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Présentation de la Hongrie

Présentation

Données générales

Nom officiel : Hongrie
Nature du régime : république parlementaire monocamérale
Chef de l’Etat : János Áder (Président de la République – 2012)
Premier ministre : Viktor Orbán (2014)
Monnaie : forint (HUF)
Fêtes nationales : 20 août (Saint Etienne) ; 15 mars (révolution de 1848) ; 23 octobre (soulèvement de 1956)
Langue officielle : hongrois

Données géographiques

Superficie : 93 030 km²
Capitale : Budapest (1.732.000 hab.)
Villes principales : Debrecen, Miskolc, Szeged, Pécs, Györ

Données démographiques

Population : 9,855 millions (2015)
Densité : 105,9 hab/km²
Croissance démographique : -0,3% (2014)
Espérance de vie : 75 (hommes : 72 ; femmes : 79) (2014)
Religions : catholiques (67,5 %), calvinistes (20 %), luthériens (5 %)
Indice de développement humain : 0,828 ; rang 44 (2014)

Données économiques

PIB : 109,1 Mds€ (2015)
PIB (SPA) par habitant : 19 780 € (2015)
PIB par habitant : 11 041 € (2015)
Taux de croissance : 2,9% (2015)
Taux de chômage : 6,8% (2015)
Taux d’inflation : -0,1% (2015)
Déficit public : -1,2% (2015)
Dette publique : 75,3% du PIB (2015)

Exportation de biens (2015) : 88,9 Mds€
Importation de biens (2015) : 83,5 Mds€
Balance commerciale (2015) : +5,4 Mds€
Principaux clients : Allemagne (28,0), Roumanie (5,4), Slovaquie (5,1), Autriche (5,0), Italie (4,8), France (4,7)Principaux fournisseurs : Allemagne (25,7), Chine (6,6), Autriche (6,6), Pologne (5,5), Slovaquie (5,3), République tchèque (4,8)

Part des principaux secteurs d’activités (en % de PIB) (2014) :

  • Agriculture : 4,5 %
  • Industrie : 31,2 %
  • Services : 64,4 %

Exportations de la France vers la Hongrie (2015) : 3,548 Mds € (10ème fournisseur)
Importations françaises de Hongrie (2015) : 3,752 Mds € (6ème client)
Solde : -0,204 Md €
353 entreprises françaises implantées en Hongrie

http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/Hongrie

Communauté française en Hongrie : environ 5 000 personnes dont 2 538 inscrites (octobre 2016)
Communauté hongroise en France : environ 30 000 personnes

La Hongrie et l’UE
(source : Commission européenne)

Nombre de députés au Parlement européen : 21 / 751, dont une vice-présidente, Ildikó Gáll-Pelcz (PPE)
Nombre de voix au Conseil de l’UE (pondération, Traité de Nice) : 12 / 345 soit 3,5%
Nombre de voix au Conseil de l’UE (critère démographique, Traité de Lisbonne) : 1,94%
Commissaire européen : Tibor Navracsics, chargé de l’Education, de la Culture, de la Jeunesse et des Sports.

Politique intérieure

Le Fidesz, parti dirigé par le premier ministre Viktor Orbán a remporté largement les élections législatives du 6 avril 2014 en Hongrie, avec 43,7 % des voix (pour une participation relativement faible à 61%). Bien qu’il ait perdu beaucoup de terrain comparé aux 52,7 % de 2010, ces résultats lui ont permis d’obtenir 133 des 199 sièges au nouveau Parlement, soit exactement le seuil de la majorité des deux tiers.

Avec 26,2% des voix, la coalition de gauche (parti socialiste, egyutt/PM, coalition démocratique et libéraux) a essuyé une lourde défaite tandis que le parti d’extrême droite Jobbik, qui dépasse 20 % des voix, gagne du terrain par rapport aux élections de 2010 (date à laquelle il était entré au parlement avec 17% des suffrages). Celui-ci a battu des records dans le nord-est du pays où il a souvent dépassé les 30 %, profitant des tensions avec la minorité Rom dans cette région déshéritée du pays. Le parti vert LMP est parvenu à franchir le seuil des 5 % pour entrer au Parlement.

