Accès rapide :

Présentation de la Corée du Nord

Présentation

Données générales

Nom officiel : République populaire démocratique de Corée
Nature du régime : régime dictatorial à parti unique
Président de la République (« président éternel » d’après la Constitution) : Kim Il-sung (décédé le 08.07.1994)

Dirigeant suprême du parti du travail, de l’Etat et de l’armée, Premier président de la commission de défense nationale : Kim Jong-un (fils de Kim Jong-il et petit-fils de Kim Il-sung)

Président du Présidium de l’Assemblée populaire suprême : Kim Yong-nam (fait office protocolaire de Chef d’Etat)
Premier ministre : Pak Pong-ju
Ministre des affaires étrangères : Ri Su-yong

Données géographiques

Superficie : 120 500 km²
Capitale : Pyongyang
Villes principales : Hamhung, Chongjin, Nampo
Langue officielle : coréen
Monnaie : won nord-coréen
Fête nationale : 9 septembre

Données démographiques

Population : 25,3 millions (2014, Banque Mondiale)
Espérance de vie : hommes : 66 ans ; femmes : 72 ans (2012, Banque Mondiale)
Espérance de vie à la naissance, total : 70 ans (2013, Banque mondiale)
Taux de fertilité : 2.0 naissances par femme
Taux d’alphabétisation : 99 % (2008, Banque Mondiale)
Indice de développement humain : NC
Dépenses militaires (2010) : comprises entre 16,9% et 23,1 % du PIB (1er rang mondial)

Données économiques

PIB (2013) : 31.9 Mds $ (Banque de Corée du Sud, taux officiel)
PIB par habitant (2012) : 1800 dollars (PPA) (Banque de Corée du Sud)
Taux de croissance (2014) : 1% (1,1 en 2013, Banque de Corée du Sud)
Taux de chômage (au sens du BIT) : N.D
Total du commerce extérieur : 9,9 milliards dollars US en 2014 (+34,8% par rapport à 2013, source KOTRA ?).
Principaux partenaires commerciaux : Chine (6.5 Mds $ 2013, +10%). Corée du Sud (2,4 Mds $ en 2014, pour 1,13 Mds $ en 2013, et 1,97 Mds $ en 2012 source Ministère de l’unification de Corée du Sud) ; Russie, 1,12 M $, 2011, Thaïlande, Union européenne, USA, 14 M $ en 2013.

Investissements étrangers (flux) : 227 M $ en 2013, source UNCTAD (120 M $ en 2012, 56 M $ en 2011, 38MUSD en 2010)

Exportations de la France vers la Corée du Nord (2014) : 708 000 EUR (-34%)
Importations françaises depuis la Corée du Nord (2014) : 5, 7 M EUR (-7%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2014) :

  • services : 31,3 %
  • industrie : 21,3 %
  • agriculture : 21,8 %
  • mines : 13,1 %
  • gouvernement : 22,7%

Nombre de téléphones portables : plus de 2 millions d’unités en 2014

Réserves de minerais : estimées à 24 fois supérieures à celles du sud : argent, minerai de fer, cuivre ; tungstène (160 000 tonnes 6ème rang mondial) ; nickel, manganèse ; magnésite (4 mds de tonnes, 2ème réserves mondiales, source NKRI), anthracite, zinc, graphite (2 M tonnes, 3ème rang mondial) ; plomb ; au total, parmi les dix premières du monde.

Politique intérieure

Le parti des travailleurs de Corée (parti unique) et l’armée constituent les deux piliers du régime, dont le fonctionnement est opaque. Aucun congrès du parti ne s’est tenu depuis octobre 1980 et la dernière réunion du comité central remonte à 1994. La dernière conférence du parti, dont la précédente session datait de 1966, s’est tenue en septembre 2010.

Le régime a développé une idéologie propre, le Juche ou « autonomie », qui vise à rendre le pays « maître de son destin » par la promotion de l’indépendance nationale. L’idéologie du Juche s’est traduite par une fermeture quasi-totale du pays aux influences extérieures. Elle a été complétée, en 1995, par le mot d’ordre de « priorité à l’armée » ou Songun.

Après la mort en 1994 du fondateur du régime nord-coréen, Kim Il-sung, la direction du pays a été assurée par son fils Kim Jong-il, qui cumulait les fonctions de chef des armées, président de la commission de défense nationale et secrétaire général du parti du travail. Après le décès de Kim Jong-il en décembre 2011, son fils cadet, Kim Jong-un, âgé de 28 ans, lui a succédé.

