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Présentation de l’Allemagne

Présentation

Données générales

Nom officiel : République fédérale d’Allemagne
Nature du régime : démocratie parlementaire
Chef de l’Etat : M. Joachim Gauck
Chef du gouvernement : Mme Angela Merkel

Données géographiques

Superficie : 357 027 km²
Population : 80.523.700 (2012)
Capitale : Berlin
Villes principales : Hambourg, Munich, Cologne, Francfort/Main, , Stuttgart, Düsseldorf, Dortmund, Essen, Brême, Dresde, Leipzig, Hanover, Nuremberg (66 villes allemandes de plus de 100 000 habitants).
Langue officielle : allemand
Monnaie : euro
Fête nationale : 3 octobre

Données démographiques

Croissance démographique : + 0,2% (2012)
Taux de fécondité : 1,36 (2011)
Projections démographiques : 74 millions d’habitants (2030)
Espérance de vie à la naissance : 78,4 ans pour les hommes et 83,2 ans pour les femmes (2011)
Religions : catholicisme (32,9 %), protestantisme (32,5 %), Islam (3 %)
Indice de développement humain (classement ONU, 2012) : 5 ème rang

Données migratoires
Solde migratoire : + 369.000 (2012)
Emigration annuelle : 140.132 (2011)
Naturalisations par an (2012) : 112.300 (+5,1 %)
Origine des naturalisés (2012) : UE-28 (40,7 %) dont Grèce (4 % ; +82 %), Italie (7,5 % ; +29 %), Pologne (6,7 %) – Turquie (23,2%) – Europe hors UE-28 et Turquie (13,7%) : Russie (2,8%) – Asie (12,3%).
Etrangers vivant en Allemagne (2011) : 7.369.900 (9 % de la population)
Origine des étrangers (2011) : Europe (74,7 %) ; UE-27 (35,3 %) ; Turquie (21,8 %)

Données économiques

PIB : 2.643,9 Mds € (2012), 2.717,1 Mds € (2013 prévisions CE)
PIB par habitant : 31.210 € (2012), 32.600 € (2013)

Taux de croissance :+0,4% (2013) ; +0,7% (2012) ; +3% (2011) ; prévisions 2014 : +1,7%
Taux de chômage : 2013 : 6,9% ; prévisions 2014 : 5,3%
Taux d’inflation (taux moyen sur 12 mois) : 2,1% (2012) ; 2013 : 1,5%

Solde budgétaire : +0,6% (2013) +0,2% du PIB (2012) ; -0,8 (2011) ; -4,1 (2010)
Endettement public : 81,9% du PIB (2012) ; 80,4% du PIB (2011)
Balance commerciale : + 185 Md€ (2012) soit 7% du PIB (2011 : +158 Md€)

Principaux clients : France (104,5 Mds€, 9,3%) ; Etats-Unis (87 Mds€, 7,9%) ; Royaume-Uni (72 Mds€, 6,5%) (2012)
Produits d’exportation : construction automobile (17,3% des exportations en 2012), construction mécanique (14,9%), produits chimiques (9,5%), produits informatiques, électroniques et optiques (7,8%)

Principaux fournisseurs : Pays-Bas (87 Mds€, 12,9%) ;; France (64,8Mds €, 7,3%) (2012) ; Chine (77Mds €, 6,7%)
Produits d’importation : pétrole et gaz naturel (10,7% des importations en 2012), produits informatiques, électroniques et optiques (9,6%), voitures ou pièces automobiles (8,8%), produits chimiques (7,9%), machines (7,5%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 0,9 %
  • industrie : 28,2 %
  • tertiaire : 72%

Exportations de la France vers l’Allemagne : 64,8 Mds € (2012)
Importations françaises en provenance d’Allemagne : 104,5 Mds € (2012)
Solde : - 39,7 Mds €

Consulats généraux de France : Dusseldorf, Francfort, Hambourg, Munich, Sarrebruck, Stuttgart
Communauté française en Allemagne : Communauté allemande en France : 130 000 personnes (novembre 2012).


