Accès rapide :

Présentation

Données générales

Nom officiel : Géorgie
Chef de l’Etat : Président de la Géorgie, M. Guiorgui Margvelachvili (depuis novembre 2013)
Premier ministre : M. Guiorgui Kvirikashvili (depuis le 30 décembre 2015)

Données géographiques

Superficie : 69 700 km2 (119ème rang mondial)
Capitale : Tbilissi (1,1 millions d’habitants)
Villes principales : Koutaissi, Batoumi, Roustavi, Soukhoumi, Zougdidi
Langue officielle : géorgien
Langues courantes : géorgien, russe, abkhaze, azéri, arménien, ossète.
Monnaie : lari (GEL) (1 € = 2,56 GEL au début septembre 2016).
Fête nationale : 26 mai (proclamation de l’indépendance le 26 mai 1918 vis-à-vis de la République Démocratique Fédérative de Transcaucasie, marquant la fin de la domination russe qui durait depuis 1801, définitivement acquise le 9 avril 1991).

Données démographiques

Population : 3 700 000 (recensement de 2014 hors régions républiques séparatistes, les précédentes estimations de l’institut géorgien de la statistique ont culminé à 4 500 000 en 2012 ; les populations des regions séparatistes sont estimées comme suit [chiffres contestés] : Ossétie du sud 40 000 et Abkhazie 180 000)
Espérance de vie (PNUD en ligne en 2015) : 72,9 ans
Taux d’alphabétisation : 100%
Densité : 57 habitants/km²
Religions : orthodoxes (83,9 %), musulmans (9,9 %), chrétiens de rite arménien (3,9 %), catholiques (0,8 %)
Indice de développement humain (PNUD 2015) : rang 76e sur 177 (en hausse)

Données économiques

PIB (2014) : 16,5 Mds USD (Banque mondiale)
PIB/hab (2014) : 4 500 USD (7 582 $ en parité de pouvoir d’achat)
Taux de croissance (2015) : + 2,8 % (2012 : +6,2% ; 2013 : +3,3% ; 2014 : 4,7% ; prévisions du FMI : +3% pour 2016)
Taux de chômage (2015) : 12,7 % (2014 : 15 %)
Taux officiel d’inflation (2015) : 4 % (2014 : 3,1 %)
Déficit budgétaire (2015) : -3 %
Dette publique (2015) : 45,5 % du PIB (2014 : 34,8 %)
Principaux clients (2015) : l’Azerbaïdjan (11%), la Bulgarie (10%), la Turquie et l’Arménie (8%), et la Russie (7%).
Principaux fournisseurs (2015) : Turquie (17%), la Chine et la Russie (8%), l’Azerbaïdjan (7%), l’Irlande et l’Ukraine (6%)
(source : Office national de la statistique géorgien, données provisoires 2015)
Principaux secteurs d’activités dans le PIB (2014) : agriculture 9 %, industrie 22 %, services 69 %

Excédent commercial français (2015) : + 95 M€
Exportations françaises vers la Géorgie (2015) : 120 M€
Importations françaises de Géorgie (2015) : 25 M€

Dispositif diplomatique et consulaire français en Géorgie
Ambassade et consulat (section consulaire d’ambassade) de France à Tbilissi

Communauté française en Géorgie (janvier 2016)
329 inscrits au registre des Français établis hors de France

Politique intérieure

Situation intérieure

La Géorgie a recouvré son indépendance en 1991 dans des conditions difficiles : livrée à l’anarchie, elle a rapidement été la proie d’une guerre civile et exposée aux séparatismes. Le retour d’Edouard Chevardnadze, ancien ministre des Affaires étrangères d’URSS, devenu chef de l’Etat en 1992 après le renversement du Président nationaliste Zviad Ghamsakhurdia, a permis de réorganiser les pouvoirs centraux après la guerre civile. Il a désarmé les principales milices et institué un régime présidentiel fort qui a progressivement pris le pas sur le pouvoir des clans.
En novembre 2003, la « révolution des roses » a conduit au pouvoir Mikheïl Saakashvili (élu chef de l’Etat en janvier 2004 et réélu en 2008), jeune président pro-occidental formé en France et aux Etats-Unis. Il s’agissait de la première « révolution de couleur » démocratique dans l’espace post-soviétique avant la révolution orange d’Ukraine en décembre 2004. Depuis, la Géorgie a fait le choix stratégique du rapprochement avec l’UE et l’OTAN, objet d’un consensus au Parlement.

