Accès rapide :

Présentation

Données générales

Nom officiel : République fédérale d’Allemagne
Nature du régime : démocratie parlementaire
Chef de l’Etat : M. Joachim Gauck
Chef du gouvernement : Mme Angela Merkel

Données géographiques

Superficie : 357 027 km²
Capitale : Berlin
Villes principales : Hambourg, Munich, Cologne, Francfort/Main, Stuttgart, Düsseldorf, Dortmund, Essen, Brême, Dresde, Leipzig, Hanovre, Nuremberg (66 villes allemandes de plus de 100 000 habitants).
Langue officielle : allemand
Monnaie : euro
Fête nationale : 3 octobre

Données démographiques

Population : 81,8 millions (2015)
Croissance de la population : + 0,8% (2015)
Taux de fécondité : 1,41 (2014)
Projections démographiques : 72,2 millions d’habitants (2030)
Espérance de vie à la naissance : 77 ans et 9 mois pour les hommes et 82ans et 10 mois pour les femmes (2014)
Religions : catholicisme (32,9 %), protestantisme (32,5 %), Islam (3 %), judaïsme (0,14%)
Indice de développement humain (classement ONU, 2012) : 5 ème rang

Données migratoires

Solde migratoire : + 1,4 million (2015)
Naturalisations (2014) : 108.420 (-3,5 %)
Origine des naturalisés (2014) : Turquie (20,7%) Pologne (5,5 %), Croatie (3,6%), Kosovo (3,2%), Italie (3,0%)
Population étrangère (2015) : 9,1 millions (11,1% de la population)
Origine des étrangers (2015) : Europe (6,8 millions) ; UE-28 (4,0 millions) ; Turquie (1,5 millions) ; Pologne (0,7 million)

Données économiques

PIB : 3.026,6 Mds€ (2015) PIB par habitant : 37.107 € (2015)
Taux de croissance (2014) : +1,7% (après +1,6 en 2014 et +0,4% en 2013) ; prévisions 2016 : +1,8%
Taux de chômage (2016) : 4,5% (après 5,0% en 2014)
Taux d’inflation (taux moyen sur 12 mois) : 0,1% (après 0,8% en 2014)
Solde budgétaire : +0,5% (2015)
Endettement public : 71,6% du PIB (2015) ; prévisions 2016 : 69,2%
Balance commerciale : 248 Mds€ (2015). Principaux clients (2015) : États-Unis (9,5%), France (8,6%), Royaume-Uni (7,5%), Pays-Bas (6,6%), Chine (5,9%), Italie et Autriche (4,8%).Principaux fournisseurs (2015) : Chine (9,7%), Pays-Bas (9,3%), Chine (9,7%), Pays-Bas (9,3%), France (7,1 %), Etats-Unis (6,3 %), Italie (5,3 %)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2014) :

  • agriculture : 0,9 %
  • industrie : 28,2 %
  • services : 72%

Exportations de la France vers l’Allemagne : 71,3 Mds€ (2015)
Importations françaises en provenance d’Allemagne : 86,5 Mds€ (2015)
Solde : - 15,2 Mds€ (2015)
Structure sectorielle des échanges (2015) :
Exportations françaises : matériels de transport (33,3%) ; équipements mécaniques, matériel électrique, électronique (19,0%) ; produits chimiques, parfums et cosmétiques (11,5%) ; produits métallurgiques et métalliques (8,1%)
Importations françaises : matériels de transport (33,1%) ; équipements mécaniques, matériel électrique, électronique (19,4%) ; produits chimiques (10,9%).

Consulats généraux de France : Düsseldorf, Francfort, Hambourg, Munich, Sarrebruck, Stuttgart
Communauté française en Allemagne : 160 000 personnes (décembre 2013)
Communauté allemande en France : 130 000 personnes (novembre 2012).

Politique intérieure

Les institutions politiques allemandes

La République fédérale d’Allemagne a été instaurée le 23 mai 1949 par l’adoption de la Loi fondamentale (Grundgesetz).