Politique intérieure

Les institutions politiques allemandes

La République fédérale d’Allemagne a été instaurée le 23 mai 1949 par l’adoption de la Loi fondamentale (Grundgesetz).

Les 16 Länder (Etats fédérés) qui la composent exercent des compétences propres (police, éducation, environnement, culture, administration). Les politiques sont mises en oeuvre dans chaque Land par un Ministre-président et un gouvernement (Landesregierung) après avoir été votées par un parlement régional (Landtag). Les Länder sont représentés par le Bundesrat (chambre haute du parlement) dans l’élaboration de la législation fédérale.

Le Bundestag (assemblée parlementaire), issu d’élections législatives fédérales directes exerce un rôle central dans la décision politique à travers le contrôle de l’action du gouvernement fédéral, du budget, des engagements internationaux et des forces armées.

Héritage de l’Histoire, les institutions de la RFA reflètent une culture de transparence démocratique et une volonté permanente d’encadrer l’usage de la force. Le Tribunal constitutionnel fédéral de Karlsruhe joue à cet égard un rôle majeur et croissant. La Bundeswehr est avant tout une armée de citoyens en uniforme qui reçoivent une formation éthique, juridique et politique (Innere Führung) et ont le devoir de désobéir à un ordre qui serait contraire à la constitution et au droit. Son engagement sur des théâtres d’opération est structuré et borné par un mandat du Bundestag.


Les partis politiques allemands

La vie politique allemande est traditionnellement dominée par deux grands mouvements, la CDU-CSU (l’union démocrate-chrétienne de Mme Merkel et son alliée bavaroise, l’union sociale chrétienne) et le SPD (parti social-démocrate). Deux partis au poids électoral plus modeste s’associent le plus souvent aux coalitions gouvernementales : les Verts (écologistes) et le FDP (libéraux). Die Linke (parti de la gauche) ne participe qu’à des alliances au niveau local ou régional.

Créé en 2006, le parti alternatif « des Pirates », qui prône une libéralisation d’Internet et une démocratie participative, est crédité de taux d’intention de votes non négligeables (autour de 6%), mais il n’a encore jamais participé à une coalition. Le parti eurosceptique Alternative für Deutschland (AfD) fondé en février 2013 s’oppose aux « plans de sauvetage » européens, à l’Union bancaire et se prononce en faveur de la suppression de l’euro, d’un retour aux monnaies nationales et d’une « débureaucratisation de l’UE » par la restitution de compétences aux Etats membres.

Ces alliances parlementaires peuvent être dissymétriques entre les différents Länder, et avec le niveau national.


Les élections du 22 septembre 2013 : une victoire incontestable de la CDU-CSU ouvrant la voie à une nouvelle grande coalition

Les élections législatives du 22 septembre dernier ont donné une large victoire au parti d’Angela Merkel (CDU-CSU), qui accomplit son meilleur résultat depuis la réunification et approche la majorité absolue au Bundestag.

Les résultats des élections ont été les suivants : CDU-CSU (41,5%, 311 sièges pour une majorité absolue de 316), SPD (25,7%, 192 sièges), die Linke (8,6%, 64 sièges), Verts (8,4%, 63 sièges), FDP (4,8%), AFD (4,7%), Pirates (2,2%).

Les autres faits marquants de cette élections sont la défaite historique du parti libéral FDP, partenaire gouvernemental actuel du CDU-CSU, qui n’est plus reporésenté au Bundestag pour la première fois de son histoire ; par ailleurs, le parti Alternative für Deutschland manque de peu son entrée au Bundestag, et s’installe au moins temporairement dans le paysage politique allemand : à cet égard, les élections européennes de 2014 représenteront un nouveau test. Le nouveau Bundestag, dont la première session s’est tenue le 22 octobre, comptera donc quatre partis au cours de la législature 2013-2017.

Dans ces conditions, et après que l’option d’une coalition entre conservateurs et verts a été exclue, des négociations ont été engagées entre la CDU-CSU et le SPD en vue de la formation d’une nouvelle grande coalition, la troisième de l’histoire allemande.

