Présentation de la Corée du Nord

Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : République Populaire Démocratique de Corée
Nature du régime : régime dictatorial à parti unique
Président de la République (« président éternel » d’après la Constitution) : Kim Il-sung (fondateur du régime, décédé le 08.07.1994)
Président du Présidium de l’Assemblée populaire suprême : Kim Yong-nam (fait office protocolaire de Chef d’Etat)

Données géographiques

Superficie : 120 500 km²
Capitale : Pyongyang
Villes principales : Hamhung, Chongjin, Nampo
Langue officielle : coréen
Monnaie : won nord-coréen
Fête nationale : 9 septembre (Jour de la proclamation de la RPDC, 1948)

Données démographiques

Population : 25,3 millions (2014, Banque Mondiale)
Densité : 193 habitants/km²
Espérance de vie : hommes : 66 ans ; femmes : 72 ans (2012, Banque Mondiale)
Taux d’alphabétisation : 99 % (2008, Banque Mondiale)
Indice de développement humain : non disponible

Données économiques

PIB (2016) : 28,50 Mds USD (estimation par la Banque de Corée du Sud)
PIB par habitant (2016) : 1342 USD (PPA) (estimation par la Banque de Corée du Sud)
Taux de croissance (2016) : 3,9% (-1,1% en 2015, estimation par la Banque de Corée du Sud)
Taux de chômage (au sens du BIT) : non disponible
Inflation : non disponible
Solde budgétaire : non disponible

Principaux clients : Chine (2,63Mds USD), Pakistan (25,7M USD), Philippines (16,1M USD)
Principaux fournisseurs : Chine (3,42 Mds USD), Russie (68M USD), Thaïlande (47M USD)
Source : estimation par l’agence de Corée du Sud Korean Trade-Investment Promotion Agency

Exportations de la France vers la Corée du Nord (2016) : 2M EUR
Importations françaises depuis la Corée du Nord (2016) : 10M EUR
Source : douanes françaises

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2016) : services (31,1%) ; agriculture, forêt, pêche (21,7%) ; industrie (20,6%) ; mines (12,6%)
Source : estimation par la Banque de Corée du Sud

Composition du gouvernement

Dirigeant suprême du Parti du Travail, de l’Etat et de l’Armée, Premier Président du Comité des Affaires d’Etat, Président du Parti : KIM Jong-un (fils de KIM Jong-il et petit-fils de KIM Il-sung)
Chef du gouvernement : PAK Pong-ju
Ministre des Affaires étrangères : RI Yong-ho

Présence française

La France dispose d’un bureau de coopération à Pyongyang.
Consulats compétents : Ambassade de France à Pékin, consulat général de France à Shenyang
Communauté française en Corée du Nord (2016) : 12 ressortissants
Communauté nord-coréenne en France (2014) : 214 ressortissants

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, KIM Jong-un, fils cadet de KIM Jong-il décédé en décembre 2011, a été progressivement nommé à la tête des plus hautes institutions du pays. Le 7ème Congrès du Parti – le premier depuis 1980– s’est tenu du 6 au 10 mai 2016. Celui-ci a fixé pour priorité la poursuite de la doctrine du « byungjin », une politique de développement simultané de l’économie et des armes nucléaires, et a adopté à cette occasion une stratégie quinquennale de développement économique. Le Congrès a également entériné le statut d’Etat doté de l’arme nucléaire, inscrit dans la constitution de 2012, en violation des obligations internationales de la Corée du Nord et a consacré l’élection de KIM Jong-un en tant que « Président du Parti des travailleurs ». La 4ème session de la 13ème assemblée populaire suprême du 29 juin 2016 a remplacé la Commission de la Défense Nationale, le plus haut organe décisionnel militaire de l’Etat, par la Commission des Affaires de l’Etat, dont KIM Jong-un a été désigné président.

