La gouvernance mondiale de la sécurité alimentaire

Contexte

En 2007-2008, les crises alimentaires associées à la soudaine flambée des prix des produits alimentaires ont mis en évidence la fragmentation des mécanismes permettant d’assurer la sécurité alimentaire et la nutrition au niveau mondial. Il est apparu nécessaire de renforcer la coordination des acteurs, en créant des institutions spécifiques de dialogue et de coopération, mais aussi en favorisant une compréhension commune des enjeux et des défis de la sécurité alimentaire au niveau mondial.

Dix ans après, du fait du changement climatique et des conflits, la situation en matière de sécurité alimentaire se dégrade de nouveau. Les réponses de la communauté internationale doivent s’adapter à ces nouveaux défis.

Consulter le rapport de la FAO sur « L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde »

Gouvernance mondiale : de quoi parle-t-on ?
La gouvernance mondiale de la sécurité alimentaire et de la nutrition est constituée de l’ensemble des mécanismes, cadres ou politiques qui permettent aux différents acteurs (Etats au premier chef, mais également organisations internationales, de la société civile et du secteur privé) d’améliorer durablement la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages. La coordination, la cohérence et la complémentarité des actions des organisations qui œuvrent en faveur d’une sécurité alimentaire et nutritionnelle durable doivent permettre de trouver des solutions adaptées et de mobiliser un appui significatif au bénéfice de la sécurité alimentaire mondiale.

L’action de la France

L’amélioration de la gouvernance mondiale de l’alimentation et de l’agriculture figure parmi les priorités de la politique française en matière de sécurité alimentaire.

Dès 2008, le Partenariat mondial pour l’agriculture, la sécurité alimentaire et la nutrition lancé par le Président de la république plaçait l’amélioration de la gouvernance de la sécurité alimentaire mondiale comme l’un de ses trois piliers. La présidence française du G20 en 2011 a confirmé l’ambition française de travailler en faveur d’une action internationale concertée. Elle a conduit à la mise en place d’initiatives comme le système d’information sur les marchés agricoles (Agricultural Market Information System – AMIS), hébergé par la FAO, ou encore la Plateforme pour la gestion des risques agricoles (PARM), hébergée au FIDA.

La France promeut une gouvernance mondiale inclusive, qui permette la participation adéquate de l’ensemble des organisations concernées (Etats, organisations internationales, et aussi organisations de la société civile, du secteur privé et instituts de recherche).

La France a été l’un des principaux artisans de la réforme du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), devenue en 2009 la première plateforme mondiale de dialogue sur la sécurité alimentaire et la nutrition, qui associe l’ensemble des acteurs (gouvernements, organisations internationales, société civile, secteur privé, recherche, producteurs). Elle appuie le fonctionnement du CSA et la diffusion de ses résultats, tels que les directives volontaires sur la gouvernance responsable des terres, des pêches et des forêts, recueil de bonnes pratiques qui visent à prévenir l’accaparement des terres.

Au sein du G7 et du G20, la France continue à promouvoir la priorité donnée à la sécurité alimentaire, initiée lors de la présidence du G8 et du G20 en 2011.

Enfin, elle participe à l’effort européen en matière d’aide au développement. L’Union européenne et ses Etats-membres ont adopté en 2017 un « nouveau consensus européen pour le développement » qui s’applique à l’ensemble des institutions de l’Union européenne et à tous les États membres. Réponse de l’UE aux tendances et aux défis mondiaux actuels, il aligne l’action extérieure de l’UE sur le programme de développement durable à l’horizon 2030.

La gouvernance est également un enjeu local, notamment dans les zones fragiles. Pour cela, les modes opératoires revus et promus par l’Alliance Sahel doivent permettre une plus grande efficacité de l’aide en s’appuyant d’avantage sur les acteurs locaux.

Mise à jour : juin 2018

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