La sécurité alimentaire et le changement climatique

Contexte

Selon le GIEC, l’incidence du changement climatique réduit les rendements de cultures (notamment des céréales) dans certaines régions du monde et perturbe les ressources en eau. Au Sahel par exemple, les analyses prospectives montrent que d’ici à 2050, sans mesures d’adaptation appropriées, une baisse des productions céréalières de 20% à 50% doit être attendue du fait du changement climatique, potentiellement associée à une pénurie alimentaire. Ces tendances devraient se confirmer dans les années à venir. En impactant les récoltes, le changement climatique pourrait également contribuer à l’augmentation de la volatilité des prix des produits agricoles et au-delà, à une réduction de la qualité nutritionnelle et sanitaire des aliments.
Les pays en développement ont bien conscience de ces perspectives, c’est pourquoi dans le cadre des contributions volontaires déterminées au niveau national (INDC en anglais) de l’Accord de Paris, 100% des pays africains ont mentionné le secteur agricole comme prioritaire dans leur stratégie d’adaptation au changement climatique. 58% des pays ont développés une cible spécifique pour le secteur agricole dans leur objectif de réduction des émissions de GES (atténuation).
Face au changement climatique, l’agriculture peut-être un vecteur de solutions avec la promotion de techniques qui génèrent des co-bénéfices en termes d’adaptation, d’atténuation et de hausse des productions alimentaires par exemple à travers la promotion d’approches telles l’agro-écologie. Un changement de paradigme vers des systèmes agricoles et alimentaires plus durables et plus productifs est nécessaire. D’autant plus que les agriculteurs adaptant leurs systèmes de cultures au changement climatique sont généralement moins sensibles à l’insécurité alimentaire et la pauvreté (FAO, 2015).
Un des défis pour les agriculteurs sera de réduire la quantité de ressources naturelles utilisées dans leur secteur sans pour autant compromettre les rendements et tout en diminuant les quantités d’intrants afin de préserver durablement ces ressources.

L’agro-écologie : de quoi parle-t-on ?
L’agro-écologie est une façon de concevoir des systèmes de production qui s’appuient sur les fonctionnalités offertes par les écosystèmes. Elle les amplifie tout en visant à diminuer les pressions sur l’environnement (ex : réduire les émissions de gaz à effet de serre, limiter au maximum le recours aux engrais de synthèse et aux produits phytosanitaires…) et à préserver les ressources naturelles (eau, énergie, éléments minéraux…). Il s’agit d’utiliser au mieux la nature comme facteur de production en maintenant ses capacités de renouvellement. Elle implique le recours à un ensemble de techniques qui considèrent l’exploitation agricole dans son ensemble. Dans cette approche systémique les résultats techniques et économiques doivent être maintenus ou améliorés tout en améliorant les performances environnementales.

Les secteurs agricoles, forestiers et pastoraux jouent et pourraient jouer plus encore à l’avenir, un rôle d’amortisseur efficace du changement climatique. Les principaux leviers d’atténuation de ces secteurs sont le stockage du carbone (dans les sols et les produits de biomasse) et la substitution de l’énergie (bois-énergie).

Les trois conventions de Rio, Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) et la Convention sur la diversité biologique (CDB), sont des cadres incontournables pour les interventions dans le domaine du changement climatique. Ces conventions traitent de trois questions environnementales internationales qui sont liées : impacts du changement climatique, lutte contre la dégradation des terres et perte de biodiversité.

L’action de la France

La France soutient la mise en œuvre des Contributions nationalement déterminées (NDC en anglais). L’appui au secteur de l’agriculture dans les contributions nationales à l’accord de Paris est une ligne directrice de notre action. L’AFD a mis en place la Facilité Adapt’Action, dotée d’un budget de 30M€ à déployer dans 15 pays, pour les accompagner dans leurs trajectoires de développement bas carbone et résilients, notamment dans le secteur agricole.
La France appui les projets régionaux et nationaux sur l’agro-écologie, à l’instar du soutien de l’AFD à la transition agro-écologique en Afrique de l’Ouest (8M€).
Ce soutien à une transition agro-écologique passe par un accompagnement sur les aspects techniques comme organisationnels et institutionnels. La question de la formation des agriculteurs et notamment des jeunes agriculteurs, mais aussi des formateurs est essentielle. Ainsi, l’AFD finance des programmes de formation pour les cadres, les techniciens et les agriculteurs, à l’instar du réseau FAR (Formation Agricoles et Rurales) incluant des modules de formation à l’agro-écologie.

Ensuite, les modes d’exploitation durables des zones sèches, incluant le pastoralisme, doivent être consolidés. L’organisation spatiale et sociale des mouvements des troupeaux doit être facilitée par des investissements (puits, balises). Des couloirs de transhumance peuvent être mis en œuvre afin de préserver des territoires d’élevage. La France soutient le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS) qui vise à renforcer la productivité, la pérennité et la résilience des moyens de subsistance des populations pastorales.
Enfin, la France fait du plaidoyer dans les enceintes internationales pour une reconnaissance de l’agriculture comme un secteur majeur, porteur de solutions en ce qui concerne l’adaptation et la résilience face au changement climatique ainsi qu’à l’atténuation (exemple de l’initiative 4pour1000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat).

Mise à jour : juin 2018

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