Présentation de l’Arabie saoudite

Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : Royaume d’Arabie saoudite
Nature du régime : monarchie
Chef de l’Etat et du gouvernement : Sa Majesté le Roi Salman bin Abdulaziz Al Saoud, Gardien des deux lieux saints.

Données géographiques

Superficie : 2 253 000 km2
Capitale : Riyad
Villes principales : Djeddah, La Mecque, Médine, Dammam, Al Khobar, Dahran, Taïf, Tabouk.
Langue officielle : arabe
Langue courante : arabe
Monnaie : riyal saoudien - 1 SAR = 0,25 $ (avril 2017)
Fête nationale : 23 septembre (N.B : on parle de « journée nationale », le terme de fête étant réservé aux événements religieux de l’Aïd al Fitr et de l’Aïd el Adha – la journée nationale est officiellement fêtée depuis 2005)

Données démographiques

Population : 31,5 millions (Banque mondiale, 2015), dont plus de 30% de la population est étrangère (Conseil économique et social des Nations unies, 2015)
Densité : 56.6 personnes par km² (Banque Mondiale, 2015)

Croissance démographique : 1,46% (source : Saudi Central Department of Statistics & Information, CDSI)
Espérance de vie : 73 ans (hommes) et 76 ans (femmes)
Taux d’alphabétisation : 87% (source : UNICEF 2015)
Religion : Islam (population à majorité sunnite, existence d’une minorité chiite)
Indice de développement humain : 0,782 (57e sur 186 en 2015).

Données économiques

PIB : 753 milliards de dollars en 2015
PIB par habitant : 23 599 USD en 2015 (source : FMI)
Croissance : 6,8 % en 2015
Chômage (2015) : 5,5% (global), 12,1% (population saoudienne) (source : CDSI, repris par le FMI)
Inflation : 2,86 % en 2015
Solde budgétaire : 24,4 % en 2015
Balance commerciale : -32.482 milliards de dollars en 2015
Principaux clients (2015) : Chine (13,2%), Japon (10,9%), Etats-Unis (9,6%), Inde (9,6%), Corée du Sud (8,5%)
Principaux fournisseurs : Chine (13.9%), Etats-Unis (12.7%), Allemagne (7.1%), Corée du Sud (6.1%), Inde (4.5%), Japon (4.4%), Royaume-Uni (4.3%)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2015) :

  • agriculture : 2.4 %
  • industrie : 42.9 %
  • services : 54.7 %

Exportations de la France vers l’Arabie saoudite (2015) : 3,1 milliards d’euros
Importations françaises depuis l’Arabie saoudite (2015) : 5.2 milliards d’euros

http://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/arabie-saoudite

Composition du gouvernement

Président du conseil des Ministres : Sa majesté le Roi Salman bin Abdulaziz Al SAOUD, Gardien des deux lieux saints.

Vice-président du conseil des Ministres : Son altesse royale le Prince Mohamed bin NAYEF Bin Abdulaziz Al SAOUD, Prince héritier.

Deuxième Vice-président du conseil des Ministres : Son altesse royale le Prince Mohamed bin SALMAN, vice-Prince héritier.

Ministres

SAR le Prince Mohammed Bin Nayef Bin Abdulaziz AL SAOUD : vice-Premier ministre et ministre de l’intérieur

SAR le prince Mohammed Bin Salman Bin Abdulaziz AL SAOUD : Second vice-Premier ministre et ministre de la défense

SAR le Prince Mitaeb Bin Abdullah Bin Abdulaziz AL SAOUD : Ministre de la Garde nationale (Ministère créé en 2013)

Adel Al JUBEIR : Ministre des affaires étrangères

Docteur Walid AL SAMANI : Ministre de la justice

Cheikh Saleh AL ASHEIKH : Ministre des affaires islamiques, des biens morts, de la propagation de la foi et de l’orientation

