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Présentation de la Bulgarie

Présentation

Données générales

Nom officiel : République de Bulgarie
Président de la République : M. Rossen Plevnéliev
Premier ministre : M. Boïko Borissov

Données géographiques

Superficie : 110.910 km²
Capitale : Sofia, 1 208 000 habitants
Principales autres villes : Plovdiv (338 000), Varna (335 000), Bourgas (199 000), Roussé (149 000), Stara Zagora (137 000), Pléven (106 000), Sliven (91 000), Dobritch (90 000)
Langue officielle : bulgare
Monnaie : lev (1 lev = 0,511 €)
Fête nationale : le 3 mars

Données démographiques

Population : 7,25 millions (1992 : 8,5 millions)
Taux d’accroissement global de la population : - 0,54%
Espérance de vie : 73 ans
Taux d’alphabétisation : 98 %
Religions : orthodoxes (env. 80 %), musulmans (env. 15 %), protestants (env. 2 %), catholiques (env. 1 %)
Indice de développement humain (2013) : 0,77 (58e rang mondial).
Groupes ethno-culturels (estimations) : Slavo-Bulgares 78 %, Turcs 10 %, Roms 10 %
Groupes religieux (estimations) : orthodoxes env. 80 %, musulmans 12 à 15 %, protestants 2 %, catholiques 1 %
Indice de développement humain (Classement ONU 2014) : 0,782 – 59ème rang

Données économiques (chiffres pour 2015)

PIB : 44,1 Mds € (prévision 2016 : 45,1 Mds €)
PIB/hab : 6 115 €
Taux de croissance : 3 % (prévision 2016 : 2 %)
Taux de chômage : 9,2 %
Taux d’inflation : -1,1 %
Déficit budgétaire : 2,1 % (prévision 2016 : 2 %)
Dette publique : 26,7 %

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • primaire : 5,3 %
  • secondaire : 27,2%
  • tertiaire : 67,6 %

Echanges franco-bulgares : 1 781 M €
Solde déficitaire de 253 M € (au détriment de la France)
Exportations françaises vers la Bulgarie : 764 M €, soit 3,1 % de parts de marché (11e fournisseur de la Bulgarie)
Importations françaises de Bulgarie : 1 017 M € (6e client de la Bulgarie)
Premiers clients : Allemagne (12,5 %), Italie (9,2 %), Turquie (8,5 %), Roumanie (8,2 %), Grèce (6,5 %), France (4,2 %)
Premiers fournisseurs : Allemagne (12,9 %), Russie (12 %), Italie (7,6 %), Roumanie (6,8 %), Turquie (5,7 %), Grèce (4,8 %)

Flux d’IDE sortant de France (chiffres 2014) : -364 M €
Stock d’IDE détenus par la France : 586 M €

Consulat de France : Sofia (consulats honoraires à Varna et Plovdiv)
Communauté française en Bulgarie : 1 127 enregistrés (+ estimation d’environ 200 non-enregistrés)

La Bulgarie et l’UE

Fonds européens mis à disposition sur la période 2014-2020 : 15,1 Mds € dont

  • 7,6 Mds € pour les fonds structurels et de cohésion
  • 7,5 Mds € pour la PAC

Nombre de députés au Parlement européen : 18
Nombre de voix au Conseil (pondération, Traité de Nice) : 2,9 %
Nombre de voix au Conseil (critère démographique, Traité de Lisbonne) : 1,55 % (-1,3 %)
Commissaire européen : Kristalina Gueorguieva (Vice-présidente, en charge du Budget et des Relations humaines).

Politique intérieure

Alors qu’elle avait bénéficié d’une relative stabilité politique depuis 1997, marquée par des alternances régulières de l’exécutif à intervalles de quatre ans, la Bulgarie connaît une certaine instabilité gouvernementale depuis février 2013 et la démission du premier gouvernement de Boïko Borissov (centre-droit), confronté à d’amples mouvements sociaux. Bien qu’arrivé en tête aux élections législatives anticipées de mai 2013, son parti, le GuERB (Citoyens unis pour le Développement de la Bulgarie), n’était pas parvenu à réunir de majorité parlementaire et avait dû se résoudre à laisser le Parti socialiste bulgare (PSB) former un gouvernement avec le Mouvement pour les Droits et les Libertés (MDL, représentant les intérêts de la minorité turcophone), avec le soutien tacite du parti d’extrême-droite Ataka. Ce gouvernement, conduit par Plamen Orécharski, avait dû très rapidement faire face, à son tour, à des mouvements de contestation et s’était retiré un an plus tard, après la lourde défaite du PSB aux élections européennes de mai 2014. Un gouvernement provisoire, conduit par Gueorgui Bliznachki, avait été formé le 5 août 2014 pour gérer les affaires courantes jusqu’à la tenue d’élections législatives anticipées.