De « grand successeur », il a été progressivement nommé à la tête des plus hautes institutions du pays. Lors de la 4ème conférence des représentants du parti du 11 avril 2012 et de la 5ème session de la 12ème assemblée populaire suprême du 13 avril, il a été désigné commandant suprême des armées, Premier secrétaire du parti du travail – son père ayant été consacré secrétaire général éternel du parti-, président de la commission militaire centrale du parti et, enfin, premier président de la commission nationale de défense. En vertu de la constitution nord-coréenne, cette dernière fonction confère à son titulaire un pouvoir suprême (parti, armée, Etat).

Le poste de président de la République a été supprimé dans la constitution de 1998, l’ancien dirigeant Kim Il-sung ayant été désigné « président éternel ». Le président du praesidium de l’assemblée populaire suprême, Kim Yong-nam, fait office protocolairement de chef d’Etat.

Depuis l’accession au pouvoir de Kim Jong-un en décembre 2011, la Corée du Nord a procédé à de nombreux tirs balistiques (dont trois tirs de fusée) et à deux essais nucléaires, et affirme sans preuves qu’elle dispose d’une force de frappe nucléaire régionale. Le 7e congrès du parti des travailleurs de Corée du Nord – le premier depuis 1980 – a été annoncé pour mai 2016

Situation économique

Après la crise et la famine des années 1990, liées notamment à la disparition de l’URSS (importante pourvoyeuse d’aide jusqu’en 1988), à une série de catastrophes naturelles, et à un système de production collectiviste archaïque, la Corée du Nord s’est trouvée confrontée à de graves pénuries alimentaires. Malgré des améliorations constatées par le PAM ces dernières années, une partie de la population souffre encore de malnutrition.

Le PIB nord-coréen est évalué selon la banque de Corée à environ 34.6 milliards de dollars en 2014. La croissance estimée serait de 1,0% en 2014. Le pays peut difficilement recourir aux importations, faute de devises, et surtout en raison des sanctions des Nations Unies et de l’UE. L’accès au crédit international est de surcroit limité en l’absence de règlement de la question de la dette extérieure nationale, dont le montant s’élève à environ 3 milliards de dollars et dont la Corée du Nord a cessé tout remboursement depuis les années 1980. Des réformes économiques ont été lancées en 2002 et 2009, mais restent extrêmement limitées. Le nouveau dirigeant a annoncé dès janvier 2012 vouloir améliorer l’économie et les conditions de vie de la population en introduisant quelques éléments inspirés du modèle économique chinois (petit lopin de terre privé des paysans). Le régime nord-coréen a, en 2013, adopté une politique de Byungjin (développement parallèle) liant le développement de l’économie au développement des armes nucléaires.

La Corée du Nord est fortement dépendante de l’aide extérieure, ainsi que de la Chine et de la Corée du Sud. L’aide internationale, qui a culminé en 2002 (265 M USD), a chuté dès 2009 sous l’effet des tensions politiques et de la décision américaine de ne plus fournir d’aide (21 M USD en 2010). Elle a repris en 2011 face à la pénurie alimentaire qui traversait le pays, aggravée par une suite de catastrophes naturelles. En janvier 2016, l’ONU a délivré 8 M USD pour les opérations d’aide à la Corée du Nord dans le cadre du Central Emergency Response Fund (CERF), 70% de la population nord-coréenne faisant face à l’insécurité alimentaire (11% de la récolte ont été perdus en raison de la sécheresse en 2015).

La Chine est de loin le premier partenaire commercial de la Corée du Nord (6,5 Mds $ d’échanges commerciaux en 2013), ainsi que le premier investisseur (près de 140 entreprises chinoises présentes en RPDC). Le commerce avec la Chine représenterait plus de 67 % du commerce total de la RPDC. La Corée du Sud est le 2ème partenaire commercial du Nord. Le volume des échanges commerciaux entre le Nord et le Sud a quadruplé depuis 2000, s’établissant en 2012 à environ 1,97 milliard de dollars (22,4%). Il a baissé à 1,13 Md $ en 2013 suite à la fermeture du complexe industriel de Kaesong durant plusieurs mois du fait des tensions politiques.

