Présentation

Données générales

Nom officiel : République Populaire Démocratique de Corée
Nature du régime : régime dictatorial à parti unique
Président de la République (« président éternel » d’après la Constitution) : Kim Il-sung (décédé le 08.07.1994)
Dirigeant suprême du Parti du Travail, de l’Etat et de l’Armée, Premier Président du Comité des Affaires d’Etat, Président du Parti : Kim Jong-un (fils de Kim Jong-il et petit-fils de Kim Il-sung)
Président du Présidium de l’Assemblée populaire suprême : Kim Yong-nam (fait office protocolaire de Chef d’Etat)
Premier ministre : Pak Pong-ju
Ministre des Affaires étrangères : Ri Yong-ho

Données géographiques

Superficie : 120 500 km²
Capitale : Pyongyang
Villes principales : Hamhung, Chongjin, Nampo
Langue officielle : coréen
Monnaie : won nord-coréen
Fête nationale : 9 septembre

Données démographiques

Population : 25,3 millions (2014, Banque Mondiale)
Espérance de vie : hommes : 66 ans ; femmes : 72 ans (2012, Banque Mondiale)
Espérance de vie à la naissance, total : 70 ans (2013, Banque mondiale)
Taux de fertilité : 2.0 naissances par femme
Taux d’alphabétisation : 99 % (2008, Banque Mondiale)
Indice de développement humain : NC
Dépenses militaires (2010) : comprises entre 16,9% et 23,1 % du PIB (1er rang mondial)

Données économiques

PIB (2014) : 34.6 Mds $ (Banque de Corée du Sud, taux officiel)
PIB par habitant (2012) : 1800 dollars (PPA) (Banque de Corée du Sud)
Taux de croissance (2014) : 1% (1,1 en 2013, Banque de Corée du Sud)
Taux de chômage (au sens du BIT) : N.D
Total du commerce extérieur : 9,9 milliards dollars US en 2014 (+34,8% par rapport à 2013, source KOTRA).
Principaux partenaires commerciaux : Chine (6.5 Mds $ 2013, +10%). Corée du Sud (2,4 Mds $ en 2014, pour 1,13 Mds $ en 2013, et 1,97 Mds $ en 2012 source Ministère de l’unification de Corée du Sud) ; Russie, 1,12 M $, 2011, Thaïlande, Union européenne, USA, 14 M $ en 2013.

Investissements étrangers (flux) : 227 M $ en 2013, source UNCTAD (120 M $ en 2012, 56 M $ en 2011, 38MUSD en 2010)

Exportations de la France vers la Corée du Nord (2014) : 708 000 EUR (-34%)
Importations françaises depuis la Corée du Nord (2014) : 5, 7 M EUR (-7%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2014) :

  • services : 31,3 %
  • industrie : 21,3 %
  • agriculture : 21,8 %
  • mines : 13,1 %
  • gouvernement : 22,7%

Nombre de téléphones portables : plus de 2 millions d’unités en 2014

Réserves de minerais : estimées à 24 fois supérieures à celles du sud : argent, minerai de fer, cuivre ; tungstène (160 000 tonnes 6ème rang mondial) ; nickel, manganèse ; magnésite (4 mds de tonnes, 2ème réserves mondiales, source NKRI), anthracite, zinc, graphite (2 M tonnes, 3ème rang mondial) ; plomb ; au total, parmi les dix premières du monde.

Politique intérieure

Le Parti des Travailleurs de Corée (parti unique) et l’armée constituent les deux piliers du régime. Le poste de Président de la République a été supprimé dans la Constitution de 1998 et remplacé par celui de « président éternel », toujours occupé par le fondateur du régime Kim Jong-il, décédé en 1994. Le Président du Praesidium de l’Assemblée populaire suprême fait office protocolairement de Chef d’Etat.

Le régime a développé une idéologie propre, le Juche ou « autonomie », qui vise à rendre le pays maître de son destin par la promotion de l’indépendance nationale. L’idéologie du Juche s’est traduite par une fermeture quasi-totale du pays aux influences extérieures. Elle a été complétée, en 1995, par le mot d’ordre de « priorité à l’armée » ou Songun. Depuis le 7ème Congrès du Parti – le premier depuis 1980 – qui s’est tenu du 6 au 10 mai 2016, la priorité est donnée à la doctrine du « byungjin », une politique de développement simultané de l’économie et des armes nucléaires. Le Congrès a par ailleurs entériné le statut d’Etat doté de l’arme nucléaire, inscrit dans la constitution de 2012, en violation des obligations internationales de la Corée du Nord.

Après la mort de Kim Il-sung, la direction du pays a été assurée par son fils Kim Jong-il, qui cumulait les fonctions de Chef des armées, Président de la Commission de Défense nationale et Secrétaire général du Parti du Travail.
Au décès de Kim Jong-il en décembre 2011, son fils cadet, Kim Jong-un lui a succédé. En tant que « grand successeur », il a été progressivement nommé à la tête des plus hautes institutions du pays. Le 7ème Congrès du Parti et la 4ème session de la 13ème assemblée populaire suprême du 29 juin 2016 l’ont consacré comme chef suprême, « président du Parti ».