L’OSCE a estimé que les élections avaient permis une pluralité de candidatures et s’étaient bien déroulées le jour du vote, malgré l’absence remarquée de l’importante minorité rom (estimée à 7% de la population hongroise). Le parti au pouvoir avait toutefois été, selon l’OSCE, indûment avantagé par une législation de campagne restrictive, une couverture médiatique partiale et des activités de campagne qui ont brouillé la séparation entre le parti politique et l’Etat.

Aux élections européennes du 25 mai 2014, avec 52% des voix et 12 sièges sur les 21 sièges hongrois au parlement européen, le parti Fidesz du premier ministre Viktor Orbán a confirmé sa domination sur la scène politique hongroise. Arrivé en deuxième position avec 15% (comme en 2009), le parti Jobbik, ultranationaliste et europhobe, a emporté 3 sièges, confortant la ligne nationaliste de Viktor Orbán. Le parti socialiste MSZP a essuyé un nouvel échec et a été relégué à la troisième place, avec 11% des voix et deux mandats, tandis que deux listes de la gauche libérale pro-européenne ont rassemblé chacune 10% et 7% des suffrages, accentuant l’éparpillement des voix à gauche.

Les élections municipales et régionales du 12 octobre 2014 ont confirmé cette tendance. Le Fidesz remporte presque toutes les communes et comitats. La gauche sort très affaiblie et le Jobbik s’installe à la tête de 9 communes, dont la ville de Ózd (30 000 habitants).

La coalition Fidesz-KDNP a perdu sa majorité constitutionnelle des deux tiers au Parlement à l’occasion d’un scrutin législatif partiel le 12 avril 2015, qui a vu la victoire, pour la première fois au scrutin majoritaire, d’un candidat du parti d’extrême-droite Jobbik.

Panorama des réformes engagées en Hongrie

Une nouvelle constitution, plusieurs fois révisée

La constitution ou Loi fondamentale hongroise, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2012, a déjà été révisée cinq fois. Par ailleurs, le Fidesz, fort de sa majorité des deux-tiers au Parlement, a fait voter un ensemble de lois cardinales et de lois ordinaires qui prévoient des réformes structurelles au sein de nombreuses institutions (justice, Banque centrale, contrôle financier, protection des données, Eglises, media), suscitant ainsi l’inquiétude des instances européennes s’agissant du respect de l’équilibre des pouvoirs et de l’Etat de droit en Hongrie.

Modifications du fonctionnement des institutions hongroises

La nouvelle Loi fondamentale, les lois constitutionnelles, adoptées pour nombre d’entre elles lors de la session extraordinaire du parlement durant les derniers jours de 2011, ainsi que plus de 400 lois ordinaires, ont introduit des réformes qui modifient de manière significative le fonctionnement des institutions hongroises.

Réforme de la justice (loi constitutionnelle du 28 novembre 2011, révision du 11 mars 2013)

  • Le Conseil judiciaire national a été dissout au profit d’un Office national de la justice, dont la présidente a autorité sur la gestion des tribunaux et sur la nomination des juges. Avec le procureur général, elle possède le droit de choisir quel juge se prononcera sur une affaire donnée.
  • La Cour suprême, plus haute juridiction hongroise, a été transformée en Curie.
  • La Cour constitutionnelle a vu ses prérogatives restreintes : elle ne peut plus se prononcer sur les textes ayant un impact sur le budget tant que la dette est supérieure à 50% du PIB. Sa saisine a été limitée (abandon de la saisine directe par les citoyens). Le nombre de juges est passé de 11 à 15, ils sont nommés par le parlement, et leur mandat a été allongé de 9 à 12 ans. La Cour ne peut se référer, dans sa jurisprudence, aux arrêts rendus avant l’entrée en vigueur de l’actuelle Constitution (1er janvier 2012) ; elle ne peut exercer qu’un contrôle sur la forme (et non sur le fond) d’éventuelles nouvelles dispositions constitutionnelles.

Réforme de la Banque centrale hongroise

La loi du 30 décembre 2011, a introduit des changements significatifs dans la composition et le fonctionnement des organes de décision de la banque et dans l’organisation du Conseil monétaire. A la suite des injonctions de la Commission et de la Banque centrale européenne (BCE) dans le cadre d’une procédure d’infraction pour non-respect du droit de l’UE, le parlement hongrois a modifié, le 6 juillet 2012, les dispositions critiquées. Par ailleurs, Viktor Orbán a nommé en mars 2013 son ministre de l’Economie György Matolcsy à la tête de la Banque centrale. Avec la 5ème révision de la constitution, la Hongrie a fusionné sa banque centrale et son organe de contrôle financier, faisant naître l’inquiétude de la Banque centrale européenne (BCE) quant à l’indépendance de la banque centrale hongroise.

