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Présentation de la Grèce

Présentation

Données générales

Nom officiel : République hellénique
Nature du régime : République parlementaire
Président de la République : M. Prokopis PAVLOPOULOS
Chef du gouvernement : M. Alexis TSIPRAS

Données géographiques

Superficie : 131.957 km2
Capitale : Athènes
Villes principales : Athènes (4 millions d’habitants), Thessalonique (1 million d’habitants)
Langue officielle : grec
Monnaie : euro
Fête nationale : 25 mars (déclenchement de l’insurrection de 1821 contre la Sublime Porte) ; le 28 octobre est également « fête nationale », en souvenir du jour du "non" (ohi), en 1940, où le général Metaxás s’est opposé au passage des troupes italiennes, ce qui a précipité l’entrée en guerre de la Grèce.

Données démographiques

Population : 10 812 500 habitants (2015)
Densité : 81,9 habitants/km2 (2015)
Espérance de vie : 84 ans pour les femmes, 78,7 ans pour les hommes
Religion : Orthodoxe (98 %)

Données économiques

PIB : 175,6 Mds€ (2015)
PIB/hab : 16 075 € (2015)
Taux de croissance : 0,0% (2015)
Taux de chômage : 25,1 % (2015)
Taux d’inflation : -1,1% (2015)

Dette publique : 179 % du PIB (2015)
Déficit public : -7,6% du PIB (2015)

Solde commercial : -1,8% (2015)
Principaux clients : (2015) : Italie (11,2%), Allemagne (7,3%), Turquie (6,6%).
Principaux fournisseurs : (2015) : Allemagne (10,7%), Italie (8,3%), Russie (7,9%)

Exportations de la France vers la Grèce (2015) : 2,075 Mds€
Importations françaises depuis la Grèce (2015) : 0,634 Mds€
Solde commercial bilatéral (2015) : 1,441 Md€
Part de marché de la France : 4,4%

http://www.tresor.economie.gouv.fr/se/grece

Consulats de France : Athènes, Thessalonique (Consulat général)
Communauté française en Grèce : 10 541 Français inscrits en 2014, dont 54% de binationaux.
Communauté grecque en France : 35.000 (9ème rang dans le monde)

Politique intérieure

Confronté à une situation économique délicate, la Grèce a bénéficié de deux plans d’assistance financière, en 2010 et 2012

  • Le premier plan d’aide, négocié en mai 2010 par le gouvernement Papandréou, reposait sur une enveloppe de prêts de 110Md€ accordée sur trois ans par le FMI et les Etats membres de la zone euro. En contrepartie, les autorités grecques s’engageaient à consolider les finances publiques et à mettre en place un programme de réformes.
  • Le deuxième plan d’assistance, négocié par le Premier ministre de transition Papademos, est validé le 12 mars 2012. D’un montant de 130Md€ provenant du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et du FMI, il devait s’étaler jusqu’à fin 2014. Il entraîne la restructuration de près de 105Md€ de dette détenue par des créanciers privés.
  • Antonis Samaras, leader de la Nouvelle Démocratie et Premier ministre depuis juin 2012, n’est finalement pas parvenu à boucler ce deuxième plan d’aide. Après avoir obtenu une prolongation de deux mois du programme, M. Samaras échoue à réunir une majorité suffisante pour faire élire son candidat à la Présidence de la République, ce qui provoque la tenue de législatives anticipées, le 25 janvier 2015.