Situation économique

Après la crise et la famine des années 1990, liées notamment à la disparition de l’URSS (importante pourvoyeuse d’aide jusqu’en 1988), à une série de catastrophes naturelles, et à un système de production collectiviste archaïque, la Corée du Nord s’est trouvée confrontée à de graves pénuries alimentaires. Malgré des améliorations constatées par le PAM ces dernières années, une partie de la population souffre encore de malnutrition.

Le PIB nord-coréen est évalué selon la Banque de Corée à environ 34,6 milliards de dollars en 2014. La croissance estimée serait de 1,0% en 2015. Le pays peut difficilement recourir aux importations, faute de devises, et surtout en raison des sanctions des Nations Unies et de l’UE. L’accès au crédit international est de surcroit limité en l’absence de règlement de la question de la dette extérieure nationale, dont le montant s’élève à environ 3 milliards de dollars et dont la Corée du Nord a cessé tout remboursement depuis les années 1980. Des réformes économiques ont été lancées en 2002 et 2009, mais restent extrêmement limitées. Kim Jong-un a annoncé dès janvier 2012 vouloir améliorer l’économie et les conditions de vie de la population en introduisant quelques éléments inspirés du modèle économique chinois (petit lopin de terre privé des paysans).

La Corée du Nord est fortement dépendante de l’aide extérieure, ainsi que de la Chine et de la Corée du Sud. L’aide internationale, qui a culminé en 2002 (265 M USD), a chuté dès 2009 sous l’effet des tensions politiques et de la décision américaine de ne plus fournir d’aide (21 M USD en 2010). Elle a repris en 2011 face à la pénurie alimentaire qui traversait le pays, aggravée par une suite de catastrophes naturelles. En janvier 2016, l’ONU a délivré 8 MUSD pour les opérations d’aide à la Corée du Nord dans le cadre du Central Emergency Response Fund (CERF), 70% de la population nord-coréenne faisant face à l’insécurité alimentaire (11% de la récolte ont été perdus en raison de la sécheresse en 2015).

La Chine est de loin le premier partenaire commercial de la Corée du Nord (6,5 Mds $ d’échanges commerciaux en 2013), ainsi que le premier investisseur (près de 140 entreprises chinoises présentes en RPDC). Le commerce avec la Chine représenterait plus de 67 % du commerce total de la RPDC. La Corée du Sud est le 2ème partenaire commercial du Nord. Le volume des échanges commerciaux entre le Nord et le Sud a quadruplé depuis 2000, s’établissant en 2012 à environ 1,97 milliard de dollars (22,4%). Il a baissé à 1,13 Md $ en 2013 suite à la fermeture du complexe industriel de Kaesong durant plusieurs mois du fait des tensions politiques.
Le volume des échanges commerciaux a repris pour atteindre 2,34 Mds USD en 2014.

Politique extérieure

Question nucléaire

La Corée du Nord cherche à développer ses capacités nucléaires et balistiques en violation de ses obligations internationales, menaçant la sécurité internationale et régionale. La reprise du dialogue avec la communauté internationale reste conditionnée à des gestes positifs concrets de Pyongyang en vue du démantèlement complet, vérifiable et irréversible de son programme nucléaire et de l’abandon de ses activités balistiques.
En 2016, Pyongyang a procédé à deux essais nucléaires, le 6 janvier et le 9 septembre, et intensifié ses tirs de missiles balistiques de courte et moyenne portée (24 au total).
La résolution 2270 du 2 mars 2016, adoptée en réponse au 4ème essai nucléaire du 6 janvier 2016, parachève l’embargo sur les armes, étend les mesures existantes à des champs allant au-delà de la non-prolifération, et établit des sanctions sectorielles nouvelles. A la suite de l’essai de septembre 2016, le CSNU travaille à l’adoption d’une nouvelle résolution.

Rappel historique

La Corée du Nord a rejoint le TNP le 12 décembre 1985 et signé, le 25 janvier 1992, un accord de dénucléarisation avec la Corée du Sud, par lequel les deux États acceptent de ne pas tester, fabriquer, posséder, utiliser d’armes nucléaires. Cet accord a été suivi, le 30 janvier 1992, d’un accord de sauvegarde entre la Corée du Nord et l’AIEA. En juin 1994, Pyongyang a cessé de coopérer avec l’AIEA. A l’issue de cette crise, elle a obtenu, par l’accord-cadre (accord de Genève) du 31 octobre 1994, qu’un consortium international, la Korean Peninsula Energy Development Organization (KEDO), lui fournisse le fuel nécessaire à ses besoins en échange du gel de son programme nucléaire. Le 4 octobre 2002, la Corée du Nord a reconnu l’existence d’un programme clandestin d’enrichissement d’uranium et expulse les inspecteurs de l’AEIA. La KEDO a suspendu ses livraisons à partir de décembre 2002. Le 10 janvier 2003, Pyongyang se retire du TNP.