Loi sur la stabilité financière (adoptée le 23 décembre 2011)

Cette loi cardinale impose un taux unique (16%) pour l’impôt sur le revenu.

Autorité de protection des données

Une Agence nationale de la protection des données personnelles a été créée. A la suite des injonctions de la Commission européenne, émises dans le cadre d’une procédure d’infraction, le parlement hongrois a amendé la loi le 2 avril 2012, en renforçant l’indépendance du président de l’autorité (la possibilité pour le chef de l’Etat de le révoquer a été supprimée). La Cour de justice de l’Union européenne a condamné la Hongrie pour avoir violé les règles de l’Union européenne sur la protection des données personnelles (arrêt du 8 avril 2014).

Loi sur les Eglises

La loi constitutionnelle du 30 décembre 2011 donne un statut officiel à 14 communautés religieuses contre 300 auparavant (la reconnaissance ouvre la possibilité de percevoir des subventions), exigeant des communautés une présence en Hongrie de 20 ans minimum ou une histoire internationale remontant à au moins 100 ans. En février 2013, la Cour constitutionnelle a prononcé l’annulation partielle de cette loi. L’absence de justification lors de l’accord (ou non) par le parlement du statut de « religion reconnue » et l’impossibilité de faire appel de la décision ont été déclarées anticonstitutionnelles.

Loi sur les médias

Entrée en vigueur le 1er janvier 2011 au début de la présidence hongroise du Conseil de l’UE, cette loi ordinaire a été modifiée une première fois en mars 2011 sur les recommandations de la Commission européenne. Cependant, de nombreuses dispositions controversées ont subsisté : obligation pour les journalistes de dévoiler leurs sources dans certaines circonstances, pouvoirs de contrôle du Conseil des médias et du président de la Commission des médias et de la communication. Conformément à l’exigence de la Cour constitutionnelle (résolution du 19 décembre 2011) appuyée par la commissaire européenne Nelly Kroes, le parlement hongrois a de nouveau amendé la loi le 28 mai 2012, en renforçant notamment la protection des sources d’information des journalistes.

Réactions en Europe

L’ampleur, le rythme et la nature des réformes engagées en Hongrie, ont suscité des débats au sein des institutions et organisations européennes quant à la conformité de la nouvelle législation au droit européen, voire aux principes démocratiques et aux valeurs de l’UE. La Commission de Venise du Conseil de l’Europe, ainsi que la Commission européenne ont procédé à des analyses juridiques détaillées des dispositions controversées de la législation hongroise. Le président Barroso, ainsi que plusieurs commissaires européens ont exhorté, à partir de 2011, les autorités hongroises à se conformer au droit européen en retirant ou amendant certains projets de loi, ce à quoi elles ont parfois consenti.

Une résolution sur la situation en Hongrie, adoptée par le Parlement européen le 16 février 2012, évoquait de « graves inquiétudes » et la possibilité d’activation de la procédure de l’article 7 du TUE (constat par le Conseil d’un risque clair de violation des valeurs de l’Union qui peut conduire jusqu’à la suspension du droit de vote). La résolution contenait des recommandations sur huit sujets : indépendance de la justice, de la Banque centrale, de l’autorité de la protection des données, compétences de la Cour constitutionnelle, lois sur les médias, sur les églises, sur la procédure électorale, ainsi que le droit à l’opposition politique.

Un rapport critique vis-à-vis de la mise en œuvre de ces recommandations (ainsi que sur la révision constitutionnelle du 11 mars 2013) du député européen Rui Tavares a été adopté le 3 juillet 2013 (370 voix pour, 249 contre et 82 abstentions) à l’issue d’un débat au Parlement européen, auquel Viktor Orbán a participé en dénonçant les conclusions du rapport. En réaction, les députés hongrois ont adopté le 5 juillet, avec une très large majorité de 269 pour et seulement 6 contres, une résolution condamnant l’adoption par le Parlement européen de ce rapport et ont appelé le gouvernement conservateur à "ne pas céder à la pression de l’UE".

