Energie solaire : Taïwan compte doubler sa production en 2018

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6 novembre 2017

En 2018, Taïwan compte doubler sa production d’électricité d’origine solaire par rapport à 2016, a déclaré le 18 octobre la présidente de la République, Tsai Ing-wen. Dans ce contexte, trois fabricants taiwanais de cellules photovoltaïques viennent de fusionner.

La chef de l’État inaugurait au Centre des expositions de Nangang, à Taipei, l’Exposition photovoltaïque internationale de Taïwan (PV Taïwan) le salon international des industries vertes de Taïwan (TIGIS), et le Salon international de la purification de l’air et de l’assainissement (TIAP).
D’après elle, en 2018, la production d’électricité solaire devrait atteindre à Taïwan 1,52 gigawatt (GW), soit le double de 2016. « La transformation verte de Taïwan est au tournant », a-t-elle déclaré, en réitérant l’objectif de faire passer à 20% d’ici 2025 la part de l’électricité produite à partir de sources renouvelables.

Sur ce point, le gouvernement espère atteindre une capacité installée de 3 GW d’ici 2025 pour les panneaux solaires installés sur les toits et de 17 GW pour ceux installés au sol ou sur des plans d’eau, a précisé le 19 octobre le Bureau de l’Énergie, sous la tutelle du ministère de l’Économie.

Trois importants fabricants de cellules photovoltaïques viennent d’annoncer leur projet de fusion pour donner naissance au cinquième groupe mondial en termes de capacités de production. Les dirigeants de Neo Solar Power, Gintech Energy et Solartech Energy ont tenu une conférence de presse annonçant qu’ils avaient signé une lettre officialisant leur intention de fusionner les trois sociétés en une, baptisée Neo Solar Power et dotée d’un capitale de 21,1 milliards de dollars taiwanais (598 millions d’euros).

La société devrait ensuite être rebaptisée United Renewable Energy co (UREC) dont le président actuel de Gintech Energy, Pan Wen-whe, sera le directeur général.
Cette nouvelle entreprise devrait être en mesure de fournir des services intégrés couvrant l’ensemble de la chaîne de valeurs, depuis la production de cellules photovoltaïques jusqu’à leur fourniture, de manière à renforcer sa compétitivité sur le plan mondial. Et elle devrait être la deuxième plus grande compagnie solaire au monde en terme de capacité installée, avec une capacité de production de 5 GW.
La fusion, qui doit intervenir d’ici le troisième trimestre 2018, sera réalisée par le biais d’un échange d’actions. Son annonce a été saluée par le ministère de l’Économie qui a assuré qu’il soutiendrait la capacité du nouvel ensemble à croître et à affronter la concurrence internationale, dans le cadre notamment de l’initiative gouvernementale de promotion de cinq secteurs industriels innovants, dont les énergies vertes. Par ailleurs, le Fonds de Développement National du gouvernement devrait prendre une participation dans cette nouvelle entreprise, en injectant entre 4,5 et 5 milliards de dollars taiwanais (128 et 142 millions d’euros).

Tsai Ing-wen a aussi souligné l’importance de l’énergie éolienne pour atteindre l’objectif fixé à l’horizon 2025, mais également la nécessité de moderniser le réseau électrique et sa gestion, de renforcer l’efficacité énergétique, et de porter une attention toute particulière aux pics de consommation, de manière à sécuriser l’approvisionnement électrique.

Le discours de Tsai Ing-wen a notamment été salué par Martin Tzou, directeur du marché taiwanais d’EDF. Néanmoins, a-t-il indiqué, pour intégrer plus de renouvelable, c’est l’ensemble du système électrique qui doit être plus « flexible », aussi bien le réseau que l’appareil de production, d’où l’importance aussi des réseaux intelligents dont la France est leader mondial. De par sa nature insulaire, le réseau taiwanais, a-t-il déclaré, a besoin de se renforcer en robustesse et en flexibilité pour pouvoir intégrer davantage de sources renouvelables. EDF, a-t-il souligné, dispose d’une expérience précieuse dans les systèmes électriques insulaires. Sur de nombreuses îles françaises, l’alimentation électrique est jusqu’à 30% d’origine renouvelable.

Sources :

Rédactrice :
Morgane Schuhmann, morgane.schuhmann[at]diplomatie.gouv.fr
https://www.france-taipei.org/

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