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Présentation de l’Espagne

Présentation

Données générales

Nom officiel : Royaume d’Espagne
Nature du régime : Monarchie parlementaire constitutionnelle
Chef de l’Etat : Felipe VI, roi d’Espagne
Chef du Gouvernement : Mariano Rajoy (Parti populaire)


Données géographiques

Superficie : 504.782 km²
Capitale : Madrid (3,3 millions ha)
Villes principales : Madrid, Barcelone, Valence, Séville, Bilbao
Langue officielle : espagnol. Langues co-officielles à territorialité limitée (la constitution précise que dans les régions qui le souhaitent, une « langue officielle régionale » peut être reconnue) : basque, catalan, galicien, valencien.
Monnaie : Euro
Fête nationale : 12 octobre (découverte de l’Amérique)


Données démographiques

Population (2011) : 47 millions ha
Croissance démographique : 0,19 %
Espérance de vie : 76,3 pour les hommes et 83,2 pour les femmes
Taux d’alphabétisation : 97,9%
Religion (s) : catholique (80%), athées ou agnostiques (17%), autres religions 3% (musulmans : 1.000.000 fidèles, protestants : 150.000 fidèles et juifs 15.000 fidèles). La constitution proclame le principe de neutralité de l’Etat vis-à-vis de la religion
Indice de développement humain : 23ème (2011)


Données économiques

PIB (2013) : 1.052 milliards d’euros
PIB par habitant (2012) : 22.700 €

Taux de croissance (2013) : récession de -1,5% Taux de chômage (décembre 2013) : 27,13 %
Taux d’inflation (2012) : 2,4 %

Déficit public (2012) : - 10,2 % du PIB et -6,7% de PIB, hors aide bancaire
(prévision 2013 : -6,5 % du PIB).
Dette publique (2013) : 91,3 % du PIB

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 2,7%
  • industrie : 26,1 %
  • services : 72,8%

Balance commerciale (2011) : - 43,6 milliards d’euros (2010 : - 52,2 milliards d’euros)

Principaux clients (2012) : France (16,4%), Allemagne (10,6 %)
Principaux fournisseurs (2012) : Allemagne (11,7 %), France (11,4 % )

Exportations françaises (2012) : 29 ;1 milliards d’euros (2010 : 28 milliards d’euros)
Importations françaises (2012) : 30,7 milliards d’euros (2010 : 28 milliards d’euros)
Solde commercial français 2012 : déficit de -1,6 Mrd€, alors qu’il était excédentaire à +6,4 Mrd € en 2007.

Consulats généraux de France : Madrid, Barcelone, Bilbao et Séville
Communauté française : près de 95 000 inscrits aux registres des Français de l’étranger, dont 42 000 à Madrid et 35 500 à Barcelone (estimation des non-inscrits : environ 60 000).


Politique intérieure

Le gouvernement de Mariano Rajoy a connu de grandes difficultés au plan interne. Au niveau politique, ces derniers mois ont été marqués par la percée des partis autonomistes et indépendantistes lors des élections régionales au Pays basque et en Catalogne (octobre et novembre 2012), qui ont capitalisé le mécontentement social face à la crise économique. En outre, le parti populaire est ébranlé, depuis l’été 2013, par une affaire de corruption présumée mettant en cause l’ensemble des dirigeants de ce parti, y compris M. Rajoy, ce qui décrédibilise une classe politique déjà perçue comme très éloignée du peuple espagnol.