L’arrivée au pouvoir de Syriza, en janvier 2015, a ouvert une nouvelle phase de négociation, qui s’est conclue sur un accord pour un 3ème plan d’aide

  • Le parti de M. Tsipras remporte les élections législatives grecques du 25 janvier et forme une coalition avec le parti de droite souverainiste ANEL/Grecs indépendants, qui partage avec lui une ligne très ferme sur la question de la dette.
  • Alors qu’un premier accord trouvé lors de l’Eurogroupe du 20 février 2015 avait permis l’extension du plan d’aide jusqu’au mois de juin, la Grèce et ses partenaires ne parviennent pas à s’accorder sur un programme de réformes. Le 27 juin, M. Tsipras convoque un référendum pour le 5 juillet, sur la dernière proposition transmise par ses partenaires, le 25 juin, et appelle les Grecs à voter « non ». Parallèlement, les autorités grecques instaurent un contrôle des capitaux, afin d’éviter un retrait massif des dépôts. Le 5 juillet, le « non » l’emporte avec 61,31 % des suffrages exprimés, avec une participation de 62,5 %.
  • Une nouvelle séquence de négociation reprend le 7 juillet et aboutit, le 13 juillet, à un accord des chefs d’Etats et de gouvernement de la zone euro, prévoyant un nouveau plan d’aide, pouvant aller jusqu’à 86 Md€.
  • Sur le fond, l’accord prévoit quatre axes de réformes : i) restaurer la stabilité financière (déficit primaire de -0,25% du PIB en 2015, puis excédent de 0,5% du PIB en 2016, 1,75% du PIB en 2017 et 3,5% du PIB en 2018) ; ii) la stabilité financière (avec traitement des créances douteuses) ; iii) la croissance, la compétitivité et l’investissement (avec la déréglementation des secteurs protégés, la libéralisation du secteur de l’énergie et la mise en place d’un fonds de privatisation des actifs grecs à hauteur de 50Md€) ; et iv) la modernisation de l’Etat (réforme de l’administration fiscale, amélioration du système judiciaire, lutte contre la corruption, indépendance des autorités statistiques).
  • Confronté à la défection (vote contre ou abstention) de près de 50 députés du groupe Syriza lors des votes sur le 3ème plan d’aide, adopté grâce aux voix de l’opposition, M. Tsipras remet sa démission le 20 août, entrainant de nouvelles élections, le 20 septembre.

Conforté par sa victoire aux législatives anticipées, M. Tsipras doit désormais mettre en œuvre le programme d’aide

  • M. Tsipras remporte les élections législatives anticipées du 20 septembre 2015, avec 35,47% des voix et 145 sièges un score quasi identique à celui obtenu en janvier dernier et devance largement la Nouvelle démocratie, qui obtient 28,09%. L’ancienne aile gauche de Syriza, réunie dans une formation dissidente (« Unité populaire »), ne parvient pas à franchir le seuil des 3% nécessaires pour être représenté au Parlement. Par ailleurs, le parti néo-nazi Aube dorée termine troisième, avec 6,99%.
  • Renforcé, M. Tsipras a reconduit le tandem formé avec le parti de droite souverainiste ANEL-Grecs indépendants (3,69% et 10 députés) qui s’est avéré un allié indéfectible, notamment lors des votes cruciaux sur le 3ème programme d’aide. Au total, M. Tsipras peut s’appuyer sur une majorité de 155 sièges sur 300 (aujourd’hui 153 sièges suite à deux défections en novembre 2015), certes moins importante que celle dont il disposait jusqu’à présent (et qui comptait 162 sièges) mais plus homogène, puisque l’aile gauche du parti a été écartée.
  • Dans ce contexte, les discussions se poursuivent pour la mise en œuvre des mesures agrées dans le cadre du 3ème plan d’aide. La conclusion de la première revue du 3e programme le 24 mai dernier a donné un peu d’oxygène à la Grèce. Le conseil des gouverneurs du MES du 16 juin et le conseil d’administration du MES du 17 juin ont définitivement validé la première revue et ont autorisé le déboursement d’une nouvelle tranche de prêt de 7,5 Md€ à la Grèce. 2,8 Md€ doivent de nouveau être décaissés à l’automne, sous condition de poursuite de mise en œuvre des réformes. Lors de l’Eurogroupe du 25 mai, les ministres des finances ont également accepté d’ouvrir le débat sur le traitement de la dette sous réserve d’un certain nombre de principes (pas de décote, possibilité d’un allongement de la période de grâce, d’une extension des maturités et partant, d’un lissage des pics de remboursement).

