Présentation de la Guinée-Bissao
Données générales
Présentation du pays

Nom officiel : République de Guinée-Bissao
Nature du régime : Régime semi-présidentiel (junte militaire depuis le 26 novembre 2025)
Chef de l’État : Général Horta Inta-A (président de la transition)
Premier ministre : M. Ilídio Vieira Té
Données géographiques
Superficie : 36 125 km²
Capitale : Bissao
Villes principales : Bafata, Gabu, Cacheu
Langue officielle : Portugais
Langue la plus parlée : Créole portugais
Monnaie : Franc CFA
Fête nationale : 24 septembre
Données démographiques
Population (FMI, 2023) : 1,9 millions d’habitants
Croissance démographique (BM, 2023) : 2,2 %
Espérance de vie à la naissance (ONU, 2023) : 64,1 ans
Taux d’alphabétisation des adultes (BM, 2022) : 54 %
Religion : musulmans (50 %), chrétiens (10 %), animistes (40 %)
Indice de développement humain (PNUD, 2022) : 179ème rang sur 193 pays
Éléments d’actualité
Politique intérieure
Depuis son indépendance du Portugal en 1974, la Guinée-Bissao a été marquée par de nombreux coups d’État. En 1998, une tentative de coup a plongé le pays dans une brève mais violente guerre entre différentes factions de l’armée.
Ces dernières années, la scène politique s’est structurée autour de l’opposition entre le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), parti historique de la lutte pour l’indépendance, et le MADEM-G15, parti fondé par des dissidents du PAIGC à l’été 2018. Issu de cette deuxième formation, Umaro Sissoco Embaló a remporté le second tour de l’élection présidentielle le 29 décembre 2019. Cette victoire a été contestée par le PAIGC, dont le candidat Domingos Simoes Pereira est arrivé second. Après plusieurs mois de contentieux électoral, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a reconnu la victoire du président Sissoco le 22 avril 2020. En septembre 2020, le Tribunal suprême de justice a finalement clos le contentieux électoral et rejeté les recours de Domingos Simoes Pereira.
Suite à une tentative de coup d’État en février 2022, la CEDEAO a envoyé une force d’appui à la stabilisation du pays, à la demande du président Sissoco. Cette force de la CEDEAO est toujours déployée à Bissao.
Dans un contexte politique tendu, le président Umaro Sissoco Embaló a dissous l’Assemblée nationale le 16 mai 2022. Les élections législatives qui auraient dû se tenir en décembre 2022 n’ont finalement eu lieu qu’au mois de juin 2023 et ont été remportées par le PAIGC (opposition), mené par Domingos Simões Pereira (54 sièges sur 102 en comptant ses alliés). En août 2023, Geraldo Martins (PAIGC) a été nommé Premier ministre d’un gouvernement de cohabitation alors que M. Pereira, à la tête de l’opposition, a pris la présidence de l’Assemblée nationale.
À la suite de la tentative de libération de deux membres du gouvernement le 1er décembre 2023 par la garde nationale, qu’il a qualifiée de coup d’État, le président Sissoco a dissous une nouvelle fois l’Assemblée nationale le 4 décembre 2023 et a nommé peu après M. Rui Duarte Barros (PAIGC) à la tête d’un nouveau gouvernement dit « d’initiative présidentielle ».
Le président Sissoco a reporté les élections législatives qui devaient avoir lieu le 24 novembre 2024, puis a annoncé le 7 mars 2025 la tenue des élections législatives et présidentielle pour le 23 novembre 2025, auquel il s’est porté candidat.
Au lendemain d’une journée électorale calme malgré l’exclusion des deux principales coalitions d’opposition aux législatives et de Domingos Simões Pereira, principal candidat d’opposition (PAIGC), à la présidentielle, le candidat soutenu par les principales forces d’opposition, Fernando Dias da Costa (indépendant), a revendiqué sa victoire à l’élection présidentielle dès le 24 novembre. Le président Sissoco a fait de même par la voix de son entourage.
Le 26 novembre 2025, un groupe d’officiers a pris le pouvoir et a suspendu, puis annulé, le processus électoral. L’opposant Domingos Simões Pereira a été arrêté et le candidat d’opposition Fernando Dias da Costa s’est réfugié à l’ambassade du Nigéria.
Arrêté par les officiers, le président déchu Sissoco a rapidement été libéré et a pu quitter le pays : il a été successivement accueilli par le Sénégal, par le Congo, puis par le Maroc. La réalité du coup d’État a toutefois été mise en doute, notamment par l’opposition, qui estime qu’il s’agissait d’une manœuvre du président Sissoco pour ne pas remettre le pouvoir à Fernando Dias da Costa, vainqueur de l’élection présidentielle. De fait, la plupart des personnalités tant militaires que civiles du nouveau régime lui sont réputées proches.
