La coopération de sécurité et de défense

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La coopération de sécurité et de défense

La coopération de sécurité et de défense (DCSD) est une composante importante de l’action diplomatique de la France.
Mise en œuvre par la direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD), elle est organisée sous le prisme du continuum 3D "défense, diplomatie et développement".

La DCSD dépend du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et est rattachée à la direction générale des affaires politiques. Dirigée par le général de corps d’armée Thierry Marchand, cette direction se compose d’une soixantaine de collaborateurs. Spécialistes en géopolitique, en logistique, en finances et en ressources humaines notamment, ces experts portent la coopération de sécurité et de défense dans une dimension structurellement interministérielle à l’aide d’un pilotage stratégique qui associe les ministères des Armées et de l’Intérieur.

L’interministériel s’inscrit dans l’ADN même de la DCSD. Et par conséquent, diplomates, militaires, policiers et acteurs de la protection civile concourent ensemble à la mise en œuvre de la coopération structurelle française à travers les 5 cinq continents.

L’action de la DCSD

En 2019, la DCSD consacre plus de 30 millions d’euros de son budget au titre des interventions de coopération structurelle. Son action est quant à elle rythmée autour des compétences et savoir-faire des 4 sous-directions géographiques, thématiques et moyens.

Elle anime un réseau de plus de 300 coopérants répartis dans 140 pays, avec un effort particulier porté sur l’Afrique. L’action de coopération structurelle qu’elle promeut est complémentaire de celle menée, tant par les armées (ministère des Armées), que par la direction de la coopération internationale (Intérieur) pour la gendarmerie et la police. Les compétences de la DCSD s’étendent également à la sécurité civile.

Répondant aux engagements des livres blancs de 2008 et 2013, la mission de coopération de la DCSD s’inscrit pleinement dans le renouvellement du paradigme de la communauté internationale tel que pensé dans l’agenda 2030 pour le développement durable. L’Objectif de développement durable (ODD) 16 sur les sociétés pacifiées prend acte de l’impératif de coopérations qui renforcent sur le long terme les capacités des partenaires en termes sécuritaires, tant à l’égard de leurs concitoyens que vis-à-vis de leur environnement régional et dans le respect d’un certain nombre de normes.

La coopération de sécurité et de défense dans le monde

La coopération de sécurité et de défense se déploie dans de nombreux territoires et espaces régionaux à travers le monde et de manière différenciée.
S’agissant des zones géographiquement les plus proches, on peut distinguer deux cercles :

  • L’Afrique subsaharienne, avec des projets, toujours définis en partenariat, privilégiant une approche régionale ou sous-régionale, au travers d’écoles et de centres de formation, dans le domaine du maintien de la paix, du renforcement de l’État de droit et de la sécurité intérieure. Cette coopération est ouverte tant aux pays francophones, qu’anglophones et lusophones ;
  • L’Afrique du nord et le Proche-Orient, où la coopération vise à conforter la stabilité et la sécurité.
    Dans un contexte international incertain, où l’insécurité et les menaces, prennent des formes diverses, en particulier dans ces deux grandes régions, la coopération de sécurité et de défense contribue au renforcement des capacités sécuritaires de nos partenaires et, par extension, à la sécurité de la France.
    En Asie et en Amérique latine par exemple, un effort particulier est fait pour conforter une communauté francophone des opérations de maintien de la paix (OMP).

Missions et partenariats

Formation : francophonie et francophilie

La direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD) développe sa coopération en faveur des pays francophones et non-francophones par l’accès à différentes formations, en France et l’étranger. La direction propose notamment des programmes d’apprentissage du français, dont l’objectif est de faciliter l’accès aux écoles nationales à vocation régionale (ENVR) ou aux écoles militaires et de sécurité françaises. L’effet final recherché est de permettre une meilleure intégration des pays lors d’opérations de maintien de la paix. Elle implique chaque année la collaboration et l’envoi à l’étranger d’enseignants du Centre nationale des œuvres universitaires et scolaires (CNOUS) et de l’association générale des intervenants retraités (AGIR).

Audit et conseil : un conseiller international

Effectués à la demande des pays partenaires, l’audit et le conseil forment un élément de plus en plus représentatif de l’action de la DCSD dans le monde. Il se concrétise par l’affectation ponctuelle ou prolongée de coopérants militaires, gendarmes ou policiers auprès de hautes autorités (primature, ministère des Armées, état-major, ministère de l’Intérieur…) par le biais de missions d’expertise. Ces experts techniques français vont évaluer tout ou partie de l’outil de sécurité et de défense d’un pays et font ressortir les problèmes fondamentaux, en tentant d’apporter des solutions concrètes et adaptées. La DCSD est aussi chargée de la coordination intergouvernementale et de la préparation à la publication de l’ensemble des accords de défense.

Coopération de sécurité intérieure : rétablissement de l’État de droit

Cette démarche vise à améliorer les capacités effectives des forces de sécurité des pays partenaires par une coopération structurelle (formation en France comme l’étranger, conseil en organisation et en gestion) et logistique (aide en matériels spécifiques et entretien). L’objectif est de favoriser la consolidation et la structuration de l’État de droit.
Outre les diverses formations déjà proposées dans les domaines du maintien de l’ordre et de la police judiciaire dans différents pays d’Afrique, la DCSD a également ouvert en juillet 2003 une École nationale à vocation régionale (ENVR) de gendarmerie en Roumanie, témoignant ainsi la volonté française de participer au développement des partenaires européens. La Roumanie s’est aujourd’hui pleinement approprié ce projet.

Coopération avec les organisations internationales

La DCSD conduit aussi des actions de coopération militaire avec des organisations internationales, qu’elles traitent de sécurité, comme l’Organisation de sécurité et de coopération en Europe (OSCE), ou qu’elles soient à vocation régionale, comme l’Union africaine. Des conseillers permanents sont affectés auprès des organisations régionales ou sous-régionales (OSR) africaines au sein de l’Union africaine (UA), de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) ou du Mécanisme de coordination des forces africaines en attente (EASFCOM). Ces coopérants sont affectés principalement auprès des secrétaires exécutifs ou leurs adjoints chargés des affaires politiques, de défense et de sécurité.

Coopération dans un cadre multilatéral

La DCSD travaille à la fois avec ses partenaires et institutions :

  • En Europe : Union européenne, Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), OSCE, Partenariat pour la paix (PPP).
  • En Afrique : UA, CEDEAO, CEEAC, IGAD.
    La DCSD a également développé des projets en coopération multinationale, notamment l’École de maintien de la paix (EMP) de Bamako au Mali ou le Centre de déminage humanitaire de Ouidah au Bénin (CPADD).
    Mais aussi avec des partenaires pour une coopération multinationale comme l’Allemagne, l’Argentine, la Belgique, le Bénin, le Brésil, le Canada, le Danemark, le Japon, le Mali, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suisse et les USA.

Mise à jour : septembre 2019