Les négociations de « l’accord de coalition », texte quasi contractuel qui contient les compromis politiques du futur gouvernement, se sont achevées le 14 décembre 2013, à la suite de la large approbation (environ 76%) du contrat de coalition par les adhérents du SPD. Le 17 décembre 2013, la chancelière et son nouveau gouvernement ont été réinvestis par le Bundestag.

Après la désignation des présidents des commissions parlementaires, le travail parlementaire devrait recommencer au début du mois de février.


Autres évènements de la scène politique allemande

Les années 2011-2013 ont a été marquées par la tenue de onze scrutins régionaux. La CDU a perdu la direction de quatre Länder (Hambourg, Bade-Wurtemberg, Schleswig-Holstein et Rhénanie du Nord-Westphalie) et le FDP n’est plus représenté dans 5 parlements régionaux (Saxe-Anhalt ; Rhénanie-Palatinat ; Brême ; Mecklembourg-Poméranie-Antérieure ; Berlin).

Néanmoins, la CSU a obtenu une majorité absolue en Bavière, le 15 septembre 2013, et se retrouve ainsi seule à la tête de son bastion historique. Le SPD et les Verts sont sortis renforcés de ces scrutins.

Lors du scrutin du 27 mars 2011 dans le Bade-Wurtemberg, les Verts et leur candidat W. Kretschmann ont pris, pour la première fois de leur histoire, la tête d’un Land, dirigé depuis 1953 par la CDU. Le SPD et leur ministre-présidente sortante Hannelore Kraft ont reconquis la Rhénanie-du-Nord-Westphalie le 13 mai 2012. Les élections régionales du 20 janvier en Basse-Saxe, qui ont vu une courte victoire de la gauche (sociaux-démocrates et écologistes) sur la coalition sortante CDU-FDP, ont donné à la gauche (SPD et Verts) une majorité au Bundesrat.

Les élections du 15 septembre en Bavière ont rendu à la CSU de Horst Seehofer la mahorité absolue qu’elle avait perdue lors des dernières élections, l’obligeant à former une alliance avec le FDP (qui, avec moins de 5% des voix, n’a pu se maintenir au Bundestag). Enfin, des élections ont eu lieu en Hesse, le 22 septembre 2013, et les négociations de coalition sont en cours, qui devraient permettre de prolonger la coalition des conservateurs et des libéraux.

A la suite à la démission de Christian Wulff, impliqué dans plusieurs scandales financiers, c’est l’indépendant Joachim Gauck, ancien pasteur luthérien et l’une des principales figures du mouvement d’opposition de l’ancienne RDA, qui a été élu Président fédéral le 18 mars 2012.

Figure protocolaire, le chef de l’Etat joue un rôle de représentation et d’influence, mais n’a pas de pouvoir exécutif. M. Joachim Gauck a effectué une visite d’Etat en France du 2 au 5 septembre 2013, en point d’orgue de l’ « Année franco-allemande, 50e anniversaire du traité de l’Elysée ». Il s’agissait de la première visite en France d’un chef de l’Etat allemand depuis 1996. Elle a notamment été marquée par le premier déplacement conjoint des chefs de l’Etat français et allemand à Oradour-sur-Glane, village martyr de la barbarie nazie.

Depuis 2010, la crise de la dette souveraine des Etats a suscité un vigoureux débat sur l’avenir de l’Europe en Allemagne.

Pour faire face aux turbulences qui pèsent sur la zone euro, les autorités allemandes ont prôné des modifications des traités dans le sens d’une plus grande convergence des politiques économiques, budgétaires et fiscales et de la création de mécanismes de sanctions automatiques pour les Etats ne respectant par les règles du pacte de stabilité.

De même, deux principes guident son approche du rôle de la BCE : l’indépendance de cette dernière et le refus de toute mutualisation des dettes européennes. La chancelière fédérale, qui s’était dite également favorables’était à un renforcement de l’intégration politique, préalable indispensable à la création de nouveaux mécanismes de solidarité européens n’a pas avancé de nouvelles propositions en ce sens au cours de sa campagne.