A l’issue de ce scrutin, tenu le 5 octobre 2014, le GuERB est à nouveau arrivé en tête, quoiqu’avec un score légèrement inférieur à celui de mai 2013 (84 sièges obtenus au lieu de 97) qui ne lui permettait pas d’obtenir la majorité parlementaire (120 sièges) en s’alliant avec le seul Bloc réformateur (coalition de petites formations de centre-droit), perçu comme son allié naturel. Devant le refus du PSB d’entrer avec lui en « grande coalition », et ne souhaitant pas faire alliance avec le MDL, dont il critiquait le caractère affairiste, le GuERB s’est alors vu contraint de s’engager dans des négociations ardues avec plusieurs formations mineures aux intérêts souvent divergents. Au terme d’un mois de tractations, Boïko Borissov a finalement pu être investi le 7 novembre 2014 à la tête d’un gouvernement minoritaire regroupant, autour du GuERB, le Bloc réformateur et l’Alliance pour la Renaissance bulgare (ABC, dissidence du PSB, dirigée par l’ancien Président de la République Gueorgui Parvanov) et bénéficiant, au sein du Parlement, du soutien en voix du Front patriotique (coalition de deux petits partis nationalistes eurosceptiques).

Malgré la complexité du schéma retenu (seul le GuERB a conclu un faisceau d’accords avec ses différents partenaires, lesquels se sont refusés à toute relation formelle entre eux), et en dépit de quelques accrocs, ce second gouvernement Borissov est parvenu à une certaine stabilité au cours de sa première année d’exercice. Les élections municipales des 25 octobre et 1er novembre 2015 n’ont pas remis en cause l’équilibre des forces résultant des législatives d’octobre 2014. Le GuERB, qui a remporté les trois quarts des 27 capitales régionales, a notamment confirmé sa position de premier parti de Bulgarie. Quant au Bloc réformateur, il a réalisé un score honorable dans un scrutin qui ne lui était a priori pas favorable.

Les autorités restent cependant confrontées à de grands défis pour mener à bien un nécessaire programme de réformes devant conforter la convergence européenne de la Bulgarie. Ainsi, après avoir adopté une stratégie anti-corruption au printemps 2015 et mis en place diverses instances en la matière, le gouvernement a échoué le 2 septembre 2015 à réunir la majorité nécessaire à l’adoption d’un projet de loi relatif à la lutte contre la corruption à haut niveau (qui prévoyait notamment une obligation de déclaration du patrimoine des élus). Malgré une première validation en commission parlementaire, à l’été 2015, le projet de révision constitutionnelle, préalable à une réforme attendue du système judiciaire, a pris du retard, puis a été fortement amendé par les parlementaires, provoquant le 9 décembre 2015 la démission du ministre de la Justice, le réformateur Christo Ivanov, et des manifestations de juges, qui estimaient que la réforme perdait de sa portée.

Malgré des dissensions internes à ce sujet, le Bloc réformateur a fait le choix de maintenir sa coalition avec le GuERB, mais une dizaine de ses parlementaires ont retiré à titre individuel leur soutien au gouvernement, réduisant ainsi son assise à l’assemblée nationale. Dans ce contexte, la décision du parti ABC de rejoindre l’opposition le 15 mai 2016 a fait perdre au gouvernement Borissov sa courte majorité au parlement et a ouvert une période d’incertitude, qui contraindra l’exécutif à rechercher des majorités de circonstance pour poursuivre son action.

Prochaines échéances électorales : élections présidentielles en octobre 2016, législatives à l’automne 2018, municipales à l’automne 2019.

