Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : République de Bulgarie
Nature du régime : république parlementaire
Président de la République : Roumen Radev (22 janvier 2017)
Premier ministre : Boïko Borissov (4 mai 2017)

Données géographiques

Superficie : 110 910 km²
Capitale : Sofia
Villes principales : Plovdiv, Varna, Bourgas, Roussé, Stara Zagora, Pléven
Langue officielle : bulgare
Monnaie : lev
Fête nationale : 3 mars

Données démographiques
(sources : Eurostat, Banque mondiale, PNUD)

Population (2016) : 7 153 784
Densité : 64,5 hab./km²
Croissance démographique (2015) : - 0,6 %
Espérance de vie (2015) : 70,9 ans (hommes) ; 77,8 ans (femmes)
Taux d’alphabétisation (2015) : 98,4%
Religions : pas de religion officielle. Orthodoxie (env. 80 %), islam (env. 15 %), protestantisme (env. 2 %), catholicisme (env. 1 %)
Indice de développement humain (2015) : 0,794 (56e rang)

Données économiques
(sources : Eurostat, Trésor, BIT)

PIB (2016, en prix courants) : 47,36 Mds €
PIB par habitant (2016, aux prix du marché) : 6 600 €
Croissance (2016) : 3,4%
Chômage (2016, au sens du BIT) : 7,6%
Inflation (2016) : -1,3%
Solde budgétaire (2014) : + 15,3 M€ (+ 0,03% du PIB)
Balance commerciale (2016) : - 2,5 Mds €
Principaux clients : Allemagne (13,6 %), Italie (9,2 %), Roumanie (8,8 %), Turquie (8,0 %),Grèce (7,0 %), Principaux fournisseurs : Allemagne (12,3 %), Russie (9,0 %), Chine (7,9 %), Italie (7,8 %), Turquie (6,1 %)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (estimation 2016) :

  • agriculture : 5,1%
  • industrie : 27,4%
  • services : 67,5%

Exportations de la France vers la Bulgarie (2016) : 759,8 M€
Importations françaises depuis la Bulgarie (2016) : 1 124,9 M€
http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/bulgarie

Composition du gouvernement
(en fonctions depuis le 4 mai 2017)

Boïko Borissov, premier ministre (GERB)
Tomislav Dontchev, vice-premier ministre (GERB)
Valeri Simeonov, vice-premier ministre chargé de la politique économique et démographique (Patriotes unis)
Krassimir Karakatchanov, vice-premier ministre chargé de l’ordre public et de la sécurité, ministre de la défense (Patriotes unis)
Ekaterina Zaharieva, vice-première ministre chargée de la réforme judiciaire, ministre des affaires étrangères (GERB)
Vladislav Goranov, ministre des finances (GERB)
Valentin Radev, ministre de l’intérieur (GERB)
Nikolaï Nankov, ministre du développement régional et des travaux publics (GERB)
Bisser Petkov, ministre du travail et de la politique sociale (proposé par le GERB)
Tsetska Tsatcheva, ministre de la justice (GERB)
Krassimir Valtchev, ministre de l’éducation et de la science (proposé par le GERB)
Nikolaï Petrov, ministre de la santé (proposé par le GERB)
Liliana Pavlova, ministre chargée de la Présidence bulgare du Conseil de l’UE en 2018 (GERB)
Boïl Banov, ministre de la culture (proposé par le GERB)
Neno Dimov, ministre de l’environnement et des eaux (proposé par les Patriotes unis)
Roumen Porojanov, ministre de l’agriculture, de l’alimentation et des forêts (proposé par le GERB)
Ivaïlo Moskovski, ministre des transports, des technologies de l’information et des communications (GERB)
Emil Karanikolov, ministre de l’économie (proposé par les Patriotes unis)
Temenoujka Petkova, ministre de l’énergie (GERB)
Nikolina Anguelkova, ministre du tourisme (GERB)
Krassen Kralev, ministre de la jeunesse et des sports (proposé par le GERB)

Présence française
Site internet de l’ambassade : https://bg.ambafrance.org
Consulat(s) : agence consulaire à Varna
Communauté française (2015) : 1 325 inscrits
Communauté bulgare en France : environ 20 000 personnes

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Boïko Borissov, chef de file du GERB (parti de centre-droit), dirige à nouveau le gouvernement bulgare depuis le 4 mai 2017. Il s’agit de sa troisième nomination au poste de premier ministre (après deux mandats exercés de juillet 2009 à mars 2013, puis de novembre 2014 à novembre 2016), qui confirme sa prééminence sur la scène politique bulgare depuis près d’une décennie.