Les 16 Länder (Etats fédérés) qui la composent exercent des compétences propres (police, éducation, environnement, culture, administration). Les politiques sont mises en œuvre dans chaque Land par un Ministre-président et un gouvernement (Landesregierung) après avoir été votées par un parlement régional (Landtag). Les Länder sont représentés par le Bundesrat dans l’élaboration de la législation fédérale : ils assurent à tour de rôle la présidence de la chambre haute allemande, suivant un principe de rotation annuelle. Le 1er novembre 2016, la présidence du Bundesrat est ainsi revenue à Mme Malu Dreyer, ministre-présidente du Land de Rhénanie-Palatinat. Le Bundestag, issu d’élections législatives fédérales directes, exerce un rôle central dans la décision politique à travers le contrôle de l’action du gouvernement fédéral, du budget, des engagements internationaux et des forces armées. Le Bundestag est actuellement présidé par Norbert Lammert (CDU).

Héritage de l’histoire, les institutions de la RFA reflètent une culture de transparence démocratique et une volonté permanente d’encadrer l’usage de la force. La Cour constitutionnelle de Karlsruhe joue à cet égard un rôle majeur et croissant. La Bundeswehr est avant tout une « armée de citoyens en uniforme » qui reçoivent une formation éthique, juridique et politique. Son engagement sur des théâtres d’opération est structuré et défini par un mandat du Bundestag.

Les partis politiques allemands

La vie politique allemande est traditionnellement dominée par deux grands mouvements, la CDU-CSU (l’union démocrate-chrétienne de Mme Merkel et son alliée bavaroise, l’union sociale chrétienne) et le SPD (parti social-démocrate). L’opposition parlementaire est actuellement composée des Verts (Die Grünen – Bündnis 90, écologistes) et du parti de gauche radicale Die Linke. Le FDP (parti libéral) est régulièrement associé aux coalitions, au niveau fédéral et régional.

L’union chrétienne-démocrate (CDU) et son alliée bavaroise l’union chrétienne-sociale (CSU) constituent actuellement la première force politique d’Allemagne. Fondée en 1945 etmarquée par la personnalité de son premier président, Konrad Adenauer, elle a toujours été partisane de l’intégration européenne de l’Allemagne. Le choix, pour son programme politique, de l’économie sociale de marché (qui signifiait aussi le ralliement de la future RFA à l’Occident), fait en 1948 par Ludwig Erhard, a été déterminant dans l’histoire de ce parti qui se réfère aussi aux valeurs chrétiennes. Jusque la démission du chancelier Adenauer en 1963, la CDU-CSU domine largement le paysage politique. L’élection d’Helmut Kohl à la fonction de chancelier en 1982 conforte l’orientation de centre-droit libéral prise par celui qui restera au pouvoir jusqu’en 1998, et qui relèvera les défis posés par la réunification (fusion de la CDU avec son équivalent est-allemand, la CDUD, victoire aux premières élections communes à l’Allemagne réunifiée en 1990). Angela Merkel est présidente du parti depuis 2000, et au pouvoir depuis 2005 à la tête de différentes coalitions : avec le parti social-démocrate (format dit de « grande coalition ») de 2005 à 2009 et depuis 2013 ; avec le parti libéral (FDP) de 2009 à 2013. Les mandatures successives d’Angela Merkel ont été caractérisées par un recentrage de la CDU sur un certain nombre de sujets (sortie du nucléaire, transition énergétique, questions de société), au risque parfois de susciter des tensions avec la CSU et les franges plus conservatrices de la CDU.

