Q&R - Point de presse live (4 février 2026)
Q - Hier, dans votre déclaration sur l’ouverture du passage de Rafah, vous avez mentionné qu’il y a six Français qui sont avec les forces d’EUBAM, quelles informations avez-vous reçues de ces personnes ? Qu’est-ce qu’ils vous expliquent sur l’ouverture ? J’ai aussi une autre question : il y avait pas mal de publications ces derniers jours sur l’arrestation, pas l’arrestation, des mandats d’arrêt contre deux femmes israéliennes qui ont la double nationalité israélo-française…
R - Mandat d’amener, c’est ça, pas mandat d’arrêt, mais mandat d’amener, je crois.
Q - Qu’est-ce que ça veut dire ? Donc expliquez-nous. Est-ce que ces deux mandats font partie des 28 mandats qui étaient annoncés à une certaine époque ? Vous n’avez jamais dévoilé cette liste de 28 personnes. Et j’aimerais aussi, si vous pouviez donner un peu plus de détails, qui exactement le ministre va rencontrer en Irak ?
R - S’agissant de Rafah, vous savez que nous saluons la réouverture du point de passage. C’est un élément qui est important pour nous, que nous avons souligné à la fois dans la déclaration de New York et qui était présent dans l’accord de paix de Charm el-Cheikh. Nous observons que cette ouverture a été faite à ce stade exclusivement pour les personnes, mais dans les deux sens, et cela a permis de premières évacuations médicales. Cela permet également le redéploiement ou le déploiement de la mission européenne EUBAM-Rafah dans laquelle, effectivement, six personnels français sont déployés et du personnel de l’Autorité palestinienne. Et nous nous tenons prêts à renforcer notre contribution, le cas échéant. Cette réouverture du point de passage de Rafah, doit, par ailleurs, être accompagnée de réouvertures plus massives pour faire entrer l’aide humanitaire à Gaza, dans le cadre de la mise en œuvre de la deuxième phase du cessez-le-feu, puisque depuis la semaine dernière, le dernier corps d’otage qui était encore aux mains du Hamas a été remis à sa famille. Ce qui permettra, dans notre cas, l’arrivée dans les meilleurs délais des 400 tonnes que nous avons envoyées par le Centre de crise et de soutien, et ces 400 tonnes doivent arriver aujourd’hui à Port Saïd, vont être remises au Programme alimentaire mondial et devraient être acheminées dans les meilleurs délais auprès des populations sur la bande de Gaza.
Plus généralement, enfin, la France reste mobilisée pour contribuer à la mise en œuvre des prochaines étapes du plan de paix dans le cadre de la résolution 2803 du Conseil de sécurité. Et c’est ce vers quoi, désormais, nous nous attachons à la fois sur la partie sécuritaire, gouvernance et humanitaire.
S’agissant des six gendarmes en particulier qui sont déployés dans EUBAM-Rafah, je n’ai pas plus d’éléments à vous donner que le fait qu’ils sont mis à disposition dans le cadre d’une mission de l’Union européenne, comme nous le faisons dans les différentes missions européennes auxquelles nous contribuons. Ils sont donc désormais sous commandement UE.
Votre deuxième question concernait le mandat d’amener des deux Franco-israéliennes. Un mandat d’amener, je ne suis pas un expert juridique, mais c’est différent d’un mandat d’arrêt et c’est en cas de violation des obligations d’un contrôle judiciaire. Ensuite, je vous renvoie vers l’autorité judiciaire qui est en qui est en charge de ces éléments de précision.
Q - (inaudible)
R - Un mandat d’amener, c’est en cas de violation des obligations d’un contrôle judiciaire. C’est l’ordre donné à la force publique de conduire immédiatement devant lui la personne à l’encontre de laquelle ce mandat est émis.
Q - (inaudible)
R - Encore une fois, je vous dis la définition de ce que c’est. Je vous renvoie vers le parquet compétent de l’autorité judiciaire. C’est un point de détail, mais donc ce n’est pas un mandat d’arrêt, c’est un mandat d’amener. C’est un ordre de comparaître. Et enfin, sur le fond, la justice française est seule compétente pour examiner les plaintes visant des ressortissants français pour des actes ayant pu avoir lieu à l’étranger, hors du territoire national. C’est pour cela que l’autorité judiciaire a émis cela. Mais encore une fois, en vertu de la séparation des pouvoirs, c’est vers l’autorité judiciaire que je vous renvoie sur le fond du dossier.
Q - (inaudible)
R - Je ne vois pas de quelle liste de 28 vous parlez.
