Présentation de la Bosnie-Herzégovine

Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : Bosna i Hercegovina/Босна и Херцеговина (Bosnie-Herzégovine)
Nature du régime : parlementaire décentralisé comprenant un Etat central, deux entités (Fédération de Bosnie Herzégovine – composée de 10 cantons - et Republika Srpska) et le district de Brcko.
Chef de l’Etat : Présidence collégiale composée de Bakir Izetbegovic (bosniaque), Mladen Ivanic (bosno-serbe) et Dragan Covic (bosno-croate).
Dragan Covic préside la Présidence pour 8 mois à compter du 17 juillet 2017.
Chef du gouvernement : Denis Zvizdic, président du conseil des ministres

Données géographiques

Superficie : 51 209km2
Capitale : Sarajevo (environ 460 000 habitants)
Villes principales : Banja Luka, Zenica, Tuzla, Mostar, Prijedor
Langues officielles : bosnien, croate, serbe
Monnaie : mark convertible (KM) 1€ = 1,96KM
Fête nationale : non définie au niveau central faute de consensus

Données démographiques

Population (recensement de 2013) : 3,53M
Densité : 68 habitants /km2
Croissance démographique (2016) : -0,14%
Espérance de vie (2016) : 76,7 ans
Taux d’alphabétisation (2015) : 98,5%
Religions : musulmans (50,7%), orthodoxes (30,7%), catholiques (15,2%)
Indice de développement humain (2015) : 0,750, en 81ème position

Données économiques

PIB (2016) : 15,8Md€
PIB par habitant (2016) : 4255€/hab
Croissance (2016) : 3,0%
Chômage (au sens du BIT) (2016) : 25,4 %
Inflation (2016) : -1,1%
Solde budgétaire (2016) : -0,4% (dette publique 44,4% du PIB)
Balance commerciale (2016) : -24%
Principaux clients : Allemagne, Italie
Principaux fournisseurs : Allemagne, Italie
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2016) :

  • agriculture : 7%
  • industrie : 27%
  • services : 66%

Exportations de la France vers la Bosnie-Herzégovine (2016) : 92,4M€ (+15,2% par rapport à 2015)
Importations françaises depuis la Bosnie-Herzégovine (2016) : 115M€ (+20,8% par rapport à 2015)

Plus d’informations sur le portail de la DG Trésor : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/Pays/bosnie-herzegovine

Composition du gouvernement

Président du conseil des ministres : Denis Zvizdic (SDA)

Ministre des Affaires étrangères – Igor Crnadak (PDP)
Ministre de la Sécurité – Dragan Mektić (SDS)
Ministre de la Défense – Marina Pendeš (HDZ-BiH)
Ministre des Finances – Vjekoslav Bevanda (HDZ-BiH)
Ministre de la Justice – Josip Grubeša (HDZ-BiH)
Ministre du Commerce extérieur et des Relations économiques – Mirko Šarović (SDS)
Ministre des Communications et des Transports – Ismir Jusko (SBB)
Ministre des Droits de l’homme et des Réfugiés – Semiha Borovac (SDA)
Ministre des Affaires civiles – Adil Osmanović (SDA)

  • Entités :

Fédération de Bosnie-Herzégovine (FBiH) :
Président : Marinko Cavara (HDZ-BiH)
Premier ministre : Fadil Novalic (SDA)

Republika Srpska (RS) :
Président : Milorad Dodik (SNSD)
Premier ministre : Zeljka Cvijanovic (SNSD)

Présence française

Site internet de l’ambassade : https://ba.ambafrance.org/
Consulats : Sarajevo
Communauté française : un peu plus de 400
Communauté bosnienne en France : 10 000 (environ 30 000 avec les binationaux)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

La Bosnie-Herzégovine (BiH) reste profondément marquée par le conflit intercommunautaire qui l’a frappé de 1992 à 1995. Les Accords de paix de Dayton-Paris ont permis la paix mais ont entériné la division du pays sur la base des anciennes lignes de front.

