Sécurité alimentaire, nutrition et agriculture durable

La situation en matière de sécurité alimentaire s’est dégradée en 2016, selon le rapport sur « L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde », publié conjointement par la FAO, le PAM, le FIDA, l’UNICEF et l’OMS. Le nombre de personnes sous-alimentées a augmenté de 38 millions, s’élevant à 815 millions, soit 11% de la population mondiale (1 personne sur 9).
L’Afrique est la région où la prévalence de la sous-alimentation est la plus élevée, avec 22,7% de la population touchée en 2016, soit 243 millions de personnes. L’Asie, est quant à elle la région avec le nombre le plus important de personnes sous-alimentées, avec 520 millions de personnes sous-alimentées, soit 11,7% de la population.
Toujours selon le même rapport de la FAO, les facteurs principaux de la faim sont le changement climatique et les conflits.

Sécurité alimentaire et nutritionnelle : définition
La France partage la définition de la sécurité alimentaire et nutritionnelle adoptée par le Comité de la Sécurité Alimentaire en septembre 2012 :
La sécurité alimentaire et nutritionnelle existe lorsque les êtres humains ont, à tout moment, la possibilité physique, sociale et économique de se procurer une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active.

La malnutrition est également un problème grave et persistant. Il existe 3 principales formes de malnutrition : la sous-nutrition (chronique ou aiguë), les carences en micronutriments et l’obésité.
Dans le monde, la malnutrition chronique touchait un quart des enfants de moins de 5 ans en 2016, soit 155 millions. On observe une baisse de ce chiffre depuis 2005, notamment en Asie et en Amérique latine. Cette diminution se fait cependant à un rythme insuffisant pour atteindre les objectifs fixés par la communauté internationale en 2030. En Afrique, le nombre d’enfants sous-nutris continue d’augmenter.

Des enjeux multiples

Les Objectifs de Développement Durable (ODD), adoptés en septembre 2015, constituent le cadre d’action international pour le développement d’ici à 2030. L’ODD 2 vise à éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable.
Les questions de sécurité alimentaire, de nutrition, d’agriculture durable sont liées à d’autres ODD et notamment l’ODD 1. Celui-ci porte sur la lutte contre la pauvreté en offrant emplois et revenus, notamment à des populations vulnérables, dans ses filières de production et de transformation (ODD 8).
L’agriculture contribue aussi à l’ODD 13 sur le climat. Elle doit d’une part s’adapter au changement climatique avec des pratiques agro-écologiques. Elle représente d’autre part une opportunité d’atténuation du dérèglement climatique par ses capacités de séquestration du carbone dans les sols, les prairies et les forêts.

Au-delà de ces enjeux, l’agriculture et la sécurité alimentaire et nutritionnelle sont également des paramètres fondamentaux pour atteindre les ODD :

  • Santé infantile et maternelle (ODD3)
  • Consommations et productions durables (ODD12)
  • Ecosystèmes terrestres (ODD15)
  • Paix (16)

Plus de 440 millions de jeunes vont entrer sur le marché du travail d’ici 2030 en Afrique et plus de la moitié sera issue des zones rurales. L’agriculture et l’agro-alimentaire constitueront le gisement d’emploi le plus important dans les décennies qui viennent dans les pays en développement (source : Banque Mondiale). Cependant, ces secteurs ne pourront attirer cette jeunesse qu’en proposant des emplois décents et attractifs. Le soutien aux emplois agricoles en milieu rural passe notamment par la formation, ainsi que par l’accès au foncier et aux financements pour les jeunes agriculteurs et entrepreneurs (transformateurs, revendeurs) des filières agro-alimentaires. La structuration de ces filières et l’intégration des petits exploitants dans ces filières constitue un enjeu majeur.

L’action de la France

L’urgence est prégnante dans les pays du Sud : la croissance démographique et les impacts déjà perceptibles du dérèglement climatique sur les populations rurales, les plus vulnérables, nécessitent des actions immédiates.

La vision française de la sécurité alimentaire et nutritionnelle s’inscrit dans une définition large reposant sur quatre piliers :

  • l’accès physique, économique et social à l’alimentation,
  • la disponibilité de la nourriture,
  • la qualité sanitaire et nutritionnelle des produits,
  • la régularité de l’accès, de la disponibilité et de la qualité.

La France s’implique également sur les questions spécifiques de nutrition, en particulier dans le cadre de la lutte contre la malnutrition maternelle et infantile. La France a élaboré une feuille de route pour l’action de la France à l’international (2016-2020) afin d’améliorer la nutrition des populations vulnérables.
La protection des populations face aux crises alimentaires passe par l’amélioration de leur résilience aux différents chocs et stress et par une meilleure prévention et gestion des crises. L’amélioration durable de la sécurité alimentaire et nutritionnelle nécessite en outre un soutien à l’agriculture familiale, au développement des filières et à la mise en place de politiques agricoles, alimentaires et nutritionnelles intégrant les enjeux de développement durable. Elle progressera également grâce à l’amélioration des services financiers et non financiers aux agriculteurs. En 2016, la France s’est engagée à hauteur de 456 millions d’€ pour soutenir les exploitations familiales agricoles, les filières agricoles, le développement durable des zones rurales, la sécurité alimentaire et la nutrition.
La contribution de la recherche dans le domaine agricole et rural sera cruciale pour accompagner les profondes transformations qu’appelle l’atteinte des Objectifs du Développement Durable, face au double défi de la croissance démographique et du dérèglement climatique.

Un contexte politique favorable

La conférence internationale d’Addis-Abeba sur le financement du développement, l’adoption des ODD et la mise en évidence des liens entre agriculture, sécurité alimentaire et nutritionnelle et dérèglement climatique durant la COP21 créent un contexte politique particulièrement favorable. Celui-ci doit être mis à profit pour engager des transformations de grande ampleur vers des systèmes agricoles et alimentaires durables. Le renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle passe par l’amélioration de la gouvernance mondiale de l’alimentation et de l’agriculture, en vue d’assurer une meilleure coordination internationale.

Une priorité de l’action de la France sur la scène internationale

Comme l’affirme la loi du 7 juillet 2014 d’orientation et de programmation relative à la politique de développement et de solidarité internationale, l’agriculture et la sécurité alimentaire et nutritionnelle constituent une des priorités de l’action de la France sur la scène internationale, tant dans le cadre de coopérations bilatérales, qu’au niveau multilatéral.
Par son action diplomatique, elle promeut cette thématique dans les enceintes internationales, comme le G7 et le G20, et auprès de l’Union européenne. La France est fortement mobilisée dans le fonctionnement du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) et soutient le secrétariat du Mouvement pour le renforcement de la nutrition (SUN). Elle travaille étroitement avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM), le Fonds international de développement agricole (FIDA) et, dans le domaine de la recherche, avec le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR).
Au niveau français, le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères s’appuie notamment sur un groupe de travail, le Groupe interministériel français sur la sécurité alimentaire (GISA). Celui-ci associe l’ensemble des acteurs français (ministères, Agence française de développement, institutions de recherche, organisations non gouvernementales, profession agricole et fondations). Il est co-présidé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) et le ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire (MAA).

Mise à jour : juin 2018

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