Le parti social-démocrate (SPD) a été fondé en 1875 sous le nom de SAP puis renommé SPD en 1890. Reformé après la guerre, il refuse la fusion avec le KPD (parti communiste) en Allemagne de l’Ouest (contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne de l’Est en 1946, pour la constitution du SED). Principal parti d’opposition jusqu’en 1966 (il était partisan, pour l’Allemagne, d’une plus grande neutralité par rapport aux États-Unis, et contre toute forme de réarmement, tradition encore présente aujourd’hui), il entre dans un gouvernement de coalition en la personne de Willy Brandt, d’abord ministre des Affaires étrangères, puis, à partir de 1969, chancelier fédéral (en coalition avec la FDP). Les années 1970 sont notamment marquées par l’Ostpolitik conduite par Willy Brandt (visite à Varsovie en 1970, génuflexion devant le monument en hommage aux victimes du ghetto, rapprochement avec le Bloc de l’Est et la RDA déterminant pour la future Réunification) et par les deux mandats d’Helmut Schmidt à la chancellerie. Le parti, après 1982, est resté dans l’opposition jusqu’en 1998. Les deux mandats du chancelier Gerhard Schröder (1998-2002 puis 2002-2005), en coalition avec le parti écologiste, ont été marqués par l’engagement de l’armée allemande (pour la première fois depuis 1945), dans la guerre du Kosovo, et par les réformes sociales Hartz I à IV. Depuis 2005, le SPD a été associé à deux « grandes coalitions » (coalition du SPD avec la CDU/CSU), au sein desquelles il a pu défendre certains points de son programme politique (notamment l’introduction du salaire minimum en 2016, ainsi que l’harmonisation des salaires entre hommes et femmes).

Le parti libéral FDP a été fondé en 1948. Il défend des politiques combinant la défense des libertés fondamentales et du libre-échange avec certains éléments de l’État-providence allemand. Véritable « faiseur de roi » de la politique allemande, le FDP a été le partenaire junior de nombreux gouvernements depuis 1949, principalement de droite mais aussi de gauche. Hans-Dietrich Genscher a ainsi été ministre des Affaires étrangères sous le social-démocrate Helmut Schmidt puis sous le démocrate-chrétien Helmut Kohl. Obtenant traditionnellement entre 6% et 10% des voix, il a réalisé le meilleur score de son histoire lors des élections fédérales de 2009 (14.6% des voix). Formant une coalition gouvernementale avec la CDU-CSU, il n’a cessé de reculer par la suite N’ayant pas atteint le seul nécessaire des 5% lors des élections législatives de 2013, le parti n’est plus représenté au Bundestag depuis lors, et pour la première fois depuis 1949. . Selon les derniers sondages, le parti pourrait de nouveau faire son entrée au Bundestag à l’issue des élections législatives de septembre 2017.

Le parti des Verts a été fondé en 1980, sous l’influence de Joschka Fischer et de Daniel Cohn-Bendit, et a obtenu aussitôt ses premiers succès électoraux (entrée en Parlement du Bade-Wurtemberg la même année, puis au Bundestag en 1983 ; entrée, en coalition avec le FDP, au gouvernement fédéral de Hesse). Il s’est ensuite coalisé avec l’Alliance 90 (Bündnis 90), formée début 1990 par plusieurs mouvements citoyens et partis d’opposition en RDA en vue des premières élections libres. Entré au gouvernement fédéral en coalition avec le SPD en 1998, il a eu une influence déterminante dans la réforme du droit de la nationalité (introduction d’une forme de « droit du sol » en 2000). Le score historique (plus de 30% des votes) obtenu par les Verts lors des dernières élections régionales dans le Bade-Wurtemberg (13 mars 2016) a ouvert la voie à la première coalition régionale Verts - CDU dirigée par un Ministre-Président Vert (Winfried Kretschmann) avec un partenaire de coalition conservateur.

Die Linke est un parti récent, né en 2007 de la fusion de l’éphémère WASG (Travail et justice sociale, né en 2004 d’une scission avec le SPD en vue de constituer une alternative électorale) et du successeur du SED est-allemand, le PDS (Parti du socialisme démocratique). Après plusieurs succès électoraux, l’élection par le Parlement régional de Thuringe d’un Ministre-Président issu de ce parti (et à la tête d’une coalition inédite rouge-rouge-verte, entre Die Linke, le SPD et les Verts), a constitué une première pour le jeune parti, qui défend une politique économique alternative et le retrait militaire de l’Allemagne.