Le conflit armé avec la Russie en août 2008, alors que le gazoduc BTC reliant la Caspienne à la mer Noire via la Géorgie venait d’être mis en service, a temporairement rassemblé l’ensemble des forces politiques autour du chef de l’exécutif. Toutefois, cette union nationale a ensuite volé en éclat, certaines figures de l’opposition arguant des responsabilités du Président Saakashvili dans le déclenchement des hostilités.

Les élections législatives du 1er octobre 2012 ont vu une large victoire de la coalition d’opposition « Rêve géorgien » emmenée par le mécène et milliardaire Bidzina Ivanishvili avec 55% des suffrages contre 40% pour le Mouvement national uni du Président Saakashvili. Ce scrutin a marqué une étape importante dans la consolidation de la démocratie géorgienne qui a ainsi connu, pour la première fois depuis son indépendance, une alternance démocratique.

L’élection présidentielle du 27 octobre 2013 a mis fin à la cohabitation houleuse entre le gouvernement du Premier ministre Ivanichvili et le Président Saakachvili, arrivé au terme de son second mandat consécutif (2004-2008 et 2008-2013) et ne pouvant pas se représenter. Si le scrutin a été jugé transparent, bien administré et concurrentiel par la mission d’observation du BIDDH-OSCE, il n’a cependant suscité qu’une faible participation, de l’ordre de 47% (54% en 2008 et 60,8% aux élections législatives de 2012). Du fait d’une révision constitutionnelle entrée en vigueur au moment de la prise de fonction du nouveau Président, M. Giorgi Margvelashvili, le 17 novembre 2013, le Premier ministre dispose désormais de l’essentiel des pouvoirs exécutifs.

M. Irakli Gharibashvili a succédé le 24 novembre 2013 à M. Ivanishvili au poste de Premier ministre, ce dernier se retirant officiellement de la politique. Il a à son tour démissionné le 23 décembre 2015, laissant la place à M. Giorgi Kvirikashvili.

Les séparatismes sud-ossète et abkhaze

L’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, qui représentent ensemble 20 % du territoire géorgien, ont échappé au contrôle de Tbilissi dès le début des années 1990, quand deux guerres ont fait plus de 11 000 morts et 320 000 déplacés.

Du 7 au 12 août 2008, un violent conflit a opposé la Russie et la Géorgie autour de l’Ossétie du Sud. Au lendemain du conflit, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie ont déclaré leur indépendance. Elle n’est reconnue que par la Russie, le Vénézuela, le Nicaragua, et Nauru (le Vanuatu et Tuvalu s’étant retractés). La Géorgie et la Russie n’ont toujours pas rétabli leurs relations diplomatiques. Moscou stationne environ 3500 personnels militaires (soldats et gardes-frontières du FSB) dans chacune des deux provinces.

La médiation de la Présidence française de l’UE a permis, le 12 août 2008, de mettre un terme aux combats et de parvenir à un accord de la Russie et de la Géorgie sur un plan en 6 points, dont le retour aux positions antérieures. Par les accords du 8 septembre 2008, les présidents russe et géorgien se sont engagés à mettre en œuvre l’ensemble des dispositions du plan du 12 août dans des délais précis.

Le cessez-le-feu est globalement bien respecté. Toutefois, des tensions persistent sur la ligne de démarcation administrative. Un citoyen géorgien a été abattu par les garde-frontières russes alors qu’il voulait entrer en Abkhazie le 19 mai 2016.
Les accords du 12 août et du 8 septembre 2008 ont également institué les discussions de Genève : coprésidées par l’ONU, l’OSCE et l’UE, elles sont le seul forum réunissant toutes les parties (Tbilissi, des représentants des autorités de facto abkhaze et sud-ossète, Washington et Moscou). Le représentant de l’ONU est Antti Turunen. Depuis juin 2014, le représentant spécial de l’Union européenne (RSUE) pour le Caucase du Sud et la crise en Géorgie est le diplomate allemand Herbert Salber. Depuis janvier 2016, Günther Bächler est le représentant spécial de la présidence allemande de l’OSCE.

