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Présentation du Burkina Faso

Présentation

Données générales

Chef de l’État : Michel Kafando.
Premier ministre : Paul Kaba Thieba.

Fête nationale : 11 décembre, proclamation de la République.
Monnaie : franc CFA, 1 EUR = 656 XOF.
Langue officielle : français.

Données géographiques

Superficie : 274 500 kilomètres carrés.
Capitale : Ouagadougou.
Villes principales : Ougadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou.

Données démographiques

Population : 16,9 millions d’habitants (PNUD, 2014).
Densité : 64 habitants au kilomètre carré (Banque mondiale, 2014).
Taux de croissance démographique : 3 % (Banque mondiale, 2014).

Espérance de vie à la naissance : 56 ans (PNUD, 2014).
Taux d’alphabétisation : 29 % (PNUD, 2014).
Indice de développement humain : 0,388, 181e sur 187 (PNUD, 2014).

Données économiques

Produit intérieur brut : 12,5 milliards de dollars (Banque mondiale, 2014).
Produit intérieur brut par habitant : 720 dollars (Banque mondiale, 2014).
Taux de croissance du produit intérieur brut : 4 % (Banque mondiale, 2014).
Taux de chômage : 3 % (Banque mondiale, 2013).
Taux d’inflation : - 1 % (Banque mondiale, 2014).

Dépenses publiques : 1 441 milliards de francs CFA (FMI, 2014).
Dette publique : 28 % du produit intérieur brut (FMI, 2014).
Solde budgétaire : - 2 % du produit intérieur brut (FMI, 2014).

Balance commerciale : - 2 187 millions de dollars (OMC, 2013).
Principaux clients : Suisse, Mali, Afrique du Sud, Union européenne, Chine (OMC, 2013).
Principaux fournisseurs : Union européenne, Chine, Côte d’Ivoire, États-Unis, Inde (OMC, 2013).
Part des secteurs d’activité dans le produit intérieur brut : agriculture 22 %, industrie 26 %, services 52 % (Banque mondiale, 2014).
Exportations de la France vers le Burkina Faso : 269 millions d’euros (DGDDI, 2014).
Importations françaises depuis le Burkina Faso : 42 millions d’euros (DGDDI, 2014).

Aide publique au développement française décaissée : 79 millions de dollars (OCDE, 2013).

Données consulaires

Consulat de France au Burkina Faso : Ouagadougou.
Communauté française au Burkina Faso : 3 582 Français inscrits au registre en décembre 2013.
Consulat du Burkina Faso en France : Paris.
Communauté burkinabè en France : 4 933 Burkinabè disposant d’un titre ou d’une autorisation de séjour valide en décembre 2014.

Histoire contemporaine et politique intérieure

Après l’indépendance, Maurice Yaméogo et Sangoulé Laminaza (1960 - 1980)

La Haute-Volta, colonie française, accède à l’indépendance en août 1960. Son premier président, Maurice Yaméogo, créé un régime de parti unique de fait, autour de l’Union démocratique voltaïque - Rassemblement démocratique africain. Son autoritarisme et des mesures d’austérité impopulaires lui valent l’hostilité de la chefferie coutumière et des syndicats, et finalement d’être renversé par l’armée en janvier 1966.

Le chef d’état-major des armées, le lieutenant-colonel Sangoulé Lamizana, succède à Maurice Yaméogo. Il cherche à assainir les finances publiques, avant de lancer un processus de libéralisation politique qui se traduit par l’adoption d’une nouvelle constitution en juin 1970 et l’organisation d’élections pluralistes en décembre 1970. Ces dernières sont remportées par le Rassemblement démocratique africain, dont le président Gérard Ouédraogo devient Premier ministre. Mais sa rivalité avec le président de l’Assemblée nationale, Joseph Ouédraogo, paralysent les institutions.

En février 1974, Sangoulé Laminaza met fin à l’expérience démocratique. Il dissout l’Assemblée nationale, interdit les partis politiques et suspend la constitution. Un gouvernement militaire de renouveau national et constitué. Les grèves de décembre 1975 contraignent toutefois le pouvoir à faire marche arrière. Une nouvelle constitution est votée en novembre 1977, et des élections présidentielle et législatives sont organisées en avril 1978. Sangoulé Laminaza, qui se présente au nom du Rassemblement démocratique africain, vainqueur des législatives, est mis en ballotage par Macaire Ouédraogo, de l’Union nationale pour la défense de la démocratique. Il remporte le second tour en mai.