Ali bin Nasser AL GHAFIS : Ministre du travail

Essam Bin SAEED : Ministre de la fonction publique

Docteur Ahmad Al ESSA : Ministre de l’éducation et de l’enseignement

Docteur Awwad AL AWAAD  : Ministre de la culture et de l’information

Docteur Majed AL KASSABI  : Ministre du commerce et de l’investissement

Khalid AL FALIH : Ministre du pétrole et des ressources minières

Mohammed ALJADAAN : Ministre des finances

Docteur Mohammad Bin Taher BENTEN  : Ministre du pèlerinage

Adel FAQUIEH : Ministre du plan et de l’économie

Docteur Majdi AL QASABI : Ministre des affaires sociales

Abdurrahman AL FADLI : Ministre de l’environnement, de l’eau et de l’agriculture

Suleiman ALHAMDAN : Ministre des transports

Abdullah AL SAWAHA : Ministre des communications et de la technologie des informations

Tawfil ALRABIA : Ministre de la santé

Majed AL HOGAIL : Ministre de l’habitat.

Abdullatif ALSHAIKH : Ministre des affaires municipales et rurales

Ministres d’Etat

SAR le Prince Abdulaziz Bin Fahd Bin Abdulaziz AL SAOUD : Ministre d’Etat et membre du conseil des ministres, Chef de cabinet du conseil des ministres

SAR le Prince Abdulaziz bin Salman : Ministre d’Etat (énergie- depuis avril 2017)

Docteur Abdulaziz Bin Abdallah AL KHOUWAITER : Ministre d’Etat

Docteur Moutlab Bin Abdallah AL-NAFISSA : Ministre d’Etat (membre du conseil des ministres)

Docteur Moussa’ed Bin Mohammed AL-EIBAN : Ministre d’Etat (membre du conseil des ministres)

Monsieur Abdallah Ahmad Youssef ZEINEL Ali REEZA : Ministre d’Etat (membre du conseil des ministres)

Docteur Saud bin Said AL-MET’HAMI : Ministre d’Etat (affaires de la Choura)

Docteur Nizar Obeid MADANI : Ministre d’Etat (affaires étrangères)

Présence française

Site internet de l’ambassade : https://sa.ambafrance.org/-Francais-
Consulat(s) : Consulat général à Djeddah, Consulat honoraire à Al Khobar
Communauté française : 6 252 Français

Éléments d’actualité

Histoire

Le royaume actuel, officiellement proclamé le 21 septembre 1932, est en fait le troisième État saoudien. Le premier est né de l’alliance, conclue vers 1745 dans une oasis du Najd, entre un chef tribal (Mohammed ibn Saoud) et un prédicateur islamiste (Mohammed ibn Abd al-Wahhab). Par ses conquêtes, le chef des Saoud est devenu maître de la plus grande partie de la péninsule tout en propageant l’islam tel que l’interprétait Abd al-Wahhab. L’histoire du second royaume est troublée par les ingérences ottomanes et britanniques au 19è siècle. C’est finalement Abdelaziz ibn Saoud qui parvient à reconquérir une grande partie de la péninsule Arabique, grâce au départ à l’appui de tribus bédouines (les Ikhwan), et fonde le troisième Etat saoudien.

La découverte du pétrole au milieu des années 1930 marque le début d’une alliance stratégique avec les Etats-Unis, concrétisée lors du pacte du Quincy en 1945. En échange d’un accès au pétrole, les Etats-Unis s’engagent à protéger militairement la dynastie saoudienne. L’Arabie saoudite est hostile au nationalisme arabe qui prospère dans les années 1950 et 1960, soutenu par l’URSS, ce qui renforce son alliance avec les Américains.