M. Borissov, dont le second gouvernement avait été fragilisé par la perte, en mai 2016, de sa majorité à l’Assemblée nationale (la chambre unique du Parlement bulgare), avait dû démissionner au lendemain de la contre-performance de la candidate GERB à l’élection présidentielle des 6 et 13 novembre 2016, qui avait donné une nette victoire (59,4% des voix) au général Roumen Radev, soutenu par le PSB (parti socialiste bulgare).

Cependant, lors des élections législatives anticipées du 26 mars 2017, convoquées par le président Radev au lendemain de son investiture (22 janvier 2017), le GERB a repris l’avantage sur le PSB, en recueillant 32,7% des voix (contre 27,2% à son adversaire) et 95 sièges (contre 80 au PSB). Le parti de M. Borissov ne dispose toutefois pas de la majorité absolue (120 sièges sur 240). A défaut de son allié naturel du Bloc réformateur, qui n’a pas franchi le seuil électoral des 4%, le GERB s’est donc tourné vers la troisième force du Parlement, les Patriotes unis, coalition de trois partis nationalistes ayant obtenu 27 sièges.

Au terme d’un mois de négociations (qui ont notamment porté sur deux priorités des Patriotes unis : le relèvement du minimum retraite et la question des migrants), un gouvernement de coalition a été formé qui, tout en s’ouvrant aux nationalistes (quatre portefeuilles), s’inscrit largement dans la continuité du gouvernement Borissov II (huit ministres sur vingt reconduits). Ce gouvernement devrait pouvoir compter en outre sur le soutien occasionnel des 12 députés du parti Volonté de l’homme d’affaires Vesselin Marechki (les 26 députés du MDL, parti de la minorité turcophone, devraient quant à eux rester dans l’opposition, aux côtés du PSB). Le gouvernement Borissov III s’est fixé pour tâche prioritaire d’assurer la bonne préparation, puis le bon déroulement de la présidence du Conseil de l’Union européenne, que la Bulgarie assurera pour la première fois au 1er semestre 2018.

Situation économique

Durement frappée par la crise de 2008 (contraction du PIB de 5,5% en 2009, puis croissance atone les années suivantes), l’économie bulgare connaît depuis 2015 une embellie (croissance de 3% en 2015 et de 3,4% en 2016), soutenue par les exportations et une meilleure consommation des fonds structurels. Le pays, qui se caractérise par un faible taux d’imposition des entreprises (flat tax de 10 %) et par un coût de la main d’œuvre parmi les moins élevés d’Europe (salaire brut moyen de 488 € mensuels en 2016), attire des capitaux étrangers encore modestes mais en croissance : en 2015, les IDE ont atteint un flux d’1,7 Md € (soit 3,7% du PIB et une hausse de 46% en un an) et représentent un stock total cumulé de 38 Mds € (soit 84 % du PIB). L’un des enjeux pour le pays reste de mener à bien le processus de rattrapage qu’il a entamé par rapport à ses partenaires européens : son PIB par habitant demeure le plus faible de l’UE, même si, calculé en parité de pouvoir d’achat, il est passé de 32 % de la moyenne européenne (UE 28) en 2002 à 47 % en 2015. Le chômage, qui avait dépassé la barre des 10% après la récession, a entamé une décrue (9,2% en 2015 et 7,6% en 2016), dans un contexte cependant de crise démographique (vieillissement de la population et forte émigration des jeunes).

Les autorités bulgares, qui agissent depuis 1997 dans le cadre d’une parité fixe avec les monnaies européennes (deutschemark puis euro), s’en tiennent à une stricte discipline budgétaire (déficit d’1,7% en 2015 et même très léger excédent budgétaire de 15,3 M€ en 2016, soit 0,03% du PIB), qui devrait maintenir la dette publique en dessous des 30% au cours des prochaines années (26% en 2015). Elles ne se sont autorisé une entorse momentanée à cette règle qu’en 2014 (glissement du déficit public de 0,4% à 5,4% du PIB et de la dette de 17,1% à 27%) pour stabiliser le secteur bancaire après la brusque crise (« bank run ») qui avait frappé les 3ème et 4ème banques du pays (18% des actifs à l’époque).