La Mission de surveillance de l’Union européenne (MSUE) est seule sur le terrain depuis le départ exigé en 2009 par la Russie des missions ONU et OSCE. Elle n’a toujours pas accès aux entités comme le prévoit pourtant son mandat, qui est prolongé par le Conseil européen chaque année depuis 2008 (actuellement jusque fin décembre 2016). Les travaux de l’instrument de prévention et de règlement des différends (IPRM) de la MSUE de Gali, en Abkhazie, étaient bloqués depuis mai 2012, quand les autorités de facto abkhazes ont déclaré le chef de la MSUE, persona non grata. Un accord a été signé dans le cadre des discussions de Genève en mars 2016 pour la reprise des travaux de l’IPRM de Gali.

La MSUE est dirigée depuis le 19 décembre 2014 par le diplomate lituanien Kęstutis Jankauskas.

La majorité géorgienne issue des urnes en octobre 2012 mène une politique d’apaisement des relations avec la Russie, tout en ne reconnaissant pas l’indépendance des deux entités séparatistes et en demandant leur réintégration à la Géorgie. Pour œuvrer à ce rapprochement avec Moscou, des discussions informelles se tiennent plusieurs fois par an à Prague, entre les représentants spéciaux des deux pays, M. Abashidze et Karassine. Ce dialogue s’est concrétisé du côté russe par la levée, en 2013, de l’embargo sur les eaux minérales, les vins et quelques produits agricoles géorgiens, mais peine à trouver d’autres traductions concrètes. Fin 2015, les autorités russes ont annoncé des mesures de facilitation des visas pour les Géorgiens, mais ont annoncé reporter toute levée de l’obligation de visa, pour des raisons sécuritaires.

Les autorités géorgiennes dénoncent toutefois, depuis le début l’année 2013, une reprise des travaux de « frontiérisation » (pose de clôtures, barbelés, tranchées, etc.) par les gardes-frontière du FSB sur les lignes de jonction administrative avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. Ces obstacles, ainsi que des mesures répressives, portent atteinte à la liberté de circulation et d’établissement des citoyens géorgiens.

Tbilissi a également condamné la signature par Moscou d’un « traité d’alliance et de partenariat stratégique » et d’un « traité d’alliance et d’intégration » avec les autorités de facto, respectivement, de Soukhoumi (le 24 novembre 2014) et de Tskhinvali (le 18 mars 2015). Le président de facto d’Ossétie du Sud a annoncé à plusieurs reprises l’organisation d’un referendum sur un rattachement de la province à la Fédération de Russie.

Tbilissi a en outre fermement condamné l’attitude de la Russie dans le cadre de la crise ukrainienne, y compris l’annexion de la Crimée en mars 2014.

Intégration euro-atlantique

Relations avec l’Union européenne

Les relations entre l’UE et la Géorgie ont débuté en 1992, après que le pays a retrouvé sa souveraineté à la suite de l’éclatement de l’Union soviétique, et se sont intensifiées depuis la « révolution des roses » de 2003. La Géorgie bénéficie depuis 2009 de la Politique européenne de voisinage et du Partenariat oriental. Sur le terrain, l’UE a déployé sa première mission civile « Etat de droit » dans le cadre de la PSDC, EUJUST THEMIS, en 2004, ainsi que la Mission de surveillance de l’Union européenne (MSUE), à la suite du conflit armé de 2008. La Géorgie a signé le 27 juin 2014 un accord d’association avec l’UE, entré en vigueur le 1er juillet 2016. Le volet commercial de l’accord d’association, un accord de libre-échange complet et approfondi, est mis en œuvre de façon anticipée depuis septembre 2014.

En matière de défense, un accord-cadre sur la participation de la Géorgie aux opérations de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) a pris effet en mars 2014. Il est à noter qu’avec 150 soldats, la Géorgie a été, après la France, le plus important fournisseur de troupes à l’opération EUFOR RCA. Tbilissi a maintenu une contribution à EUFOR RCA 2 puis EUMAM RCA et se prépare à participer à la prochaine opération EUTM RCA.

