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Présentation de l’Arabie Saoudite

Présentation

Données générales

Nom officiel : Royaume d’Arabie saoudite
Superficie : 2 253 000 km2
Population : 29, 3 millions selon l’OCDE en 2014 ; 29,2 millions (dont 9,4 millions d’étrangers) selon le Recensement saoudien 2010)
Capitale : Riyad
Villes principales : Djeddah, La Mecque, Médine, Dammam, Al Khobar, Dahran, Taïf, Tabouk.
Langue officielle : arabe
Monnaie : riyal saoudien - 1 SAR = 0,22 € (décembre 2014)
Journée nationale : 23 septembre (N.B : on parle de « journée nationale », le terme de fête étant réservé aux événements religieux de l’Aïd al Fitr et de l’Aïd el Adha – la journée nationale est officiellement fêtée depuis 2005

Croissance démographique annuelle : 2,9% en 2014 (source : Saudi Central Department of Statistics & Information, CDSI)
Taux d’urbanisation : 82 % - Densité : 146h/km2 en 2014 (source : CDSI)
Taux d’alphabétisation : 87% (source : UNICEF 2011)
Religion : islam
Indice de développement humain (Classement ONU) : 0,782 (57e sur 186 en 2014).

PIB : 727,3 Mds USD en 2014
PIB par habitant : 25 084,6 USD en 2014- 23 599,1 USD en 2013 (source : FMI)
Taux de croissance : 6,8 % en 2014 Taux de chômage (2014) : 5,5% (global) ; 12,1% (population saoudienne) (source :CDSI, repris par le FMI)
Taux d’inflation : : 2,86 % en 2014 Commerce extérieur (2014) : importations : 141,8 Mds USD / exportations : 388,4 Mds USD (source : OPEP)
Solde courant / PIB : 24,4 % en 2014 Dette publique : 3,6 % en 2014
Pétrole / réserves : 265,9 Mds barils, soit 15,9% des réserves mondiales (2ème rang derrière le Venezuela) (source : FMI)
Pétrole : production de 11,5 Mb/j en 2014, soit 13, 3% de la production mondiale (NB : Quota pour l’ensemble de l’OPEP : 30 Mb/j)
Revenus pétroliers : 41% du PIB en 2014, 87% du revenu des exportations et 91% des recettes budgétaires
Clients pétroliers : Asie (45%), Amérique du Nord (18%), Europe de l’Ouest (15%)

Situation politique intérieure

L’Arabie demeure une puissance financière et pétrolière incontournable qui doit cependant faire face à plusieurs défis internes :

- L’emploi de la jeunesse saoudienne. 75% des Saoudiens ont moins de trente ans (sur 29,2 millions d’habitants), un tiers des jeunes est au chômage et la plupart sont mal formés pour occuper des emplois qualifiés, surtout tenus par les expatriés. Le gouvernement devra créer plusieurs millions d’emplois durant les prochaines années pour offrir un travail aux 300 000 jeunes saoudiens qui arrivent chaque année sur le marché du travail.

- Des réformes difficiles à mener : le Roi Abdallah avait engagé des réformes dès le début de son règne en 2005. Il a rencontré de fortes résistances dans les milieux conservateurs et religieux, dans un pays où la contestation ne s’est pas développée lors des Printemps arabes et où le wahhabisme, conservateur et rigoriste, est un facteur de légitimation du pouvoir central. Il a cependant poursuivi avec détermination le processus de réforme, en témoigne l’entrée de trente femmes au Majlis (janvier 2013), l’élargissement des catégories d’emplois auxquelles elles peuvent prétendre et la modernisation du système éducatif.

- La menace terroriste a été ravivée par les derniers attentats revendiqués par Daech dans la province orientale (Koudeih le 22 mai, Dammam le 29 mai et Qatif le 16 octobre) et contre un centre des forces spéciales à Abha le 6 août. Par le passé, le Royaume a dû combattre, avec succès, l’organisation terroriste AQPA, particulièrement active dans les années 2003-2004. L’attentat suicide, en août 2009, contre le fils et adjoint de feu le prince Nayef, Mohammed Bin Nayef, qui est en première ligne dans la lutte anti-terroriste, avait marqué les esprits.

- Trois mois après son accession au trône (le 23 janvier 2015), le Roi Salman a pris une série de mesures qui assurent les intérêts de sa famille et de son clan, celui des Sudayris, en procédant d’une part à la désignation de Mohamed bin Nayef comme Prince héritier et chef du pôle sécuritaire et d’autre part à la promotion de son fils Mohamed bin Salman au rang de vice-Prince héritier, ministre de la Défense et responsable du pôle économique. Les autres clans ont été abaissés, comme en témoigne la mise à l’écart par le Roi des fils d’Abdallah Meshaal, gouverneur de la Mecque, et Turki, gouverneur de Riyad. Le même jour, Saoud Al-Faysal est remplacé à la tête du Ministère des Affaires étrangères par Adel A-Jobair, ambassadeur à Washington n’appartenant pas à la famille royale.