Au plan économique, le pays est en récession depuis la mi-2011 (-1,37% du PIB sur l’année 2012) et le chômage a atteint le niveau historique de 27% en avril 2013. Le gouvernement n’a pas atteint ses engagements budgétaires 2012 et 2013. Par ailleurs, le gouvernement central doit s’engager dans des négociations tendues avec la Généralité de la Catalogne, afin de sceller un compromis fiscal (« pacte fiscal ») entre Madrid et Barcelone permettant à cette région, la plus endettée d’Espagne, d’obtenir l’autonomie fiscale, au détriment du budget central. Pour mémoire, les dettes cumulées des communautés autonomes représentent 145 milliards d’euros (13,5% du PIB espagnol). Neuf d’entre elles – Catalogne, Valence, Andalousie, Castille-La Manche, Canaries, Murcie, Asturies, Baléares et Cantabrie – ont demandé l’aide financière de l’Etat central, qui a dû constituer un fond d’aide à la liquidité doté de 18 milliards d’euros pour couvrir leur besoin de financement en 2012. Ce fonds a été reconduit en 2013.

Au niveau national, il n’y a guère d’espoir de réelle reprise économique tant que le niveau de crédit octroyé par les banques, notamment aux entreprises, ne s’améliore pas. Cela constitue la principale préoccupation des autorités espagnoles.

Pourtant, en profondeur, des motifs de satisfaction existent : le pays a bouclé ses programmes de financement 2012 et de 2013 à des taux d’emprunt satisfaisants. Le taux à 10 ans est même descendu en dessous de 5%.

Par ailleurs, la compétitivité-prix des entreprises espagnoles (baisse des salaires réels) et la réforme du secteur bancaire progressent : une nouvelle réforme bancaire a permis l’injection d’une aide européenne en capital de 41 milliards d’euros (sur les 100 milliards disponibles sur le MoU du 20 juillet dernier). En contrepartie, les conditions imposées aux banques sont strictes et socialement douloureuses : elles concernent la réduction du nombre d’agences et du nombre d’employés. Ces banques devront en outre recentrer leur activité vers les PME.

Ces signes positifs se sont traduits, durant l’été 2013, par un ralentissement de la récession, et par une sortie de l’Espagne du programme d’aide bancaire européenne, en janvier 2014.

Prenant tout le monde par surprise, le Roi a annoncé, début juin, sa décision d’abdiquer au profit de son fils, le prince Felipe. Le Roi a indiqué souhaiter transmettre le flambeau à la « nouvelle génération », à un nouveau roi jeune et dynamique, qu’il estime prêt à relever les défis de demain, tout en incarnant « la stabilité, un des éléments-clés de l’identité de l’institution monarchique ».

La prestation de serment du nouveau roi, Felipe VI, s’est tenue le 19 juin, dans l’hémicycle du Congrès et en présence de tous les parlementaires. Dans son discours d’inauguration, il a déclaré qu’il entendait être le roi constitutionnel d’une monarchie rénovée, exemplaire et respectueux des lois, soucieux de bien servir son pays et proche de ses concitoyens, conscient des défis –notamment économiques et sociaux- de l’Espagne mais confiant en l’avenir du grand pays, dont il a souligné l’unité mais aussi la diversité.


Situation économique

Entre 1997 et 2007, l’Espagne a connu des taux de croissance particulièrement élevés. Ce dynamisme économique reposait essentiellement sur la vigueur de la demande interne, stimulée par un fort endettement.

L’effet pervers en a été la création d’une bulle immobilière dont l’éclatement (les prix de l’immobilier ont baissé de 30% en Espagne depuis 2008, augmentant le risque d’insolvabilité des propriétaires ayant bénéficié de crédits bancaires), conjugué avec la crise de la dette souveraine en zone euro, a plongé le pays dans le marasme. Après une chute marquée de l’activité en 2009 (-3,7%), la politique conduite par le gouvernement socialiste de M. Zapatero n’a pas permis à l’Espagne de sortir de la crise.

Le pays a connu une nouvelle phase de récession en 2012 (-1,4% en 2012) et le chômage a atteint les 26% en décembre dernier (soit 5 millions de chômeurs). Le déficit primaire (hors intérêts de la dette), l’existence de régions surendettées, l’endettement excessif des entreprises et des ménages (près de 200% du PIB), inquiètent.