Coups d’État militaires et arrivée au pouvoir de Thomas Sankara (1980 -1987)

En novembre 1980, Sangoulé Laminaza est victime d’un coup d’État militaire, dans un contexte social tendu, marqué notamment par une grève dans le secteur de l’éducation. Son successeur, le colonel Saye Zerbo est renversé à son tour en novembre 1982 par le médecin commandant Jean-Baptiste Ouédraogo. Celui-ci nomme Premier ministre, en janvier 1983, le capitaine Thomas Sankara, issu d’une génération plus jeune et influencée par les idées d’extrême-gauche.

L’arrestation, en mai 1983, de Thomas Sankara à l’initiative de l’aile conservatrice du régime provoque des manifestations et l’entrée en dissidence d’une partie de l’armée sous le commandement du capitaine Blaise Compaoré. Prenant de vitesse les projets de putsch de Saye Zerbo et du colonel Yorian Gabriel Somé, chef de file des conservateurs, Thomas Sankara s’empare du pouvoir en août. Le nouveau gouvernement est composé de militaires, dont Blaise Compaoré, Henri Zongo, Jean-Baptiste Lingani et Abdoul Salam Kaboré, et de civils, en grande partie issus de l’extrême-gauche.

Thomas Sankara met en place un régime d’inspiration marxiste-léniniste, avec à sa tête un conseil national de la révolution, et, pour quadriller le territoire, des comités de défense de la révolution et des tribunaux populaires révolutionnaires. Il entreprend une réforme agraire, lance des campagnes de vaccination et d’alphabétisation et s’attache à revaloriser le rôle des femmes. Mais la pression fiscale et les abus des tribunaux populaires lui aliènent une partie de la population, tandis que la chefferie coutumière voit ses privilèges remis en cause.

En décembre 1985, un bref conflit frontalier oppose le Burkina Faso, nouveau nom de la Haute-Volta depuis août 1984, au Mali, à propos de la bande d’Agacher. Le contentieux est porté devant la Cour internationale de justice, qui ordonne la partition du territoire en cause en décembre 1986.

Vingt-sept ans de pouvoir de Blaise Compaoré (1987 - 2014)

En octobre 1987, Blaise Compaoré s’empare du pouvoir. Thomas Sankara est tué au cours du coup d’État. Le nouveau régime, dit de front populaire, entend rectifier le processus révolutionnaire. Il renoue avec la chefferie coutumière, les syndicats et la classe moyenne, tout en éliminant, y compris physiquement, son opposition. Henri Zongo et Jean-Baptiste Lingani sont exécutés en septembre 1989 après avoir dénoncé la droitisation du régime.

L’adoption d’une nouvelle constitution en juin 1991 marque un début d’ouverture démocratique. Blaise Compaoré est toutefois le seul candidat à l’élection présidentielle de décembre, dont le taux de participation s’établit à 25 %. Il assoit son pouvoir en créant le Congrès pour la démocratie et le progrès, parti dominant du jeu politique burkinabè, en février 1996, et se fait réélire en novembre 1998.

En décembre 1998, l’assassinat du journaliste Norbert Zongo provoque des manifestations massives, encadrées par l’opposition et les organisations de la société civile. Blaise Compaoré doit concéder la création d’une commission d’enquête indépendante qui, en mai 1999, désigne des membres du régiment de sécurité présidentielle comme suspects, et l’enquête menée par le défunt sur la mort du chauffeur de François Compaoré, frère du président, comme mobile possible. La justice militaire s’empare de l’affaire et condamne trois militaires en août 2000. Un non-lieu général est finalement rendu en juillet 2006.
Entre-temps, le régime a fait des concessions en adoptant une nouvelle constitution en avril 2000, qui donne une plus grande place à l’opposition et limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Profitant de la non rétroactivité de ces dispositions, Blaise Compaoré est réélu en novembre 2005 et en novembre 2010.

Au niveau régional, il se distingue par son action de médiateur dans de nombreuses crises dans des pays voisins, au Togo en juillet 1993 puis en août 2006, au Niger en avril 1995, en Côte d’Ivoire en mars 2007, en Guinée en octobre 2009, au Mali en juin 2013. Le Burkina Faso soutient, à partir de septembre 2002, la rébellion ivoirienne contre Laurent Gbagbo.

