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Présentation

Données générales

Nom officiel : Union des Comores
Nature du régime : présidentiel
Chef de l’État et du gouvernement : Azali Assoumani, en fonction depuis le 26 mai 2016.

Données géographiques

Superficie : 1862 km2
Capitale : Moroni
Villes principales : Moroni, Moutsamoudou, Fomboni
Langues officielles : comorien, français, arabe
Langues courantes : comorien, français
Monnaie : franc comorien (492 FC = 1€, taux fixe, zone franc)
Fête nationale : 6 juillet (indépendance en 1975)

Données démographiques

Population : 770 000 (Banque mondiale, 2014)
Densité : 390 habitants/km2 (BM, 2015)
Croissance démographique : 2,4 % (BM, 2013)
Espérance de vie à la naissance : 60,9 ans (Banque mondiale, 2013)
Taux d’alphabétisation (en % de la population de plus de 15 ans) : 74,9 % (PNUD, 2011)
Religions : islam sunnite de rite chaféite (98%, religion officielle), catholicisme (2%), récent renouveau du chiisme
Indice de développement humain : 162e sur 187 pays (PNUD 2014) – 32e sur 52 pays africains à l’Indice de gouvernance Mo Ibrahim 2015

Données économiques

PIB (2014) : 623,8 M$ "faible revenu" (Banque mondiale)
PIB par habitant : 861 $ en 2014 (BM)
Taux de croissance (2015) : env. 1,5 % en 2015 (3% en 2014 ; 3,5 % en 2013) (EIU)
Taux de chômage (au sens du BIT) : inconnu
Taux d’inflation (2015) : 1,6% (estimation EIU)
Solde budgétaire (2013) : déficit budgétaire de 1,2 % du PIB (FMI)
Balance commerciale (2012) : déficit de 180M$ (EIU)
Principaux clients : la France (13% des exportations) est le 3e principal acheteur, aux côtés de Singapour (13,1%) et de l’Allemagne (12,9%) mais loin derrière l’Inde (28,4%) (FMI, 2014)
Principaux fournisseurs : la France (13,6% des importations) est le 3e partenaire commercial des Comores, derrière la Chine (14,6%), le Pakistan (13,9%) et devant l’Algérie (11,7%) (FMI, 2014)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 30 %
  • industrie : 14 %
  • services : 47 %

Exportations de la France vers les Comores : 33,4 M€ (chiffres douanes françaises 2015)
Importations françaises depuis les Comores : 6 M€ (chiffres douanes françaises 2015)
Section consulaire à Moroni (Grande Comore) ; antenne consulaire à Moutsamoudou (Anjouan)
Communauté française aux Comores : 5513 inscrits sur les listes consulaires, dont 3531 possèdent également la nationalité comorienne.
Communauté comorienne en France : entre 150.000 et 300.000 selon les estimations, dont environ 70.000 à Mayotte.

Politique intérieure

En 2009, une révision de la constitution proposée par le président Sambi permet aux Comores d’échapper à une nouvelle crise séparatiste. Cette révision, qui a le soutien de la communauté internationale et qui prévoit un allongement du mandat présidentiel de quatre à cinq ans, est perçue par les habitants des îles de Grande Comore et de Mohéli comme un moyen, pour le président Sambi, originaire de l’île d’Anjouan, de se maintenir au pouvoir.

Les deux tours des élections de fin 2010 se tiennent dans le calme. Ikililou Dhoinine, candidat de la « Mouvance présidentielle », parti politique du président sortant, accepte de ne prendre ses fonctions qu’à partir du 26 mai 2011 (soit six mois après son élection), validant dans les faits la prolongation de mandat à laquelle aspirait le président Sambi. Un nouveau gouvernement entièrement renouvelé est nommé le 30 mai et le président annonce ses priorités pour le pays : développement économique, lutte contre la corruption, dialogue avec les Mahorais.

Une tentative de déstabilisation est déjouée le 20 avril 2013. Ses responsables présumés sont depuis incarcérés aux Comores.

Le développement d’un islam radical inquiète les autorités. Le président comorien réagit en promulguant début 2013 une loi encadrant les pratiques religieuses aux Comores. Le sunnisme et le chafiisme sont érigés en doctrine et en rite officiels.