La catastrophe de Fukushima au Japon et l’hostilité grandissante de l’opinion allemande vis-à-vis du nucléaire ont provoqué un changement de cap dans la politique énergétique du gouvernement fédéral (politique du tournant énergétique, « Energiewende »).

Quelques mois après avoir décidé une extension de douze ans en moyenne de la durée d’exploitation de 17 réacteurs nucléaires, Angela Merkel a fait adopter par le Bundestag, le 30 juin 2011, une loi qui prévoit l’abandon définitif du nucléaire à l’horizon 2022 (huit réacteurs ont été arrêtés à l’été 2011) et un développement très important des énergies renouvelables (installations solaires et éoliennes, centrales au gaz ou au charbon).

Cette transition nécessite donc des investissements lourds (notamment pour le transport de l’électricité), dont le développement est source de débats en Allemagne. Les enjeux économiques, techniques et sociétaux sont extrêmement complexes, notamment dans le contexte financier actuel qui limite les marges de financement des grands projets d’infrastructures.

Thomas de Maizière (CDU) a engagé en 2011 une importante réforme de la Bundeswehr, qui sera réorganisée en armée professionnelle avec diminution d’un tiers des effectifs (160 000 hommes) et un budget en baisse : actuellement à 31,5 Mds € (1,26 % du PIB), le plan de réduction annuel prévoit des économies de 400 à 500 M € par an sur la période 2013-2015. La nouvelle planification obéit à deux objectifs : « priorité aux interventions », et « atteindre la structure cible le plus rapidement possible ». 2012 a marqué le début de sa mise en œuvre concrète, selon la ligne tracée par une feuille de route réorganisant à la fois les instances dirigeantes de la Bundeswehr et les domaines techniques. Le retrait d’Afghanistan est programmé en concertation avec les Alliés.


Situation économique

L’Allemagne a été touchée de plein fouet par la crise économique et financière internationale (notamment les secteurs-phares de l’automobile et de la machine-outil), et a connu un fort recul de son commerce extérieur en 2008 et 2009. Néanmoins, la croissance du PIB a connu une forte reprise à partir de 2010 (3,5% en 2010, un record depuis la réunification, puis 3% en 2011), avant de marquer une inflexion en 2012 (0,7%), confirmée en 2013 (0,3%). Les instituts économiques tablent pour autant sur un possible rebond de la croissance en 2014 (+ 1,5%).

Alors que la croissance reposait depuis 2008 majoritairement sur la demande intérieure (consommation des ménages et, dans une moindre mesure, investissements des entreprises) la tendance s’est inversée en 2012. Parallèlement, l’excédent commercial de l’Allemagne a atteint 185,4 Mds € en 2012 (soit 7% du PIB), son deuxième meilleur niveau après celui de 2007. Les exportations et importations de biens affichent des valeurs record. Le solde négatif de la balance des services s’est considérablement réduit, passant de 35,7 Mds€ en 2002 à 3,1 en 2012. En outre, le solde commercial allemand avec l’Asie est devenu, en 2012, excédentaire pour la première fois depuis 1990 (12Mds € contre -6Md € en 2011).

La reprise de la croissance a entraîné une baisse continue du taux de chômage, qui a atteint son niveau le plus bas depuis la réunification (taux moyen de 5,3% % en juillet 2013, soit 2,8 millions de chômeurs). Certaines régions, dans le Sud, sont en situation de plein-emploi (Bavière) alors que d’autres ont des taux de chômage bien au-dessus de la moyenne fédérale (12,3% à Berlin). Une certaine disparité régionale est ainsi à l’œuvre.

Ces résultats permettent un excédent budgétaire au sens maastrichtien de + 0,6% au premier semestre 2013, après +0,1% en 2012, -1% en 2011 et -3,3% en 2010. L’Allemagne se conforme ainsi au Pacte de stabilité et à la limite constitutionnelle à l’endettement public structurel, fixée à 0,35 % du PIB pour le gouvernement fédéral, et contraignante à compter de 2016. Le gouvernement prévoit un déficit de 0,5% en 2013 et 2014. Mais l’Allemagne reste fortement endettée, à hauteur de 82,7% de son PIB (au quatrième trimestre de 2012, même si ses excédents primaires devraient lui permettre de ramener sa dette à 76 % PIB en 2015.