Relations avec l’OTAN

La Géorgie, membre du Partenariat pour la paix depuis 1994, bénéficie du programme Formation et équipement depuis 2002. Elle est candidate au Plan d’action pour l’adhésion. Au sommet de Bucarest de 2008, les Etats parties au Traité de l’Atlantique Nord ont déclaré que la Géorgie avait « vocation à rejoindre l’Alliance atlantique ». La Commission OTAN-Géorgie est le cadre institutionnel dans lequel est conduit le dialogue politique et la coopération pratique. Il est à noter que la Géorgie a été, parmi les pays non membres de l’OTAN, le plus important fournisseur de troupes à la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan. Lors du sommet de l’OTAN du pays de Galles (4-5 septembre 2014), les Alliés ont octroyé à la Géorgie un « paquet substantiel » de mesures spécifiques permettant de poursuivre, dans le cadre de la Commission OTAN-Géorgie, le rapprochement de la Géorgie avec l’OTAN.

Situation économique

La dynamique de croissance du pays a reposé de 2003 à 2013 largement sur les investissements étrangers et le secteur des services, au détriment de l’industrie et surtout du secteur agricole, qui constitue pourtant un des avantages comparatifs potentiels de la Géorgie. Cette dernière tire également avantage de sa situation de pays de transit pour les hydrocarbures avec notamment l’oléoduc BTC et le gazoduc BTE.

Après une année 2009 difficile (recul de 3,8% du PIB) due au double choc du conflit de 2008 et de l’embargo russe et de la propagation de la crise financière mondiale, la Géorgie a connu une période de forte croissance : +6,3% en 2010, +7% en 2011, +6,1% en 2012, alimentée par d’importants flux d’aide étrangère à la reconstruction post-conflit (évalués à 4 Mds USD). Le gouvernement de M. Ivanishvili et celui de M. Gharibashvili ont décidé de mettre en place une politique de développement agricole pour relancer l’économie. Cette politique s’inscrit dans la stratégie Georgia 2020, visant à moderniser le pays d’ici à cette date. Toutefois, en 2013, l’économie géorgienne a connu un net ralentissement. La croissance est tombée à 3,3%, en 2014, elle a atteint 4,7%, et s’est maintenue à +2,8 % en 2015 dans un contexte régional déprimé avec, selon les prévisions du FMI, +3% pour 2016.

La monnaie géorgienne, le lari (GEL), a connu un affermissement au début de 2015 jusqu’à 1€ pour 1,85 GEL puis a chuté brutalement en mars. Il oscille ensuite (de mars 2015 à août 2016) autour de 1€ pour 2,6 GEL, entre 1€ pour 2,4 GEL et son plus bas historique du 7 septembre 2010 à 1 € pour 2,86 GEL.

Le classement Doing Business 2016 de la Banque Mondiale classe la Géorgie à la 24ème position mondiale sur 189 économies. En matière de lutte contre la corruption, la Géorgie se situe en 2015 à la 48ème place sur 167 (68ème sur 180 en 2011) pour l’indice de perception de la corruption établi par Transparency International.

La fiscalité a été allégée – et surtout simplifiée – et la corruption a diminué au sein du service des douanes. Ces progrès sont de nature à faciliter le développement du secteur privé. En dépit de ces progrès réalisés depuis 2003, la Géorgie reste toutefois handicapée par l’étroitesse de sa base industrielle.

Les liens économiques de la Géorgie avec la Russie sont aujourd’hui très en-deçà de ce qu’ils étaient avant la guerre de 2008, malgré la présence d’une importante communauté géorgienne à Moscou. Les importations géorgiennes proviennent à hauteur de 7% de Russie, contre 23 % du Canada, 14 % de Turquie, et 6 % de Chine ainsi que d’Irlande. (GéoStat, premier semestre 2016, chiffres provisoires)

L’embargo imposé par Moscou en 2006 a stimulé la réorientation du commerce extérieur géorgien. Il a fait chuter la part de la Russie dans les exportations de la Géorgie de 18% en 2005 (1er pays client) à 2% en 2008, revenue à 9% aujourd’hui (3ème pays client). Il a obligé la Géorgie à améliorer la qualité de sa production qui a dû trouver de nouveaux débouchés. Les exportations géorgiennes vers l’UE se chiffrent à 30% et ses importations à 32%, contre 19% et 25% respectivement en 2005. Ces exportations vers l’UE ont augmenté de 4% en 2015, alors que celles vers la zone CEI ont diminué de 44% la même année.

Les exportations géorgiennes vont à hauteur de 11% vers la Turquie , 10% vers la Chine, 9% vers la Russie , 8% vers l’Arménie et 7% vers la Bulgarie. (GéoStat, premier semestre 2016, chiffres provisoires).

Mise à jour : 06.09.16


Informations complémentaires

PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2016