Emploi, stage

Marché du travail

Contexte

Les perspectives

En raison de la position stratégique et centrale de Singapour en Asie du Sud-Est et de ses innovations permanentes, le marché de l’emploi singapourien est ancré dans une position dynamique.

Malgré un taux de chômage très bas, le marché de l’emploi reste relativement hermétique. Le gouvernement tient à conserver les emplois pour les résidents locaux. Lorsqu’on est expatrié, il faut pouvoir justifier de ses compétences pour occuper un poste à Singapour et souvent prouver qu’un étranger est recherché pour ce type d’emploi.
Il existe des secteurs d’emploi à Singapour relevant de législations particulières vis à vis des étrangers.

Comme cela est abordé dans le paragraphe "entrée, séjour", une prise de poste par un Français est conditionnée par l’obtention du permis de travail, demandé par l’entreprise-"sponsor" et délivré par le Ministry of Manpower, quel que soit le métier et l’environnement professionnel.

Secteurs à fort potentiel

Les biotechnologies

Singapour mène une politique volontariste et ambitieuse afin d’imposer le secteur des biotechnologies comme le quatrième pilier du secteur manufacturier du pays. L’objectif principal avoué du gouvernement est de développer la production et le nombre d’emploi.

Il faut noter que dans la zone Asie, Singapour est en forte compétition avec ses voisins (Japon, Corée, Taiwan, Chine, Thaïlande) dont les gouvernements sont tout aussi impliqués dans ce processus de développement des biotechnologies, principalement pour des applications liées à la santé humaine.

Les chiffres du secteur biomédical comprennent les secteurs pharmaceutiques, technologies médicales (équipements médico-hospitaliers), biotechnologies et services de santé (laboratoires, essais cliniques). Le secteur biomédical représente 10% de la production industrielle et le quart de sa valeur ajoutée, presque entièrement réalisée par l’industrie pharmaceutique.

Pour en savoir plus :

Les TIC (technologies de l’information et de la communication)

Le secteur des technologies de l’information reste, pour le gouvernement singapourien, le fer de lance de l’industrie nationale. C’est l’industrie électronique qui a tiré la croissance de l’Etat pendant les deux dernières décennies et une diversification s’est effectuée ces dernières années dans les autres secteurs des technologies de l’information, plus particulièrement le domaine du logiciel.

Restauration et hôtellerie

Tous les professionnels du secteur s’accordent à dire que le recrutement est le principal problème de Singapour. La restauration n’attire pas les vocations chez les jeunes Singapouriens, préférant les emplois mieux rémunérés dans d’autres secteurs.

Les restaurants asiatiques dominent et sont segmentés par cuisine. On compte une centaine de restaurants de type occidental, dont une vingtaine de « français ». Le développement des restaurants français est freiné par le prix des cartes, leur lisibilité par le consommateur et le service jugé trop rigide. La tendance est au pot pourri de cuisines (« fusion »), avec cependant une nette avance pour du pseudo italien. Dans l’ensemble cependant, la clientèle des restaurants français a l’habitude de voyager et connaît cuisine et vins. Pour les autres consommateurs cependant, le premier modèle de cuisine occidental connu est le modèle anglo-saxon.

Pour en savoir plus :

Singapore Tourism Board ;
Singapore Hotel Association.

Secteurs à faible potentiel

  • Distribution / prêt-à-porter
  • Textile

Professions règlementées

Les professions médicales

Les professions telles que médecins, infirmières, sages femmes, dentistes, pharmaciens et kinésithérapeutes sont normalement réservées aux ressortissants de Singapour. Il existe cependant des possibilités d’obtenir une reconnaissance de qualification et d’expérience professionnelle. Ces formalités doivent être effectuées par l’employeur. Il faut être conscient qu’il sera souvent impossible d’ouvrir un cabinet à son compte. Il faut au préalable trouver un employeur, généralement un médecin déjà agréé, qui emploiera le médecin ou spécialiste sous sa direction.

Enregistrement pour les médecins généralistes

Le seul moyen d’exercer est de trouver un hôpital ou une institution prête à procéder à votre embauche. L’employeur fera alors une demande "d’accréditation" et de registration qui seront valables au maximum 12 mois.

Il n’est pas possible pour un médecin français d’exercer dans un cabinet privé sans être passé par le dispositif public et sans avoir commencé par exercer à Singapour sous la tutelle d’un médecin agréé.

Une liste des universités de médecine reconnues à Singapour a été établie. En France, les universités parisiennes Louis Pasteur et Pierre et Marie Curie délivrent des diplômes directement reconnus par le Conseil des médecins de Singapour. Ces médecins peuvent directement commencer à travailler sous une conditional registration pendant les six premiers mois, sous la tutelle d’un médecin déjà agréé, et ensuite passer en full registration.