Dans ce contexte, les salaires négociés ont progressé en moyenne de 2,7% en 2012 (en valeur), bien plus fortement qu’en 2011 ou 2010 (respectivement 2% et 1,6%). Le ministre des Finances, M. Schäuble a accepté une augmentation salariale dans la fonction publique et une inflation supérieures à celles des autres pays européens ; pour le secteur privé, la revalorisation des salaires dans l’industrie atteindra 4,5% . L’introduction d’un salaire minimum national était par ailleurs au cœur des débats pour les élections fédérales de septembre, notamment du SPD.


Politique extérieure

Depuis l’arrivée au pouvoir d’une génération née après 1945, l’Allemagne se montre plus active sur la scène internationale : tout en rappelant les responsabilités liées au passé, les dirigeants du pays sont soucieux de lui donner une place à la mesure de son poids économique et de son influence politique. Sur le plan militaire, elle participe ainsi à des opérations menées dans le cadre de l’ONU, de l’OTAN et de l’Union européenne (lutte contre la piraterie dans l’Océan Indien, contrôle de trafics en Méditerranée orientale, Afghanistan, Balkans).

Très influencée par la chancellerie, dirigée par Guido Westerwelle (FDP) depuis 2009, et jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement après les élections fédérales du 22 septembre dernier, la diplomatie allemande présente une continuité dans son engagement en faveur de la paix dans le monde (« La politique étrangère allemande est une politique de paix »), l’intégration européenne et du partenariat transatlantique. La fermeté sur l’Etat de droit et le respect des droits de l’Homme, exprimée notamment par Mme Merkel, constitue une caractéristique forte du message international de la RFA. Le ministre Guido Westerwelle a lui aussi inscrit son action dans ce sens, sans négliger pour autant la promotion des exportations du pays.


Un engagement en faveur du partenariat transatlantique

Mme Merkel s’est rendue à Washington dès le 3 novembre 2009, au lendemain de la victoire électorale de la coalition CDU/CSU-FDP, où elle a prononcé un important discours devant le Congrès. Sans modifier les principes fondamentaux de la politique allemande vis-à-vis des Etats-Unis, ni nier les différences dans les systèmes de valeurs des deux sociétés (peine de mort) et les divergences sur certains sujets (environnement notamment), celle-ci avait réussi à redonner un élan dynamique aux relations germano-américaines, après le différend sur l’intervention en Irak (où G.Schröder avait soutenu la position de la France).

Plus récemment, l’Allemagne a fait preuve de compréhension pour les revendications des Etats-Unis pour un accord de libre-échange avec l’UE comprenant les biens culturels, les produits alimentaires et les équipements de défense, tout en exprimant sa proximité avec les arguments français en la matière.Comme ses prédécesseurs, Mme Merkel souhaite développer le dialogue politique dans le cadre de l’Alliance atlantique, le renforcement de l’OTAN en tant que forum de discussion étant vu comme pleinement compatible avec la montée en puissance de la politique européenne de défense et de sécurité commune.

Le contrat de coalition de 2009, encore en vigueur jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement, reste fidèle aux principes de la politique de sécurité allemande (poursuite des opérations extérieures dans un cadre multilatéral, priorité à la défense du territoire). Toutefois, concession au FDP, la question du retrait - à terme - des armes nucléaires (américaines) du territoire fédéral, promue par M. Westerwelle, y est posée.

Si la visite de B. Obama à Berlin les 18-19 juin 2013 a constitué un moment fort de communion transatlantique, elle a aussi été l’occasion d’une cristallisation des débats sur la protection de la vie privée, sur fond d’affaire PRISM. 


Un dialogue soutenu avec l’Europe centrale et orientale

L’Auswärtiges Amt veille à maintenir à un dialogue soutenu avec les Etats du groupe de Visegrad et avec l’Autriche. Le « partenariat stratégique » avec la Russie demeure essentiel, notamment dans le domaine économique et énergétique, même si la chancelière affirme une ligne plus critique sur la question des droits de l’Homme.