L’histoire de l’Arabie saoudite est étroitement liée au rôle qu’elle entend jouer dans l’islam, abritant les lieux saints de La Mecque et Médine. La révolution iranienne de 1979 a été vécue comme une onde de choc pour le Royaume, attaqué dans sa vocation de leadership musulman et la rivalité avec l’Iran explique désormais une grande partie de sa politique étrangère. L’occupation de la Grande mosquée de La Mecque en 1979, par un groupe d’extrémistes religieux saoudiens, a montré que la menace pour la dynastie pouvait aussi venir de l’intérieur.

Les frères du fondateur Abdelaziz se sont succédés au pouvoir depuis sa mort en 1953 : Saoud (1953-1964), Faisal (1964-1975), Khaled (1975-1982), Fahd (1982-2005) Abdallah (2005-2015) et Salman depuis 2015.

Politique intérieure

Immédiatement après son intronisation le 23 janvier 2015, le Roi Salman a réorganisé les pouvoirs en créant deux nouveaux organes de gouvernance : le conseil des affaires politiques et de sécurité, qu’il a placé sous la direction de Mohamed bin Nayef, prince héritier, ministre de l’intérieur, et le conseil des affaires économiques et de développement, présidé par Mohamed bin Salman, vice-prince héritier, ministre de la défense.

Face à une société en pleine évolution, les autorités saoudiennes ont lancé le 25 avril 2015 un vaste plan de réformes « Vision 2030 ». Le plan stratégique a plusieurs objectifs, notamment :

- créer de nouveaux emplois pour la jeunesse saoudienne. 75% des Saoudiens ont moins de trente ans (sur 31,5 millions d’habitants), un tiers des jeunes est au chômage et la plupart sont mal formés pour occuper des emplois qualifiés, surtout tenus par les expatriés. Le gouvernement devra créer plusieurs millions d’emplois durant les prochaines années pour offrir un travail aux 300 000 jeunes saoudiens qui arrivent chaque année sur le marché du travail.
- favoriser l’accès à la culture, aux sports et aux loisirs  : il s’agit notamment de valoriser l’héritage historique, culturel, arabe et islamique et de développer le tourisme, les loisirs et les divertissements.
- moderniser le système éducatif et universitaire, notamment par un changement de l’approche pédagogique

Le plan Vision 2030 s’inscrit dans la lignée de réformes déjà engagées par le roi Salman et son prédécesseur le roi Abdallah.

Sur le plan de la sécurité intérieure, la menace terroriste, reste forte : en 2016, plusieurs attentats ont été revendiqués par Daech, le dernier en date étant la vague d’attaques à Jeddah, Qatif et Médine le 4 juillet dernier. Daech a aujourd’hui largement supplanté Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA), très active dans les années 2000 dans le royaume.

Situation économique

Doté d’un PIB de 753 milliards de dollars et jouissant d’un niveau de vie par habitant relativement élevé (26 000USD/h, 30ème rang mondial juste derrière la Corée du Sud), le pays possède 22,1% des réserves mondiales de pétrole (2ème rang mondial) et 4,4 % des réserves de gaz (6ème rang mondial). Leader historique de l’organisation des pays exportateurs de pétrôle, le royaume est le premier producteur mondial de pétrole et le premier exportateur du cartel. Le secteur des hydrocarbures représente près de 50% du PIB, 85 % des recettes d’exportation et 90% des revenus du budget de l’Etat.

La situation économique du royaume s’est tendue depuis la chute des prix du pétrole, qui sont passés de 110 dollars en juin 2015 à près de 51 dollars aujourd’hui. Cela a pour effet de creuser le déficit budgétaire, qui s’élevait à 19,5% du PIB en 2015.