Les personnes qui ne sont pas titulaires d’un diplôme délivré par l’une de ces universités françaises doivent d’abord commencer par s’enregistrer sous une temporary registration et répondre aux critères ci-dessous :

  • le médecin doit soumettre un certificat du Conseil de l’Ordre des Médecins français prouvant qu’il a exercé durant les trois dernières années. Le certificat ne doit pas avoir plus de trois mois ;
  • le médecin doit obtenir un certificat de pratique dont le montant est de 250 SGD pour un an et de 500 SGD pour deux ans.

Les documents à fournir, en original ou en copie, sont : diplôme, internats, pratique libérale, certificats des derniers emplois occupés, etc. Tous les documents doivent être traduits en anglais et certifiés conformes.

Il existe plusieurs types d’accréditations médicales pour les médecins généralistes expatriés qui souhaitent pratiquer la médecine à Singapour :

Full registration

Cette accréditation (250SGD) autorise les médecins à pratiquer à leur compte.

Le médecin doit être titulaire du MMBS décerné par the National University of Singapore et d’un certificat prouvant son expérience ou de qualifications reconnues par le Medical Council et posséder un certificat prouvant ses compétences. Il doit également prouver au Medical Council ses connaissances médicales, son expérience et la reconnaissance par ses pairs. Il doit avoir exercé au moins six mois à Singapour sous une conditional registration.

Conditional registration

Cette accréditation (125 SGD) autorise un médecin étranger à travailler dans un établissement de santé singapourien sous la supervision d’un médecin enregistré à Singapour.

Le médecin doit être titulaire d’un diplôme médical décerné par une école enregistrée au medical registration (les deux universités parisiennes Louis Pasteur et Pierre et Marie Curie) ou être titulaire de qualifications reconnues par le conseil des spécialistes

Le médecin doit être sélectionné par un hôpital ou une institution singapourienne approuvée par le conseil médical et doit également apporter la preuve au Medical Council de ses connaissances médicales, de son expérience et de la reconnaissance par ses pairs.

Au terme de de six mois d’un contrat en conditional registration, le médecin peut demander une full registration.

Temporary registration

Cette accréditation (150 SGD) autorise un médecin étranger à exercer pour une courte période (environ un an) renouvelable, auprès d’un établissement public singapourien :

  • dans le but d’enseigner, d’élaborer une recherche ou de valider une thèse ;
  • si le médecin n’a pas été diplômé des deux universités françaises reconnues ;
  • si le médecin étranger souhaite exercer dans le cadre d’une rencontre professionnelle pour une durée très courte ;
  • si le médecin souhaite exercer dans un établissement médical pour une période prédéterminée et dans le cadre d’un exercice spécifique.

Le médecin doit :

  • avoir une offre d’emploi émanant d’une institution singapourienne accréditée par le Medical Singapore Council ;
  • être enregistré auprès du Conseil de l’Ordre des Médecins en France ;
  • posséder au moins trois ans d’expérience à l’étranger ;
  • prouver que ses qualifications ou spécialités sont en adéquation avec sa demande de poste ;
  • passer un test d’anglais s’il n’a pas étudié en langue anglaise (score de 7 au IELTS et score de 250 pour la version électronique ou de 600 pour la version papier, au TOEFL).

Les informations, formulaires et documents requis sont disponibles sur le site Internet du Medical Singapore Council.

Des informations supplémentaires sont disponibles auprès du Medical Manpower Singapore Health Services.

Enregistrement pour les médecins spécialistes

Le médecin spécialiste doit s’enregistrer auprès du registre des spécialistes avant de pouvoir être désigné comme spécialiste et de pouvoir utiliser ce titre.

Pour cela, il faut tout d’abord que le futur employeur obtienne pour le médecin une accréditation de spécialiste (Certificate of Specialist Accreditation) auprès du Specialist Accreditation Board établi par le Medical Registration Act.

La demande ne peut se faire que pour une seule spécialité par médecin.

Après avoir obtenu cette accréditation, le futur employeur du praticien, maintenant reconnu officiellement en tant que spécialiste, doit faire la demande d’enregistrement (Certificate of Specialist Registration) auprès du Singapore Medical Council afin qu’il puisse exercer à Singapour.

Toutes ces informations sont disponibles sur le site Internet des professionnels de la santé : health professionals’ portal.

Soyez attentif aux papiers à fournir afin d’être accrédité. Tout est détaillé sur le site, aux pages indiquées.