Ces nominations constituent une rupture dans les équilibres qui avaient prévalu jusqu’alors entre les différentes branches de la famille royale dans le partage du pouvoir. Après les Sultan, les Faysal et les Abdallah (à l’exception de Mitaeb) et Mouqrin sont écartés. Le pouvoir est plus que jamais centralisé entre les mains du roi Salman. Cette nouvelle donne conduit également au rajeunissement des responsables saoudiens et prépare le passage du pouvoir à la troisième génération de la famille régnante, celle des petits-fils du fondateur.

- Parmi les laissés pour compte figure la minorité chiite, (qui représente 15% de la population saoudienne, installée dans la province orientale, où se trouvent 80% des ressources pétrolières du pays) pour l’instant maintenue sous contrôle mais dont les éléments les plus jeunes pourraient se radicaliser dans le contexte des crises régionales.

Situation économique

L’Arabie saoudite possède 22,1% des réserves mondiales de pétrole (2ème rang à l’échelle mondiale ; 6ème rang pour le gaz naturel avec 4,4% des réserves). Le Royaume est, en 2012, le premier producteur mondial de pétrole, (avec 9,76 millions de barils/jour) et en est le premier exportateur (7,757 millions de barils/jour)(rapport OPEP 2012). Le secteur des hydrocarbures représente près de 50% du PIB (PIB total de 727,3 Md USD, soit le 19ème rang mondial), 85 % des recettes d’exportation et de l’ordre de 91% des revenus du budget de l’Etat. La part du secteur privé dans l’économie est minoritaire (le secteur pétrolier est public).

Le gouvernement saoudien a affiché sa volonté de réduire la dépendance de l’économie aux hydrocarbures avec l’objectif de porter la contribution de l’industrie au PIB à 20% en 2020. Le développement –en cours– du secteur pétrochimique s’appuie sur les avantages comparatifs du pays. Symbole de cette diversification énergétique, le gouvernement a décidé d’investir 100 Mds USD pour développer les énergies renouvelables et nucléaire en Arabie saoudite.

L’Arabie saoudite se situe au 22ème rang du classement Doing business de la Banque Mondiale, facteur favorable aux IDE. Ces derniers sont les plus importants des pays du Moyen-Orient (199 Mds USD en stock en 2012)(rapport CNUCED 2013), et la taille du marché intérieur (29,2 millions de personnes, dont 19,4 millions de Saoudiens) représente un atout, mais ils demeurent concentrés dans le secteur de l’énergie. Pour réussir la diversification, le pays devra alléger les contraintes pesant sur le marché du travail et sur le secteur privé qui ne représente que 35% du PIB (rapport SCDSI 2012).

Politique extérieure

Face aux désordres régionaux, en particulier au Yémen, et à l’enjeu du nucléaire iranien, Riyad se pose en acteur régional incontournable. Trois dossiers constituent la priorité de la politique étrangère du Royaume, active et pragmatique : le Yémen, le nucléaire iranien et la lutte contre Daech.

L’Iran et le dossier nucléaire, obsessions de l’Arabie saoudite :
L’accord trouvé à Vienne est une mauvaise nouvelle pour le Royaume. Riyad avait exprimé sans fard ses craintes d’un accord qui soit interprété par Téhéran comme un blanc-seing donné à la poursuite de son interventionnisme régional. On craint à Riyad un Iran toujours aussi peu coopératif, sorti de l’étau des sanctions et doté soudainement d’une immense manne financière.

Face au risque d’un « mauvais accord », les Saoudiens ont compté sur leur allié français, « le plus fiable », pour tenir bon dans la négociation – à cet égard les propos certes encourageants mais mesurés et exigeants du ministre sur l’accord de Vienne ont été appréciés ici. Riyad s’est par ailleurs engagé dans la constitution d’un « front sunnite », au-delà du CCEAG (cf. infra), avec l’Egypte et la Turquie en particulier, afin de contrebalancer une influence iranienne croissante.

Le respect de l’accord de Vienne sera observé à la loupe par le Royaume qui ne manquera pas de poser la question de confiance à ses partenaires occidentaux. Riyad considère par ailleurs que toute la politique iranienne dans la région revient à une politique de « pompier pyromane », qui ne peut en aucun cas contribuer à résoudre les conflits.

Avec l’opération « Restaurer l’espoir », la phase politique s’engage au Yémen et fait suite à une intervention militaire destinée à marquer un coup d’arrêt à l’influence iranienne
L’autre priorité accordée à la situation yéménite découle de la précédente. La crainte d’une influence iranienne installée au Yémen, à travers la rébellion houthiste, a poussé l’Arabie saoudite à intervenir militairement, à la tête d’une coalition de dix pays, dans le cadre de l’opération « Tempête décisive ». Le ministre des affaires étrangères Saoud-El-Faysal avait prévenu que le Royaume était prêt à des « frappes préventives » face à l’avancée des Houthistes vers Aden. La main du roi n’a pas tremblé et, après s’être assuré de la participation de neuf pays membres du CCEAG (sauf Oman) et alliés (Pakistan, Egypte, Maroc, Jordanie), ainsi que le soutien des Etats-Unis, Riyad a lancé des frappes aériennes sur des positions houthistes le 26 mars. L’opération s’est poursuivie sans faiblesse ni états d’âme jusqu’à l’annonce le 21 avril du début d’une nouvelle phase, plus politique, à travers l’opération « Restaurer l’espoir ».