Président de la République : M. Rossen Plevnéliev (élu le 30 octobre 2011, a pris ses fonctions le 22 janvier 2012).

Vice-présidente : Mme Margarita Popova.

Equilibre institutionnel

La Constitution adoptée en juillet 1991, lors de la « transition démocratique », a institué en Bulgarie une république de type parlementaire. Bien qu’élu au suffrage universel direct, le président de la République, élu pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois, a des prérogatives limitées par rapport à celles du Premier ministre. Le Président promulgue les lois et dispose d’un droit de veto suspensif (si les députés approuvent une seconde fois le texte à la majorité absolue, il doit être promulgué). Il est commandant en chef des forces armées. Il est assisté dans ses fonctions par un vice-président élu en tandem avec lui. Le Premier ministre préside le Conseil des ministres et dirige le gouvernement. Celui-ci est responsable devant le Parlement.

Les minorités en Bulgarie

- La minorité rom, la plus nombreuse, est aussi la moins bien intégrée.

La Bulgarie est peut-être le pays qui compte le plus fort pourcentage de citoyens d’origine rom dans le monde par rapport à la population totale (environ 10 %, soit 750 000 personnes). Les estimations restent approximatives (certains citoyens bulgares de culture rom et de langue turque pouvant se déclarer soit « Bulgares », soit « Roms », soit « Turcs »). Beaucoup vivent en périphérie des grandes villes, dans des quartiers aux conditions de vie particulièrement dégradées : logements insalubres, peu ou pas d’eau courante, absence fréquente de services sociaux.

- Les minorités musulmanes, principalement turcophones, sont captées politiquement par le Mouvement des Droits et des Libertés (MDL)

Les Bulgares ont vécu, depuis l’Empire ottoman, dans un environnement multiculturel et pluriconfessionnel, mais la fondation de l’Etat bulgare moderne s’est faite sur une base en partie religieuse et antimusulmane. Des tentatives d’assimilation forcée ont également eu lieu pendant la période communiste.

La Bulgarie est aujourd’hui l’État membre de l’Union européenne qui compte, en proportion, le plus grand nombre de citoyens de confession musulmane (environ 15% de la population). Les musulmans bulgares sont majoritairement turcophones, mais comprennent également des Pomaks (slaves islamisés) et des Roms. Il s’agit d’une population assez disparate géographiquement et économiquement, au point qu’il est difficile de parler de communauté. La population musulmane cohabite de façon pacifique avec la majorité chrétienne, même si les préjugés sont nombreux et les mélanges interethniques restent rares. L’islam balkanique pratiqué en Bulgarie est peu perméable aux influences fondamentalistes, à l’exception de quelques villages. Politiquement, la communauté turcophone est représentée par le Mouvement des droits et des libertés (MDL), actuellement la troisième force politique du pays (dans l’opposition depuis les dernières élections législatives, mais apportant occasionnellement son soutien au gouvernement).

Après 23 ans à la tête du MDL, son fondateur, Ahmed Dogan, conserve une forte influence sur le parti, bien qu’il en ait cédé la présidence, début 2013, à son ancien numéro deux, Lioutvi Mestan. Il est ainsi à l’origine de l’éviction en décembre 2015 de ce dernier, remplacé par le député Moustafa Karadaya lors de la conférence nationale du parti du 24 avril 2016.

Situation économique

Agissant dans un cadre contraint (régime de parité fixe depuis le 1er juillet 1997, d’abord avec le deutschemark puis avec l’euro), le gouvernement s’attache à respecter les critères de convergence en vue d’une future adhésion à l’euro, et parvient en général à conserver de bons indicateurs budgétaires. Si l’on a observé un relâchement de cette discipline budgétaire en 2014 (avec un déficit public passé de 0,4% à 5,4% du PIB et une dette de 17,1% à 27%), les autorités bulgares sont revenues en 2015 à leur traditionnelle discipline budgétaire (déficit de 2,1%), qui devrait maintenir la dette publique en dessous des 30% au cours des prochaines années.