Le volume des échanges commerciaux a repris au cours de l’année 2014 pour atteindre 2,34 Mds USD.

Politique extérieure

Question nucléaire et balistique

1. La Corée du Nord rejoint le TNP en 1985 mais elle refuse de remplir ses obligations vis-à-vis de l’AIEA, tant que les Etats-Unis ne retirent pas les 100 armes tactiques déployées en Corée du Sud. Les Etats-Unis procèdent à ce retrait en septembre 1991, permettant ainsi la signature de la déclaration commune entre le Nord et le Sud sur la dénucléarisation de la péninsule. Pyongyang signe alors l’accord de sauvegarde avec l’AIEA en janvier 1992. Mais, à la suite d’un accroissement des tensions, elle annonce, en juin 1994, ne plus vouloir coopérer avec l’AIEA. Un accord est cependant trouvé entre Pyongyang et Washington : l’accord-cadre (ou Accord de Genève) du 31 octobre 1994 repose sur le gel des activités nucléaires de Pyongyang et le retrait des barres de combustible usagé du réacteur de Yongbyon, en échange de la mise en place de la KEDO (Korean peninsula Energy Development Organization), chargée de fournir à la Corée du Nord l’énergie nécessaire à ses besoins. Le cadre agréé rappelle les responsabilités de la Corée du Nord et son obligation de se conformer aux dispositions du TNP, dont l’acceptation de vérifications par l’AIEA.

2. En octobre 2002, à la suite de la visite d’une délégation américaine en Corée du Nord, le régime de Pyongyang est accusé de mener un programme clandestin d’enrichissement d’uranium, en violation de l’accord-cadre de 1994. La Corée du Nord affirme, en retour, son droit à posséder des armes nucléaires, expulse les inspecteurs de l’AIEA (décembre 2002) et annonce son retrait du TNP (10 janvier 2003). En février 2003, Pyongyang annonce le redémarrage des installations nucléaires gelées en 1994, en l’absence de tout contrôle de l’AIEA.

3. Un processus de règlement diplomatique de la question nucléaire nord-coréenne est lancé en 2003, avec la médiation de la Chine et la participation, outre de la Corée du Sud et de la Corée du Nord, des Etats-Unis, de la Russie et du Japon (« Pourparlers à Six »). Il aboutit à une déclaration conjointe des six (19 septembre 2005). La Corée du Nord s’engage à renoncer à ses armes nucléaires et à ses programmes nucléaires existants, et à rejoindre le traité de non-prolifération nucléaire (TNP), ainsi que le régime de garanties de l’AIEA. Ce texte comprend des assurances de sécurité américaines et des perspectives de coopération dans les domaines économique et énergétique. Le processus retombe ensuite dans l’impasse, la Corée du Nord ayant annoncé qu’elle conditionnait la reprise des discussions à l’abandon des sanctions financières américaines prises à l’encontre de sociétés nord-coréennes peu après la signature de cette déclaration conjointe.

4. Le 9 octobre 2006, la Corée du Nord procède à un premier essai nucléaire, condamné par la résolution 1718 du Conseil de sécurité, qui exige que la Corée du Nord démantèle ses programmes balistiques et d’armes de destruction massive. Cette résolution instaure un régime de sanctions. La Corée du Nord accepte alors à nouveau de dialoguer. Les pourparlers à six reprennent en décembre 2006, avant de déboucher sur un accord le 13 février 2007. L’accord du 3 octobre 2007 précise les modalités d’application de l’accord du 13 février et exige la remise par les autorités nord-coréennes de la liste précise et complète de leurs installations et programmes nucléaires avant le 31 décembre 2007, en échange d’une aide énergétique accrue et d’une normalisation progressive avec les Etats-Unis. A partir de l’année 2008, le processus bute sur les modalités de vérification de la neutralisation des installations et programmes nucléaires nord-coréens.

5. Le 25 mai 2009, la Corée du Nord conduit un deuxième essai nucléaire, condamné par la résolution 1874 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Cette résolution créée un panel d’experts pour assister le Comité des sanctions 1718 dans ses travaux en vue d’améliorer l’efficacité des sanctions. Fin mars 2010, l’agence officielle de presse nord-coréenne, l’agence KCNA, indique que la Corée du Nord va construire un réacteur nucléaire à eau légère, « dans un avenir proche ». Fin novembre 2010, le professeur américain Siegfried S. Hecker, de retour de Corée du Nord, rapporte qu’un nouveau complexe d’enrichissement d’uranium de grande envergure (environ 2000 centrifugeuses) lui a été dévoilé.