En revanche, le 25 juin 2013 l’Assemblée parlementaire du conseil de l’Europe (APCE) a renoncé à ouvrir une « procédure de suivi » à l’égard de la Hongrie. Ses membres ont adopté par 135 voix contre 88 un amendement décidant de "ne pas ouvrir de procédure de suivi à l’égard de la Hongrie, mais de suivre de près l’évolution de la situation (de ce pays) et de dresser le bilan des progrès accomplis". La Commission de Venise, organe consultatif du Conseil de l’Europe spécialisé sur les questions constitutionnelles, avait, quant à elle, émis le 14 juin un avis concluant que les réformes constitutionnelles conduites en Hongrie présentaient un "risque" pour la démocratie, la protection des droits de l’homme et l’Etat de droit.

La Hongrie et la question migratoire

La Hongrie a été, jusqu’à l’été 2015, le principal point d’entrée dans l’Union européenne des migrants empruntant la route des Balkans occidentaux. A la suite de la fermeture, au moyen d’une clôture de barbelés, d’une importante présence militaire et policière et d’un durcissement de l’arsenal législatif, de sa frontière avec la Serbie (14 septembre 2015) et avec la Croatie (17 octobre 2015), la Hongrie a cessé d’être directement affectée par la crise migratoire.

Sur la scène intérieure, la crise des réfugiés est devenue un des thèmes centraux de la communication du Fidesz et du gouvernement, reprenant parfois des propositions de l’extrême droite. L’emploi de l’armée pour empêcher l’entrée des migrants était ainsi une proposition du Jobbik, dont s’est emparé le Fidesz. Une « consultation populaire » (questionnaire sur l’immigration,), adressée aux citoyens hongrois en avril 2015, a contribué à focaliser l’attention sur la question migratoire et à nourrir des amalgames entre migrations et terrorisme.

Sur la scène européenne, la Hongrie a adopté une attitude fermée. Après avoir été en juillet le seul Etat-membre à refuser d’accueillir le moindre réfugié sur une base volontaire, elle s’est opposée (aux côtés de la République tchèque, de la Slovaquie et de la Roumanie) au mécanisme de relocalisations adopté par le Conseil extraordinaire des ministres européens de la justice et des affaires intérieures du 22 septembre 2015. Le 4 décembre 2015, Budapest a introduit un recours en annulation devant la Cour de Justice de l’Union européenne contre cette décision, la Slovaquie ayant introduit un recours similaire la veille. La Commission européenne a pour sa part ouvert le 10 décembre 2015 une procédure d’infraction contre la Hongrie au sujet de sa législation en matière d’asile au motif qu’elle contreviendrait aux règles européennes en la matière et en particulier au non-respect du droit à un recours effectif.

Le gouvernement hongrois a organisé le 2 octobre 2016 un référendum sur les relocalisations obligatoires de réfugiés. La question soumise au vote des électeurs était la suivante : « Approuvez-vous que l’Union européenne puisse ordonner l’installation en Hongrie, à titre obligatoire, de ressortissants non-hongrois sans l’accord de l’Assemblée nationale ? » Le « non », en faveur duquel le gouvernement et le parti Jobbik ont fait campagne, a remporté 98 % des suffrages exprimés. La plupart des partis d’opposition ont fait campagne pour l’abstention ou le vote nul. Les suffrages exprimés n’ont représenté que 40 % du corps électoral, rendant le résultat de ce scrutin invalide, conformément à la Loi fondamentale hongroise, qui prévoit un quorum de 50 % des inscrits. Le gouvernement a néanmoins présenté, à la suite de ce vote, un projet de révision constitutionnelle.

L’action de la Hongrie face à la crise migratoire a relancé le débat sur la conformité de certaines politiques de Budapest aux règles et aux valeurs européennes. L’envoi du questionnaire sur l’immigration en avril 2015 a été dénoncé notamment par le Haut-commissariat aux réfugiés et par une résolution du Parlement européen. Le 9 juin 2015, le Conseil de l’Europe s’est ému dans un rapport du développement d’un discours public raciste en Hongrie. La construction d’une clôture de barbelés à la frontière avec la Serbie a également valu à Budapest de vives critiques de la part de certains de ses partenaires européens et d’organisations de défense des droits de l’Homme.