Avec un taux de croissance de 3%, l’économie bulgare a connu en 2015 une embellie, soutenue par les exportations et une meilleure consommation des fonds structurels, qui semble l’avoir fait sortir du cycle de croissance limitée (comprise entre 0,4% et 1,8%) qu’elle connaissait depuis la récession de 2009 (-5,5%). Les prévisions pour 2016 et 2017 tablent sur une croissance égale ou supérieure à 2%. L’un des enjeux pour le pays reste de mener à bien le processus de rattrapage qu’il a entamé par rapport à ses partenaires européens : son PIB par habitant demeure le plus faible de l’UE, même si, calculé en parité de pouvoir d’achat, il est passé de 32 % de la moyenne européenne (UE 28) en 2002 à 46 % en 2015. Le chômage, qui avait dépassé la barre des 10% après la récession (alors qu’il n’était que de 5,6% en 2008), a entamé une décrue (9,2% en 2015), dans un contexte cependant de vieillissement de la population et d’une forte émigration des jeunes.

De plus, le pays a connu une crise bancaire en juin 2014, marquée par des retraits massifs de liquidités (« bank run ») au sein de la FIB et de la KTB, respectivement 3ème et 4ème banques du pays, ce qui a fait craindre une déstabilisation du système bancaire local (les deux banques représentaient à l’époque 18% des actifs du secteur). Une aide d’Etat d’1,7 Md €, autorisée par la Commission européenne, a permis de fournir des liquidités et de rétablir le fonctionnement normal de la FIB, mais la KTB, placée sous surveillance spéciale, a dû faire faillite après le retrait de son agrément début novembre 2014 (les rapports de surveillance avaient révélé un déficit de près de 2 Mds € dans ses comptes). Les failles dans son système de supervision bancaire ont conduit la Bulgarie à manifester un intérêt nouveau pour l’Union bancaire. Aucune demande officielle de participation n’a encore été faite à ce stade, mais la Banque nationale bulgare (BNB) compte s’y préparer en faisant réaliser d’ici fin juillet 2016 un audit indépendant des actifs des banques présentes dans le pays, puis une évaluation du secteur financier. La BNB a également adopté en octobre 2015 une série de réformes visant à améliorer la surveillance bancaire, en conformité avec les principes de Bâle III.

Situation énergétique bulgare

Mix énergétique

  • charbon : 36,5 %,
  • nucléaire : 21,5 %
  • gaz naturel : 13 %
  • pétrole et produits pétroliers : 20,5 %
  • renouvelables : 8,5 %

Taux de dépendance énergétique (Eurostat 2012) : 36,1%
Moyenne UE : 53,4%

La Bulgarie dispose d’un mix énergétique relativement équilibré basé sur des sources d’énergie diverses et est moins dépendante énergétiquement que la moyenne des Etats membres (36,1% contre 53,4%). Elle est exportatrice nette d’électricité (principalement vers la Grèce, la Roumanie et la Serbie), mais se distingue par de très mauvaises performances en matière d’efficacité énergétique (son intensité énergétique est ainsi 4 fois et demi supérieure à l’intensité moyenne des Vingt-huit).

Le secteur énergétique bulgare reste très lié à Moscou : plus de 50 % du charbon utilisé dans les centrales à lignite bulgares est importé de Russie, de même que la totalité du combustible nucléaire alimentant les deux réacteurs VVER-1000 en activité de la centrale de Kozloduy. Sofia importe par ailleurs de Russie 84 % de son gaz naturel et 95 % de son pétrole brut (pour l’unique raffinerie du pays, propriété de la société russe Loukoil depuis 2000).

Les autorités bulgares ont confirmé le choix du nucléaire, qui compte pour 36% de la production nationale d’électricité. Si le projet de construction d’une deuxième centrale à Béléné (attribué en 2006 à l’entreprise russe Atomstroyexport, en association avec Areva pour le système de contrôle-commande) a été officiellement abandonné en mars 2012, les autorités bulgares veulent procéder à l’extension de la durée de vie des tranches 5 et 6 de Kozloduy et se sont rapprochées du groupe Toshiba-Westinghouse pour la fabrication d’un septième réacteur (K7). La question du financement de ce dernier projet reste pendante, mais l’hypothèse d’une ouverture à des capitaux chinois est désormais évoquée.