L’Arabie saoudite se situe au 82ème rang du classement Doing business de la Banque mondiale, qui recense les facteurs favorables aux investissements directs à l’étranger (IDE). Selon le Rapport sur les investissements mondiaux 2015 publié par la conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le pays est le troisième récipiendaire d’IDE de la région « Asie occidentale » après la Turquie et les Emirats arabes unis. En 2014, les flux d’IDE ont baissé de 9,6% par rapport à 2013, s’élevant à 8 milliards de dollars. La taille du marché intérieur (31,5 millions de personnes, dont environ 20 millions de Saoudiens) représente un atout, mais les investissements demeurent concentrés dans le secteur de l’énergie. Pour réussir la diversification, le pays entend alléger les contraintes pesant sur le marché du travail et sur le secteur privé qui ne représente que 30% du PIB.

Dans ce contexte, le plan de modernisation Vision 2030, porté par le vice-prince héritier Mohammed Ben Salman vise à promouvoir la bonne gouvernance (grâce à des indicateurs de performance de l’action publique), assainir les comptes publics (baisse des subventions, instauration de nouvelles taxes) et diversifier l’économie en stimulant le secteur privé et les investissements nationaux et étrangers, dans le but de réduire la dépendance aux hydrocarbures (le pétrole génère 90% du budget et 50% du PIB). Vision 2030 s’appuie sur trois plans d’actions quinquennaux dont le premier volet Programme de transformation nationale 2020, d’un montant de 63 milliards d’euros, prévoit de permettre au royaume de vivre sans pétrole à partir de 2020 en diversifiant son économie à travers la montée en puissance de divers secteurs-clés prioritaires nécessitant des investissements structurels importants en formation et transfert d’expertise.

Politique étrangère

Si la relation avec les Etats-Unis a structuré la politique étrangère saoudienne, celle-ci s’est aussi développée autour de son environnement proche (avec les pays du conseil de coopération des Etats arabes du Golfe - CCEAG), du monde arabe et du monde occidental.

Une amélioration en cours des relations américano-saoudiennes

L’alliance stratégique américano-saoudienne date de la découverte du pétrole dans les années 1930. Elle a été structurée depuis 1945 par le pacte du Quincy, renouvelé en 2005, selon lequel en échange d’un accès au pétrole, les Etats-Unis s’engagent à protéger militairement le royaume.

Depuis l’arrivée de l’administration Trump au pouvoir, les relations diplomatiques entre les deux pays ne cessent de se renforcer. Le vice-prince héritier, Mohammed ben Salman, s’est rendu à Washington le 16 mars. Le secrétaire américain à la défense, Jim Mattis, a été reçu à Riyad par le roi Salmane le 19 avril, où ont été évoqués les liens stratégiques dans le domaine de la défense. Enfin, le président américain Donald Trump s’est rendu à Riyad le 21 mai.

L’Iran et le dossier nucléaire, point central pour l’Arabie saoudite

L’Arabie saoudite considère comme une priorité l’arrêt du programme nucléaire militaire iranien. L’accord trouvé à Vienne le 14 juillet 2015 a été accueilli pour le royaume avec retenue. Riyad avait exprimé ses craintes que l’accord ne soit interprété par Téhéran comme un blanc-seing donné à la poursuite de son interventionnisme régional. Le risque serait, selon Riyad, que l’Iran, libéré des sanctions et désormais doté d’une importante manne financière, reste peu coopératif.

Le respect de l’accord de Vienne est observé avec attention par le royaume, qui considère par ailleurs que toute la politique iranienne dans la région revient à exacerber les tensions.

Les tensions entre les deux pays se sont ravivées en septembre 2016, à la suite des déclarations du guide suprême iranien et du président Rohani au sujet de la famille royale saoudienne, dénonçant les graves manquements dont s’était rendu coupable le royaume lors du mouvement de foule du pèlerinage de 2015, qui avait causé la mort de deux cents Iraniens. Une médiation entre les pays du CCEAG et l’Iran, lancée par le Koweït, a démarré début 2017.