6. Depuis l’accession au pouvoir de Kim Jong-un en décembre 2011, la Corée du Nord multiplie les actes de provocation. Pyongyang a rapidement violé le moratoire qu’elle avait annoncé sur ses activités nucléaires et balistiques en février 2012 et procédé, en violation de ses obligations internationales, à :

  • trois tirs de fusée longue-portée, le dernier datant du 7 février 2016. Ces tirs attestent de la maîtrise par la Corée du Nord de capacités balistiques avancées, et accroissent le risque que font peser les réseaux de prolifération (liens avec l’Iran, la Syrie) sur la paix et la sécurité internationales ;
  • un essai nucléaire le 6 janvier 2016 , le quatrième après ceux de 2006, 2009, et 2013, dont les caractéristiques contredisent les affirmations nord-coréennes sur sa nature thermo-nucléaire.

Le quatrième essai nucléaire est allé à l’encontre de la tendance à l’amélioration de la situation sur la péninsule coréenne observée au dernier semestre 2015, marquée par un réchauffement avec la Chine et une évolution des relations intercoréennes (accord du 25 août, réunion des familles séparées en octobre et dialogue de haut niveau en novembre).

La résolution 2270 du conseil de sécurité des Nations Unies renforçant le régime de sanctions à l’encontre de la Corée du Nord a été adoptée à l’unanimité le 2 mars 2016. Elle complète les mesures de sanction existantes en parachevant l’embargo sur les armes, étend les mesures de sanctions existantes à des champs allant au-delà de la non-prolifération, et établit des mesures de sanction nouvelles, notamment dans le domaine des sanctions sectorielles. Les mesures touchent donc désormais les activités commerciales et économiques de la Corée du Nord.

La Corée du Nord poursuit le développement à marche forcée de ses programmes nucléaire et balistique. La reprise du dialogue avec la communauté internationale, souhaitée par les pays des pourparlers à six (notamment les Etats-Unis, Corée du Sud, Japon et Chine), reste conditionnée à des gestes positifs concrets de la Corée du Nord en vue du démantèmement « complet, vérifiable et irréversible » de son programme nucléaire et de l’abandon de ses activités balistiques.

Relations intercoréennes

Lancée par le président Kim Dae-jung (1998-2003) et poursuivie par le président Roh Moo-hyun (2003-2008), la « politique de paix et de prospérité », dite « sunshine policy », avait pour objectif d’instaurer un climat de confiance entre les deux Corée et de favoriser le développement et l’ouverture de la Corée du Nord.

Le dialogue intercoréen a permis des réalisations concrètes, notamment sur le plan humanitaire. Les réunions de familles divisées sur le Mont Kumgang ont ainsi rassemblé, depuis le début des années 2000, plus de 15 000 personnes. La dernière rencontre de cette série a eu lieu en octobre 2010. La coopération économique avait également progressé avec la construction du complexe touristique du Mont Kumgang et de la zone industrielle de Kaesong (2004). Le deuxième sommet inter-coréen (Pyongyang, 2-4 octobre 2007) avait permis des avancées substantielles vers la paix et la coopération dans la Péninsule. La Déclaration commune signée à cette occasion prévoyait des négociations associant trois ou quatre pays (les deux Corée, les Etats-Unis et la Chine), en vue « d’instaurer un système de paix permanent », l’engagement à démanteler les installations nucléaires nord-coréennes, le renouvellement des sommets bilatéraux et des mesures de confiance sur le plan militaire. En matière économique, la coopération devait s’accroître, pour un montant estimé à 11 milliards de dollars. Les échanges entre les deux pays s’établissent aujourd’hui autour de milliards de dollars annuels.

L’arrivée au pouvoir du président Lee Myung-bak, en adoptant une position plus exigeante sur la question des droits de l’Homme et le dossier nucléaire, a entraîné une dégradation des relations intercoréennes. Les tensions se sont fortement accrues en 2010 à la suite du torpillage, le 26 mars du navire de la marine sud-coréenne Cheonan, qui a fait 46 morts, et des tirs d’artillerie par le Nord en direction de l’île de Yeonpyeong au sud en novembre.