Le parti populiste Alternative pour l’Allemagne (Alternative für Deutschland / AfD), fondé en février 2013 par l’économiste Bernd Lucke, prône la sortie de l’euro, préconise une « débureaucratisation de l’Union Européenne » et défend des positions très conservatrices sur l’immigration, l’insécurité et les valeurs familiales (mais rejette toute étiquette de parti d’extrême-droite). Profitant notamment des échecs du FDP en 2013, l’AfD a confirmé lors des scrutins régionaux de 2015 (Saxe, Thuringe, Brandebourg, Hambourg et Brême) son ancrage dans le paysage politique allemand. Le parti a toutefois connu une scission en juillet 2015 entre son aile « libérale » et son aile « nationale-conservatrice », représentée notamment par Frauke Petry : dénonçant une dérive xénophobe, Bernd Lucke a quitté le parti pour fonder l’Alliance pour le progrès et le renouveau (Alfa). L’afflux record de réfugiés en Allemagne et la polarisation du débat public sur cette question ont profité à l’AfD lors des élections régionales de mars 2016 en Rhénanie-Palatinat (12,6% des votes), dans le Bade-Wurtemberg (15,1%) et en Saxe-Anhalt (24,3%, soit la 2e position) ainsi que dans les Länder de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et de Berlin (septembre 2016). Le parti est désormais représenté dans dix des seize assemblées régionales

Depuis le 22 septembre 2013 : la troisième grande coalition CDU-CSU-SPD.

Les élections législatives du 22 septembre 2013 ont donné une large victoire au parti d’Angela Merkel (CDU-CSU), qui a accompli son meilleur résultat depuis la réunification, manquant de peu la majorité absolue au Bundestag. La CDU-CSU a cependant dû se chercher un partenaire de gouvernement. Après que l’option d’une coalition entre conservateurs et verts ait été exclue, des négociations ont été engagées entre la CDU-CSU et le SPD en vue de la formation d’une nouvelle « Grande Coalition », la troisième de l’histoire allemande. Elle dispose d’une très large assise parlementaire (504 députés sur 631, soit 80% des voix au Bundestag), ce qui lui donne la majorité nécessaire au Bundestag (2/3) pour changer la Constitution et réduit le rôle de l’opposition parlementaire.

Le SPD comme la CDU/CSU peuvent se prévaloir de l’avancement des réformes prévues par le contrat de coalition : le 1er janvier 2015 a marqué l’introduction du salaire minimum (8,50 € bruts), le premier de l’histoire de l’Allemagne (il ne vaudra toutefois pour tous qu’à partir de 2017, et exclut certaines catégories d’actifs). Le projet de loi introduisant un quota de femmes dans les conseils de surveillance des grandes entreprises (initiative du SPD) a été adopté en mars par le Bundestag. En matière d’énergie et de climat, l’année 2014 aura constitué un moment charnière avec l’adoption, le 11 juillet, de la loi sur les énergies renouvelables, visant à accroître la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique allemand, et l’adoption, le 3 décembre, d’un plan d’action fixant les modalités d’une réduction de 40% des émissions allemandes de CO2 d’ici à 2020.

Les questions d’immigration et d’intégration continuent d’occuper le devant de l’actualité, même si les flux de nouveaux arrivants ont très nettement diminué : 213.000 réfugiés seraient entrés en Allemagne au premier semestre 2016, soit trois fois moins qu’en 2015 sur la même période. La décision de la Chancelière, le 4 septembre 2015, d’ouvrir les frontières aux réfugiés syriens en provenance de Hongrie, a constitué un tournant dans la gestion de la crise. M. Peter Altmaier (CDU), chef de la chancellerie fédérale, supervise tous les aspects rendant nécessaires une coordination interministérielle.

L’afflux record de réfugiés constitue un défi majeur pour les communes et les Länder. Pour leur venir en aide, le gouvernement fédéral a adopté plusieurs paquets de mesures depuis octobre 2015 leur octroyant des moyens supplémentaires. Plusieurs séries de lois ont par ailleurs renforcé les dispositifs d’intégration, selon le principe de « fördern und fordern » (encourager et exiger).

La « Willkommenskultur » (culture d’accueil) des réfugiés est très présente en Allemagne. Cependant, l’Allemagne fait aussi l’expérience de réactions de rejet violentes contre les migrants (attaques contre des centres de réfugiés). Le mouvement PEGIDA (« Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident »), fondé à Dresde à la fin de 2014, dénonce une prétendue islamisation du monde occidental et critique la politique allemande et européenne en matière de droit d’asile et d’immigration.

