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Présentation de l’Espagne

Présentation

Données générales

Nom officiel : Royaume d’Espagne
Nature du régime : Monarchie parlementaire constitutionnelle
Chef de l’Etat : Felipe VI, Roi d’Espagne
Chef du Gouvernement : Mariano Rajoy (Parti populaire)

Données géographiques

Superficie : 504.782 km²
Capitale : Madrid (3,2 millions hab)
Villes principales : Madrid, Barcelone, Valence, Séville, Bilbao
Langue officielle : espagnol. Langues co-officielles à territorialité limitée (la constitution précise que dans les régions qui le souhaitent, une « langue officielle régionale » peut être reconnue) : basque, catalan, galicien, valencien.
Monnaie : Euro
Fête nationale : 12 octobre (découverte de l’Amérique)

Données démographiques

Population (2015) : 46,4 millions hab
Taux de natalité (2013) : 9,1 pour 1000 habitants
Indicateur conjoncturel de fécondité (nombre moyen d’enfants par femme) : 1,32
Espérance de vie (2013) : 80,2 pour les hommes et 86,1 pour les femmes
Taux d’alphabétisation (2012) : 98%
Religion (s) : catholique (80%), athées ou agnostiques (17%), autres religions 3% (musulmans : 1.000.000 fidèles, protestants : 150.000 fidèles et juifs 15.000 fidèles). La constitution proclame le principe de neutralité de l’Etat vis-à-vis de la religion
Indice de développement humain : 23ème (2012)

Données économiques (chiffres Commission européenne)

PIB 2015 : 1082 Mds d’euros ; prév 2016 : 1122,5Mds d’euros
PIB par habitant (2015) : 23 325€

Taux de croissance (2015) : 3,2% (prev 2016 : 2,8%)
Taux de chômage (2015) : 22,3 % (prev 2016 : 20,4%)
Taux d’inflation (2015) : -0,6 %Déficit public (2015) : - 4,8 % du PIB (prev 2016 : - 3,6%)
Dette publique (2015) : 100,7 % du PIB (prev 2016 : 101,2%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 2,7%
  • industrie : 26,1 %
  • services : 72,8% Principaux clients (2014) : France (15,8%), Allemagne (10,4 %), Portugal (7,3%), Italie (7,1%), Royaume-Uni (6,9%), Etats-Unis (4,4%). Principaux fournisseurs (2014) : Allemagne (13,3 %), France (11,8 %), Chine (6,1%), Italie (6,1%), Pays-Bas (4,8%), Royaume-Uni (4,4%).

Exportations françaises vers l’Espagne (2015) : 32,5milliards
Importations françaises depuis l’Espagne (2015) : 31,6milliards d’euros
Solde commercial français 2015 : retour à l’excédent : 915M€ (contre un déficit de -1,8 Md€ en 2013, et alors qu’il était excédentaire à +6,4 Mrd € en 2007).

Consulats généraux de France : Madrid, Barcelone, Bilbao et Séville
Communauté française : près de 92 000 inscrits aux registres des Français de l’étranger, dont 41 000 à Madrid et 35 700 à Barcelone (estimation des non-inscrits : environ 60 000).

Politique intérieure

Des élections générales, équivalent de nos législatives, se sont tenues le 20 décembre dernier. .
Aucun parti n’a obtenu une majorité suffisante pour pouvoir gouverner seul. Le Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy est arrivé en tête des élections, avec 28,78% des voix mais seulement 123 sièges (la majorité se situant à 176). Le Parti socialiste (PSOE) de Pedro Sánchez a obtenu 22 % des voix (90 sièges), le parti de Pablo Iglesias, Podemos, 20,7 % (69 sièges) et le parti d’Albert Rivera, Ciudadanos, 14 % (40 sièges).

Le Congrès des députés a tenu sa session constitutive le 13 janvier, élisant un socialiste à sa tête, Patxi López. Après des consultations avec l’ensemble des formations politiques comme le veut la constitution, le roi Felipe VI a proposé au secrétaire général du parti socialiste d’être le candidat à l’investiture pour la présidence du gouvernement. Mais M. Sánchez n’a pas obtenu la majorité lors du vote d’investiture du 4 mars. Les différents partis politiques avaient jusqu’au 2 mai pour se mettre d’accord sur la formation d’un gouvernement. En l’absence d’un tel accord, le décret royal annonçant la dissolution des Cortès (le parlement) et la tenue de nouvelles élections le 26 juin prochain a été publié le 3 mai au bulletin officiel de l’Etat. La campagne électorale officielle se tiendra du 10 au 24 juin. La session constitutive des Cortès aura lieu, quant à elle, le 19 juillet. Ce n’est qu’à partir de cette date que le roi Philippe VI pourra entamer les consultations des différents partis politiques représentés au Congrès pour vérifier si une majorité se dégage dans la perspective d’une investiture.

