L’action de l’Union européenne en Asie

L’Union européenne est un acteur des enjeux politiques et sécuritaires en Asie. Souvent perçue dans la zone Asie-Pacifique, comme une entité économique et commerciale l’UE met en avant son profil « atypique » et sa plus-value sur certains sujets tels que la lutte contre les catastrophes naturelles, la sécurité maritime ou encore la lutte contre le terrorisme. Face aux différentes initiatives lancées par des pays d’Asie, elle promeut sa propre approche en matière de connectivité entre l’Europe et l’Asie.
L’Union européenne compte plusieurs partenaires stratégiques en Asie :

Les partenaires stratégiques

L’Union européenne compte plusieurs partenaires stratégiques en Asie :

Le Japon

L’UE a signé avec le Japon 2 accords majeurs en juillet 2018  :
> un Accord de partenariat stratégique (APS), qui doit permettre de développer les échanges sur les enjeux politiques et de sécurité, au-delà des dialogues existants (non-prolifération et crise nord-coréenne, cybercriminalité, lutte contre la piraterie, Afrique),
> un Accord de partenariat économique (APE), premier accord de libre-échange faisant mention de l’Accord de Paris et ouvrant de nouvelles opportunités pour les filières françaises, notamment agricoles.

En amont de l’entrée en vigueur de l’APE UE-Japon, l’Union européenne et le Japon ont chacun adopté une décision d’adéquation permettant de garantir un niveau de protection similaire des données personnelles en Europe et au Japon, sur la base du RGPD européen. Les échanges réguliers menés avec le Japon montrent une convergence de vues de l’Union européenne et du Japon sur les questions commerciales, tant sur la préservation d’un système commercial fondé sur des règles que sur la lutte contre le protectionnisme.

La Corée du Sud

Ce pays est le partenaire asiatique avec lequel l’UE a développé la relation la plus complète (accord-cadre, accord de libre-échange, accord de participation aux opérations de gestion de crise), comprend une dimension politique qui tend à s’étoffer avec, notamment, la mise en place de dialogues UE-Corée sur des sujets tels que les enjeux cyber, la Corée du Nord ou l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient.

La Chine

L’Union européenne cherche à développer sa relation avec la Chine, sur la base des principes d’unité et de réciprocité, notamment en matière commerciale, conformément à la stratégie adoptée en juillet 2016. L’UE négocie plusieurs accords dans les domaines économiques et commerciaux, dont un accord global sur les investissements comprenant un volet dédié à l’accès au marché, un accord de protection des indications géographiques, ou encore un accord bilatéral de sécurité aérienne.

Dans le même temps, l’Union européenne mène un dialogue annuel sur les droits de l’Homme avec la Chine, et travaille avec Pékin sur les enjeux multilatéraux, notamment la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat ou encore les Objectifs du développement durable. A l’occasion du sommet UE-Chine de juillet 2018, les deux parties ont annoncé la mise en place d’un groupe de travail sur la modernisation de l’OMC.
La Commission européenne et le Service européen pour l’action extérieure ont publié le 12 mars 2019 une communication conjointe sur « une perspective stratégique » vis-à-vis de la Chine, qui a fait l’objet de discussions au Conseil européen du 21 mars 2019 au niveau des Chefs d’État et de gouvernement européens.

L’Inde

Avec l’Inde, une nouvelle dynamique a été lancée qui identifie des intérêts communs en matière de lutte contre le terrorisme, de développement durable (lutte contre le changement climatique, smart cities), ou encore de sécurité maritime. Le positionnement de l’Union européenne vis-à-vis de l’Inde a récemment été renforcé par l’adoption en décembre 2018 d’un document européen de stratégie dédié, qui prévoit le soutien de l’UE à la transition énergétique en Inde, le développement de la coopération dans les enceintes multilatérales, ou encore de meilleures synergies dans le domaine de la sécurité et la défense.

