La Thaïlande vers un e-gouvernement

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Thaïlande | Politiques de recherche, technologiques et universitaires | Big Data
16 mars 2018

Le gouvernement thaïlandais a mis sur pied un comité des big data, data centres et cloud computing, afin d’encadrer ses 20 ministères dans la transformation numérique de la Thaïlande.

Il s’agit de gérer les données abondantes générées par les agences d’État, d’optimiser les décisions gouvernementales à la lumière de ces données et d’assurer le succès du virage numérique du pays dans le cadre la Thaïlande 4.0.
Selon Pichet Durongkaveroj, le ministre de l’économie numérique, le gouvernement rassemblera les données des organismes d’État dans un système centralisé. "Lorsqu’il sera pleinement mis en œuvre, il réduira automatiquement les coûts de fonctionnement de ces agences et affaiblira la corruption, car le public pourra suivre l’information sur tous les projets. Aujourd’hui, la plupart données sont traditionnelles et non structurées, c’est donc un grand défi de les transformer en données électroniques dans le cadre d’un écosystème numérique", a-t-il déclaré.

Le vice-premier ministre Prajin Juntong exercera les fonctions de président et M. Pichet celles de vice-président de ce comité. Ce dernier a insisté sur le fait que la transformation se ferait rapidement, à savoir d’ici à la fin de l’année 2018.
Le gouvernement thaïlandais a classé toutes les données de l’État en trois catégories : les données sensibles ou de sécurité nationale (8%), les données importantes (60%) et les données générales (32%).

Les données sensibles et importantes des organismes d’État seront traitées par les organismes publics, tandis que les données générales pourraient être gérées par le secteur privé.

La France, grâce à ses chercheurs, s’est positionnée sur la phase d’harmonisation des données, en proposant une sémantique commune pour la gestion des données.

Le développement de l’e-gouvernement thaïlandais a débuté en 1994 avec le Comité national pour les technologies de l’information. Après étude, il a constaté l’absence de standard de qualification pour le secteur public et donc la difficulté de mettre en place une interopérabilité sémantique entre les différents ministères ainsi qu’avec le secteur privé.

C’est pourquoi la Thaïlande a demandé au milieu universitaire de mener un projet pilote pour améliorer l’efficacité de la gestion et du partage des données gouvernementales. Ce projet est mené par l’université Kasetsart en charge de la création d’une sémantique commune, avec l’apport de l’expertise française, et de la standardisation des données porté par l’université KMUTNB qui s’occupe du "business process for government” et l’université KMUTT du cloud computing.

En 2016 puis 2017 des experts français sont venus en Thaïlande pour apporter des solutions techniques et pratiques sur les thèmes de l’interopérabilité des données, la mise en place des écosystèmes numériques, le big data.

Richard Chbeir, Professeur en sciences computationnelles de l’université de Pau, a développé la notion d’écosystème digital. Cet écosystème est l’ensemble des mesures mises en place pour améliorer le concept de coopération et d’interaction machine-machine, mais aussi entre humains, pour aller vers l’intelligence collective. Un exemple d’écosystème digital a été donné avec le programme Franco-Thaï PHC Siam 2011-2012 « Gestion facile de corpus multimédia » dont avait bénéficié le professeur Chbeir. Les problématiques de sémantiques et d’interopérabilité avaient alors été traitées à une plus faible échelle.

Nicolas Spyratos, Professeur émérite en science computationnelle de l’université Paris Sud a apporté son expertise dans le domaine des données gouvernementales liées et ouvertes (à savoir non sensibles et modifiables) pouvant générer de la valeur commerciale et sociale en facilitant une gouvernance participative, en réduisant les coûts et en augmentant la transparence du gouvernement et sa responsabilité vis-à-vis des citoyens.
Issue de projets de collaboration initiés et soutenus par le PHC Siam, la collaboration franco-thaïlandaise dans le domaine de l’harmonisation des données s’appuyant sur une sémantique commune trouve donc des applications dans la mise en place du e-gouvernement voulu par la Thaïlande.

Source : https://www.bangkokpost.com/tech/local-news/1420115/big-data-panel-to-direct-countrys-digital-transition
Rédacteur : vincent.drapeau[at]diplomatie.gouv.fr

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