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Présentation de l’Indonésie

Présentation

Données générales

Nom officiel : République d’Indonésie
Nature du régime : démocratique, régime présidentiel
Chef de l’Etat : M. Joko WIDODO, Président de la République
Vice-président : M. Jusuf KALLA

Données géographiques

Superficie : 1 905 000 km²
Capitale : Jakarta (9,8 M habitants intra muros)
Villes principales : Surabaya (3,1 M), Bandung (2,6 M), Medan (2,1 M), Palembang (1,7 M), Makassar (1,3 M), Semarang (1,3 M).
Langue officielle : indonésien
Monnaie : rupiah (roupie indonésienne - IDR)
Fête nationale : 17 août (anniversaire de l’indépendance)
L’Indonésie est un "État archipélagique", conformément à la Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer, exerçant sa souveraineté sur les eaux séparant les îles de l’archipel. Les navires étrangers doivent emprunter des voies archipélagiques" dont le tracé a été avalisé par l’OMI pour traverser cet espace.

Données démographiques

Population : 252 millions d’habitants (estimation 2014)
Répartition : Java 123,5 M, Sumatra 46 M, Kalimantan 19 M, Sulawesi : 17,3 M, Madura 3,5 M, Bali 3,8 M, Papouasie 3,5 M, Moluques 2,5 M (population urbaine : 53%)
Densité : 132 habitants au km² (fortes disparités dans l’archipel : 974 habitants au km² à Java, 8 habitants au km² en Papouasie)
Croissance démographique (BPS) : 1,49 %
Espérance de vie ( BM 2014) : 71 ans
Taux d’alphabétisation (BPS) : 92,37 %
Religions : musulmans 87,18%, protestants 6,96%, catholiques 2,91%, hindous 1,69% ; bouddhistes 0,72%, autres 0,56 %
Indice de développement humain (PNUD 2014) : 0,684 (108ème rang)

Données économiques

PIB (2014) : 867 Mds USD
PIB par habitant (2014) : 3499 USD
Taux de croissance (2014) : 5 %
Taux de chômage (2014) : 5,9 %
Taux d’inflation (2014) : 6,4 %

Balance commerciale (DG Trésor 2014) : - 1,9 Mds US$
Exportations (DGT 2014) : 176,3 Mds USD ; Importations : 178,2 Mds USD
Principaux clients (2014) : ASEAN (22,5% dont 9,5% pour Singapour), Japon (13,1%), Chine (9,9%), UE (9,6% dont 0,9% pour la France)
Principaux fournisseurs (2014) : ASEAN (28,4% dont Singapour pour 14,1% du total), Chine (17,2%), Japon (9,6%), EU (7,1%, dont 1% pour la France)

Les exportations indonésiennes sont principalement tournées vers l’Asie. En 2014, l’ensemble de l’ASEAN a reçu 22,5 % du total des exportations de l’archipel (39,8 Mds USD). Le Japon demeure son premier client (23,2 Mds USD soit 13,1%) et la Chine garde sa seconde place (17,6 Mds USD soit 9,9%). L’Union Européenne reçoit 9.6% des exportations indonésiennes, soit 16,9 Mds USD, dont 1,5 Md USD est exporté vers la France.

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (BPS 2014) :

  • secteur primaire : 14,3 %
  • secteur secondaire : 45,1%
  • secteur tertiaire : 40,6 %

Exportations de la France vers l’Indonésie (2014) : 1, 66 Md € (+3,4%)
Importations françaises en provenance d’Indonésie (2014) : 1,53 Md € (-2,2%)
Solde commercial excédentaire de la France (2014) : 131,4 M EUR (43,4 M EUR en 2013).

Pour plus d’informations sur le commerce franco-indonésien, se reporter au site du service économique

Communauté française en Indonésie (2014) : 4162 personnes
Communauté indonésienne en France (2014) : 2 314 personnes

Politique intérieure

Le président Susilo Bambang Yudhoyono a, durant ses deux mandats (2004 - 2014), engagé une politique de réformes politiques et économiques afin de stabiliser la situation interne du pays, de poursuivre l’assainissement de son économie et, à plus long terme, de rétablir la place de l’Indonésie sur la scène internationale.