L’arrivée de Salman et l’accélération de l’avancée des Houthistes, considérés par Riyad comme de simples suppôts de l’Iran, avec la prise de Sanaa notamment, avait sonné la mobilisation progressive du côté de Riyad. La stratégie saoudienne est claire : avant tout rééquilibrer les forces sur le terrain au détriment des Houthistes afin de faciliter ensuite une négociation politique plus équilibrée, sur la base des résultats du Dialogue national, de l’initiative du CCEAG et dans le cadre des Nations-Unies. L’adoption de la résolution 2216 du CSNU a constitué une grande victoire saoudienne, légitimant l’action de la coalition en faveur des autorités yéménites en place, et confortant l’appui de la communauté internationale et de la quasi-totalité des membres permanents (sauf la Russie qui s’est abstenue).

Les fortes réticences des parties à se réengager dans le dialogue, l’incertitude sur l’attitude des forces fidèles à l’ancien Président Saleh, et la faiblesse des forces politiques alternatives, ou leur exclusion a priori (AQPA), ne vont néanmoins pas faciliter l’objectif politique de Riyad. De plus, la dégradation de la situation humanitaire au Yémen du fait du conflit a poussé l’Arabie saoudite à faire un certain nombre de gestes et à promettre une aide de 274M$, première étape d’un probable engagement dans la reconstruction du pays.

La lutte contre Daech continue à mobiliser la diplomatie saoudienne
Le Royaume est engagé dans une lutte impitoyable contre Daech. Les autorités saoudiennes répètent à l’envi que toute forme d’extrémisme musulman doit être combattue. Riyad participe aux frappes de la coalition internationale en Irak contre ce mouvement. Une attaque terroriste attribuée à Daech, perpétrée à Arar le 4 janvier dernier, à la frontière saoudo-irakienne, qui avait tué trois officiers saoudiens, a marqué les esprits dans le Royaume.

Un engagement fort au Levant
Le Royaume s’est engagé très tôt dans la crise syrienne en faveur de l’opposition. Riyad mobilise fonds, aide humanitaire, matérielle et militaire en faveur des combattants de l’Armée syrienne libre et de la Coalition. Riyad souhaite sur le dossier syrien marcher sur ses deux pieds : éradication de Daech tout comme départ de Bachar Al Assad. La solution sera inévitablement politique mais est illusoire sans rétablissement de l’équilibre des forces sur le terrain et crédibilisation de l’opposition modérée. L’aide saoudienne à l’armée syrienne libre et à l’opposition modérée syrienne (y compris à travers de la formation en Arabie saoudite) en découle.

Au Liban, le Royaume s’est engagé pour assurer la stabilité et l’indépendance du pays. L’accord sur le Donas (aide à l’armée libanaise) constitue un signe emblématique de cet engagement fort pour construire un Liban souverain. La finalité est aussi de contrer l’influence du Hezbollah, et partant, de l’Iran.

Un soutien aux nouvelles autorités égyptiennes
L’arrivée au pouvoir de Sissi a donné le signal d’un rapprochement stratégique de l’Arabie saoudite avec l’Egypte. Le roi Abdallah avait déjà à l’esprit de construire la profondeur stratégique du Royaume à travers la relation avec le Caire. Salman poursuit et amplifie cette relation. Dans cette perspective, la suspicion du Royaume à l’égard des Frères musulmans ne disparaît pas, même si le pragmatisme politique saoudien ne rejettera pas a priori une participation de ces derniers à une solution politique en Syrie ou au Yémen (à la différence du Caire). Le soutien égyptien (notamment naval) à l’intervention au Yémen accroît un peu plus les liens entre les deux pays.

Une diplomatie religieuse influente
La présence des deux Lieux saints de l’Islam, véritable rente de situation, représente une grande responsabilité pour le Royaume. Les pèlerinages sont l’occasion d’attirer un nombre croissant de pèlerins et, parmi eux, de hautes personnalités musulmanes qui fréquentent ainsi régulièrement la terre saoudienne. L’Organisation de la Conférence islamique, basée à Djeddah, constituée de 57 pays, et dont le secrétaire général est saoudien, est un relais utile pour la diplomatie saoudienne.

Une nouvelle affirmation au sein du CCEAG
Riyad s’est engagé dans une consolidation du Conseil de Coopération des Etats Arabes du Golfe pour tenter d’en faire un instrument de cohésion régionale. L’Arabie en est le pivot et la principale puissance. L’organisation tente d’approfondir les liens politiques et économiques entre ses membres et d’établir un rapprochement sur le plan militaire. L’organisation a néanmoins été fragilisée par la crise récente entre le Qatar d’une part (accusé de soutenir l’islam politique), et l’Arabie, les EAU et Bahreïn, d’autre part.

Mise à jour : 20.10.15

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