En février 2011, la mort d’un élève de Koudougou à la suite d’un passage à tabac par la police provoque des émeutes. Puis, de mars et juin, ce sont des militaires qui se mutinent, à Ouagadougou puis en province. Des éléments du régiment de sécurité présidentielle tirent à l’arme lourde dans la capitale. Blaise Compaoré, qui nomme un nouveau Premier ministre, Luc-Adolphe Thiao, et prend personnellement en charge le portefeuille ministériel de la défense, parvient à reprendre la main.

Aux élections législatives de décembre 2012, le Congrès pour la démocratie et le progrès obtient 49 % des voix, en recul, contre 11 % à l’Union pour le progrès et le changement de Zéphirin Diabré, qui devient chef de file de l’opposition, et autant à l’Alliance pour la démocratie et la fédération - Rassemblement démocratique africain.

L’agitation reprend en mai 2013, en réaction au projet du pouvoir de créer un sénat. L’opposition soupçonne Blaise Compaoré de préparer une révision de la constitution afin de pouvoir revenir sur la limitation du nombre de mandats présidentiels.

En janvier 2014, plusieurs cadres historiques du Congrès pour la démocratie et le progrès, notamment l’ancien président de l’Assemblée nationale Roch Kaboré, l’ancien maire de Ouagadougou Simon Compaoré, ou encore Salif Diallo, fondent un nouveau parti, le Mouvement du peuple pour le progrès. Ils s’expriment contre l’hypothèse d’une révision de la constitution permettant à Blaise Compaoré de se représenter.

Chute de Blaise Compaoré et mis en place d’un régime de transition (depuis 2014)

Cette hypothèse se concrétise en octobre 2014, lorsqu’un projet de loi est déposé à l’Assemblée nationale. Le soutien de l’Alliance pour la démocratie et la fédération - Rassemblement démocratique africain rend probable l’adoption de la révision constitutionnelle. En réaction, des manifestations massives se déroulent dans le pays. Des bâtiments officiels, notamment l’Assemblée nationale, sont incendiés. Des maisons de responsables politiques sont pillées. 24 personnes sont tuées. Blaise Compaoré remet sa démission et se réfugie en Côte d’Ivoire.

Le lieutenant-colonel Isaac Zida, chef de corps adjoint du régiment de sécurité présidentielle, se proclame chef de l’État, prenant le pas sur le chef d’état-major des armées, le général Honoré Traoré. La Communauté des États d’Afrique de l’Ouest et l’Union africaine, relayées par la communauté internationale, demandent la remise du pouvoir à des autorités de transition civiles, sous peine de sanctions.

En novembre, une charte de la transition est adoptée de manière consensuelle par les partis politiques, les organisations de la société civile, les forces de défense et de sécurité et les autorités religieuses et coutumières. Elle prévoit notamment la nomination d’un président de transition civil et l’organisation d’élections présidentielle et législatives dans un délai d’un an. L’ancien diplomate Michel Kafando devient président de transition, et le lieutenant-colonel Isaac Zida est nommé Premier ministre. Le Conseil national de la transition compte des représentants des partis politiques de l’ancienne majorité et de l’opposition, des organisations de la société civile et des forces de défense et de sécurité.

Les autorités de transition ont pour mission principale d’organiser les élections. Elles doivent faire face aux tensions liées à la place du régiment de sécurité présidentielle et à la question de l’inclusivité des scrutins. En avril 2015, le Conseil national de la transition adopte un code électoral rendant inéligibles toutes les personnes ayant soutenu un changement anticonstitutionnel qui porte atteinte au principe de l’alternance démocratique, notamment au principe de la limitation du nombre de mandats présidentiels ayant conduit à une insurrection.

Le processus de transition est interrompu, en septembre, par une tentative de putsch menée par le général Gilbert Diendéré et le régiment de sécurité présidentielle. Le président Michel Kafando et le gouvernement sont brièvement arrêtés. Quatorze personnes sont tuées. Réinstallées après une semaine, les autorités décident la dissolution du régiment de sécurité présidentielle.

L’élection présidentielle et les élections législatives ont lieu le 29 novembre 2015. Roch Kaboré est élu avec 53 % des voix, contre 30 % à Zéphirin Diabré. Aux législatives, le Mouvement du peuple pour le progrès obtient 55 sièges sur 127, contre 33 à l’Union pour le progrès et le changement et 18 au Congrès pour la démocratie et le progrès.