Un processus de règlement diplomatique (« Pourparlers à Six ») a été lancé en 2003, avec la médiation de la Chine et la participation des deux Corée, des Etats-Unis, de la Russie et du Japon. Ce processus a abouti à deux textes en 2005 et en 2007 :

  • La déclaration conjointe du 19 septembre 2005, qui prévoit la renonciation par Pyongyang à ses armes nucléaires et programmes existants, et son adhésion au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), ainsi qu’au régime de garanties de l’AIEA. Cette déclaration est restée sans effet, la Corée du Nord ayant exigé l’abandon des sanctions financières américaines prises à l’encontre de sociétés nord-coréennes puis procédé à son premier essai nucléaire le 9 octobre 2006.
  • L’accord du 13 février 2007, devant mener la Corée du Nord à remettre la liste complète de ses installations, programmes et matières nucléaires, en échange d’une aide énergétique accrue et d’une normalisation progressive avec les Etats-Unis. Aucun accord n’a pu être trouvé sur les modalités de vérification la neutralisation de ses installations.
    En avril 2009, la Corée du Nord a annoncé son retrait des pourparlers à six et a procédé, le mois suivant, à son second essai nucléaire (25 mai 2009).

Régime de sanctions

Depuis 2006, la Corée du Nord a effectué 5 essais nucléaires en 2006, 2009, 2012, 2013 et 2016 (janvier et septembre). Elle est visée par neuf résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies : 825 (1993) ; 1540 (2004) ; 1695 (2006), 1718 (2006), 1874 (2009), 1887 (2009), 2087 (2013), 2094 (2013), et 2270 (2016).
La résolution 1718, adoptée après le 1er essai nucléaire, impose un embargo sur les armes et instaure un régime de sanctions économiques et commerciales. La résolution 1874, adoptée en réponse au 2ème essai, étend les mesures de la résolution 1718 et instaure un panel d’experts pour assister le Comité des sanctions. La résolution 2094, adoptée en réponse au 3ème essai du 12 février 2013, ajoute des sanctions financières, incluant le blocage de transferts en espèces.
Un régime de sanctions autonomes de l’UE a par ailleurs été mis en place à partir de 2006.
En février 2012, la Corée du Nord a annoncé un moratoire sur ses activités nucléaires qu’elle n’a pas respecté (3ème essai nucléaire en 2013).

Relations intercoréennes

Les deux essais nucléaires effectués par la Corée du Nord les 6 janvier et 9 septembre 2016, et la multiplication des tirs de missiles balistiques ont conduit la Corée du Sud à mettre un coup d’arrêt à la politique de confiance initiée par la Présidente Park lors de son arrivée au pouvoir.

Ce « processus de confiance sur la Péninsule coréenne » (ou Trustpolitik) visait à renforcer la coopération intercoréenne dans une perspective de réunification, par étape, en commençant par l’humanitaire, puis, selon l’attitude du Nord, les secteurs économique et culturel. L’amélioration des droits de l’Homme en Corée du Nord était considérée comme une composante à la préparation de l’unification. Estimant que le Nord a rompu avec tout esprit de coopération, le gouvernement sud-coréen privilégie désormais une ligne de fermeté et de pression visant à inciter Pyongyang, via une application renforcée des sanctions internationales, à modifier sa ligne stratégique (politique « Byungjin » de poursuite en parallèle du programme nucléaire et de développement économique).

Droits de l’Homme

La situation des droits de l’Homme en Corée du Nord est particulièrement préoccupante, marquée par des arrestations, détentions et exécutions arbitraires, ainsi que des restrictions systématiques à la liberté d’opinion, d’association et de circulation. Selon le rapport de la commission d’enquête des Nations Unies de mars 2014, alléguant de « crimes contre l’humanité », entre 80 000 et 120 000 personnes seraient détenues dans des camps, où elles subissent des violations graves et systématiques de leurs droits. En outre, la commission d’enquête a estimé à 200 000 le nombre de ressortissants étrangers qui auraient été victimes de disparition forcée depuis la guerre de Corée.

La Corée du Nord n’est partie qu’à quatre des principaux instruments internationaux de protection des droits de l’Homme, et ne les met pas en œuvre.
Un mandat du rapporteur spécial sur la situation des droits de l’Homme en RPDC a été établi en 2004 par le Conseil des droits de l’Homme et est renouvelé tous les ans. A l’initiative de l’Union européenne, une résolution sur les violations des droits de l’Homme en Corée du Nord est adoptée chaque année par le Conseil des droits de l’Homme (printemps) ainsi que, depuis 2005, par l’Assemblée générale des Nations unies (automne). Depuis 2014, ces résolutions appellent le Conseil de sécurité à saisir la Cour pénale internationale.

Lors de son audition dans le cadre de l’Examen Périodique Universel du Conseil des droits de l’Homme en 2014, la Corée du Nord a rejeté 83 des 268 recommandations et en a accepté 113. Cependant, elle n’a fourni aucune information sur les mesures prises pour les mettre place.
Un bureau du Haut-Commissaire aux droits de l’Homme à Séoul a ouvert le 23 juin 2015, afin de pouvoir recueillir des informations sur la situation des droits de l’Homme en Corée du Nord.

Mise à jour : 16.11.16

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