La Hongrie et ses minorités

Minorités sur le sol national

Parmi les treize minorités officiellement reconnues en Hongrie (appelés « nationalités » dans la nouvelle constitution entrée en vigueur en 2012), les plus nombreuses sont les Roms (700 000 personnes environ), les Allemands (entre 100 et 200 000), les Slovaques (100 000), les Croates (80 000) et les Roumains (25 000). Un cadre juridique solide garantit leurs droits : la Hongrie a ratifié la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales du Conseil de l’Europe de 1995, tandis que la nouvelle constitution, qui définit les nationalités comme des éléments créateurs de l’Etat et sa loi organique, ont reçu un avis globalement positif de la part de la Commission de Venise.

La législation hongroise garantit aux minorités le droit à la promotion de leur culture, à l’enseignement dans leur langue et à la représentation politique au niveau local. En outre, la Hongrie est dotée d’une organisation politico-administrative, permettant aux minorités de disposer d’organismes d’autonomie : environ deux mille « gouvernements locaux » élus représentent les intérêts d’une minorité donnée au niveau local.

La communauté rom, bien que la plus nombreuse (7% de la population), reste la moins intégrée dans la société hongroise et la plus fragile économiquement. Les Roms font l’objet d’une exclusion précoce : la ségrégation scolaire, pourtant interdite par la loi, est présente de fait dans un tiers des écoles primaires. L’échec scolaire est élevé, l’accès à l’enseignement supérieur difficile, tandis que le taux de chômage dans la communauté s’élève à 70% et l’espérance de vie est de 10 ans inférieure à la moyenne nationale. La moitié des Roms de Hongrie est en situation d’extrême pauvreté, et la communauté est surreprésentée au sein de la population carcérale.

Minorités hongroises dans les Etats frontaliers

On estime qu’environ 1 200 000 Hongrois vivent en territoire roumain (Transylvanie), 460 000 dans le sud de la Slovaquie, 250 000 en Serbie (Voïvodine) et 150 000 en Ukraine. De manière générale, tout en préservant leurs traditions et la pratique de la langue hongroise, ces populations sont bien intégrées et participent activement à la vie politique. En Roumanie, les Magyars ont fait partie de plusieurs coalitions gouvernementales par le biais de l’UDMR (Union démocratique des Magyars de Roumanie), en Slovaquie le parti des minorités hongroises Most-Hid a obtenu 11 sièges aux élections législatives du 5 mars 2016, tandis que les Hongrois de Voïvodine exercent leur influence à travers le Conseil national de la minorité hongroise et le parti SVM. 

La constitution hongroise dispose que la République de Hongrie est « responsable des Hongrois résidant hors de son territoire et promeut et soutient leurs relations avec la Hongrie ». Plusieurs dispositions législatives, adoptées par les deux gouvernements conservateurs de Viktor Orbán, viennent concrétiser ce postulat. En 2001, la « loi sur le statut » a instauré la délivrance des « certificats d’identité hongroise » aux personnes « en relation avec l’héritage culturel » ouvrant les droits à une assistance de l’Etat hongrois sur le territoire d’un autre Etat, par exemple dans le domaine scolaire (octroi de bourses). En 2010, l’amendement de la loi sur les nationalités a considérablement allégé la procédure de l’acquisition de la nationalité hongroise par les minorités magyarophones des pays frontaliers. Depuis lors, 500 000 personnes auraient demandé la nationalité hongroise. En 2011, la nouvelle loi électorale a prévu l’octroi du droit de vote aux minorités hongroises d’outre-frontières pour le scrutin de liste, soit 93 mandats sur 199.

Situation économique

L’économie hongroise, sortie de récession au premier trimestre 2013, a crû de 3,7% en 2014 et 2,9 % en 2015, grâce au secteur agricole et à l’industrie manufacturière, mais aussi à la consommation des ménages et l’investissement des entreprises qui prennent progressivement le relais des exportations. Le rythme de croissance devrait continuer à ralentir en 2016 (estimation de la Commission européenne de 2,1 %), en raison notamment de la faiblesse des leviers de croissance endogène

En effet, certaines fragilités de l’économie hongroise demeurent. Le blocage du canal du crédit, imputable à la fragilité persistante du secteur bancaire, semble appelé à se prolonger. En outre, le recul de l’attractivité hongroise, imputable aux politiques non-conventionnelles menées dans divers secteurs (bancaire, énergétique, distribution etc.) et à l’incertitude réglementaire et fiscale, a fortement affecté les investissements directs étrangers.