Une nouvelle affirmation au sein du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCEAG)

Riyad s’est engagé dans une consolidation du CCEAG pour tenter d’en faire un instrument de cohésion régionale. L’Arabie en est le pivot et la principale puissance. L’organisation tente d’approfondir les liens politiques et économiques entre ses membres et d’établir un rapprochement sur le plan militaire. Un temps paralysée par des tensions internes en 2014, l’organisation régionale a tenté de renouer avec ses ambitions initiales et de renforcer son intégration. Toutefois, la rupture des relations diplomatiques le 5 juin 2017 entre l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn d’un coté avec le Qatar de l’autre, qui s’est traduite par l’une des plus importantes crises que le CCEAG ait à traverser, remet en question l’unité du conseil de coopération.

Le royaume poursuit son intervention au Yémen

A la suite de la prise de Sanaa en septembre 2014 par les rebelles houthis et de l’appel à l’aide du président Hadi en mars 2015, l’Arabie saoudite a décidé d’intervenir militairement le 26 mars 2015, à la tête d’une coalition de dix pays, dans le cadre de l’opération « Tempête décisive ». L’opération s’est poursuivie jusqu’à l’annonce le 21 avril du début d’une nouvelle phase, comprenant un volet politique, à travers l’opération « Restaurer l’espoir ». Deux ans après le début de l’intervention de la coalition, le conflit s’est enlisé. La coalition a lancé en janvier 2017 l’opération « Golden Spear », dans l’objectif de prendre le contrôle des villes de la côte ouest. Sur le plan diplomatique, les deux camps ne parviennent pas à s’entendre sur le séquençage des volets politique et militaire d’un accord et rejettent le plan de paix proposé par l’Envoyé spécial du secrétaire général des Nations inies, Ismaël Ould Cheikh Ahmed.

Une diplomatie religieuse influente

La présence des deux Lieux saints de l’islam représente une grande responsabilité pour le royaume. Près d’1,9 millions de pélerins ont effectué le grand pèlerinage à La Mecque en 2016, dont 18 000 venaient de France. Les pèlerinages sont l’occasion d’attirer un nombre croissant de pèlerins et, parmi eux, de hautes personnalités musulmanes qui fréquentent ainsi régulièrement le royaume saoudien.

L’organisation de la conférence islamique, basée à Djeddah, constituée de 57 pays, et dont le secrétaire général est saoudien, est un relais utile pour la diplomatie saoudienne.

L’Arabie saoudite est active dans la diffusion de sa vision de l’islam (doctrine wahhabite), notamment à travers la ligue islamique mondiale dont le siège est à Djeddah.

La lutte contre Daech continue à mobiliser la diplomatie saoudienne

Membre de la coalition internationale contre Daech depuis sa formation en août 2014, l’Arabie saoudite participe dans ce cadre, très ponctuellement, aux campagnes de frappes aériennes en Syrie. Par ailleurs, l’Arabie saoudite a annoncé le 15 décembre 2015 la création d’une coalition islamique, rassemblant une quarantaine de pays, destinée à combattre toute organisation terroriste par des opérations militaire, qui comprend notamment l’Egypte, la Turquie et le Pakistan.

Sur le plan intérieur, l’action des autorités saoudiennes en matière de lutte antiterroriste repose principalement sur une politique sécuritaire centrée sur le démantèlement des cellules terroristes et la surveillance des milieux radicaux et le renforcement de l’arsenal juridique (adoption en février 2014 d’une nouvelle législation durcissant les peines encourues par les individus qui apportent un concours à une organisation terroriste). Par ailleurs, les autorités saoudiennes mènent des campagnes de prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent, notamment via la mobilisation des écoles, des médias et des autorités religieuses, ainsi que des programmes de dé-radicalisation (création en 2007 d’un programme de réhabilitation des prisonniers condamnés pour faits de terrorisme à l’étranger).