Les prochaines élections législatives fédérales auront lieu en 2017. Le président fédéral Joachim Gauck ayant fait savoir qu’il ne briguerait pas de second mandat, la prochaine élection du président fédéral (élection par les parlementaires) est également prévue en 2017, en février.

Situation économique

Situation macroéconomique

En 2015, le PIB allemand a augmenté de 1,7%, dépassant ainsi la moyenne des dix dernières années (1,2%). L’Allemagne a été durement touchée par la crise économique et financière internationale de 2008-2009, enregistrant un recul de 5,1% de son PIB en 2009. Néanmoins, la croissance du PIB a ensuite connu une forte reprise (3,5% en 2010, un record depuis la réunification, puis 3% en 2011), avant de marquer une inflexion en 2012 (0,7%) et en 2013 (0,3%), infirmée en 2014 (1,5% de croissance).

Les perspectives macroéconomiques sont favorables. Le gouvernement envisage une croissance de 1,7 % en 2016 et de 1,5 % en 2017. Les instituts économiques partagent globalement l’optimisme du gouvernement, même s’ils mettent en garde contre les risques à moyen terme liés aux crises grecque, russe et ukrainienne.

Hormis les variations de stock, toutes les composantes ont contribué positivement à la croissance du PIB en 2015. Selon Destatis, exportations, importations et excédent commercial ont atteint un niveau record, dépassant les performances de l’année 2014. Avec des exportations de 1 196 Mds€ (+6,5% par rapport à 2014) et des importations de 948 Mds€ (+4,0% par rapport à 2013), l’excédent commercial s’élève à 248 Mds€. La hausse des exportations et des importations a été particulièrement forte avec les pays de l’UE n’appartenant pas à la zone euro, et avec les États-Unis.

Selon l’estimation de la Bundesbank, l’excédent des transactions courantes a également atteint un niveau record en 2014 ; il s’établit à 215,3 Mds€, soit 7,6% du PIB.

En 2015, l’emploi total a progressé à un niveau record (+1,1% à 43,2 millions, après +0,9% en 2013). Le taux de demandeurs d’emplois, malgré une légère augmentation (de 6,2% à 6,5% en 2015), reste faible. Toutefois, l’accroissement du nombre de réfugiés qui, une fois qu’ils auront obtenu l’asile, s’inscriront comme demandeurs d’emploi, pourrait se traduire par une hausse du nombre de chômeurs enregistrés en 2016. Le chômage au sens de l’Union européenne a toutefois sensiblement diminué (4,6% en 2015, contre 5,0% en 2014).

Revendication phare du SPD en 2013, l’instauration d’un salaire minimum unique (8,84€ bruts par heure) a commencé à être mise en œuvre à partir du 1er janvier 2015. Son application n’a cependant pas été immédiate dans tous les secteurs : une période transitoire de deux ans a été prévue, pendant laquelle des salaires inférieurs seront autorisés dans le cadre d’accords de branches déjà négociés.

En moyenne, l’inflation s’est établie à 0,3% en 2015.

Situation des finances publiques

Après qu’en 2014, le gouvernement fédéral avait réalisé, contrairement aux prévisions (qui tablaient sur 6,5 Mds€ de déficit) un budget fédéral équilibré et dégagé un excédent structurel fédéral de 0,3 % du PIB, l’année 2015 confirme cette tendance favorable. Le gouvernement avait prévu, pour la première fois depuis 1969, un solde budgétaire équilibré, et le ministre des Finances a finalement pu annoncer en janvier 2016 un excédent budgétaire record de 12,1 Mds€ pour 2015). Cette évolution s’explique par le service de la dette moindre que prévu et la situation favorable sur le marché du travail.

