La lutte contre la malnutrition : un enjeu majeur pour le développement durable

La malnutrition est un enjeu mondial qui affecte l’ensemble des pays du monde. Elle a un coût social et économique important qui pèse sur le développement des sociétés. Au Malawi par exemple, la malnutrition coûte 10% du PIB annuel. Elle perpétue certaines injustices sociales. Les adultes ayant souffert de retard de croissance dans leur enfance gagnent en moyenne 22% de moins que leurs semblables.

Lutter contre la malnutrition engendre un cercle vertueux pour le développement durable. Une personne bien nourrie est mieux insérée socialement et économiquement et capable de mener une vie saine et active, au bénéfice de l’ensemble de la société. L’agenda 2030 pour le développement durable, adopté en septembre 2015, à New York, fixe un objectif d’amélioration de la nutrition (Objectif de développement durable n°2).

La malnutrition : de quoi parle-t-on ?

Ce terme unique fait référence à des réalités très différentes :
• La malnutrition aigüe est la forme la plus connue. C’est celle que l’on voit apparaître lors des famines ou de conflits armés. Elle est responsable chaque année de la mort de plus de 3 millions d’enfants de moins de 5 ans.
• La malnutrition peut aussi être « chronique », lorsque les personnes n’ont pas accès à une alimentation équilibrée et ne disposent pas des vitamines et nutriments suffisants pour se développer normalement. Chez les enfants, elle peut avoir des conséquences à long terme. S’ils sont atteints d’un retard de croissance, ils auront des difficultés d’apprentissage, un développement physique retardé, et auront plus de risques de contracter des maladies).
• Le surpoids et l’obésité sont aussi des formes de malnutrition. L’excès de nourriture ou une alimentation trop riche en gras entrainent des maladies telles que le diabète et des maladies cardiovasculaires. 2,5 millions d’adulte meurent chaque année des suites de ces maladies, dont la moitié dans les pays en développement.

L’action de la France pour lutter contre la malnutrition

La stratégie française en matière de nutrition répond au constat que la malnutrition ne se limite pas à la question alimentaire (offre et accès à une alimentation sûre, abordable et de bonne qualité nutritionnelle) mais inclut notamment la santé, un environnement sanitaire et hygiénique adéquat, les pratiques de soins en direction de la mère et de l’enfant. L’approche française favorise une approche coordonnée et multisectorielle.

La France agit sur le plan bilatéral et dans les enceintes européennes et internationales.

Sur le plan bilatéral

La lutte contre la sous-nutrition est inscrite comme une des priorités de la politique de développement et de solidarité internationale de la France dans la loi d’orientation et de programmation du 7 juillet 2014 (Loi n°2014-773).
En 2015, le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a initié l’élaboration d’une feuille de route sur la nutrition 2016-2020 pour identifier des axes concrets d’intervention et répondre à la priorité accordée à la nutrition dans la loi sur la politique de développement et de solidarité internationale. Celle-ci a été élaborée en concertation avec les divers acteurs français impliqués dans ce secteur (Ministères techniques, instituts de recherche, ONG, secteur privé, etc.), rassemblé dans un sous-groupe du GISA, plateforme multi-acteurs et multisectorielle pour la sécurité alimentaire et la nutrition.
La feuille de route vise à améliorer, à l’horizon 2020, la prise en compte, par la France, de la nutrition dans les programmes et stratégies humanitaires et de développement. Elle est multisectorielle et cible les secteurs de la santé, de la sécurité alimentaire (développement agricole et rural), de l’eau, hygiène et assainissement ainsi que les interventions d’urgence comme l’aide alimentaire. Cet engagement a été réitéré lors du CICID 2018.
La France contribue également par le biais de ses programmes sur la santé, notamment dans le cadre de l’initiative Muskoka (sur la santé maternelle et infantile) qui alloue 20% de ces ressources au secteur de la nutrition.

Sur le plan international

La France est engagée pour une mobilisation internationale et européenne accrue et coordonnée en faveur de la nutrition.
Dans les enceintes internationales (Organisation mondiale de la santé, Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, G7, G20), la France promeut la coordination et le renforcement de l’action en matière de lutte contre la malnutrition. La France soutient les sommets « nutrition for growth, N4G » et la proclamation par l’Assemblée générale des Nations unies de la Décennie d’action pour la nutrition pour la période 2016-2025. La France contribue au rapport sur la nutrition globale, qui constitue une ressource précieuse et très consultée.

La France fait partie du mouvement Scaling up Nutrition (SUN). Présent dans 56 pays, le mouvement rassemble l’ensemble des acteurs impliqués sur les questions de nutrition (pays participants, institutions des Nations unies, donateurs, secteur privé, société civile) et œuvre à la mise en place de politiques nationales adaptées et efficaces sur la lutte contre la sous-nutrition par le biais de plateformes multisectorielles dans chaque pays participants.
Enfin la France apporte son soutien à des initiatives qui permettent de mobiliser davantage de financements en faveur de la lutte contre la malnutrition.

Mise à jour : juin 2018

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