• La réforme de l’outil militaire engagée en 2002, s’est traduite par la suppression des sièges réservés aux militaires au parlement, le transfert à la police de la res¬ponsabilité des opérations de maintien de l’ordre, ainsi qu’un profond renouvellement de l’état-major.

• La pacification d’Aceh a constitué le principal succès du premier mandat de Yudhoyono. Le mémorandum signé à Helsinki en août 2005 a été pour l’essentiel appliqué sur le terrain (désarmement des militants du GAM, notamment). La Loi sur le Gouvernement d’Aceh (LOGA) promulguée en juillet 2006 a accordé à la province une large autonomie. Des élections locales se sont tenues en avril 2012 et ont été largement remportées par le Partai Aceh.

• Le gouvernement Yudhoyono s’est résolument engagé dans la lutte contre le terrorisme islamiste. La Jemaah Islamiyah (JI), organisation terroriste responsable des attentats de Bali, a été en partie démantelée suite à l’arrestation ou l’élimination des principaux leaders de l’organisation. Son chef spirituel, Abu Bakr Bashir, a été arrêté en août 2010 et condamné à 15 ans de prison en juin 2011. La menace reste néanmoinsréelle , comme l’ont montré les attentats de Jakarta en janvier 2016 (8 morts dont 4 terroristes) et les arrestations épisodiques de plusieurs membres d’organisations islamiques.

• La situation reste tendue en Papouasie, depuis la promulgation de la loi d’autonomie spéciale de 2001, mal acceptée par la population, et l’assassinat du chef indépendantiste Theys Eluay, fin 2001.

Les élections organisées en 2014 (élections législatives le 9 avril et élections présidentielles le 9 juillet) ont permis de confirmer la consolidation des institutions démocratiques du pays. Le ticket présidentiel Joko Widodo (Jokowi) - Jusuf Kalla a remporté l’élection présidentielle avec 53,5% des votes, contre 46,5% pour Prabowo Subianto et son co-listier Hatta Rajasa.

Le Président Joko Widodo, dit "Jokowi" (né en 1961), précédemment gouverneur de Jakarta, a pris ses fonctions le 20 octobre 2014. Il incarne le renouvellement de la classe politique indonésienne et a adopté une approche populiste en se consacrant aux affaires intérieures. Les quatre Ministères « coordinateurs » au sein de son gouvernement traduisent ses priorités : affaires politiques, de justice et de sécurité ; économie (avec une équipe essentiellement formée d’entrepreneurs) ; développement humain et culture ; et affaires maritimes (Jokowi souhaite faire de l’Indonésie "l’axe maritime mondial").

Après des débuts difficiles pour cause d’absence de majorité parlementaire, le Président semble avoir réussi à affirmer son autorité au sein de son camp, grâce au ralliement du Parti du mandat national (PAN) et du Golkar à la majorité présidentielle, et a décidé d’encourager l’ouverture économique de son pays, avec l’adoption de douze paquets successifs de mesures de dérégulation économique.

Situation économique

Après un taux de croissance du PIB de 5,7 % en 2013, l’activité économique a ralenti en 2014 (5%) et en 2015 avec une croissance estimée 4,8%. Le PIB s’élève à 872,6 Mds USD en 2015 (PIB par habitant de 3 510 USD).
La consommation des ménages demeure le principal moteur de la croissance grâce à un marché intérieur de 250 millions d’habitants et une classe moyenne grandissante de 45 millions de personnes (55% du PIB), mais les exportations (22% du PIB) et l’investissement (32% du PIB) y participent désormais pour une plus grande part. L’inflation demeure soutenue en 20154 à 6,4%.