Politique européenne

La Bulgarie est entrée dans l’Union européenne le 1er janvier 2007, mais reste à ce stade en dehors de l’espace Schengen et de la zone euro. Le pays, qui depuis 1989 a fait de son intégration à l’espace euro-atlantique une priorité constante de sa politique étrangère, poursuit son processus de convergence européenne, tout en restant l’Etat membre le plus pauvre de l’Union. La Bulgarie assurera la présidence du Conseil de l’Union européenne pour la première fois au 1er semestre 2018.

Présence dans les institutions européennes : Mariya Gabriel est Commissaire pour l’économie et la société numériques. La Bulgarie dispose de 17 députés au Parlement européen.

Avenir de l’UE : La Bulgarie souhaite une relance du projet européen sur le fondement des traités et un approfondissement de l’intégration européenne. Elle est réticente à une Europe à plusieurs vitesses, au sein de laquelle elle craint d’être marginalisée, et reste attachée à la politique de cohésion.

Brexit : La Bulgarie regrette le Brexit, tout en respectant la décision britannique. Elle souhaite le maintien de liens aussi étroits que possible entre l’UE à 27 et le Royaume-Uni et reste très attentive aux conséquences budgétaires du Brexit (crainte d’une baisse des fonds structurels notamment).

Défense européenne : Malgré des moyens limités, Sofia fait preuve d’ouverture en faveur de la PSDC (forte participation à EULEX Kossovo, mais aussi à EUMM Géorgie, EUFOR Althéa, EUAM Ukraine, EUTM Mali et – avec des effectifs réduits – à EUNAVFOR Atalante, EUNAVFOR Sophia et EUPOL COPPS). Elle souhaite un développement de l’Europe de la Défense complémentaire avec l’OTAN.

Réfugiés : Confrontée dès 2013 à une pression migratoire en hausse, la Bulgarie est parvenue à rester hors de la « route des Balkans » pendant la crise de 2015, grâce au renforcement de son dispositif de contrôle des frontières et à une coopération efficace avec la Turquie. Elle plaide pour une plus grande solidarité européenne sur ce dossier (notamment par une réforme du règlement de Dublin) et s’est engagée au Conseil JAI de septembre 2015 à accueillir 1 352 personnes au titre des relocalisations et réinstallations (29 l’avaient effectivement été à la mi-avril 2017, en provenance de Grèce). Le nouveau corps européen des garde-frontières et garde-côtes a été symboliquement inauguré en octobre 2016 en Bulgarie, qui avait obtenu quelques semaines plus tôt une aide de l’UE et un renfort de l’agence Frontex.

Politique régionale : Pour la période 2014-2020, la Bulgarie bénéficie de 9,9 Mds € de fonds européens (env. 1.380 € par habitant), dont 7,4 Mds € au titre des fonds structurels et de cohésion et 2,5 Mds € au titre de la PAC. L’impact de ces fonds est important pour la croissance économique du pays et le développement de ses infrastructures. Avec un taux d’absorption de 95% de son enveloppe 2007-2013 relevé fin 2016, la Bulgarie a réduit son retard par rapport aux autres Etats membres (elle n’était qu’à 50% d’absorption fin 2013). Elle se situe désormais légèrement au-dessus de la moyenne européenne, en termes de crédits consommés et engagés sur l’enveloppe 2014-2020.

Travailleurs détachés : La Bulgarie fait partie des 11 États dont les Parlements nationaux ont transmis un avis motivé contre la proposition de la Commission européenne de révision de la directive de 1996 sur le détachement des travailleurs (procédure dite du « carton jaune »).

Climat : Le parlement bulgare a ratifié l’accord de Paris le 21 octobre 2016.