La Bulgarie était associée au projet de gazoduc russe South Stream, lancé officiellement sur son territoire en octobre 2013. Toutefois, pour se conformer à la réglementation européenne, elle a dû suspendre à l’été 2014 les travaux liés à ce projet. Prenant prétexte de ce gel temporaire, le Président Poutine a décidé en décembre 2014 l’abandon de South Stream et tenté d’en faire porter la responsabilité aux autorités de Sofia. Depuis, le gouvernement Borissov II tente de proposer un projet alternatif de « hub gazier » bulgare, dont les contours restent encore à définir.

Politique étrangère

Participation à la sécurité internationale
La Bulgarie donne une priorité marquée à son engagement au sein de l’OTAN, dont elle est devenue membre à part entière en avril 2004. La crise du Kosovo, puis le contexte post 11septembre ont donné l’occasion aux autorités bulgares de démontrer leur engagement aux côtés des Alliés. La Bulgarie se veut un allié loyal des États-Unis. Elle a ainsi participé à la coalition conduite par les États-Unis en Irak à partir de 2003. Toutefois, ses troupes ont quitté définitivement l’Irak le 15 décembre 2008. Membre de l’ISAF depuis 2002, la Bulgarie a régulièrement réitéré son engagement aux côtés de l’Afghanistan (jusqu’à 700 hommes dans le cadre de l’ISAF ; actuellement 109 hommes dans le cadre de la mission « Resolute Support »). Elle participe également à la KFOR (10 personnels déployés). Enfin, dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action pour la réactivité de l’Alliance, une des six unités d’intégration des forces de l’OTAN (NFIU) a été mise en place en Bulgarie début septembre 2015.

Parallèlement, Sofia fait preuve d’une ouverture croissante en faveur de la PSDC et participe à plusieurs missions et opérations, en particulier au Kosovo (56 personnels au sein d’EULEX), en Géorgie (14 personnels au sein de la MSUE), en Bosnie-Herzégovine (10 personnels au sein d’EUFOR Althéa), au Mali (4 personnels au sein d’EUTM Mali) et en Afghanistan (3 personnels au sein d’EUPOL). La Bulgarie a par ailleurs participé au Groupement tactique d’alerte au premier semestre 2014 (avec la Grèce, Chypre et la Roumanie). Disposant d’une industrie de défense essentiellement spécialisée dans les armements de petit calibre et les munitions, les pistes de coopération avec l’Agence européenne de Défense (AED) sont plus modestes.

Politique régionale

La Bulgarie a un intérêt affirmé pour la stabilisation de l’Europe du sud-est, dont elle espère retirer des retombées économiques et commerciales (participation à des projets d’infrastructures régionales notamment). Elle souhaite jouer un rôle politique actif et modérateur, notamment dans les enceintes multilatérales régionales. Elle a ainsi développé une politique de bon voisinage avec la Grèce, la Turquie et la Roumanie, et elle soutient la perspective européenne des pays des Balkans occidentaux, tout en émettant des réserves s’agissant de l’ancienne République yougoslave de Macédoine (cf. infra). A la différence de ses voisines roumaine et grecque, elle a reconnu l’indépendance du Kosovo un mois après sa déclaration d’indépendance.

Sofia participe aux travaux des enceintes régionales à vocation politique (processus de coopération de l’Europe du sud-est), militaire (cycle de réunion des ministres de la Défense du sud-est de l’Europe, forces multinationales pour la paix dans le sud-est de l’Europe) et économique (corridor de transports TRACECA devant relier l’Asie centrale à l’Europe via le Caucase, Coopération économique de la mer Noire, Commission du Danube), ainsi qu’au Conseil de coopération régionale (CCR, anciennement Pacte de Stabilité pour l’Europe du sud-est).

La Bulgarie a signé en 2010 avec la Grèce un accord prévoyant des missions de police aérienne conjointe (air policing), complété par un arrangement technique conclu en mars 2014. Un accord similaire a été signé avec la Roumanie en 2012 et un autre serait envisagé avec la Turquie. Ces accords bilatéraux font partie des initiatives régionales de défense de l’espace aérien de l’OTAN et sont présentés par la Bulgarie comme des modèles d’approche régionale de développement des capacités de défense. Dans le contexte actuel de tensions régionales avec la Russie, ces missions de police aérienne ont un intérêt particulier pour Sofia, dont les moyens aériens propres, composés d’appareils anciens de technologie russe, apparaissent limités.

