Emploi, stage

Marché du travail

Contexte

Depuis plusieurs années, le marché de l’emploi au Portugal est très durement touché par la crise : inférieur à 10% avant 2009, le taux de chômage gravite actuellement autour de 17 % de la population active, et environ 40 % chez les jeunes de moins de 25 ans.

En outre, malgré un certain nombre d’avancées récentes, le marché du travail portugais se caractérise par un déficit de professions intermédiaires. Les titulaires d’une formation technique de type BTS, DUT ont davantage de chance de décrocher un emploi que les surdiplômés, à condition de bien maîtriser la langue portugaise.

Le marché du travail portugais fait enfin l’objet de fortes disparités régionales : les deux plus grandes villes de Lisbonne et de Porto concentrent la majorité des offres d’emploi.

Dominée par Porto, son centre historique, économique et culturel, la région du Nord est le principal bassin industriel du pays, spécialisé dans les industries exportatrices traditionnelles (textile, habillement, chaussures, bois, liège, mobilier et métallurgie). Nonobstant la crise traversée par plusieurs de ces secteurs et le faible niveau de qualification de la population active, la région bénéficie d’une main-d’œuvre abondante et jeune ainsi que d’une riche expérience dans le commerce international, atouts lui ouvrant des perspectives de modernisation.

A mi-chemin entre les deux principaux centres urbains du pays, la région du Centre se caractérise par un littoral très peuplé et industrialisé d’une part, des terres intérieures agricoles et en chute démographique d’autre part. Les deux grands ports Figueira Da Foz (tourisme, chantiers navals) et d’Aveiro (nouvelles technologies), ainsi que la prestigieuse ville universitaire de Coimbra contiennent l’essentiel des activités économiques de la région.

La région de Lisbonne possède un important potentiel de développement, puisqu’elle concentre les principales instances de décision politique et économique du pays, un patrimoine historique et culturel propice aux activités touristiques, de nombreuses entreprises influentes et des organismes de recherche scientifique et technologique reconnus internationalement. Elle est en outre un point nodal pour le transport routier, ferroviaire, aérien, portuaire et fluvial. La population lisboète travaille majoritairement dans le secteur tertiaire, mais un processus de reconversion industrielle (transport – en panne pour le moment - et communication) est en cours le long de la vallée du Tage et dans la péninsule de Setúbal.

Le potentiel de développement de l’Alentejo est également significatif, grâce à ses vastes aires d’exploitation, à son patrimoine de premier plan (centre historique d’Evora) et à son dynamisme dans les secteurs agricole et artisanal. Toutefois, le vieillissement de la population et l’absence d’industrie amenuisent ces perspectives dans une région de moins en moins attractive.

La structure économique de la région méridionale de l’Algarve repose enfin sur trois secteurs : l’agriculture, la pêche et le tourisme, qui demeure l’activité motrice du développement économique de la région. En effet, le tourisme en Algarve a engendré un phénomène de tertiarisation de l’économie et une dynamisation du tissu économique régional.

Secteurs à fort potentiel économique

Les autorités portugaises ont défini seize secteurs à fort potentiel économique dont le développement doit être intensifié : l’industrie automobile, l’aéronautique, le tourisme, les biotechnologies, les énergies renouvelables, le secteur de la santé, les services partagés, les technologies de l’information, de la communication et de l’électronique (TICE), l’ingénierie et l’architecture, la métallurgie, l’industrie des moules, l’industrie de la chaussure, l’industrie textile, l’industrie du liège et du papier, la production vinicole et d’huile.

Rémunérations

Le salaire minimum national est fixé chaque année par des dispositions législatives spécifiques et est garanti à tous les travailleurs. Au 1er janvier 2013, le salaire minimum brut mensuel, versé sur 14 mois, s’élève à 485 euros (soit 565,83 euros sur un an).

Au salaire mensuel peuvent s’ajouter une indemnité de repas et, le cas échéant, une indemnité de déplacement. Dans le secteur privé, le montant de ces indemnités est prévu par des conventions collectives. La rémunération des heures supplémentaires et du travail les jours de repos est majorée conformément à un taux fixé par la loi. Dans la plupart des cas, le salaire versé par l’employeur est supérieur au montant prévu par les conventions collectives pour les différents secteurs d’activité. Le salarié se voit en outre octroyer deux salaires supplémentaires par an (13ème et 14ème mois), pour les vacances d’été et à Noël.

L’échelle des rémunérations [1] est très étalée au Portugal. Celles-ci varient selon le secteur d’activité, le sexe (la rémunération moyenne des femmes représente 79,8% de celle des hommes) et l’emplacement géographique (les rémunérations lisboètes représentent ainsi 126 % de la rémunération moyenne nationale, établie en octobre 2012 à 1123,50 euros par mois pendant 14 mois). Voici à titre indicatif un tableau représentant les rémunérations mensuelles moyennes par activité et catégorie professionnelle, sexes et régions confondus (octobre 2012) [2]

Mise à jour : janvier 2014

[1Une rémunération (« ganho ») correspond au salaire de base auquel sont ajoutées diverses indemnités (repas, transports, heures supplémentaires).

[2Cabinet de stratégie et d’études du Ministère de l’économie et de l’emploi, “Inquérito aos Ganhos e à Duração do Trabalho - 2012”, 2013