Un engagement fort au Levant

En Syrie, le royaume continue à soutenir l’opposition modérée. Il considère que Bachar al Assad devra être écarté du pouvoir mais pourrait se montrer pragmatique sur les modalités. Auparavant très porté sur la solution militaire, le Royaume a fait évoluer sa position sur le dossier et considère désormais le soutien à l’opposition modérée comme une priorité, pour éviter la radicalisation de toute la Syrie. L’Arabie saoudite mène son action diplomatique sur le dossier en lien avec les affinitaires régionaux (Turquie, Emirats arabes unis, Qatar).

La relation entre le Liban et l’Arabie saoudite, portée par des intérêts croisés et une importante diaspora libanaise dans la région, a connu une dégradation notable dans les premiers mois de l’année 2016, sous le coup de la crise syrienne et de l’exacerbation des tensions irano-saoudiennes : arrêt de la mise en œuvre du contrat DONAS (4 milliards de dollars) ; désignation par la Ligue arabe du Hezbollah comme organisation terroriste. L’élection du président Aoun à la tête du Liban le 31 octobre 2016 a permis un redémarrage de la relation bilatérale, comme l’illustrent la visite de Michel Aoun en Arabie Saoudite en janvier 2017 et celle du vice-ministre saoudien pour les affaires du Golfe à Beyrouth le 9 février 2017.

Les relations entre l’Irak et le royaume sont également en cours de normalisation : la visite du ministre des affaires étrangères saoudien, Adel Jubeir, le 25 février 2017 à Bagdad et l’entretien entre le président Abadi et le roi Salman en marge du sommet de la ligue arabe à Amman fin mars , sont un signe de ce rapprochement. A la suite de la montée de l’influence iranienne dans le pays à partir de 2003, Riyad avait choisi de se désengager du dossier irakien.

Relations avec l’Egypte

L’arrivée au pouvoir du président Sissi avait donné le signal d’un rapprochement stratégique de l’Arabie saoudite avec l’Egypte, Riyad ayant pour objectif de stabiliser le pays le plus peuplé de la région et d’affaiblir durablement les Frères musulmans. Dès l’été 2013, l’Arabie s’est engagée à apporter un soutien financier à l’Egypte, formalisé lors de la visite au Caire du roi Salman en avril 2016, en contrepartie notamment d’un soutien naval égyptien à son intervention au Yémen. Les relations entre les deux pays se sont toutefois rapidement détériorées en octobre 2016, lorsque l’Arabie saoudite a suspendu ses livraisons de pétrole à l’Egypte. La crise s’est amplifiée en raison de l’affaire des îles de Tiran et Sanafir, qui devraient être rétrocédées à l’Arabie saoudite. Les tensions entre les deux pays semblent toutefois s’apaiser, comme l’illustre la rencontre entre le roi Salman et le président Sissi lors du dernier sommet de la ligue arabe en Jordanie, le 29 mars 2017.

L’Arabie saoudite soutient la reprise des négociations avec Israël

En dépit de l’état de guerre entre les deux pays depuis 1948, l’Arabie saoudite s’est abstenue de tout engagement armé dans les guerres israélo-arabes successives. La dynastie des Saoud a cherché à jouer un rôle de médiateur dans le conflit israélo-palestinien, depuis le plan Fahd (1981). Les autorités saoudiennes rappellent régulièrement à la reprise des négociations autour de l’initiative arabe de paix (2002) et ont participé à la conférence de Paris le 15 janvier 2017.

L’Arabie saoudite diversifie ses partenariats en se tournant vers l’Asie

La tournée du roi Salman de près d’un mois en Asie (Chine, Malaisie, Indonésie, Japon, Brunei, Maldives), en mars 2017, révèle la recherche de diversification des partenariats saoudiens. De nombreux accords de coopération et des promesses d’investissements ont été signés durant ces visites. Les relations sino-saoudiennes avaient déjà été érigées au niveau de « partenariat stratégique global » lors de la visite du président Xi Jinping en Arabie saoudite en janvier 2016, et l’Arabie saoudite est désormais intégrée au projet des « Routes de la soie ».

Mise à jour : 11.05.17

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