Sofia développe en outre des coopérations avec ses voisins dans des formats trilatéraux : troïka de Craiova (avec la Roumanie et la Serbie) visant à soutenir l’intégration européenne de Belgrade et à promouvoir des projets énergétiques et de transport ; coopération avec Athènes et Ankara sur des projets gaziers ou sur les questions migratoires (accord du 25 mai 2015, prévoyant la création en Bulgarie d’un centre de coopération policière et douanière tripartite et la mise en place de patrouilles communes dans les zones frontalières).

Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM)

La Bulgarie et l’ARYM entretiennent des relations compliquées par une histoire et une identité culturelle et linguistique partagées, à l’origine de tensions récurrentes.

Dès 1992, la Bulgarie a été le premier pays à reconnaître la République de Macédoine et a soutenu la candidature de son voisin à l’Union européenne et à l’OTAN, abandonnant de fait toute revendication territoriale, et espérant ainsi jouer un rôle central de stabilité dans les Balkans. Le 22 février 1999, les premiers ministres macédonien et bulgare ont signé une déclaration d’amitié censée poser les jalons d’une relation durable de bon voisinage.

Le renforcement récent de la construction nationale macédonienne a toutefois ravivé les irritants bilatéraux avec la Bulgarie, entraînant une dégradation des relations entre les deux pays. Les Bulgares, qui ne reconnaissent pas l’existence d’une langue macédonienne (qu’ils considèrent comme une variante dialectale du bulgare), dénoncent une réécriture par Skopje de l’histoire commune et une appropriation par les Macédoniens de faits historiques partagés. Pour apaiser ces tensions, le Conseil européen de décembre 2012 a engagé les deux pays à travailler à un traité d’amitié. Des discussions ont lieu depuis lors entre les deux gouvernements mais n’ont pas abouti à ce stade.

Tout en affirmant leur soutien de principe à la candidature de l’ARYM à l’Union européenne, les autorités bulgares insistent, comme leurs homologues grecques, sur la nécessité de parvenir au préalable à un accord entre voisins.

Russie et sécurité énergétique

La relation de la Bulgarie avec la Russie est traditionnellement étroite et perçue de manière positive par une part significative de la population bulgare (laquelle, sensible à la proximité linguistique et religieuse des deux pays, entretient notamment le souvenir du rôle joué au XIXe siècle par le tsar russe Alexandre II pour libérer la Bulgarie du « joug ottoman »).

La Russie est un partenaire économique de poids dont les investisseurs sont très présents dans l’économie bulgare (ils représentent 4,3% du PIB bulgare, Lukoil étant la plus importante société étrangère implantée en Bulgarie). Le gouvernement Stanichev (2005-2009), dominé par le parti socialiste ex-communiste, avait développé des relations de grande proximité avec le Kremlin et relancé plusieurs projets énergétiques, regroupés communément sous le vocable de « grand chelem » : construction d’une nouvelle centrale nucléaire de technologie russe à Béléné ; construction d’un oléoduc reliant le port bulgare de Bourgas (sur la mer Noire) au port grec d’Alexandroupolis (sur la mer Egée) en contournement des détroits turcs ; construction du gazoduc South Stream, destiné à approvisionner l’Europe en contournement de l’Ukraine.

Le premier gouvernement de Boris Borissov (2009-2013) a cependant pris ses distances avec Moscou et a renoncé en 2011 et 2012 aux projets de Bourgas-Alexandroupolis et de Béléné, tout en signant un accord permettant la construction sur le territoire bulgare d’un tronçon du gazoduc Southstream (moyennant une renégociation avantageuse des tarifs du gaz russe livré à Sofia). Toutefois, afin de se conformer à la réglementation européenne, le gouvernement Bliznachki (août-octobre 2014) a dû suspendre les travaux liés à ce projet, causant l’irritation de Moscou, qui a finalement décidé en décembre 2014 d’abandonner South Stream. Concernant le projet de Béléné, Moscou a lancé une procédure d’arbitrage qui a débouché en juin 2016 sur une condamnation de Sofia, limitée cependant au dédommagement du coût de l’équipement déjà réalisé (550 M€, au lieu des 1,2 Md € initialement demandés).

Mise à jour : 21.06.16

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