L’édifice institutionnel qui en découle est particulièrement complexe et les possibilités de blocage sont nombreuses. La Constitution, annexe IV des Accords de paix, accorde un rôle particulier aux trois peuples dits « constitutifs » : les Bosniaques (50% - musulmans), les Serbes (31% - orthodoxes) et les Croates (15% - catholiques). La Bosnie-Herzégovine est constitué de deux « Entités », représentant respectivement 49 % et 51 % du territoire : la Republika Srpska (RS), unitaire et centralisée, et la Fédération de Bosnie-Herzégovine (FBiH), fédération décentralisée de 10 Cantons. Enfin Brčko est un district à statut particulier. Chacune des deux Entités est dotée également d’une Constitution et dispose d’un exécutif (Président et gouvernement), d’un Parlement et d’un système judiciaire. Les Cantons de la Fédération de Bosnie-Herzégovine ont une Constitution et disposent d’un gouvernement et d’une assemblée. Cette architecture fait de la Bosnie-Herzégovine l’un des premiers pays du monde pour la densité institutionnelle (14 gouvernements, près de 180 ministres).

Les trois peuples éprouvent des difficultés à œuvrer en commun, ce qui ralentit le rapprochement de la Bosnie-Herzégovine vers l’Union européenne. Encore aujourd’hui, et alors que la situation sécuritaire est calme, les tensions politiques, la rhétorique nationaliste et la méfiance mutuelle demeurent. Des tensions politiques affectent la cohérence des coalitions au pouvoir à chaque niveau de gouvernement, et ainsi la capacité à conduire les réformes. Sur de nombreux textes clefs, il est souvent difficile de réunir une majorité.

La fin de l’année 2016 et le début de l’année 2017 ont été le théâtre d’une série de crises politiques En septembre 2016, la Republika Srpska a organisé un référendum contestant une décision de la Cour constitutionnelle de BiH invalidant un de ses jours fériés. Le scrutin a lui-même eu lieu en violation de sa suspension par la Cour et dans un contexte de tensions avec la communauté bosniaque. Les Etats-Unis ont placé sous sanctions le Président de Republika Srpska, M. Dodik. En outre, en février 2017 le membre bosniaque de la Présidence s’est engagé dans une demande de révision du jugement de la CIJ de 2007 dans l’affaire BiH/Serbie concernant la responsabilité pour le génocide de Srebrenica. Les Bosno-serbes ont dénoncé une initiative contournant le caractère collégial de la Présidence. La requête a finalement été rejetée par la CIJ faute de mandat valide du représentant bosnien. Enfin, des tensions opposent Bosniaques et Bosno-croates au sujet de la réforme de la loi électorale, rendue nécessaire sur certains aspects par une décision de la Cour constitutionnelle centrale du 1er décembre 2016 (arrêt « Ljubic »). Les Bosno-croates promeuvent un projet, à ce stade, non consensuel.

Situation économique

Après un ralentissement en 2014 (+1,1 %) dû aux inondations, la reprise observée en 2015 avec une croissance de 3,2 % est confirmée en 2016 par une croissance de 3 %. Cette évolution positive s’explique notamment par la dynamique de la consommation des ménages, soutenue par le flux de remises des migrants et par une bonne tenue des exportations. Les prévisions de croissance du FMI sont de 3,2 % pour 2017. Les autorités locales sont plus optimistes et prévoient une croissance à 3,5 %. Le commerce extérieur de la Bosnie-Herzégovine reste structurellement déficitaire en raison de l’étroitesse de sa base productive et le taux de chômage demeure particulièrement élevé (25,4 % en 2016). S’y ajoute le départ de nombreux jeunes bosniens vers l’UE, flux qu’il est difficile de quantifier.

Politique étrangère

La Bosnie-Herzégovine mène une politique étrangère largement compliquée par ses divisions internes. La position du pays sur les principales questions sensibles doit être déterminée par la Présidence tripartite. En l’absence d’accord, le pays n’a pas de position définie (par exemple : reconnaissance du Kosovo, sanctions européennes contre la Russie). Un consensus se dégage toutefois en faveur de l’intégration européenne, mais les Bosniens sont partagés sur le rapprochement avec l’OTAN. Ainsi, les Bosno-serbes plaident pour un alignement sur Belgrade et donc, au moins à ce stade, y sont hostiles. La Bosnie-Herzégovine s’est toutefois vue accorder le MAP (membership action plan de l’OTAN) en 2010 mais celui-ci n’a pu être activé en raison de difficultés pour enregistrer les propriétés de la défense auprès de l’Etat central.

Mise à jour : 25.08.17

Informations complémentaires

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