C’est l’investissement public, largement financé par des fonds européens, qui demeure le principal élément de l’investissement en capital fixe. Malgré la sortie de la procédure de déficit excessif en juin 2013 et la notable amélioration des comptes publics, le gouvernement dispose d’une marge de manœuvre budgétaire réduite pour financer des réformes de structure.

La question énergétique en Hongrie

Taux de dépendance énergétique (Eurostat 2011) : 52% (moyenne UE : 54%)
Bouquet énergétique (part dans la consommation nationale) :

  • Gaz : 35 %
  • Charbon : 11 %
  • Energies renouvelables : 7,5 %
  • Pétrole brut : 27 %
  • Nucléaire : 17%

La Hongrie souffre d’une situation énergétique vulnérable. Ayant la production énergétique la plus faible de la région, le pays importe 62% de sa consommation d’énergies fossiles, dont 82% de gaz naturel en provenance de Russie. Cette dépendance est particulièrement sévère dans le secteur de la production de chaleur, qui se base à plus de 80% sur le gaz naturel.

Fortement handicapée par la vétusté de ses unités de production thermiques et l’obsolescence de son bâti immobilier, elle possède en outre un très faible taux d’efficacité énergétique. La part des énergies renouvelables est faible dans la consommation totale (7,3%, dont la moitié est issue en réalité de la cogénération).

En réaction à cette situation, une nouvelle stratégie énergétique nationale a été validée par le gouvernement en 2011, fondée sur trois principes : la durabilité, la compétitivité économique et la sécurité de l’approvisionnement. Le but est l’indépendance énergétique du pays, avec un renforcement du rôle de l’Etat pour y parvenir. Le plan d’action prévoit de doubler la capacité nucléaire actuelle dans les 20 prochaines années.

La Hongrie soutient également la création d’un réseau énergétique européen, notamment avec le concours des autres pays du Groupe de Visegrád (Pologne, République tchèque, Slovaquie).

L’énergie a été l’un des trois secteurs (avec les télécommunications et la grande distribution) les plus touchés par les taxes exceptionnelles dites « de crise » mises en place par le gouvernement hongrois.

Le secteur nucléaire hongrois

La stratégie énergétique 2030 de la Hongrie, publiée en mars 2012, s’est fixée comme objectif de parvenir à une meilleure indépendance énergétique, avec un renforcement du rôle de l’Etat pour y parvenir. Le plan d’action prévoit en particulier de doubler la capacité nucléaire actuelle. Les quatre réacteurs de l’unique centrale nucléaire de Paks (unique centrale du pays, d’une capacité de 2000 MWe) exploités par l’électricien national MVM, fournissent actuellement 43% de l’électricité hongroise.

Le Premier ministre Orbán, en visite à Moscou, a signé avec la Russie le 14 janvier 2014, sans procédure d’appel d’offres, un accord intergouvernemental en vue de l’extension de la centrale de Paks, confiant à Rosatom la construction de deux nouveaux réacteurs destinés à doubler la capacité de la centrale. Le texte a été complété d’un accord de financement de 10 milliards d’euros, à un taux très avantageux, fin mars 2015. Un contrat complémentaire a été signé avec Rosatom fin 2014, qui laisse toute latitude au groupe russe pour choisir les sous-traitants, mais impose un quota de 40 % de fournisseurs hongrois.

Outre la construction de deux nouveaux réacteurs, l’accord prévoit que les parties coopèrent :

  • dans le domaine des combustibles avec la garantie de la fourniture de combustible par la Russie, pour toute la durée de vie des réacteurs, tout en prenant en charge le combustible usé ;
  • dans les domaines de la recherche et du développement liés à la fermeture du cycle du combustible, à l’élaboration des projets du recyclage du combustible, au stockage à long terme et à la gestion des combustibles usés en Russie.

La Commission européenne a soulevé plusieurs objections, concernant notamment la diversification des origines du combustible, l’attribution du marché sans appel d’offres et la possible qualification d’aide d’Etat. Ces obstacles retardent la mise en œuvre du contrat par Rosatom et le choix des sous-traitants. Si la première hypothèque a pu être levée en réduisant la durée du contrat de livraison de combustible russe de 25 à 10 ans, les deux autres questions restent en suspens. Le 19 novembre 2015, la Commission européenne a lancé une procédure d’infraction contre la Hongrie pour non-respect des règles des marchés publics et, le 23 novembre, elle annonçait le lancement d’une « enquête approfondie » sur des soupçons d’aide d’Etat.