Le programme économique vise à augmenter la production domestique à travers une politique de substitution aux importations, et à réduire le déficit budgétaire à 1 % du PIB d’ici 2019. Ces objectifs pourraient être atteints en partie grâce à la réallocation de la manne issue de la baisse des subventions aux carburants,

Sur le plan réglementaire, le gouvernement a multiplié depuis septembre 2015 les projets de réformes, visant à déréguler l’économie et à soutenir les PME. Le Président Jokowi a fait de la promotion du capital humain une des priorités de son mandat (développement d’un système de sécurité sociale pour les foyers défavorisés à travers la distribution de 3 cartes - Smart Card, Health Card et Prosperity Card- qui offrent une éducation gratuite pendant 12 ans, une assurance santé gratuite ainsi que des aides financières) et encourage la participation des investisseurs étrangers au financement des infrastructures (construction de 5 à 10 ports de taille moyenne, de réseaux routiers, et d’un véritable réseau ferroviaire à Sumatra).lLe gouvernement compte sur l’apport indispensable des investisseurs privés et entend poursuivre les réformes mises en œuvres pour l’amélioration du climat des affaires, notamment afin d’attirer les investisseurs étrangers (l’Indonésie n’est que 114e sur 189 dans le classement « Doing Business » réalisé par la Banque Mondiale).

En 2014, le commerce extérieur total de l’Indonésie a ralenti (-4,0%) pour atteindre 354,5 Mds USD. L’Indonésie enregistre un déficit commercial de 1,9 Md USD en 2014, soit deux fois moins qu’en 2013 (4,1 Mds USD) :
Les exportations indonésiennes, en baisse pour la troisième année consécutive, s’élèvent à 176,3 Mds USD en 2014 (-3,4%). Le pays dispose de considérables ressources agricoles (huile de palme, caoutchouc naturel, ca¬cao, café), énergétiques et minières (charbon, pétrole, gaz naturel liquéfié). L’Indonésie est le 2e exportateur mondial de charbon en volume et le 6e producteur mondial avec 281,7 millions de tonnes équivalent pétrole produites en 2014. Depuis plusieurs années la production pétrolière est en baisse constante et le pays consomme plus qu’il ne produit. L’Indonésie exporte également du GNL à destination des pays d’Extrême-Orient.

Les importations ont atteint 178,2 Mds USD en 2014, en baisse de 4,5 % par rapport à 2013 (186,6 Mds USD). Les dépenses énergétiques représentent 43,5 Mds USD, soit 24,4% du total des importations. Les importations sont principalement composées de biens intermédiaires (76,4% du total, soit 136,2 Mds USD). Les biens d’équipement représentent 16,5 9%, en baisse de 7,1%. Les trois premiers pays d’origine des importations indonésiennes demeurent la Chine (17,2% soit 30,6 Mds UDS), Singapour (14,1% soit 25,2 Mds USD) et le Japon (9,6% soit 17 Mds USD).

Politique extérieure

Depuis la crise asiatique de 1997, l’Indonésie s’est employée à reconquérir son statut de puissance régionale. L’Indonésie considère l’ASEAN comme l’un des piliers de sa politique étrangère et se voit comme le pivot de cette organisation régionale dont elle accueille le secrétariat. L’Indonésie a siégé au Conseil de Sécurité des Nations Unies en 2007-2008 et est membre du G20.

Les priorités de la diplomatie indonésienne pour le quinquennat en cours (2014 – 2019) ont été annoncées par Mme Retno, ministre des Affaires Étrangères : la défense de la souveraineté territoriale de l’Indonésie, le renforcement de la protection des citoyens indonésiens à l’étranger et une diplomatie économique au service de la croissance intérieure du pays.

- Climat

En amont de la Conférence sur les changements climatiques qui s’est tenue à Paris en décembre 2015, l’Indonésie s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 26% d’ici 2030 par rapport au scénario « à politique constante » (ou scénario « Business as usual ») 6e émetteur mondial de gaz à effet de serre, principalement en raison de la déforestation et à la destruction des tourbières, l’Indonésie s’avère très vulnérable aux perturbations climatiques a fait face en 2015 à des feux de forêts et de tourbières d’une rare intensité.