Q - (inaudible)
R - Ah, de mémoire, il ne s’agit pas de 28 personnes, mais de 61 personnes qui sont sous interdiction d’entrée sur le territoire. 61, oui, c’est une sanction individuelle contre des colons violents. Donc, c’est pour cela que votre chiffre de 28, je ne vois pas à quel…
Q - (inaudible)
R - Je ne peux pas vous confirmer cela, parce que là, il s’agit en fait, encore une fois, d’une autorité judiciaire qui est compétente là-dessus, donc je ne peux pas vous dire si c’est inclus ou pas dans une liste différente. La liste des sanctions individuelles, elle est à la main du Gouvernement, donc cela, c’est autre chose, mais là, c’est une décision de l’autorité judiciaire.
Votre troisième question, c’était qui le ministre rencontrera et sur le programme, plus précisément, nous vous donnerons très vite, dans les heures qui viennent, des éléments plus précis dans le cadre d’une note aux rédactions, sur à la fois son programme et son plan de vol.
Q - Petite question. L’une concerne l’Espagne. Il y a un peu plus de trois ans a été signé par le président de la République et par le président du gouvernement espagnol, un accord bilatéral à Barcelone. Différentes questions, entre autres, il y avait la possibilité que des ministres espagnols participent au Conseil des ministres français et l’inverse. Cet accord n’a pas été ratifié par l’Espagne, principalement pour cette raison, parce qu’il y a des partis qui s’y opposent. Ma question, c’est : est-ce que le fait que l’accord n’a pas été ratifié pose problème pour le développement de certaines relations qui étaient prévues, et est-ce qu’il y a quelque chose à voir entre cette non-ratification et le fait qu’il n’y a pas eu depuis de sommets franco-espagnols ?
R - Merci pour votre question. Vous en avez une deuxième ? Allez-y.
Q - L’autre, c’est, j’imagine, plus simple. Les États-Unis ont organisé une réunion sur les minéraux critiques où il y a une participation de certains pays, l’Union européenne, je crois, a envoyé des commissaires européens. Il y avait aussi des représentants de certains pays européens. Est-ce qu’il y en a eu de la France ? Est-ce qu’il y a un représentant français ? Est-ce que la France a été invitée particulièrement ?
R - La France a été invitée. Elle sera représentée à travers la participation du délégué interministériel à l’approvisionnement pour les minerais et les matériaux stratégiques, qui porte le nom de DIAMMS.
S’agissant de l’Espagne, la priorité du Président de la République, depuis 2017,était d’approfondir les relations bilatérales que nous avions avec nos principaux partenaires européens. Nous avons, dans ce cadre-là, signé des accords avec l’Allemagne, le traité d’Aix-la-Chapelle, avec l’Italie, le traité du Quirinal, avec la Pologne, le traité de Nancy, et avec, bien sûr, le traité de Barcelone avec l’Espagne. Ce sont des traités qui sont extrêmement importants pour notre diplomatie. Ils encadrent un ensemble de processus, notamment pour rapprocher nos diplomaties, mais plus largement nos différents départements ministériels. Certains tombent sous le coup de l’article 53 de la Constitution, c’est-à-dire qu’ils doivent être ratifiés par le Parlement. Il s’agit ensuite d’une procédure parlementaire pour laquelle le Gouvernement est en dialogue avec le Parlement, mais cela n’empêche pas la mise en œuvre de ces rapprochements diplomatiques et de cette coopération bilatérale très forte que nous avons, en particulier avec l’Espagne et dans tous les domaines. Encore une fois, ce traité de Barcelone a donné une très forte impulsion. Nous appelons désormais à sa pleine mise en œuvre. C’est là où nous nous trouvons actuellement.
Q - (inaudible)
R - Non, l’organisation d’un sommet bilatéral relève de l’exécutif, donc ce sont des éléments en discussion entre les parties, et généralement entre les deux ministères des affaires étrangères.
Q - J’aimerais revenir sur votre annonce sur le Ministre qui se déplace au Proche et au Moyen-Orient, dans les prochains jours. Donc, s’il va en Irak pour parler avec les autorités kurdes des récents affrontements en Syrie, en fait, déjà, ma question, c’est pourquoi il va en Irak et pas en Syrie ? Est-ce que c’est parce que ce n’est pas assez sûr pour lui d’aller en Syrie ? Est-ce qu’il ne pourrait pas se rendre à Damas ? Et du coup, est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi il va voir les Irakiens kurdes pour parler d’un accord qui a eu lieu en Syrie ? Quel est le rôle du leadership kurde là-dedans ? Quel rôle a-t-il joué ? Parce que, si j’ai bien vu, il y a eu des appels téléphoniques avec le Président Macron, mais aussi le ministre Barrot et le leadership kurde en Irak. Pouvez-vous juste nous dire quel jour aussi, peut-être, il se rendra en Irak ?