Situation économique

Les données économiques fiables sur la Corée du Nord sont peu nombreuses. La banque centrale sud-coréenne estime que l’économie de la Corée du Nord a progressé de 3,9 % en 2016 (le plus haut taux de croissance depuis 1999), tirée par l’activité minière, l’industrie et la production électrique. Le commerce extérieur de la Corée du Nord représente 6,6 Md USD en 2016, en hausse de 4,7 % sur un an. La Chine constitue le principal partenaire commercial de Pyongyang (plus de 90 % du total du commerce extérieur de la Corée du Nord) et son plus important fournisseur de pétrole (à hauteur d’environ 500 000 tonnes de pétrole brut par an). Le commerce intercoréen représentait 332 M USD en 2016 (- 88 % sur un an). Officiellement, la Corée du Nord demeure un pays socialiste, appliquant la doctrine nationale du Juche qui prône l’autosuffisance économique. Elle tolère toutefois davantage le développement du secteur privé que par le passé : plusieurs réformes favorisant l’essor d’une logique de marché ont été entreprises entre 2012 et 2014 dans le secteur agricole (redistribution du surplus aux employés des coopératives agricoles, création d’unités de production familiales) et industriel (accordant aux entreprises d’État le droit d’embaucher, de licencier, de fixer les salaires des travailleurs et de choisir leurs fournisseurs). L’économie informelle privée a poursuivi son développement. Le secteur privé représenterait entre 30 % et 50 % du PIB . Malgré des améliorations constatées par le PAM ces dernières années, une majorité de la population souffre encore de malnutrition.

Politique étrangère

Programmes nucléaire et balistique

La Corée du Nord développe ses capacités nucléaires et balistiques en violation de ses obligations internationales, faisant peser une menace importante sur la sécurité internationale et régionale. En 2016, Pyongyang a procédé à deux essais nucléaires, le 6 janvier et le 9 septembre, et intensifié ses tirs de missiles balistiques de courte et moyenne portée. Elle a poursuivi, en 2017, ses tirs de missiles balistiques et a procédé à deux tirs de missile intercontinentaux, les 4 et 28 juillet.

Au total depuis 2006, la Corée du Nord a effectué 5 essais nucléaires en 2006, 2009, 2013 et 2016 (janvier et septembre). Le Conseil de sécurité des Nations Unies l’a appelée à plusieurs reprises à abandonner ses activités de prolifération balistique et nucléaire et, devant son refus, a imposé un régime de sanctions par la résolution 1718 (2006), qu’il a étendu par les résolutions 1874 (2009), , 2087 (2013), 2094 (2013), 2270, 2321 (2016), 2356 et 2371 (2017). La résolution 1718, adoptée après le 1er essai nucléaire, impose un embargo sur les armes, un gel des avoirs et une interdiction de voyager aux personnes ayant participé aux programmes nucléaires. La résolution 1874 étend l’embargo sur les armes et invite les États à empêcher la fourniture de services financiers susceptibles de contribuer aux activités proliférantes, tout en mettant en place un panel d’experts destiné à assister le Comité des sanctions. En 2013, la résolution 2087 apporte des précisions au régime de sanctions tandis que la résolution 2094 ajoute des sanctions financières ciblées, incluant le blocage des transferts en espèces, et établit une liste non exhaustive d’articles de luxe interdits d’importation. La résolution 2270 du 2 mars 2016, adoptée en réponse au 4ème essai nucléaire du 6 janvier 2016, parachève l’embargo sur les armes, étend les mesures existantes à des champs allant au-delà de la non-prolifération, et établit des sanctions sectorielles nouvelles (inspection des marchandises, mesures financières, restrictions au commerce). La résolution 2321 adoptée le 30 novembre 2016 a introduit des restrictions en matière d’exportation de charbon, ainsi que des mesures bancaires, diplomatiques et dans le domaine maritime. La résolution 2356, du 2 juin 2017, inscrit de nouveaux individus et entités sur la liste des désignations. La résolution 2371 adoptée le 5 août 2017, met en place plusieurs nouvelles mesures sectorielles, dont l’interdiction totale d’exportation de charbon, minerais de fer, plomb et produits de la pêche. Elle interdit également la création de joint-ventures avec les entreprises nord-coréennes et l’accueil, par les Etats membres, de nouveaux travailleurs nord-coréens expatriés. Un régime de sanctions autonomes de l’UE a par ailleurs été mis en place à partir de 2006 et renforcé à plusieurs reprises, notamment le 27 mai 2016 et le 6 avril 2017. La reprise du dialogue avec la communauté internationale reste conditionnée à des gestes positifs concrets de Pyongyang en vue du démantèlement complet, vérifiable et irréversible de son programme nucléaire et de l’abandon de ses activités balistiques.