Situation économique

Sur la période 2010-2012, la Grèce a connu une récession cumulée représentant 15 points de PIB : -8,9 % en 2011, -6,6% en 2012 et-3,9% en 2013. En 2014, le PIB a progressé légèrement, de 0,8%, cette performance marquant la première année de croissance depuis 2007. En dépit d’une très grave crise de confiance et d’un contrôle des capitaux mis en place à l’été 2015, l’économie grecque en 2015 a finalement stagné en 2015 (0,0%) et 2016 ne devrait enregistrer qu’une contraction modérée. Ces résultats s’expliquent notamment par les bons chiffres du tourisme (+10,7% pour les recettes soit 13,4 Mrds € et + 22,7% pour les visiteurs), qui se sont diffusés à l’ensemble de l’économie.

Les indicateurs économiques restent toutefois préoccupants :

  • Malgré une légère inflexion en 2014, le taux chômage demeure au niveau très élevé de 26,5% en 2015.
  • Les finances publiques continuent de se dégrader : la dette continue de croître, atteignant 179% du PIB en 2015 contre 159,4% du PIB fin 2012.
  • Le secteur bancaire est très affaibli, notamment par les fuites de capitaux et les retraits opéré avant et après la mise en place d’un contrôle des capitaux. Le taux de créances douteuses est également particulièrement élevé.

Politique extérieure

Avec l’amplification de la crise économique et sociale, la Grèce souhaite avant tout à rétablir l’image et la crédibilité de la Grèce et à consolider les liens économiques et stratégiques avec les partenaires hors UE. Elle reste également marquée par la volonté de stabiliser ses relations avec ses plus proches voisins (Turquie, Chypre, ARYM, Balkans).

Le premier objectif de la politique étrangère grecque est de contribuer à la lutte contre la crise économique qui frappe le pays

- Accent mis sur le développement de la coopération avec les Etats-Unis, la Russie, la Chine, Israël et les pays du Golfe dans le but d’attirer des investissements, trouver des financements et développer les échanges économiques.

Dans les relations avec les Etats-Unis, Athènes espère attirer les investissements de la diaspora grecque. La coopération avec la Russie est motivée non seulement par la communauté d’héritage culturel et religieux mais surtout par le désir d’intensifier les relations bilatérales dans les domaines économique, de l’énergie et du tourisme. Des relations avec la Chine, la Grèce attend l’arrivée de nouveaux IDE, comme ceux dans le port du Pirée, ainsi que le développement du commerce et l’afflux de touristes.

La coopération avec Israël est notamment vue comme un moyen de bénéficier des retombées économiques de la coopération énergétique dans le cadre du triangle "Israël-Chypre-Grèce", suite aux découvertes de champs gaziers au large des côtes israéliennes et chypriotes. Enfin, la Grèce élargit ses partenariats traditionnels avec les Etats du monde arabe, en profitant de ses relations historiquement proches avec les pays de la région, pour trouver de nouvelles sources d’approvisionnement en matières premières et pour favoriser de nouveaux investissements.

Une volonté de stabiliser son environnement régional

- Turquie

Les deux tremblements de terre qui ont touché la Turquie et la Grèce en 1999 ont été l’occasion d’un rapprochement important entre les deux pays (avec la mise en place de ce qu’il a été convenu de nommer "la diplomatie des tremblements de terre"). Plusieurs accords bilatéraux ont ensuite été conclus dans des domaines variés (énergie, immigration, tourisme, environnement…) et Athènes a soutenu le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne tout en demandant à Ankara d’en respecter pleinement les conditions (dont la normalisation avec Chypre et des relations de bon voisinage avec la Grèce). Les échanges et les investissements commerciaux grecs en Turquie (qui sont passés de 200 M$ en 1999 à 6 Mds$ en 2009) se sont multipliés et ont également contribué à l’amélioration de ces relations. La Turquie est même, depuis 2012, le premier client de la Grèce (11,7% des exportations grecques en 2013, après 10,8% en 2012), devant l’Italie (8,9%), l’Allemagne (6,5%), la Bulgarie (5,1%) et Chypre (4,2%).