Energie : Sofia est favorable à l’Union pour l’énergie. Elle a regretté l’abandon du projet South Stream, fin 2014, en raison notamment d’incompatibilités avec la règlementation européenne. M. Borissov plaide depuis pour un projet alternatif de « hub gazier » bulgare et sollicite le soutien de l’UE dans ce cadre.

Euro : La Bulgarie se fixe pour objectif d’adopter à terme la monnaie unique, mais doit rejoindre au préalable le mécanisme de taux de change européen (MCE II).

MCV : La Bulgarie (comme la Roumanie) a été soumise, lors de son adhésion à l’UE, au mécanisme de coopération et de vérification (MCV), mis en place pour l’aider à progresser dans trois domaines prioritaires (réforme judiciaire ; lutte contre la corruption ; lutte contre le crime organisé). Dans ce cadre, la Commission européenne rend des rapports annuels, dont le dernier, publié le 25 janvier 2017, tire également un bilan décennal. Si, pour la Bulgarie, elle reconnaît quelques avancées, elle y souligne aussi un rythme global des réformes plus lent qu’escompté et formule 17 recommandations concrètes dont la mise en œuvre pleine et irréversible conduirait à terme à une levée du mécanisme.

Schengen : L’entrée dans l’espace Schengen demeure un objectif central de la Bulgarie. En juin 2011, le Conseil a adopté des conclusions relevant un niveau de préparation de Sofia et Bucarest suffisant sur le plan technique, mais il n’y a pas eu d’unanimité des Etats membres en vue de l’adhésion des deux pays. L’examen de la question a été renvoyé à une date ultérieure au Conseil JAI de décembre 2013.

Politique étrangère

Russie : La Russie est perçue de manière positive par une part significative des Bulgares, sensibles à une certaine proximité religieuse et linguistique, ainsi qu’au souvenir de son rôle au XIXe siècle de libératrice de l’occupation ottomane. Moscou est en outre un partenaire économique de poids, dont les investissements (4,3% du PIB bulgare) sont notamment très présents dans le secteur énergétique (Lukoil, plus grande société étrangère de Bulgarie, possède l’unique raffinerie du pays et 71% du mix énergétique bulgare dépend d’importations russes). Cependant, les grands projets énergétiques conjoints de la fin des années 2000 (centrale nucléaire de Béléné, oléoduc Bourgas-Alexandroupolis, gazoduc South Stream) ont été abandonnés (parfois, non sans conséquences financières pour Sofia).

Ukraine : Le conflit en Ukraine, où vit une minorité bulgare d’environ 300.000 personnes (dont 5.000 en Crimée), et les tensions qu’il génère avec Moscou inquiètent la Bulgarie qui, bien que circonspecte sur la question des sanctions, s’attache à respecter le consensus européen.

Partenariat oriental (PO) : La Bulgarie soutient le PO et serait favorable à l’ouverture d’une « perspective européenne » pour ces pays.

Turquie : La Bulgarie s’attache à développer des coopérations de bon voisinage avec la Turquie (notamment en matière de contrôle des frontières, dans le contexte de la crise migratoire). Cependant, dans un pays où le souvenir de l’occupation ottomane pluriséculaire reste vivace, les interactions entre Ankara et les partis représentant la minorité turcophone de Bulgarie (environ 11% de la population) sont scrutées avec attention et peuvent donner lieu à des tensions diplomatiques sporadiques.

Balkans occidentaux : La Bulgarie soutient la perspective européenne des pays des Balkans occidentaux et voit dans l’élargissement de l’UE à cette région un levier de stabilisation de l’Europe du sud-est. Afin de souligner l’importance dans cette perspective des relations de bon voisinage et de coopération régionale, la Bulgarie a signé en août 2017 un accord d’amitié, de bon voisinage et de coopération avec l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM). Cet accord marque la volonté de rétablir un dialogue de confiance entre ces deux pays très proches historiquement, culturellement et linguistiquement.

OTAN : La Bulgarie, dotée d’une armée de taille et de budget modestes (1,35% du PIB en 2016), considère l’OTAN, à laquelle elle a adhéré en 2004, comme la garantie première de sa sécurité. Elle accueille depuis septembre 2015 des éléments avancés de commandement et de contrôle (NFIU).

Mise à jour : 05.09.17

Informations complémentaires

PLAN DU SITE