Néanmoins, en profondeur, la compétitivité-prix des entreprises espagnoles (baisse des salaires réels) et la réforme du secteur bancaire progressent : la plupart des conditions attachées à l’assistance financière européenne prévue dans le cadre du memorandum of understanding (MoU) signé le 20 juillet dernier, ont été intégrées dans une nouvelle réforme bancaire, adoptée le 31 août 2012, qui améliore les mécanismes de restructuration et de résolution bancaire.

Après l’accord du Fonds public de restructuration bancaire (FROB) et de la Banque d’Espagne, le 27 novembre 2012, aux plans de recapitalisation présentés par les quatre entités nationalisées (Bankia, CatalunyaCaixa, NovaCaixaGalicia et Banco de Valencia), la Commission Européenne a indiqué le 28 novembre 2012 qu’elle avait donné son accord au plan prévoyant l’injection, le 11 décembre, d’une aide en capital de près de 39 Mds€ (sur les 100 milliards d’euros disponibles par le MoU).

Les conditions imposées à ces banques sont strictes et socialement douloureuses, mais conformes aux attentes : elles concernent principalement la réduction du nombre d’agences et du nombre d’employés (1200 agences et 6000 employés en moins sur 3 ans dans le cas de Bankia). Ces banques devront en outre recentrer leur activité vers les particuliers et les PME. Ces efforts ont permis à l’Espagne de sortir officiellement du programme d’aide, le 22 janvier 2014.

Dans ce contexte difficile, M. Rajoy a placé les années 2012 et 2013 sous le signe de l’austérité et des réformes structurelles : il a présenté, durant l’été 2012, un programme budgétaire pluriannuel (2013-2014) prévoyant plus de 100 Mds€ d’économies sur deux ans. Parmi les mesures annoncées et mises en place dès l’année 2012, on trouve une hausse du taux général de la TVA de 18% à 21%, la réduction du nombre de jours de congés dans la fonction publique et la suspension de la « prime de Noël » pour les fonctionnaires.

De nouvelles mesures d’ajustement seront appliquées en 2013 et 2014, parmi lesquelles la prolongation du gel des embauches dans la fonction publique, la réduction des crédits ministériels, une nouvelle étape dans la réforme des retraites, la réforme des infrastructures et du logement ou encore la réforme de l’administration locale.

Le gouvernement a également établi un budget 2013 de rigueur avec pour objectif de récupérer 39 Mds€. Les dépenses des ministères ont été réduites de 12% en moyenne avec des coupes allant jusqu’à 30% pour la culture. Les salaires des fonctionnaires ont été gelés pour la troisième année consécutive.

Pour rassurer les marchés, un plan de 43 réformes a également été annoncé, incluant la création d’une autorité budgétaire indépendante chargée d’anticiper les dérapages (qui n’est pas encore en fonctionnement), la poursuite de la réforme du travail, un allègement de l’appareil administratif ainsi que des mesures destinées à libéraliser des secteurs comme l’énergie ou les télécommunications. Les pensions de retraite ont été épargnées.

Afin de redynamiser la croissance, M. Rajoy a annoncé, en février 2013, la mise en place de mesures d’incitation fiscale à l’investissement, de fluidification de l’octroi de crédit aux PME, ou encore des mesures favorisant l’emploi des jeunes via des contrats temporaires.

Après la forte baisse des échanges commerciaux de l’Espagne avec le reste du monde en 2009, reflétant l’effondrement du commerce mondial, les années 2010 et 2011 ont été marquées par une reprise des échanges, avec une hausse, en valeur, de 15% des exportations espagnoles en 2011 (214,5 Mds€), et de 9,6% des importations (260,8 Mds €).

Depuis le début de la crise, le déficit commercial de l’Espagne s’est sensiblement réduit, de 9,5% du PIB en 2007 à 4,3% du PIB en 2011 (46,3 Mds€), malgré l’importance d’une facture énergétique en augmentation.