Situation sécuritaire

Le Burkina Faso a longtemps été épargné par les attaques terroristes subies par ses voisins. Mais l’enlèvement d’un ressortissant roumain par le groupe al-Murabitun en avril 2015, puis l’attaque de Samorogouan en octobre, témoignent d’une élévation de la menace, notamment dans la zone frontalière du Mali.

Le Burkina Faso est membre du G5 Sahel, organisation créée en février 2014 avec la Mauritanie, le Mali, le Niger et le Tchad. Dans ce cadre, des opérations communes transfrontalières sont conduites.

Situation économique

Le Burkina Faso bénéficie d’une croissance économique solide, de 5 % en moyenne depuis le début des années 2000. Néanmoins, 83 % de la population continue de vivre en situation de pauvreté multidimensionnelle au sens du Programme des Nations unies pour le développement et le Burkina Faso arrive en 181e position au classement par l’indice de développement humain.

L’année 2014 se situe légèrement en retrait, avec une croissance de 4 %, qui reste toutefois supérieure à la croissance démographique de 3 %. Le contexte d’incertitude politique, les conséquences de l’épidémie d’Ébola dans les pays voisins et la chute de la production céréalière expliquent ce ralentissement. La baisse des cours de l’or et du coton devraient prolonger cette tendance en 2016.

L’or a dépassé le coton comme premier poste d’exportation en 2009 et représentait en 2013 aujourd’hui cinq fois plus de recettes, ce qui témoigne de la rapidité du développement de l’industrie minière. Il est essentiellement exporté vers la Suisse et l’Afrique du Sud.

Le Burkina Faso bénéficie d’une facilité élargie de crédit du Fonds monétaire international depuis décembre 2013, qui fait suite à un programme du même type. En juin 2002, il a atteint le point d’achèvement de l’initiative pays pauvre très endettés, ce qui lui a permis de voir 97 % de sa dette à l’égard des pays du club de Paris annulée.

Le Burkina Faso figure au 143e rang du classement sur la facilité de faire des affaires pour 2016, progressant de huit places en cinq ans. Il est membre de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires.

Politique extérieure

Soupçonné d’avoir soutenu le Libéria de Charles Taylor et la rébellion ivoirienne au début des années 2000, le Burkina Faso s’est ensuite imposé comme médiateur dans un certain nombre de crises ouest-africaines.

Ce fut le cas lors du dialogue inter-togolais qui a abouti à la conclusion d’un accord politique global d’août 2006, après la crise provoquée par la succession de Gnassingbé Eyadema par son fils, Faure Gnassingbé, en février 2005.

Le Burkina Faso a également joué un rôle central dans le processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire, avec la signature de l’accord de Ouagadougou en mars 2007. Les deux pays entretiennent une relation particulière, liée à la présence d’une importante diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire. Un traité d’amitié et de coopération a été signé en juillet 2008.

Ce rôle de médiateur a valu au Burkina Faso une reconnaissance régionale manifestée par l’élection de Blaise Compaoré à la présidence de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest et de l’Union monétaire ouest-africaine en 2007 et 2008. Le Burkina Faso a par ailleurs été désigné membre non permanent du Conseil de sécurité en 2008 et 2009.

La nomination du ministre des affaires étrangères burkinabè, Djibrill Bassolé, comme médiateur conjoint de l’Union africaine et des Nations unies au Darfour, de juillet 2008 à avril 2011, et l’élection, en février 2012, de l’ancien Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo à la tête de la Commission de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, s’inscrivent dans ce contexte.

Le Burkina Faso a, à nouveau, fait office de médiateur au Mali, sur mandat de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, à la suite du coup d’État d’Amadou Sanogo en mars 2012. Les négociations entre le gouvernement malien et les groupes armés rebelles du nord du pays ont abouti à la signature de l’accord de Ouagadougou de juin 2013. À partir de juillet 2014, l’Algérie a pris la tête de la médiation, à la demande du Mali.

Le Burkina Faso est un important contributeur de troupes aux opérations de maintien de la paix, en particulier au Mali, où il déploie plus de 1 700 hommes, et au Darfour, où sont présents près de 1 000 soldats et policiers burkinabè.

Par ailleurs, le Burkina Faso est l’un des trois pays africains qui entretiennent des relations diplomatiques avec Taïwan. Après avoir reconnu la République populaire de Chine en septembre 1973, les autorités burkinabè ont retiré cette reconnaissance pour l’accorder à Taiwan. Les deux pays entretiennent une coopération au développement dynamique.

Mise à jour : 13.01.16

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