Les infirmières et sages femmes

Les infirmières cherchant un emploi à Singapour doivent s’adresser aux institutions de santé locales qui leur permettront d’avoir accès aux offres d’emploi et qui les assistera dans leurs démarches d’enregistrement auprès du Singapore Nursing board.

Dans le cadre de la recherche d’emploi, le site du ministère de la Santé répertorie tous les contacts des centres médicaux de Singapour.

Le Singapore Nursing Board est chargé d’approuver les demandes d’enregistrement des infirmières et sages femmes afin de leur permettre, par la suite, de pouvoir exercer dans un cabinet, en tant qu’employées.

Les demandes d’accréditations sont étudiées tous les trois mois.

Pour s’enregistrer, il sera demandé de fournir, traduits en anglais, un certificat d’enregistrement (certification of registration) demandé auprès du Conseil national de l’Ordre des sages-femmes en France et du conseil des infirmiers en France, les certificats d’expérience, les contrats des emplois précédents, tous les certificats disponibles relatifs à ces métiers.

Pour en savoir plus :

Les dentistes

Le Singapore Dental Council est chargé d’approuver les demandes d’enregistrement des dentistes étrangers qui souhaitent exercer à Singapour.

Pour cela, le dentiste doit préalablement trouver un employeur. Une fois la proposition d’embauche établie, l’employeur doit faire une demande d’enregistrement (registration as a dentist) auprès du Singapore Dental Council. Avec le formulaire, le dentiste devra transmettre la copie de ses diplômes, attestations d’expérience, numéros d’enregistrement du pays d’origine, lettre du futur employeur, frais d’enregistrement (liste non exhaustive), etc… La liste détaillée concernant cette procédure, ainsi que le formulaire à télécharger, sont disponibles sur le site du Singapore Dental Council.

Pour en savoir plus :

Les pharmaciens

Pour pratiquer à Singapour, le pharmacien doit préalablement trouver un employeur. Suite à cette démarche, il doit être enregistré auprès du Singapore pharmacy council pour pouvoir exercer. Pour cela, il doit remplir un formulaire, disponible sur le site Internet du Singapore pharmacy council (www.spc.gov.sg/) et fournir tous les justificatifs demandés ainsi que les droits d’enregistrement détaillés sur cette page.

Si l’enregistrement est approuvé par le conseil, le pharmacien doit alors exercer pendant une période considérée comme un stage, afin de valider ses compétences auprès du conseil singapourien. Cette période varie entre trois et douze mois. Tout dépend de la validation d’acquis obtenue ainsi que du besoin ou non de repasser des modules à Singapour.

Au terme de cette période, le pharmacien est alors officiellement enregistré (cotisation de 200 SGD) et peut travailler dans toute institution ou compagnie qui souhaite l’employer.

Les psychologues

Pour exercer à Singapour, il n’y a pas de licence obligatoire ou d’enregistrement auprès des autorités.

Il est cependant conseillé de s’inscrire auprès de la Singapore Psychological Society afin d’être reconnu. Pour être éligible, le futur membre doit se soumettre à différentes requêtes :

  • posséder les diplômes de psychologie requis pour exercer dans son pays d’origine ;
  • être reconnu en tant que tel par le Conseil des Psychologues en France.

Si la candidature pour être membre du Singapore Psychological Society
est acceptée, le psychologue sera, suivant sa spécialité, reconnu officiellement sous le titre de clinical psychologist, counselling psychologist, educational psychologist, industrial ou occupational psychologist, etc. et inscrit au registre des psychologues singapouriens.

Les avocats

Dans tous les cas, les avocats étrangers ne sont pas autorisés à plaider devant les cours singapouriennes.

S’agissant des avocats français qui souhaiteraient travailler à Singapour, leur diplôme français n’étant pas reconnu, ils ne peuvent qu’être consultants dans des cabinets locaux ou étrangers.

En revanche, Singapour reconnaît les diplômes d’avocat délivrés dans les Etats membres du Commonwealth. Les avocats titulaires de tels diplômes peuvent être admis au Barreau de Singapour. Les diplômes d’avocat délivrés par quatre universités américaines (Harvard et Yale notamment) sont aussi reconnus à Singapour.

Pour en savoir plus :

Les architectes

Pour pratiquer l’architecture à Singapour, une licence est requise. Seules les personnes enregistrées au Board of Architects de Singapour peuvent avoir le titre d’architecte. Pour cela, l’architecte doit avoir, au préalable, obtenu dans son pays d’origine une licence d’architecture dans une école reconnue internationalement. Si le Board of Architect décide que la personne est éligible pour obtenir le titre, elle doit ensuite avoir une expérience pratique dans un cabinet d’architecture de Singapour. La durée de cette pratique va dépendre de l’expérience passée.