Le 27 novembre, le chef d’État-major de l’armée de terre, le major général Horta Inta-A, a prêté serment comme « président de la transition » pour une durée de un an. Le 8 décembre, la junte s’est dotée d’une « charte de la transition », interdisant notamment au président de la transition et à son Premier ministre de se présenter à la prochaine élection présidentielle.
La CEDEAO et l’Union africaine ont suspendu la Guinée-Bissao, condamné sans équivoque le coup d’État militaire, appelé au respect du processus électoral et au retour à la normalité constitutionnelle et rejeté le programme de transition annoncé par les putschistes. Une mission de la CEDEAO s’est rendue à Bissao le 1er décembre 2025 et a rencontré les représentants de la junte ; une autre mission est annoncée et pourrait, en l’absence d’une transition brève, déboucher sur des sanctions individuelles.
Politique étrangère
Indépendante depuis le 24 septembre 1973, la Guinée-Bissao est longtemps restée isolée en raison de son alignement sur l’URSS. Frontalière de deux pays francophones, la Guinée-Bissao a rejoint l’Organisation internationale de la Francophonie en 1979 puis l’Union économique et monétaire ouest-africaine en 1997. Elle est également membre de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) et de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP).
L’ancien président Sissoco a orienté la politique étrangère de la Guinée-Bissao vers la recherche de nouveaux partenariats et a effectué de nombreuses visites à l’étranger durant son mandat. Il s’est notamment rendu en France pour la première fois en octobre 2021, où il a été reçu par le Président de la République. Il est par la suite revenu à plusieurs reprises (2022, 2023 et 2024).
Le président Sissoco s’est par ailleurs attaché à faire entendre la voix de son pays au sein de la CEDEAO, dont il a été président de la conférence des chefs d’État du 4 juillet 2022 au 8 juillet 2023.
Depuis le coup d’État du 26 novembre 2025, la Guinée-Bissao est suspendue de la CEDEAO et de l’Union africaine. 600 hommes de la CEDEAO sont toujours déployés à Bissao dans le cadre d’une force d’appui à la stabilisation depuis une tentative de coup d’État en février 2022. Les intentions politiques des putschistes, notamment leur positionnement vis-à-vis des pays voisins et des partenaires occidentaux, restent assez largement à définir.
Situation économique
Avec 2 millions d’habitants et un PIB estimé à 2 Md USD en 2023, la Guinée-Bissao présente des indicateurs socio-économiques parmi les plus faibles au monde : 179ème sur 193 selon le dernier classement de l’Indice de développement humain (IDH) du PNUD, ce qui la classe dans la catégorie des pays les moins avancés (PMA).
L’économie bissaoguinéenne est extrêmement vulnérable aux variations des cours et de la production de la noix de cajou (autour de 150 000 T), qui représente 90% des exportations du pays, principalement à destination de l’Inde. Le secteur agricole représente près de 35% du PIB, dont 10% attribuable directement à la stricte filière anacarde. L’économie est également caractérisée par l’importance de son secteur informel, dont les trafics illicites (drogues et bois). Par ailleurs, le très important potentiel halieutique reste encore largement inexploité. La Guinée-Bissao présente également un potentiel minier dans la bauxite et le phosphate, sans que des projets d’exploitation ne soient réellement actifs à ce stade. C’est ainsi que l’industrie ne représente qu’aux alentours de 15% du PIB. Les services constitueraient eux un peu plus de la moitié du PIB du pays.
Après s’être établi à 5,2 % en 2023, la croissance économique a ralenti à 4,7 % en 2024 selon les données du FMI, portée par les investissements publics et privés dans le secteur de l’énergie et de la construction qui ont permis de compenser en partie la baisse de la production de noix de cajou, affectée par le changement climatique. En 2025, la croissance est projetée à 5,1 %. Le taux de croissance du PIB devrait se stabiliser à ce même niveau à moyen terme, soutenu notamment par la hausse des exportations de noix de cajou, le dynamisme des investissements privés et un engagement plus important de la part des donateurs. L’inflation devrait se stabiliser à 4,2 % en moyenne en 2024 (après 7,2 % en 2023), le pays bénéficiant de la stabilité monétaire que lui confère son appartenance à la zone UEMOA. Le déficit du compte courant devrait être plus important que prévu, atteignant -7,4 % du PIB, en raison de la sous-performance des exportations de noix de cajou (une amélioration malgré tout comparé au déficit de -8,7 % du PIB de l’année 2023).
Mise à jour : 07.01.26
Informations complémentaires
- Instantanés diplomatiques
- Documents de référence