Depuis 1999 les visites bilatérales se sont multipliées. Les deux pays affichent désormais leur volonté de se concentrer sur les sujets consensuels (développement du commerce, du tourisme, etc.) pour renouer les liens et normaliser les relations bilatérales. En 2012, Athènes et Ankara ont annoncé la mise en place d’un Haut conseil intergouvernemental de coopération gréco-turc, sous la présidence des deux Premiers ministres. Il s’est depuis réuni en janvier 2013 et novembre 2014. Les deux parties ont fixé l’objectif de porter le volume global des échanges commerciaux bilatéraux à 10 Md$, contre 5 Md$ actuellement.

La relation gréco-turque reste, toutefois, complexe car les questions de fond, qui constituent les irritants de la relation bilatérale depuis de nombreuses années, sont loin d’être surmontées (différends territoriaux en mer Egée, minorités grecque en Turquie et musulmane en Grèce, immigration illégale en Méditerranée…). Les problèmes migratoires constituent également une source de tensions

- Chypre

Les positions de la Grèce sur la question de la réunification sont restées inchangées : soutien à une réunification autour d’une fédération bizonale et bicommunautaire, solution agréée par les deux parties sans pression extérieure, nécessité de respecter l’acquis communautaire, Chypre étant et devant rester pleinement membre de l’Union européenne.

La Grèce dénonce par ailleurs l’ingérence d’Ankara dans le dossier, y compris sa contestation des explorations gazières lancées par Nicosie au large de Chypre.

- Ancienne République Yougoslave de Macédoine (ARYM)

La Grèce s’oppose à la reconnaissance internationale de l’ARYM sous le nom de Macédoine depuis 1991 (date à laquelle le pays a proclamé son indépendance) considérant que cette dénomination appartient exclusivement à son patrimoine historique national. Ce nouvel Etat a donc été admis à l’ONU, en 1993, sous le nom provisoire d’"Ancienne république yougoslave de Macédoine" (ARYM en français, FYROM en anglais). Depuis 1995, un accord intérimaire bilatéral définit les relations entre Athènes et Skopje, en attendant qu’une solution au différend puisse être trouvée. En avril 2008, en l’absence de tout progrès sur cette question du nom, la Grèce a opposé son veto à l’entrée du pays dans l’OTAN au sommet de Bucarest.

Un processus de négociations pour résoudre les différents ayant surgi en relation avec la dénomination constitutionnelle de l’Etat est en cours sous les auspices de l’ONU et de son médiateur, Matthew Nimetz. Les dernières rencontres n’ont cependant pas donné de résultats.

Cet irritant n’empêche pas les contacts entre les deux pays : le ministre grec des Affaires étrangères s’est ainsi rendu à Skopje en juin 2015. A l’issue de cette visite, il a signé avec son homologue macédonien, M. Poposki, une liste de 11 mesures bilatérales de confiances (culture, éducation, énergie, tourisme etc…). Nikola Poposki s’est également rendu en Grèce en décembre 2015.

- Balkans

Traditionnellement présente dans les Balkans, la Grèce soutient l’adhésion à l’Union Européenne de l’ensemble des pays de cette zone sur la base du principe de pleine adaptation aux valeurs européennes. Elle voit dans le processus d’élargissement la possibilité de stabiliser son environnement régional et de favoriser le règlement des irritants bilatéraux avec ses voisins. Elle est donc très favorable à la libéralisation des visas avec les Etats des Balkans et a attaché une importance particulière à ce que la Serbie fasse partie de la première vague de cette libéralisation.

Mise à jour : 20.09.16

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