Des élections régionales anticipées se sont tenues en Catalogne le 27 septembre 2015. Ce scrutin revêtait une importance particulière dans la mesure où les indépendantistes prétendaient en faire un « referendum » pour l’indépendance, un an après le processus de « consultation populaire » (9 novembre 2014). Le camp indépendantiste (la liste d’Artur Mas, « Junts pel Si », et la CUP, « Candidad de Unidad Popular »), avec un score de 47,8 %, n’a pas obtenu la majorité des voix, mais la majorité des sièges. Le 26 octobre, le Parlement régional a désigné sa nouvelle présidente : il s’agit de Carme Forcadell, ancienne présidente de l’association indépendantiste ‘Assemblée Nationale Catalane’ et membre de la liste d’Artur Mas.
Les indépendantistes ont ensuite trouvé un accord, dimanche 10 janvier 2016, pour se doter d’un exécutif. Le nouveau président de la « généralité » est Carles Puigdemont, membre du parti d’Artur Mas et ancien maire de Gérone.

Situation économique

L’Espagne a connu depuis le début des années 2000 une croissance plus forte que le reste de l’Europe, porteuse de grands déséquilibres suivie d’une violente récession après 2008.

Le dynamisme économique reposait essentiellement sur la vigueur de la demande interne, stimulée par un fort endettement. L’effet pervers en a été la création d’une bulle immobilière dont l’éclatement (baisse des prix de l’immobilier de 30%, augmentant le risque d’insolvabilité des propriétaires ayant bénéficié de crédits bancaires), conjugué avec la crise de la dette souveraine en zone euro, a plongé le pays dans la récession. Après avoir cru de 3,8% par an de 1998 à 2008, le PIB a ainsi diminué de 7% entre 2007 et 2013, le chômage est passé de 8% à 27% de la population active, la dette publique de 36% à 93% du PIB, son financement n’étant plus possible qu’au prix d’une prime de risque considérable.

Pour sortir de la crise, le gouvernement espagnol a organisé le sauvetage du secteur bancaire dont la faillite menaçait le pays et l’Europe, pris des mesures de réduction des déficits publics et organisé une dévaluation interne permettant de renforcer la compétitivité des entreprises espagnoles en Europe et sur les marchés émergents

Sauvetage du secteur bancaire

Le système bancaire espagnol souffrait de son exposition excessive au risque immobilier alors que les banques étaient trop nombreuses et faiblement capitalisées. L’explosion de la bulle immobilière a mis la plupart des banques, très exposées au risque immobilier, en situation de faillite. Le secteur a été restructuré et un financement de 127 Mds€ a été nécessaire pour le remettre à flot.
Les conditions imposées à ces banques ont été strictes et socialement douloureuses (réduction du nombre d’agences et du nombre d’employés), mais le secteur bancaire espagnol a pu être restructuré et assaini. Le nombre d’établissements bancaires a été divisé par 3, et les banques espagnoles ont toutes passé l’épreuve des stress test et de l’AQR à l’automne 2014. Ces efforts ont permis à l’Espagne de sortir officiellement du programme d’aide européen, le 22 janvier 2014.

Réduction des déficits

Le gouvernement a réussi à réduire les déficits publics de 57 Mds€ tout en augmentant les recettes fiscales de 33 Mds€ de 2012 à 2014. Les dépenses de l’Etat ont diminué de 22% en 5 ans dans les domaines régaliens (sécurité, défense, justice, politique extérieure), les moyens consacrés à la culture, la santé, et l’éducation ont été réduits de 10% à 30%, ceux consacrées aux infrastructures ont baissé de 53%, à la recherche de 33%. Le non remplacement de 9 fonctionnaires sur 10 et la pression sur les salaires des agents publics ont permis d’importantes économies. Les dépenses d’indemnisation du chômage ont été réduites en restreignant les conditions d’accès aux prestations ; le régime des retraites a été réformé pour contenir l’évolution des prestations, mais ces mesures ne porteront leurs fruits qu’à partir de 2019. Dans le même temps, le gouvernement a augmenté le taux de « l’impôt sur le revenu de l’activité et de l’épargne » et celui de l’impôt sur les sociétés, en réduisant les dépenses fiscales. Il a également augmenté la TVA et les impôts relevant des communautés autonomes (rétablissement de l’impôt sur le patrimoine et hausse de l’impôt foncier via une revalorisation cadastrale) ainsi que les cotisations sociales.