Les contacts, en intercoréen et entre Pyongyang et d’autres membres des pourparlers à six se sont toutefois poursuivis. Une nouvelle session de négociations à Pékin, en février 2012, a permis d’aboutir à un accord entre la Corée du Nord et les Etats-Unis. La Corée du Nord s’est dite prête à observer un moratoire sur les essais nucléaires, les essais balistiques de longue portée et les activités d’enrichissement de l’uranium, ainsi qu’à accueillir des inspecteurs de l’AIEA pour vérifier le respect du moratoire sur le site de Yongbyon. Les Etats-Unis étaient, pour leur part, disposés à fournir à la Corée du Nord une aide nutritionnelle de 240 000 tonnes, à destination des populations les plus vulnérables. Cet accord a cependant été remis en cause avec le lancement balistique du 13 avril 2012.

La nouvelle présidente de Corée du Sud, Mme PARK Geun-hye a été investie dans ses fonctions le 25 février 2012. La politique nord-coréenne de Mme Park insiste sur la fermeté d’une réaction de la Corée du Sud en cas de provocation de la Corée du Nord, tout en soulignant l’ouverture de Séoul à reprendre le dialogue avec Pyongyang et à reconstruire une relation de confiance (« trustpolitik »).

Depuis l’essai nucléaire du 12 févrrier 2013, Pyongyang a fait monter la tension d’un cran dans la Péninsule coréenne en indiquant qu’il rompait les accords de non-agression avec la Corée du Sud, et en déclarant nul et non avenu l’accord d’armistice mettant fin à la guerre de 1953. Le complexe industriel de Kaesong a été fermé début avril 2013. La reprise du dialogue en juin a débouché, à l’issue de longues négociations avec le Sud, sur la réouverture de Kaesong en septembre 2013.

L’année 2014 s’était ouverte avec une lettre ouverte de la commission de la défense nationale de la RPDC, proposant la reprise du dialogue et une amélioration des relations intercoréennes. Cette démarche avait débouché, après plusieurs rencontres préparatoires de haut niveau entre les deux Corée (les premières depuis 2007), sur des rencontres entre familles séparées au Mont Kumgang en février 2014.

L’année 2015 a commencé sous les mêmes auspices. Symboliquement importante pour la péninsule coréenne, l’année 2015 marque en effet le 70ème anniversaire de la fin de l’occupation japonaise et de la séparation entre le Nord et le Sud. Dans ce contexte, en réponse aux propositions de dialogue ministériel formulées fin décembre 2014 par le ministre sud-coréen de l’unification, Kim Jong-eun a proposé dans son discours du 1er janvier 2015 un dialogue au plus haut niveau avec Séoul sous réserve de l’abandon des manœuvres militaires conjointes américano-sud-coréennes et de la « propagande contre le régime nord-coréen ». La Corée du Sud a rejeté les exigences nord-coréennes et la tension est remontée, avec les manœuvres militaires américano-sud-coréennes Key Resolve (2-13 mars 2015) et Foal Eagle (2 mars-24 avril 2015). La RPDC a dénoncé le 2 mars ces manœuvres et menacé la Corée du Sud et les Etats-Unis de représailles. Dans ce contexte, deux missiles balistiques de courte portée ont été tirés le 2 mars par la RPDC.

Un épisode de tensions fin août 2015 a abouti à un accord entre les deux parties, prévoyant la reprise des réunions des familles séparées, ainsi qu’un engagement à poursuivre le dialogue. Les réunions de familles ont eu lieu en octobre. Pyongyang ayant annoncé en septembre, la relance d’un réacteur nucléaire sur le site de Yongbyong, considéré comme sa principale source de plutonium à usage militaire et menacé de procéder à un nouveau tir de fusée visant à mettre sur orbite des satellites « à usage non militaire », la Corée du Sud avait réagi en indiquant qu’une telle initiative « serait une provocation grave, une menace militaire et une violation des résolutions de l’ONU ».

Le dialogue inter-coréen a repris ponctuellement le 26 novembre 2015 à Panmunjom au niveau de « discussions de travail ». Dans ce cadre, une rencontre de haut niveau s’est tenue le 11 et 12 décembre à Panmunjom mais s’est achevée sans communiqué conjoint ni planification de futures rencontres. Il s’agissait de la première rencontre de ce genre depuis la prise de fonction de la présidente sud-coréenne Park Geun-hye en février 2013.