Le 6 juillet 2016, le Conseil des ministres a adopté le projet de budget fédéral 2017 ainsi que la programmation budgétaire 2018-2020, qui prévoient un solde fédéral équilibré pour l’ensemble de la période. La dette publique continuerait à baisser et devrait atteindre la limite maastrichtienne à la fin de la période. A noter que cette programmation inclut des mesures nouvelles par rapport à la précédente programmation de mars, notamment concernant les dépenses pour la sécurité intérieure qui ont été revues à la hausse de 2,6 Md€ (renforcement des administrations de sécurité, police fédérale) et les dépenses de défense, augmentées de 1,7 Md€ en 2017 et de 10,2 Md€ au total sur la période 2017-2020, en lien avec de nouvelles missions de défense sur le territoire national et des missions à l’étranger.

Dans le contexte de la crise des réfugiés, des moyens additionnels sont par ailleurs mis à la disposition des Länder et des communes. Aux termes d’un accord intervenu en juillet 2016 entre les Länder et le gouvernement fédéral, ce dernier mettra à disposition 7 Md€ supplémentaires pour les Länder et communes : 2 Md€ par an sur les trois ans seront versés de manière forfaitaire aux Länder pour l’intégration des réfugiés ; le gouvernement fédéral versera par ailleurs 0,5 Md€ en 2017 et 2018 pour la construction de logements sociaux.

Politique extérieure

La politique étrangère allemande repose sur une partition à trois voix, principalement. Le Président fédéral, Joachim Gauck, qui a une fonction de représentation, a su, par ses gestes mémoriels et sa liberté de ton, animer le débat sur la politique étrangère allemande. La Chancelière, Angela Merkel, fixe les lignes directrices et a la primauté en cas de divergences. Le ministre des Affaires étrangères met en œuvre la politique étrangère de la coalition ; de retour à la tête de l’Auswärtiges Amt, où il avait officié entre 2005 et 2009, le ministre Frank-Walter Steinmeier parvient à s’y construire une crédibilité personnelle et une popularité forte.

Depuis l’après-guerre, la diplomatie allemande présente une continuité dans son engagement en faveur de la paix dans le monde, de l’intégration européenne et du partenariat transatlantique. La fermeté sur l’Etat de droit et le respect des droits de l’Homme constitue une caractéristique forte du message international de la République fédérale d’Allemagne. La crise des réfugiés pourrait enfin déterminer de nouvelles priorités de la politique étrangère allemande.

Un engagement en faveur du partenariat transatlantique

L’Allemagne reste étroitement liée aux Etats-Unis, en dépit d’épisodes de tensions : le différend sur l’intervention en Irak en 2003 (G. Schröder s’était opposé à l’intervention de la coalition), et plus récemment l’affaire des écoutes de la NSA. Les Etats-Unis demeurent pour l’Allemagne un partenaire incontournable. Aussi le projet de Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP) est-il fermement appuyé par la Chancelière, qui souhaite un accord ambitieux, comme cela a été rappelé lors de sa rencontre avec le président Obama à Hanovre les 24-25 avril 2016.

La quasi-totalité de l’effort de défense allemand est consacré à l’OTAN, considérée comme la principale enceinte légitime pour les sujets relatifs à la sécurité et à la défense, le volet militaire de la PSDC étant perçu comme secondaire. L’Allemagne contribue de manière significative aux opérations de l’OTAN : son engagement au sein de la FIAS en Afghanistan a été, en nombre, en durée (de 2001 à 2014) et en intensité, son intervention à l’étranger la plus importante, depuis la Seconde guerre mondiale. Elle participe désormais à une mission de formation, en tant que nation-cadre de l’OTAN, dans la région Nord. L’Allemagne est aussi le deuxième contributeur à la KFOR au Kosovo et participe enfin de manière substantielle aux mesures de réassurance prises par l’Alliance aux profits des Alliés d’Europe orientale.

L’impératif d’une Europe forte et compétitive

La politique étrangère allemande est conçue dans le cadre d’une Europe forte et compétitive. Aussi la Chancelière n’a cessé de plaider pour une solution européenne à la « crise des réfugiés », qui passe notamment par une coopération étroite avec Ankara. Elle avait auparavant fait du règlement de la crise de la zone euro sa principale préoccupation. Testé par ces crises, l’engagement européen de l’Allemagne reste une constante.