Rappel historique

La Corée du Nord a rejoint le TNP le 12 décembre 1985 et signé, le 25 janvier 1992, un accord de dénucléarisation avec la Corée du Sud, par lequel les deux États acceptent de ne pas tester, fabriquer, posséder, utiliser d’armes nucléaires. Cet accord a été suivi, le 30 janvier 1992, d’un accord de sauvegarde entre la Corée du Nord et l’AIEA. En juin 1994, Pyongyang a cessé de coopérer avec l’AIEA. A l’issue de cette crise, elle a obtenu, sur la base d’un accord-cadre (accord de Genève) du 31 octobre 1994, qu’un consortium international, la Korean Peninsula Energy Development Organization (KEDO), lui fournisse le fuel nécessaire à ses besoins en échange du gel de son programme nucléaire. Après la révélation par les États-Unis d’un programme clandestin d’enrichissement de l’uranium, la Corée du Nord a exigé le départ des inspecteurs de l’AIEA fin 2002, puis annoncé son retrait effectif du TNP le 10 janvier 2003. La KEDO a suspendu ses livraisons à partir de décembre 2002. Un processus de règlement diplomatique (« Pourparlers à Six ») a été lancé en 2003, avec la médiation de la Chine et la participation des deux Corée, des Etats-Unis, de la Russie et du Japon. Ce processus a abouti à deux textes en 2005 et en 2007 : la Déclaration conjointe du 19 septembre 2005, qui prévoit la renonciation par Pyongyang à ses armes nucléaires et programmes existants, et son adhésion au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), ainsi qu’au régime de garanties de l’AIEA. Cette déclaration est restée sans effet, la Corée du Nord ayant exigé l’abandon des sanctions financières américaines prises à l’encontre de sociétés nord-coréennes puis procédé à son premier essai nucléaire le 9 octobre 2006.

L’Accord du 13 février 2007, devait mener la Corée du Nord à remettre la liste complète de ses installations, programmes et matières nucléaires, en échange d’une aide énergétique accrue et d’une normalisation progressive avec les Etats-Unis. Aucun accord n’a pu être trouvé sur les modalités de vérification la neutralisation de ses installations.

En avril 2009, la Corée du Nord a annoncé son retrait des pourparlers à six et a procédé, le mois suivant, à un nouvel essai nucléaire (25 mai 2009).

Relations intercoréennes

Le nouveau président sud-coréen élu le 9 mai 2017, M. MOON Jae-in, s’est engagé à chercher une approche à double voie dans laquelle le rôle de Séoul serait prépondérant : la dénucléarisation de la péninsule et le dialogue avec Pyongyang. Il a proposé plusieurs mesures pour relancer certains échanges culturels et humanitaires.

Droits de l’Homme

La situation des droits de l’Homme en Corée du Nord est particulièrement préoccupante, marquée par des arrestations, détentions et exécutions arbitraires, ainsi que des restrictions systématiques à la liberté d’opinion, d’association et de circulation. Selon le rapport de la commission d’enquête des Nations Unies de mars 2014, alléguant de « crimes contre l’humanité », entre 80 000 et 120 000 personnes seraient détenues dans des camps, où elles subissent des violations graves et systématiques de leurs droits. Un mandat du rapporteur spécial sur la situation des droits de l’Homme en RPDC a été établi en 2004 par le Conseil des droits de l’Homme et est renouvelé tous les ans. Depuis septembre 2016, ce mandat est exercé par Tomás Ojea Quintana.

A l’initiative de l’Union européenne et du Japon, une résolution sur les violations des droits de l’Homme en Corée du Nord est adoptée chaque année par le Conseil des droits de l’Homme (printemps) ainsi que, depuis 2005, par l’Assemblée générale des Nations unies (automne). Depuis 2014, ces résolutions appellent le Conseil de sécurité à saisir la Cour pénale internationale.

Un bureau du Haut-Commissaire aux droits de l’Homme à Séoul a ouvert le 23 juin 2015, afin de recueillir des informations sur la situation des droits de l’Homme en Corée du Nord.

Mise à jour : 05.07.17

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