Les relations intercoréennes se sont fortement dégradées depuis le début de l’année 2016, à la suite du 4e essai nucléaire nord-coréen. Le 10 février 2016, la Corée du Sud a annoncé la fermeture du complexe de Kaesong, mesure à laquelle Pyongyang a répondu par l’expulsion des Sud-coréens présents sur le site, un gel des avoirs, et la coupure des deux lignes téléphoniques intercoréennes de Panmunjom.

Droits de l’Homme

La situation des droits de l’Homme en Corée du Nord est particulièrement préoccupante. A l’initiative de l’Union européenne, une résolution annuelle sur les violations des droits de l’Homme en Corée du Nord est adoptée par le conseil des droits de l’Homme (anciennement Commission des droits de l’Homme jusqu’en 2006). L’assemblée générale des Nations Unies (AGNU) adopte également chaque année depuis 2005 une résolution sur la situation des droits de l’Homme en Corée du Nord, dans laquelle elle exprime ses graves préoccupations au sujet de l’ensemble des violations des droits de l’Homme commises par le régime.

La résolution adoptée lors de la 70ème session de l’assemblée générale de septembre 2015 appelle, comme en 2014, Pyongyang à adresser une invitation permanente au rapporteur spécial sur la situation des droits de l’Homme en Corée du Nord et appelle à une saisine de la CPI par le conseil de sécurité. Par ailleurs, l’AGNU demande également à la Corée du Nord, qui est partie aux pactes des Nations Unies relatifs aux droits civils et politiques et aux droits économiques, sociaux et culturels, de respecter ses obligations du fait de ses engagements internationaux.

Sur la base d’une proposition conjointe de l’Union Européenne et du Japon, la 22ème session du Conseil des droits de l’Homme (mars 2013) a mis en place une Commission d’enquête internationale (COI) sur les violations des droits de l’Homme en Corée du Nord, qui a publié son rapport en mars 2014. Ce document permet de prendre la pleine mesure du caractère dramatique de la situation des droits de l’Homme dans le pays : « la gravité, l’échelle et la nature de ces violations révèlent un État unique en son genre dans le monde contemporain », dit le rapport.

Lors de l’examen périodique universel de la Corée du Nord, en 2014, la France a exhorté les autorités de Pyongyang à fermer sans délais les camps de prisonniers politiques et à cesser immédiatement l’ensemble de ces violations dont un grand nombre constituent, selon le rapport de la Commission, des crimes contre l’humanité.

En 2014, les conclusions du rapport accablant de la commission d’enquête internationale désignée par le conseil des droits de l’Homme et accusant les autorités nord-coréennes « de crimes contre l’humanité » ont été intégrées dans la résolution annuelle adoptée en 3ème Commission de l’AGNU (présentée par l’UE et le Japon), en transmettant ces éléments au Conseil de sécurité.
Le CSNU reste désormais saisi de ce sujet et un nouveau débat a eu lieu le 10 décembre 2015, à l’occasion de la journée internationale des droits de l’Homme. Lors de cette réunion, le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme a rappelé au conseil que le rapport de la commission d’enquête "établissait de façon non équivoque que des crimes contre l’humanité ont été commis" et détaillé les violations les plus graves, en particulier dans les camps de prisonniers politiques où se trouvaient encore 80 000 à 120 000 détenus. Les recommandations du rapport incluaient l’établissement d’un bureau régional du HCDH, qui a été inauguré à Séoul en juin dernier.

Une visite de son rapporteur spécial s’est deroulée à Séoul du 23 au 27 novembre 2015. L’objectif était d’évaluer concrètement les dernières évolutions en Corée du Nord et de discuter des moyens disponibles pour garantir la responsabilité des acteurs concernés.

Lors de la 31e session du conseil des droits de l’Homme (29 février – 24 mars 2016), auquel la Corée du Nord a déclaré ne plus vouloir participer, la France a soutenu la proposition de création d’un groupe d’experts chargés de réfléchir aux responsabilités des crimes commis et décrits par la Commission d’enquête. La France a par ailleurs appellé le Conseil à renouveler le mandat du Rapporteur spécial sur la Corée du Nord.

Mise à jour : 23.03.16

PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2016