Consciente que son salut économique viendra de ses exportations, fortement axées vers l’Union européenne, l’Espagne s’est montrée favorable à l’initiative française sur le retour de la croissance. Pour Madrid, cette initiative s’appuie non seulement sur des réformes structurelles mises en place au niveau national (baisse des salaires réels espagnols, à l’image des mesures mises en œuvre dans l’agenda allemand 2010), mais aussi et surtout sur une reprise du crédit via des injections de liquidités de la BCE et sur la mise en place de politiques de relance par les partenaires qui en ont les moyens.


Politique extérieure

Les priorités de politique internationale du gouvernement espagnol reposent traditionnellement sur le lien transatlantique, l’engagement méditerranéen et le renforcement du lien ibéro-américain, avec une mise en avant du rôle de la langue espagnole, perçu comme un instrument économique de première importance.

Le lien transatlantique : pour M. Rajoy, les Etats-Unis doivent redevenir « le partenaire le plus important de l’Europe ». Il annonce clairement que le parti populaire est « tout autant pro-européen qu’atlantiste ». Ce positionnement se traduit par la volonté espagnole d’accompagner les réorientations de la politique extérieure américaine, tant sur le continent sud-américain qu’en Europe.

L’engagement méditerranéen : s’agissant du voisinage de l’UE, alors que le gouvernement de M. Zapatero souhaitait jouer un rôle clé dans la méditerranée orientale (conflit au Proche Orient), l’intérêt du parti populaire est recentré sur la méditerranée occidentale.

Plus particulièrement, les relations avec le Maroc sont prioritaires. Avec ce grand voisin, second partenaire commercial de l’Espagne hors UE, des tensions agitent sporadiquement la relation bilatérale, au sujet des enclaves de Ceuta et Melilla, du Sahara occidental ou de migrants clandestins. Sur le dossier du Sahara occidental, l’opinion publique en Espagne est sensible aux thèses pro-sahraouies et de nombreux militants et organisations indépendantistes sont présents sur son sol.

Mais le gouvernement espagnol (ex-puissance coloniale) entend mener une politique de « neutralité active » en s’alignant sur les positions du Conseil de sécurité des Nations unies. M. Rajoy a effectué, le 18 janvier 2012, sa première visite à l’étranger à Rabat, au cours de laquelle il a apporté un soutien appuyé aux réformes de Mohammed VI qui « placent le Maroc à l’avant garde du monde arabe ».

Avec l’Algérie, l’Espagne cherche à préserver ses intérêts économiques et commerciaux. Enfin, Madrid est particulièrement préoccupée par la situation économique difficile que traverse la Tunisie.
L’Amérique latine : l’Ibéro-Amérique conserve un rôle central dans la politique espagnole, sous deux volets : le développement des relations économiques et la défense de la langue espagnole.

Alors qu’elle craint de perdre son rang sous l’effet de la crise, l’Espagne entend mettre cette relation au service d’un rapprochement avec d’autres pays, et avant tout avec les Etats-Unis. Elle compte s’appuyer pour cela sur des partenaires de poids comme le Mexique et surtout le Brésil, et jouer plus efficacement son rôle de « pont entre l’Europe et l’Amérique latine ».

Cependant, un différend l’oppose depuis le avril 2012 à l’Argentine à la suite de la décision prise par la présidente Cristina Kirchner d’exproprier partiellement la compagnie pétrolière YPF, contrôlée par la compagnie espagnole Repsol à hauteur de 57,4%. Le gouvernement espagnol a annoncé, en signe de protestation, qu’il limiterait ses importations en provenance d’Argentine (de biodiesel seulement car le commerce est une compétence communautaire ; de plus, l’agriculture espagnole dépend des importations de soja), et a proposé que l’UE poursuive ses négociations commerciales avec le bloc du Mercosur sans l’Argentine.

Madrid craint que cette expropriation ne porte atteinte à son image en Amérique du sud, déjà écornée par la crise économique et financière. Surtout, cet épisode pourrait constituer un dangereux précédent et inciter d’autres Etats sud-américains à nationaliser.


Mise à jour : 26.06.14

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