La fin d’une politique d’engagement constructif avec la Russie

L’Allemagne s’est engagée dès le début de la crise ukrainienne, de manière active et au plus haut niveau, dans la recherche d’une solution, en privilégiant le dialogue avec Moscou, tout en ayant une position ferme sur la question des sanctions. Frank-Walter Steinmeier, auquel on avait pu prêter une certaine complaisance à l’égard de Moscou du fait de la politique de partenariat avec la Russie initiée durant son premier mandat, a rejoint désormais une ligne plus critique. Il est toutefois attaché à rappeler qu’il n’est pas dans l’intérêt de l’Union Européenne d’isoler durablement la Russie.

L’étroite coopération franco-allemande sur ce dossier, matérialisée notamment par le « format Normandie », et en particulier l’initiative franco-allemande de Minsk, a largement contribué à ce que l’engagement de l’Allemagne dans la gestion de cette crise soit à la mesure de ses intérêts et de son influence en Ukraine et en Russie.
L’Allemagne assure en 2016 la présidence de l’OSCE.

Une relation spéciale avec Israël

L’Allemagne a une sensibilité particulière vis-à-vis de l’Etat d’Israël, réaffirmée par Mme Merkel lors de sa visite d’Etat dans ce pays (16-18 mars 2008), avec une intervention devant la Knesset : le droit à l’existence et la sécurité d’Israël, en tant qu’Etat juif, constitue pour l’Allemagne « une partie de sa raison d’Etat ». Depuis 2008 sont organisées des consultations annuelles entre les gouvernements allemand et israélien. L’Allemagne a voté contre la résolution ayant admis la Palestine comme Etat-membre de l’UNESCO et s’est abstenue lors du vote de la résolution sur le rehaussement du statut de la Palestine aux Nations unies. Les autorités allemandes ont en revanche condamné fermement les annonces concernant de nouvelles colonies dans les territoires occupés, qui menacent la viabilité d’une solution à deux Etats. L’année 2015 a marqué le cinquantenaire de l’établissement des relations diplomatiques entre l’Allemagne et Israël, ponctué notamment par une longue visite d’Etat en Allemagne du Président israélien Reuven Rivlin (10-13 mai 2015) célébrant le « miracle » (Joachim Gauck) de l’amitié germano-israélienne.

Lutte contre le terrorisme et engagement pour la stabilité du monde arabo-musulman

La diplomatie allemande s’efforce de développer une position équilibrée dans son dialogue avec le monde arabo-musulman. Présentes dans plusieurs Etats de la région, les fondations politiques proches des grands partis allemands jouent un rôle important dans cet effort de dialogue avec l’ensemble des mouvements politiques locaux.

La montée de l’Etat islamique en Irak a donné lieu à une décision sans précédent du gouvernement allemand. Alors que celui-ci se refusait jusqu’alors à livrer des armes dans les régions en conflit, la décision a été annoncée, le 20 août 2014, de livrer des armes aux Kurdes. Le Bundestag a en outre adopté le 4 décembre un mandat autorisant l’engagement de (jusqu’à) 1200 hommes au Levant à partir du 1er janvier 2016, après l’invocation par la France de l’article 42-7 du Traité sur l’Union européenne.

S’agissant de la Syrie, l’effort consenti avec l’accueil de centaines de milliers de réfugiés justifie la pleine association de Berlin aux efforts de règlement politique.

Actuellement, la crise migratoire et la situation au Proche-Orient préoccupent conjointement la Turquie (premier pays d’accueil des réfugiés syriens, qui sont 2,5 millions sur son sol) et l’Allemagne, (premier pays d’accueil de l’Union européenne). Le dialogue autour de cette question, pour lequel l’Allemagne s’est fortement impliquée, a permis de trouver un accord entre l’Union européenne et la Turquie, qui vise à réduire de manière pérenne le nombre de personnes cherchant l’asile en Europe. Les relations entre Berlin et Ankara ont été affectées par l’adoption par le Bundestag d’une résolution intitulée « souvenir et commémoration du génocide des Arméniens et d’autres minorités chrétiennes en 1915 et 1916 » (2 juin 2016). L’interdiction ponctuelle faite aux députés allemands de se rendre sur la base de l’OTAN d’Incirlik, en Turquie, a néanmoins pu être levée (8 septembre 2016).