Les autres priorités

L’ASEAN

L’association des Nations d’Asie du Sud-Est (ANASE ou ASEAN), qui regroupe 10 Etats et dont le secrétariat se situe à Jakarta, fait l’objet d’un soutien fort de la part de l’Union européenne. L’aide publique au développement se monte à 170M€ sur 2014-2020 avec pour objectifs de soutenir le processus d’intégration régionale. En outre, l’UE a ouvert une délégation auprès du Secrétariat de l’ASEAN à Jakarta, et participe régulièrement au niveau de la Haute Représentante aux réunions annuelles du Forum régional de l’ASEAN. L’Union européenne a en outre signé un accord commercial avec Singapour, et mène actuellement des négociations avec le Vietnam et l’Indonésie.

La Corée du Nord

En réponse au développement des programmes nucléaire et balistique nord-coréens, l’Union européenne a développé une approche caractérisée par « l’engagement critique », mêlant la pression via des sanctions autonomes contre le régime et le maintien des canaux de dialogue et de la coopération humanitaire, technique et culturelle : cette orientation a été réaffirmée par le Conseil en juillet 2017. L’Union européenne a adopté quatre paquets de mesures autonomes depuis avril 2017 et 21 personnes liées aux programmes nucléaire et balistique nord-coréen ont été sanctionnées en 2018.

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni sont, au sein de l’UE, les Etats membres les plus déterminés à maintenir la pression sur le régime dans le contexte diplomatique actuel, en travaillant notamment à la mise en œuvre des sanctions dans les Etats tiers.
Lire notre article consacré à la position française vis à vis de la Corée du Nord

L’Afghanistan

L’Union européenne est particulièrement impliquée puisque –avec 1,4 milliard d’euros- l’Afghanistan est le premier bénéficiaire de l’Aide Publique au Développement européenne sur la période 2014-2020.
La conférence des donateurs organisée en octobre 2016 à Bruxelles a permis d’annoncer des engagements à hauteur de 13,6 milliards d’euros jusqu’en 2020, dont 5 milliards d’euros pour l’UE et ses États membres.

Dans les pourparlers de paix en cours, l’Union joue un rôle de « facilitateur » en particulier dans cinq domaines  :
1/ favoriser un processus de paix inclusif
2/ contribuer aux réformes qui accompagneront un accord de paix, notamment la réforme du secteur de la sécurité
3/ travailler à un processus de désarmement, démobilisation, réintégration (DDR) des combattants
4/ jouer le rôle de garant du processus de paix, comme l’UE l’a fait par le passé en Indonésie ou en Colombie ;
5/ soutenir les projets dans le domaine du commerce et des infrastructures avec tous les voisins de l’Afghanistan.

Droits de l’Homme

L’Union européenne est particulièrement mobilisée pour les droits de l’Homme en Asie.
Avec la Thaïlande, l’UE avait mis en place des restrictions aux relations politiques de haut niveau à la suite du coup d’État de 2014. Ces restrictions ont été pour partie levées en décembre 2017.
Avec la Chine et la Birmanie, des embargos sur les armes sont en cours. L’embargo sur les armes vers la Birmanie a été renforcé en 2018 suite à la crise des Rohingyas.

L’UE mène des dialogues sur le sujet avec la plupart des États de la région, et n’hésite pas à s’exprimer ou à réaliser des démarches lorsque la situation l’exige, notamment en cas d’application de la peine de mort.

Stratégie sur la connectivité entre l’Europe et l’Asie

Cette stratégie a été publiée à l’automne 2018 par l’UE et couvre de manière transversale les problématiques de transports, énergétiques, numériques ou relatives aux échanges humains avec l’Asie.
Elle doit permettre à l’UE de promouvoir son propre modèle en matière de normes, d’infrastructures, de financements et de réseaux en évitant que les différences entre Européens ne soient exploitées à leur dépens. Le document retient l’idée d’une connectivité durable fondée sur des règles, fixant un haut niveau d’ambition en matière de standards de transparence, de bonne gouvernance et de concurrence loyale (« level-playing field  »).

Dans le même temps, l’Union européenne travaille sur le plan bilatéral avec la Chine au sein de la plateforme UE-Chine sur la connectivité qui doit permettre d’identifier des projets pouvant faire l’objet d’investissements conjoints en Europe et en Chine.

Mise à jour : août 2019

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