L’Allemagne reste aussi fortement engagée dans les Balkans (militairement - Kosovo - et diplomatiquement - Groupe de contact) et en Europe orientale. Les 20 ans du traité de coopération avec la Pologne, qui ont été célébrés le 21 juin 2011, ont donné lieu à l’organisation du premier conseil des ministres conjoint germano-polonais, et à l’élaboration d’une déclaration commune renforçant la coopération bilatérale pour la prochaine décennie, sur le modèle de l’Agenda franco-allemand 2020.

Le Triangle de Weimar avec la Pologne et la France connait un dynamisme nouveau ces dernières années, notamment grâce à la proximité entre la Chancelière et le président du Conseil des ministres polonais, M. Donald Tusk. La dernière rencontre dans ce format des ministres français, allemand et polonais chargés des Affaires européennes a eu lieu à Heilbronn le 16 juillet 2013.


Au Proche et Moyen Orient, le souhait d’avoir une position équilibrée tout en maintenant une relation spéciale avec Israël

L’intérêt de l’Allemagne pour le Moyen-Orient est lié à sa sensibilité particulière vis-à-vis de l’Etat d’Israël, réaffirmée par Mme Merkel lors de sa visite d’Etat dans ce pays, avec une intervention devant la Knesset : : le droit à l’existence et la sécurité d’Israël, en tant qu’Etat juif, constitue pour l’Allemagne « une partie de sa raison d’Etat » (16-18 mars 2008). Depuis 2008 sont organisées des consultations annuelles entre les gouvernements allemand et israélien.

L’Allemagne maintient en outre sa position traditionnelle, en refusant de reconnaitre unilatéralement l’Etat palestinien (position réaffirmée par la chancelière lors de la visite du président palestinien Mahmoud Abbas le 5 mai 2011 à Berlin ; l’Allemagne a par ailleurs voté contre la résolution ayant admis la Palestine comme Etat-membre de l’UNESCO, et, plus récemment, s’est abstenue lors du vote de la résolution sur le réhaussement du statut de la Palestine aux Nations unies). La question des livraisons d’équipements de défense dans la région est également très sensible (sous-marins pour Israël, chars de combat au Qatar).

La diplomatie allemande s’efforce cependant de développer une position équilibrée dans son dialogue avec le monde arabo-musulman.

L’Allemagne s’est impliquée dans le dossier iranien, en étroite concertation avec ses partenaires européens (France, Royaume-Uni) ainsi que les Etats-Unis, la Chine et la Russie.

Sa contribution financière et politique à la stabilisation de l’Afghanistan, dans le cadre de la conférence de Bonn en 2001, est considérable. Après avoir renforcé sa présence militaire en février 2010 (décision d’atteindre un effectif de 5 000 soldats sur place), Berlin a prévu une réduction du contingent allemand dans le pays à la suite de l’annonce des Etats-Unis, le 22 juin 2011, de retirer les troupes américaines d’ici 2014 : l’Allemagne souhaite retirer ses troupes d’ici la fin 2014, et réduire son effectif à de 3 300 personnels début 2014 contre 4 300 actuellement.

Un accord de coopération intergouvernementale germano-afghan a été signé le 16 mai 2012 à Berlin et couvre la « décennie de la transformation » 2014-2024. Il prévoit une aide dans tous les secteurs pour la « transformation » du pays, mais est soumis à de strictes clauses de conditionnalité (droits de l’Homme, lutte contre la corruption).

Enfin, c’est sur une initiative allemande qu’a été mise en place en 2007 la mission européenne de police, EUPOL Afghanistan.

Face aux mouvements dans le monde arabe, l’Allemagne s’est initialement positionnée de manière dynamique pour accompagner les processus de transformation : M. Westerwelle s’est rendu à plusieurs reprises en Tunisie et en Egypte pour marquer son soutien aux processus de transition, proposant en février 2011 à l’Egypte « un partenariat pour la transformation afin de renforcer la société civile et les institutions démocratiques ».