- Politique maritime

La politique maritime développée par le Président Widodo repose, dans sa composante internationale, sur un axe stratégique, à savoir une diplomatie régionale conduite dans la région Indo-Pacifique (l’Indonésie a pris la présidence de l’Indian Ocean Rim Association fin octobre 2015). Le président indonésien souhaite notamment développer des coopérations dans le domaine de la sécurité et de la sûreté maritimes,.

- Singapour

L’Indonésie entretien avec Singapour des relations économiques étroites (Singapour est le 3e client et le 2e fournisseur de l’Indonésie), qui se doublent d’un dialogue politique désormais apaisé après les tensions qui ont suivi les changements de 1998. Les deux pays ont renforcé leur coopération en matière de lutte contre le terrorisme et partagent un même intérêt stratégique pour la sécurisation des détroits.

- Malaisie

L’Indonésie entretient des relations amicales et économiques avec la Malaisie (l’Indonésie est le 7e partenaire commercial de la Malaisie et son 5e fournisseur), malgré un certain nombre d’irritants qui demeurent (traitement des travailleurs migrants en Malaisie, délimitation des frontières maritimes – zone d’Ambalat). Les deux pays ont mis en place un mécanisme de consultations annuelles qui se décline au niveau des chefs de gouvernement, des ministres des Affaires étrangères et d’autres ministères.

- Etats-Unis

La relation bilatérale avec les États-Unis s’est normalisée. Le rétablissement d’un dialogue de sécurité, et surtout la levée de l’embargo sur les armes (novembre 2005), en ont été les symboles. Une série d’accords, en juin 2010, a jeté les bases de plusieurs projets dans le domaine des inves¬tissements et de la défense. Les visites à Jakarta du président Obama en 2010 et 2011 ont confirmé ce regain d’intérêt américain et constitué une nouvelle étape de la relation, portée au rang de parte¬nariat global en novembre 2010. Le Président Widodo s’est rendu aux Etats-Unis en octobre 2015.

- Chine

Les relations ont longtemps été complexes avec la Chine, notamment en raison de la pré¬sence en Indonésie d’une communauté d’origine chinoise (3% de la population) très active dans les secteurs financiers et du commerce, et qui ont été victimes de massacres en juin 1998. Jakarta et Pékin se sont rapprochés ces dernières années en s’efforçant de mettre sur pied de nouvelles coopérations (ressources naturelles, infrastructures). Bien que les tensions en Mer de Chine du Sud compliquent la relation bilatérale car les revendications chinoises chevauchent la ZEE indonésienne, la Chine est aujourd’hui l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Indonésie. Le Président Xi Jinping avait choisi Jakarta pour sa première visite dans l’ASEAN en octobre 2013 et manifesté dès lors, avec son homologue indonésien, le souhait d’accroitre la relation bilatérale dans tous les domaines.

- Australie

La relation bilatérale est étroite, avec des échanges devenus multiformes après avoir longtemps été dominés par le commerce et la lutte contre le terrorisme. L’Indonésie, premier récipiendaire de l’aide australienne, constitue la priorité de l’Australie dans la région. Les deux pays sont liés par un partenariat stratégique global et entretiennent un dialogue politique dense, avec notamment une rencontre annuelle des chefs d’État et de gouvernement et un dialogue annuel 2+2 (Affaires étrangères et Défense). Deux affaires ont entraîné une dégradation des relations entre les deux pays fin 2013 (incursions dans les eaux territoriales indonésiennes de navires australiens en charge du contrôle des frontières et révélation par voie de presse de faits d’espionnage auxquels se serait livrée l’ambassade d’Australie à Jakarta) mais la relation bilatérale semble s’être à présent normalisée. La question de la lutte contre l’entrée illégale sur le territoire australien de migrants reste néanmoins sensible.

Mise à jour : 30.08.16

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