Tournant la page de son abstention au Conseil de sécurité lors du vote de la résolution 1973 autorisant l’emploi de la force en Libye, l’Allemagne fait un effort particulier de concertation sur ce dossier. Elle a notamment intensifié sa coopération avec Tunis.

L’engagement de l’armée allemande depuis 2013 au sein de la MINUSMA au Mali, où sont actuellement présents 250 soldats allemands, a été encore renforcé après l’invocation par la France de l’article 42-7 du Traité sur l’Union européenne.

Enfin, l’Allemagne s’est particulièrement impliquée dans le dossier iranien, en étroite concertation avec ses partenaires européens (France, Royaume-Uni) ainsi que les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Dans les limites que lui permettent sa relation avec Israël, M. Steinmeier s’est engagé de manière intensive dans l’obtention de l’accord de Vienne, largement salué par la classe politique et les médias. Le vice-chancelier et ministre en charge de l’Economie, Sigmar Gabriel, est le premier haut responsable occidental à s’être rendu en Iran après la conclusion de l’accord, accompagné d’une délégation de chefs d’entreprise (du 19 au 21 juillet 2015).

Une diplomatie économique active avec les pays émergents

Reposant sur trois piliers centraux (chambres de commerce bilatérales, agence de promotion Germany Trade and Invest, et conseillers économiques des ambassades), la diplomatie économique menée par Berlin se traduit par une forte attention portée aux grands pays émergents. La Chancelière a déjà effectué huit visites officielles en Chine, où l’Allemagne est le premier investisseur européen et compte 5 000 entreprises, dans un contexte de résorption du déficit bilatéral allemand. L’importance des matières premières dans la diplomatie allemande est notamment illustrée par la relation étroite qu’entretient l’Allemagne avec la Mongolie (visite de la Chancelière en 2011, de M. Steinmeier en juillet 2014), dont les « terres rares » constituent des ressources stratégiques pour l’industrie allemande. Avec l’Inde, les relations ont, depuis 2006, la qualité de « partenariat stratégique » pour les deux pays. Aux échanges économiques étroits s’ajoute une coopération scientifique et technique dynamique. Le Premier ministre indien a fait une visite remarquée en Allemagne où il a ouvert aux côtés de Mme Merkel la foire de Hanovre le 12 avri 2015l, tandis que la Chancelière s’est rendue à Bangalore les 5 et 6 octobre 2015. La participation allemande à des opérations de lutte contre les trafics et la piraterie (Atalante), et son implication dans la mise en œuvre d’une stratégie de sûreté maritime de l’Union européenne s’inscrivent dans une même volonté de protection des routes commerciales.

Une réflexion en cours sur un engagement accru de l’Allemagne sur la scène internationale

S’interrogeant sur l’opportunité de donner à l’Allemagne une place à la mesure de son poids économique et de son influence politique, le Président fédéral d’abord, puis les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, se sont successivement prononcés pour un renforcement du rôle de l’Allemagne dans le monde, tout en rappelant les responsabilités liées au passé. L’exercice de revue de la politique étrangère allemande, la « Review 2014 », mené par Frank-Walter Steinmeier, se traduit actuellement par une réorganisation du ministère allemand des Affaires étrangères, d’ici la fin 2016, dans le sens d’une meilleure réactivité aux crises, d’une plus grande participation à l’ordre international et d’un renforcement du réflexe européen. Cependant, l’opinion publique allemande demeure largement réticente à un engagement accru de l’Allemagne sur la scène internationale, comme en témoigne un sondage réalisé par la fondation Körber en mai 2014 : seuls 37% des Allemands sondés y sont favorables, tandis que 60% préconisent l’inverse. L’afflux de réfugiés en Allemagne, et la nécessité d’agir sur les causes profondes des migrations, fait cependant évoluer le débat.

Mise à jour : 21.09.16


Informations complémentaires

PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2016