politique intérieure et européenne

Grands axes de la politique extérieure hongroise

Au Nord, la Hongrie s’investit dans le groupe de Visegrád (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie) qui constitue pour elle un instrument de consolidation des relations avec ces pays et d’accroissement de leur convergence, en cohérence avec les objectifs de l’Union européenne. Héritage de l’histoire, de nombreux magyarophones résident hors de Hongrie, principalement en Roumanie (1,2 million d’habitants, soit 6,5% de la population selon le recensement de 2011) et en Slovaquie (458 000 personnes selon le recensement de 2011, soit 8,5 % de la population). La loi de 2010 instituant le 4 juin (anniversaire du Traité de Trianon) journée d’unité nationale a été mal perçue par ses voisins.

La loi de mai 2010 sur la citoyenneté (accès à la double nationalité pour environ 3 millions de magyarophones vivant hors de ses frontières) a fait l’objet de représailles immédiates en Slovaquie, avec le vote sous l’impulsion du gouvernement Fico d’une loi de citoyenneté qui prévoit une déchéance de la nationalité slovaque pour ceux qui demanderaient la double nationalité.

Au Sud, la Hongrie soutient les candidatures des Etats des Balkans à l’UE et à l’OTAN. Elle est aussi à l’origine du processus de Szeged pour le soutien à la démocratisation de la Serbie, du Monténégro, de l’Albanie, de la Macédoine et de la Bosnie-Herzégovine et du processus de Nyiregyhaza, à destination de l’Ukraine. La clôture des négociations d’adhésion avec la Croatie a d’ailleurs été l’un des succès de sa Présidence de l’UE en 2011. La construction d’une clôture anti-migrants à la frontière avec la Serbie à l’été 2015 a temporairement détérioré la relation bilatérale.

A l’Est, Budapest apporte, dans le cadre du groupe de Visegrád, une aide importante à l’Ukraine, où réside une communauté magyare forte d’environ 150 000 personnes.

La Hongrie a l’ambition de devenir une plaque tournante énergétique (voir plus haut), un carrefour logistique et une porte d’accès au marché européen pour la Chine et la Russie, via notamment la construction de liaisons autoroutières et ferroviaires et de bases logistiques. Elle se montre prête à saisir toute occasion pour implanter des réseaux énergétiques sur son territoire afin de devenir un acteur incontournable de l’Europe de l’énergie.

La Hongrie maintient une relation pragmatique avec la Russie, en raison notamment de sa forte dépendance énergétique. Outre les livraisons de gaz, la Russie tient une place importante dans le domaine du nucléaire au travers de la centrale de Paks (deux réacteurs VVER de conception russe, combustible de la société russe TVEL) et de son projet d’extension Paks II, dont le contrat pour les deux nouveaux réacteurs a été attribué à la Russie mais n’a pas encore obtenu l’aval de la Commission européenne sur les aides d’état et la procédure d’attribution.

Enfin, la Hongrie se veut un allié fidèle des Etats-Unis, en qui elle voit le meilleur garant de la sécurité européenne et elle ne manque pas de donner des gages de cette proximité (engagement en Irak et en Afghanistan notamment). Néanmoins, un certain froid a été jeté sur la relation bilatérale suite aux critiques des autorités américaines sur les réformes constitutionnelles engagées depuis 2010.

La Hongrie est devenue membre de l’OTAN en 1999. Elle est engagée sur plusieurs théâtres extérieurs, dans le cadre de la PSDC ou de l’OTAN : en Afghanistan au sein de la FIAS (le contingent de 177 soldats assurant la protection de l’aéroport de Kaboul sous commandement français vient de se retirer d’Afghanistan ; les hongrois restent en Afghanistan avec des forces spéciales et une mission de conseil sur les hélicoptères MI 17), au Kosovo (180), en Bosnie-Herzégovine (77), à Chypre (77) et en ARYM. Des militaires hongrois participent à EUTM Somalia ainsi qu’à la mission de formation des forces de sécurité maliennes EUTM Mali (11 personnes).

La Hongrie a rejoint, dès sa première réunion à Washington, la coalition internationale de lutte contre Daech. Après plusieurs mois de débats au sein de la classe politique hongroise, le Parlement a voté le 14 avril 2015 l’envoi de soldats au Kurdistan irakien (entre 110 et 150 hommes).

Mise à jour : 03.11.16

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