Si la personne a peu d’expérience : il faut au moins qu’elle ait deux ans de pratique dont au minimum 12 mois consécutifs à Singapour, plus un examen pratique à passer.

Si la personne possède au moins trois ans d’expérience, il lui faudra en plus valider deux ans à Singapour dont 12 mois consécutifs au cours des cinq années précédant la demande d’application.

Les personnes ayant plus de 10 ans d’expérience peuvent être reconnues sans le passage obligé de la pratique locale.

Cependant, un architecte français peut être embauché directement et sans accréditation dans un cabinet et exercer l’architecture s’il travaille sous la direction d’un architecte reconnu par le Board of Architects. Il ne pourra simplement pas utiliser le titre officiel d’architecte pour lui.

Toutes les informations détaillées sont disponibles auprès du Board of Architects.

Rémunération

Le salaire est le fruit de la négociation entre employeur et employé. Il n’existe pas de salaire minimum à Singapour.

Si les salariés singapouriens acceptent que leurs salaires ne soient pas augmentés en période de marasme économique, ils s’attendent à être davantage rémunérés en période de croissance économique.

A Singapour les rémunérations sont nettes, puisqu’il n’existe pas de charges sociales, un contrat signé à 5000 SGD/mois équivaut donc à percevoir 5000 SGD.

La part variable du salaire est très importante pour les employés singapouriens. Le versement d’un treizième mois est un usage répandu à Singapour. Par ailleurs, les entreprises versent des bonus de manière presque systématique, qui varient en principe d’un à quatre mois de salaire.

Les employés singapouriens se tournent fréquemment vers des propositions financièrement plus attrayantes. Pour fidéliser leurs employés, les entreprises ont intérêt à les retenir en leur offrant des promotions, des augmentations de salaires, des stages à l’étranger, des bonus, des plans de carrières, des avantages en nature, des prêts, etc.

Cette flexibilité des salaires est relativisée par l’existence des recommandations émises par le National Wage Council (NWC). Ce comité tripartite rassemble des représentants syndicaux d’entreprises et du gouvernement. Il publie par voie de presse, une fois par an, les directives qui serviront de base aux négociations salariales entre employeurs et employés.

Les recommandations du NWC pour l’année prennent en considération plusieurs facteurs :

  • les performances économiques de l’année précédente ;
  • les conditions du marché du travail, l’augmentation des salaires, de la productivité et des prix, la compétitivité des coûts, les perspectives de croissance de l’année.

Le Ministry Of Manpower publie chaque année, au mois de mai, un rapport sur les salaires pratiqués à Singapour (Report on Wages in Singapore). Les salaires mentionnés ci-dessous proviennent de ce rapport. Il s’agit des salaires avant déductions de la part salariale des charges sociales (pour les singapouriens) et avant paiement de l’impôt sur les revenus. Ces salaires n’incluent pas les charges patronales, les bonus, le paiement des heures supplémentaires et les avantages en nature.

Il convient de souligner que les salaires mentionnés dans le rapport du Ministry Of Manpower représentent une moyenne et qu’ils varient en fonction de divers facteurs (secteur d’activité, chiffre d’affaire, performance de l’entreprise).

Salaires moyens en 2010

FonctionsSalaires mensuels en SGD
Fonctions d’encadrement
Directeur administratif 4460
Directeur des relations publiques et publicité 4665
Directeur financier 6013
Responsable projet dans le BTP 4489
Business Development Manager 6216
PDG 9785
Corporate Planning Manager 6986
Directeur publicité 7728
Responsable service clientèle 5453
Directeur général 11000
Managing director 15000
Responsable site de production 5952
Directeur des opérations (commerce) 4409
Directeur des opérations (finance) 8022
Directeur des ressources humaines 6033
Directeur commercial et marketing 8952
Autres Professions
Comptable 3824
Avocat 7000
Ingénieur aéronautique 3784
Auditeur 3024
Architecte 5258
Business Management Consultant 5858
Ingénieur informatique 5874
Analyste crédit 4424
Ingénieur électronique 3560
Analyste financier 4741
Journaliste 3984
Ingénieur mécanique 3702
Ingénieur biomédical 3767
Professions techniques et professions assimilées
Technicien informatique 1911
Technicien en ingénierie électronique 2070
Vendeur 2677
Technicien du bâtiment 2343
Réceptionniste 1486
Assistant (secrétariat) 2470
Chauffeur 1471

Source : Ministry Of Manpower

Mise à jour : décembre 2013

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