Rétablissement de la compétitivité

Pour réduire le coût du travail et renforcer la compétitivité externe de l’Espagne, le gouvernement a adopté un ensemble de mesures visant à faciliter les licenciements et l’embauche, et à favoriser la flexibilité de l’organisation du travail au sein des entreprises. Quatre millions d’emplois ont été détruits en 5 ans, dont 60% dans le secteur de la construction. , Le chômage de longue durée a augmenté (60% des 5 millions de chômeurs le sont depuis plus d’un an). Les emplois à temps partiel et en CDD occupent une part prépondérante dans les emplois créés depuis la fin 2013.La dévaluation interne a soutenu les exportations espagnoles. Entre 2008 et 2013, les exportations ont crû en moyenne de 4,5% par an alors que les importations ont baissé de 2,3% par an.

Avec la reprise économique, l’Espagne a connu en 2015 l’un des taux de croissance les plus élevés de la zone euro (3,2%). Mais la croissance entame déjà un certain recul (2,8 % prévus à ce stade par la Commission européenne pour 2016). En outre, la crise a laissé des traces et les difficultés persistent : les déficits publics restent élevés, la dette publique, qui dépasse déjà les 100% du PIB, continuera à augmenter en 2016 , la dette privée reste élevée (près de 190% du PIB) et pèsera sur les capacités d’investissement. La position extérieure nette de l’Espagne reste déficitaire et la maintient en situation de fragilité par rapport à un choc extérieur. L’évolution du marché immobilier reste, quant à elle, incertaine. Enfin, le bilan social de la crise est lourd. Le taux de chômage reste, par ailleurs, très élevé (23 %), notamment chez les jeunes (46 %), la précarité a augmenté et 25% des ménages sont en situation d’exclusion ou de menace d’exclusion sociale. Enfin, le climat d’incertitude actuel sur le plan politique se traduit en ce début d’année par une forte instabilité sur les marchés (à noter plusieurs baisses successives de l’Ibex, le principal indice boursier de la Bourse de Madrid).

Politique extérieure

La politique étrangère espagnole est traditionnellement européenne et atlantiste, avec un tropisme méditerranéen et latino-américain par une mise en avant du rôle de la langue espagnole, perçue comme un instrument économique de première importance.

L’engagement méditerranéen

S’agissant du voisinage de l’UE, les relations avec le Maroc sont considérées comme prioritaires. Avec ce grand voisin, second partenaire commercial de l’Espagne hors UE, des tensions agitent sporadiquement la relation bilatérale, au sujet des enclaves de Ceuta et Melilla, de migrants clandestins, ou du Sahara occidental (dossier sur lequel le gouvernement espagnol, ex-puissance coloniale, entend mener une politique de « neutralité active » en s’alignant sur les positions du Conseil de sécurité des Nations unies). Avec l’Algérie, l’Espagne cherche à préserver ses intérêts économiques et commerciaux. Enfin, Madrid est particulièrement préoccupée par la situation sécuritaire dégradée en Libye et les risques de déstabilisation au Sahel et en Tunisie.

L’Amérique latine

L’Espagne entretient des relations denses avec l’espace latino-américain (importants liens humains, historiques, sociaux, culturels, politiques, économiques et linguistiques). Un Secrétaire d’Etat est chargé de la coopération et des relations avec la zone ibéro-américaine. L’Espagne compte s’appuyer sur des partenaires de poids comme le Mexique et surtout le Brésil afin de jouer plus efficacement son rôle de « pont entre l’Europe et l’Amérique latine », même si cette ambition se heurte parfois à certains obstacles (nationalisation brutale de Repsol en Argentine, divergences politiques entre Madrid et les Etats latino-américains dirigés par les gouvernements bolivariens). L’appui au processus de paix en Colombie et de la transition à Cuba, sont aujourd’hui des priorités pour Madrid.

Mise à jour : 09.05.16

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