Toutefois, l’Allemagne s’est abstenue lors de l’adoption de la résolution 1973 du CSNU, autorisant l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye et la protection des populations civiles menacées. Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, Berlin s’efforce de renouer les liens politiques et économiques avec le pays. Présentes dans plusieurs Etats de la région, les fondations politiques jouent un rôle important dans cet effort de dia logue avec l’ensemble des mouvements politiques locaux.

Enfin, s’agissant de la crise en Syrie, Berlin a rapidement exclu le recours à la force, tout en affirmant son soutien politique à une action internationale contre l’utilisation d’armes chimiques de destruction massive. Malgré un ralliement tardif de l’Allemagne à la déclaration du G11 à Saint-Pétersbourg (5-6 Septembre 2013), elle a néanmoins salué le retour des discussions dans le cadre onusien et a clairement reconnu le 18 septembre 2013 la responsabilité du régime de Bachar el-Assad dans l’attaque chimique du 21 août 2013 suite à la publication du rapport Sellström. Berlin s’est parallèlement engagée pour l’accueil des réfugiés (plus de 17 000 Syriens auraient trouvé refuge en Allemagne depuis 2011) ainsi que pour la contribution en moyens humains et financiers (environ 2M €) à l’OIAC.


Un intérêt accru pour les puissances émergentes (« Gestaltungsmächte »)

Les nombreuses visites de Mme Merkel en Chine ont confirmé le dynamisme de la diplomatie allemande en Extrême-Orient (accord sur la mise en place d’un « partenariat stratégique » germano-chinois, et d’un Sommet annuel sino-allemand) ; M.Westerwelle et de nombreux autres ministres se rendent aussi régulièrement dans le pays. Au demeurant, Berlin est une étape fréquente de tous les déplacements de personnalités chinoises en Europe. Mme Merkel s’est rendue le 30 août dernier en Chine, accompagnée d’une délégation de plusieurs ministres ; il s’agissait de son second déplacement dans ce pays en 2012. Des problématiques comme le respect des droits de l’Homme ou la propriété intellectuelle restent pour autant des sujets complexes entre Berlin et Pékin.

Avec l’Inde, les relations ont, depuis 2006, la qualité de « partenariat stratégique » pour les deux pays. Aux échanges économiques étroits (même s’ils n’ont pas l’importance de ceux existants entre la RFA et la Chine) s’ajoute une coopération scientifique et technique très dynamique. Pour Berlin, New Delhi est un interlocuteur majeur, à la fois comme puissance régionale et comme acteur global (les deux Etats sont candidats à un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies). Une 1ère conférence inter-gouvernementale germano-indienne s’est tenue à New Delhi le 31 mai 2011.


Un resserrement des liens avec l’Afrique sub-saharienne

Enfin, l’Allemagne s’est engagée depuis plusieurs années dans le resserrement de ses liens avec l’Afrique sub-saharienne, en particulier avec le Sahel. L’Allemagne a également envoyé des troupes en République Démocratique du Congo dans le cadre d’une mission de l’UE de soutien à la MONUC durant le processus électoral.

Lors de la crise au Mali de janvier 2013, elle a soutenu l’intervention de la France, tout en excluant l’envoi de soldats sur place et en procurant un soutien logistique. L’Allemagne participe également à la MINUSMA (mandat donné par le Bundestag en juillet), sous la forme d’une contribution à l’état-major et d’un soutien logistique.

Enfin, Berlin s’intéresse à la problématique de la sécurisation des voies maritimes, que ce soit au large de la corne de l’Afrique ou dans le golfe de Guinée, en particulier sous l’angle de la lutte contre les trafics et la piraterie qui peuvent impacter négativement le commerce maritime.

Le ministre Westerwelle s’est rendu à de nombreuses reprises en Afrique au cours de la législature. Le 15 juin 2011, le gouvernement allemand a adopté et publié le « concept Afrique », qui présente de manière synthétique l’approche allemande de sa relation avec l’Afrique, ainsi que ses attentes et ses engagements à son encontre.


Mise à jour : 20.01.14

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