Aussi, j’ai vu que les autorités américaines ont communiqué sur une réunion concernant la coalition contre l’État islamique qui a eu lieu dimanche au Bahreïn. La France est mentionnée comme ayant participé, d’après le communiqué. Est-ce que vous pouvez nous confirmer cette participation ? Qui a participé ? Les conclusions de la réunion ? Je suis en train de lire cette com’, qui dit qu’il y a eu un statement le 3 février, qu’il y a eu une réunion le dimanche et lundi sur… Enfin je ne sais pas, peut-être qu’il y a eu une autre réunion de la coalition anti-État islamique, mais en tout cas est-ce que la France a participé, et si oui, est-ce que vous pouvez nous en parler ?
R - S’agissant de la réunion de la coalition contre Daech, vous savez à quel point nous y sommes évidemment attachés. Lors de la réunion du Quad ministériel que nous avions accueilli, il y a désormais une dizaine de jours, ici en présence notamment de l’envoyé spécial américain Tom Barrack, il avait été convenu d’organiser une prochaine réunion de cette coalition contre Daech. Elle aura lieu en fin de semaine, et évidemment la France y participera. En tout cas, je peux vous parler de celle-ci, et pas d’une information qui tombe manifestement là, mais sur laquelle je n’ai pas plus de commentaires à donner.
Pour, ensuite, les sujets de déplacement, pour l’instant, il y a des sujets d’agenda qui sont encore en train d’être calés. Et donc, c’est à ce stade l’essentiel des informations que je peux vous donner. Mais encore une fois, dans les heures à venir, nous vous donnerons l’ensemble des informations.
Enfin, s’agissant de l’accord du 29 janvier, parce qu’en fait c’était ça votre question, qui venait compléter l’accord du 18 janvier, vous savez que nous n’avons pas ménagé nos efforts diplomatiques sur le sujet. Ainsi que le Ministre l’a dit, ces efforts ont permis d’éviter un véritable bain de sang, notamment dans le nord-est syrien, et au-delà de l’Euphrate, avec une mobilisation extrêmement importante au niveau du Président de la République, qui a échangé à la fois avec M. Mazloum et M. al-Charaa à différentes reprises ; du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, qui a également échangé avec ses homologues ; et aussi, bien sûr, sur le terrain, de notre chargé d’affaires et de notre présence diplomatique à Damas. Ces éléments étaient pour nous importants : ils permettaient à la fois l’intégration des Kurdes dans cette nouvelle Syrie, en respectant leurs droits politiques, en respectant leurs droits économiques, en respectant aussi leurs droits culturels. C’est le premier élément qui a guidé notre action. Le second était bien sûr le maintien de la sécurité et de la lutte antiterroriste, notamment contre toute future possible résurgence de Daech. Ce sont ces éléments qui ont guidé tous nos efforts ces derniers jours.
À ce stade, sur la partie déplacement, je vous l’ai dit, ce sont des questions d’agenda qui sont en train d’être tranchées à ce stade. On vous reviendra dans les prochaines heures. Je n’exclus pas d’être plus précis sur ces éléments, très vite.
Q - Demain c’est la fin du traité New START, qui limite le nombre de têtes nucléaires, le nombre de vecteurs pour les États-Unis et la Russie. Est-ce que vous avez un commentaire là-dessus ? Est-ce que la France craint un risque de prolifération et est-ce qu’elle va adapter sa posture ?
R - C’est la disparition, demain, avec New START, de toutes limites sur les plus grands arsenaux nucléaires du monde, pour la première fois depuis la guerre froide. C’est l’aboutissement de séries de reculs des normes internationales concourant à la stabilité stratégique. Il faut être très clair, et nous sommes très clairs là-dessus, sur le fait que c’est la Russie qui est responsable de ces reculs, ayant cessé d’appliquer le traité New START depuis 2023, et qui aboutit demain à cette expiration du traité en 2026. La France appelle la Russie à se conformer pleinement, en paroles et en actes, aux responsabilités qui sont les siennes, à la déclaration notamment adoptée au niveau des chefs d’État et de gouvernement du P5, le 3 janvier 2022, sur la prévention de la guerre nucléaire et des courses aux armements.
Et s’agissant de nous, enfin, la France réaffirme son soutien à la maîtrise des armements stratégiques entre les États dotés, détenant les plus gros arsenaux nucléaires. Et s’agissant de notre posture, vous savez que nous avons une posture de stricte suffisance, qui fait que nous n’étions pas parties au traité New START.