L’élection des députés, conseillers des îles et conseillers municipaux, par deux fois reportée, a lieu les 25 janvier et 13 février 2015. Malgré de nombreux incidents, les observateurs nationaux et internationaux (OIF, UA et Ligue arabe) ont estimé le bilan général satisfaisant. Les résultats traduisent une progression de l’opposition sambiste, sans que celle-ci ait les moyens de former une majorité suffisante à l’Assemblée pour modifier la constitution.

Dans le cadre de la « présidence tournante », les primaires (équivalant à un 1er tour) de l’élection présidentielle ont eu lieu le 21 février 2016 en Grande Comore. L’ensemble des observateurs internationaux (UA, UE et OIF notamment) ont estimé que le scrutin présidentiel s’était déroulé dans de bonnes conditions et n’ont pas relevé d’incidents ni d’irrégularités majeurs. Sur 25 candidats en lice, seuls les trois premiers ont été autorisés, conformément à la Constitution, à se présenter au second tour organisé sur l’ensemble du territoire : Mohamed Ali Soilihi 17,88 %, Mouigni Baraka 15,62% et l’ancien Président Azali 15,10 %. Arrivé quatrième, Fahmi, le candidat auquel s’est rallié l’ancien président Sambi, est éliminé de très peu (262 voix d’écart avec le troisième, sur 110 947 suffrages). Le camp Sambi-Fahmi a contesté ces résultats avant de se rallier, finalement, à la candidature d’Azali.

Le second tour a lieu le 10 avril, sans incident, sauf dans quelques bureaux à Anjouan. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a rendu publics des résultats provisoires donnant la victoire à Azali Assoumani, mais la Cour constitutionnellle a demandé la « reprise » du vote dans 13 bureaux d’Anjouan (6300 électeurs) où le vote avait été empéché. Après la tenue du scrutin partiel le 11 mai, dans de bonnes conditions, la Cour constitutionnelle a déclaré Azali Assoumani président élu des Comores avec 41,43% des voix contre 39,66% pour Mohamed Ali Soihili et 18,91% à Mouigni Baraka. Les perdants ont reconnu leur défaite. Le Président Azali est entré en fonction le 26 mai et la composition du nouveau gouvernement a été annoncée le 31 mai.

Cette alternance démocratique, avec des résultats serrés (3478 voix d’écart sur 208 000 votants), est la quatrième dans le cadre de la consitution de 2002, qui assure depuis quinze ans la stabilité politique de l’Union des Comores.

Situation économique

La situation économique à laquelle doit faire face le nouveau Président Azali reste des plus précaires. Le pays fait partie de la catégorie des pays les moins avancés (PMA), 45% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté et les Comores figurent au 169e rang sur 187 en termes d’indice de développement humain. Le pays est structurellement dépendant des financements extérieurs, essentiellement assurés par les transferts (20% du PIB) de la diaspora comorienne résidant majoritairement en France, et par l’aide des bailleurs. Le pays dispose de peu de ressources naturelles et souffre d’un marché étroit.

Début 2016, l’activité économique des Comores est atone. Après une prévision 2014 de +4,5%, la croissance du PIB se situerait finalement à +2,1% et la prévision 2015 s’inscrit encore en retrait à +1,2%.

Si l’inflation reste sous contrôle à environ +2% pour 2015, le déficit budgétaire se creuse, produisant des arriérés de salaires pour les fonctionnaires. Les transferts de la diaspora permettent cependant de maintenir un niveau de réserves confortables (7 mois d’importations).

Compte tenu de la faiblesse de ses ressources propres, l’État comorien doit faire appel aux appuis budgétaires de la communauté internationale. Le Qatar a par exemple accordé à Moroni une aide budgétaire de 20M$ (14M€) en mai 2010. Les Comores ont également signé un accord de coopération économique et technique avec la Chine en décembre 2012 pour un montant de 10M€. La France a accordé fin 2012 une aide budgétaire globale de 3M€ destinée au financement partiel du programme économique et financier et affectée à des dépenses additionnelles de lutte contre la pauvreté (santé, emploi). Enfin, le gouvernement a annoncé en décembre 2015 que l’Arabie saoudite avait fait un don de 40 M US$ aux Comores, lui permettant d’éponger la totalité des arriérés de salaires des fonctionnaires accumulés depuis son entrée en fonctions en 2011 et de réduire les coupures d’eau et d’électricité en période électorale.

