marchés de la région. L’économie est dominée par le secteur des hydrocarbures, principal moteur de l’économie irakienne (83 % des ressources budgétaires et 51 % du PIB). L’Irak dispose des 4èmes réserves de pétrole avérées au monde, autour de 150 Mds de barils, et pourrait produire entre 6 et 9 M b/j en 2020 selon les prévisions de l’AIE. Le conflit armé actuel menace les infrastructures d’hydrocarbures, dont certaines raffineries sont actuellement sous le contrôle de Daech (notamment les champs pétroliers situés à proximité de Mossoul).

La croissance s’est établie à 0,5% en 2015 (contre +4,2 % en 2013), principalement en raison d’une production et d’exportations de pétrole plus faibles que prévues. Le budget 2016 a été approuvé le 3 janvier avec un déficit prévu de 20,4 milliards de dollars, soit plus de 11% du PIB, du fait du coût des opérations militaires et de la baisse des cours du pétrole.

La diversification de l’économie irakienne constitue un enjeu majeur d’autant que le secteur des hydrocarbures est peu pourvoyeur en termes d’emploi (1%). D’importants défis restent à relever pour favoriser la création d’emplois, l’émergence d’un secteur privé et améliorer le niveau de vie de la population.

Les réformes entrent progressivement en vigueur mais la corruption reste un problème majeur. Un accent particulier est mis sur la modernisation de la gestion financière de l’Etat avec le soutien de la Banque Mondiale et du FMI dont les axes d’effort sont notamment la restructuration des bilans des banques publiques, la mise en cohérence des comptes de l’Etat, la réforme des entreprises publiques et l’émergence d’un secteur privé.

Le coût de la reconstruction est estimé à plus de 600 Mds USD. Les principales infrastructures ont été détruites. Après trente ans de guerre et d’embargo, les besoins sont immenses dans les secteurs de l’énergie, de l’électricité, de l’eau, des transports, des communications ou de la santé.

Politique extérieure

La politique étrangère de l’Irak est marquée par le souci du pays de réintégrer son environnement régional et de recouvrer sa stature internationale. La volonté de Bagdad d’entretenir des relations apaisées avec l’ensemble des pays de la région est toutefois entravée par les difficultés internes, chaque communauté cherchant l’appui de protecteurs régionaux, dans une forme de « libanisation » du pays : influence de l’Iran sur la communauté chiite d’un côté, rôle de la Turquie, de l’Arabie et du Qatar dans le soutien à la minorité sunnite de l’autre.

Relations extérieures régionales

Les relations avec les pays du Golfe connaissent une forme de normalisation. L’Irak et l’Arabie saoudite sont sur la voie d’un rapprochement. Riyad, qui s’était félicitée de la nomination du Premier ministre Abadi, souhaite une rupture franche avec la politique jugée sectaire de Nouri al-Maliki à l’encontre de la population sunnite. En décembre 2015, le Royaume a rouvert son ambassade à Bagdad. Toutefois, plusieurs sujets de contentieux persistent, comme la détention en Irak de ressortissants saoudiens dont certains ont été condamnés à mort pour des faits de terrorisme.

Les relations avec le Koweït connaissent une nette amélioration. Le Koweït a soutenu la décision du Conseil d’administration du Fonds d’indemnisation des Nations Unies d’accepter la demande irakienne d’un moratoire d’un an dans le versement des compensations financières restant dues au Koweït au titre des dommages de la guerre du Golfe. Cette décision a été renouvelée en juillet 2015. Un comité ministériel conjoint s’est tenu en décembre 2014 et le Koweït a annoncé l’ouverture deux consulats à Bassora et Erbil.

L’Iran, qui exerce une très forte influence sur la scène politique irakienne, est aussi présent sur le théâtre des opérations par l’intermédiaire de plusieurs milices. En 2014, prenant acte du bilan calamiteux et de la disgrâce du premier ministre Maliki, les autorités iraniennes ont exprimé leur soutien au gouvernement Abadi. Toutefois, la frange radicale chiite irakienne, proche de Téhéran, se montre critique vis-à-vis du Premier ministre et en mesure de le déstabiliser. Par ailleurs, la milice al-Qods apparaît active sur plusieurs fronts et des avions de chasse iraniens auraient frappé des positions de Daech en territoire irakien fin novembre 2014. Le régime a reconnu la perte d’un haut gradé iranien à Samarra, quelques jours avant la signature à Téhéran, le 30 décembre 2014, d’un accord de coopération militaire entre les deux pays, et ses hommes ont opéré ouvertement aux côtés des miliciens chiites irakiens dans la reprise de Tikrit en mars.

Les relations entre le gouvernement irakien et la Turquie restent difficiles malgré une volonté commune affichée de dépasser la période de tensions liée au soutien de la Turquie à l’ancien vice-président irakien Tarek al-Hachémi en 2012. Le développement des liens économiques, notamment en matière énergétique, entre Ankara et la région du Kurdistan constitue le principal irritant. Par ailleurs, les tensions entre Bagdad et Ankara sont croissantes depuis le déploiement le 5 décembre d’une centaine de soldats et de chars turcs au nord de l’Irak. La classe politique irakienne a largement dénoncé cette incursion militaire, qui n’aurait pas été coordonnée avec ses autorités, et appelé la Turquie à se retirer de son territoire. Selon Ankara, ce déploiement aurait pour seul but de renforcer la sécurité du camp de Baachiqa, situé à proximité du front et où la Turquie entraîne des forces locales. Le gouvernement Abadi a obtenu le soutien de la Ligue arabe qui a condamné le 24 décembre le déploiement militaire turc comme une atteinte à la souveraineté du pays. Le Parlement turc a renouvelé le 3 septembre 2015, pour un an, la motion autorisant une intervention, y compris terrestre, de l’armée turque en Syrie et en Irak. Le PKK demeure la menace principale pour Ankara et les opérations militaires menées au nord de l’Irak ciblent en priorité les positions de ce groupe.

Relations avec les États-Unis

Les États-Unis sont à nouveau fortement mobilisés en Irak. Depuis le retrait définitif des forces américaines, la volonté de désengagement des États-Unis, qui souhaitaient tourner la page de l’occupation, s’était traduite par un rôle moins important de conseil au gouvernement irakien et de médiation dans la vie politique. La résurgence de la menace terroriste a toutefois conduit Washington à renforcer son appui aux nouvelles autorités de Bagdad, à intensifier ses livraisons de matériels militaires et à renforcer la présence de conseillers. Le 8 août 2014, le président Obama a autorisé des frappes ciblées de l’aviation américaine au nord de l’Irak pour protéger le personnel américain présent à Erbil et lutter contre l’avancée de Daech dans cette région. Le 7 novembre, le Pentagone a annoncé l’envoi de 1 500 conseillers militaires supplémentaires auprès des forces irakiennes, y compris kurdes pour des actions de formation. Le Premier ministre Abadi s’est rendu à Washington du 13 au 16 avril 2015. En juin, l’administration Obama a annoncé l’envoi de 450 conseillers militaires supplémentaires, portant leur effectif total à 3.500.

Mise à jour : 02.02.16

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