Les Conseils d’administration du FMI et de la Banque mondiale ont approuvé, respectivement les 17 et 20 décembre 2012, l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative pays pauvres très endettés (PPTE). Cette décision a ouvert la voie à des annulations de dette significatives (176 M$ au titre de l’initiatives PPTE et allégement de la dette multilatérale). Malgré les progrès récemment réalisés en matière de gestion macroéconomique et de réduction de la pauvreté, les deux conseils d’administration ont souligné l’importance de poursuivre les réformes structurelles et de maintenir une politique d’endettement très prudente afin d’assurer la viabilité financière et une croissance inclusive.

Mais la signature fin 2013 d’un prêt de 31 M$ faiblement concessionnel avec la Chine, sans information préalable des bailleurs traditionnels, doublant un prêt déjà accordé en septembre 2013 par la Banque mondiale, a aggravé les effets du prêt indien de 41 M$ déjà signé dans des conditions similaires fin 2012, juste après l’obtention de l’IPPTE. La rapidité du ré-endettement du pays inquiète les institutions financières internationales alors même que des arriérés de paiements sur le service de la dette extérieure ont été enregistrés en 2013.

Le 25 juillet 2014, une convention de don entre le gouvernement de l’Union des Comores et le gouvernement français relative à l’apurement définitif de la dette postale est signée pour un montant d’envirion 4,9 M€.

Le FMI, qui n’avait pas été informé du don saoudien fin 2015, a annoncé qu’en raison de cette aide budgétaire inattendue, il avait décidé de reporter sine die l’examen en Conseil de la Facilité Rapide de Crédit en préparation, dans l’attente d’une réévaluation des besoins de soutien à la balance des paiements du pays.

Politique extérieure

L’Union des Comores appartient à l’Organisation de la Conférence islamique et à la Ligue arabe. Elle fait partie du COMESA et de la Commission de l’océan Indien (COI), dont elle a exercé la présidence de janvier 2013 à avril 2014. Moroni a accueilli le Conseil des ministres de la COI en avril 2014 et le IVe sommet des chefs d’État et de gouvernement de la COI en août 2014. Le dernier Conseil des Ministres de la COI a eu lieu le 26 février 2016 à Saint-Denis de La Réunion. La nomination du Comorien Hamadi Madi Boléro en remplacement de Jean-Claude de L’Estrac au poste de Secrétaire général de la COI, à compter du mois de juillet 2016, y a été approuvée.

Entre 2006 et 2011, le président Sambi a développé des relations avec les pays arabes (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Koweït, Libye) et l’Iran, concrétisées par une visite du président Ahmadinejad à Moroni en 2009, la signature de plusieurs accords de coopération et l’amorce d’une coopération militaire. Nouveau partenaire des Comores, le Qatar a organisé en mars 2010 une conférence pour leur développement au cours de laquelle plus de 450M€ de dons ont été promis par les bailleurs du Golfe.

Les Comores se sont aussi fortement rapprochées du l’Arabie saoudite depuis l’élection du Président Ikililou. Le don de 40 MUS$ fin 2015, dont l’annonce a suivi la visite du chef de l’État comorien à Riyad en novembre, s’ajoute à de nombreux gestes : nomination d’un ambassadeur résident à Moroni en 2012, financement de projets d’infrastructures, effacement de la dette bilatérale, soutien des Comores auprès des institutions de Bretton Woods. En retour, l’Union des Comores, qui accueille un nombre croissant d’ « ONG culturelles » saoudiennes chargées de diffuser le wahhabisme, vient de rejoindre l’initiative saoudienne d’une « coalition islamique antiterroriste » dirigée contre l’État islamique.

Les relations avec la Chine se sont développées depuis l’indépendance : construction du Palais du Peuple, appui dans le secteur de la santé, actions de formation professionnelle, aide à l’apurement du déficit budgétaire dans le cadre des négociations avec le FMI, prêt de 22 millions d’euros accordé le 14 décembre 2009 par China Exim Bank, soutien des Comores à la République populaire pour qu’elle obtienne le statut d’observateur au sein de la COI en février 2016.

En juin 2002, après les accords de Fomboni, la France a soutenu la reprise de la coopération de l’Union européenne. L’enveloppe prévisionnelle du 11e FED pour les Comores pour la période 2014-2020 s’élève à 68M€, avec 3 secteurs de concentration : la gouvernance (élections, justice, finances publiques), les transports (projet portuaire pour 2016) et la formation technique et professionnelle.
L’Union européenne, qui avait fermé sa représentation à Moroni en 2002, y a ouvert un nouveau bureau en novembre 2011.

Mise à jour : 01.06.16


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