Electricité éolienne : la coopération s’intensifie entre l’Europe et Taïwan

Taïwan

Actualité
Taïwan | Science de la terre, de l’univers et de l’environnement : énergie, transports, espace, environnement
15 mai 2018

Un séminaire Union européenne (UE) - Taïwan sur la certification de l’électricité éolienne offshore s’est tenu le 14 mars à Taipei. Le lendemain, un sommet Europe-Taïwan sur l’industrie éolienne avait lieu à Taichung, consacré plus spécifiquement à la constitution de la chaîne de fournisseurs et à la formation de spécialistes des énergies vertes.

Organisé par le Bureau économique et commercial européen à Taïwan (EETO) et par le ministère taiwanais de l’Économie, sous l’égide du Programme de coopération européenne sur la réglementation et l’entreprise à Taïwan (EBRC), le séminaire du 14 mars a eu lieu au Centre des congrès de l’hôpital de l’Université nationale de Taïwan, à Taipei. Cet évènement, visant à atteindre les objectifs prévus de production d’énergies renouvelables (EnR), a rassemblé quelque 200 participants, dont des représentants du Bureau du Développement Économique de la ville de Taichung, ainsi que de l’Association de l’Industrie Éolienne à Taïwan.
Pour concrétiser la stratégie innovante de développement de Taïwan et son objectif de maximisation de la production d’EnR avant 2025, une lettre d’intention a été signée par plusieurs agences et représentants de l’industrie durant le sommet, afin d’établir un « Centre de formation à l’énergie éolienne à Taïwan ». Le but est d’agir comme une plateforme coopérative pour développer la chaîne d’approvisionnement locale à Taïwan, et pour aider à recruter des spécialistes de l’industrie qui aideront à développer l’industrie éolienne locale avec des stratégies de localisation efficaces.
Le gouvernement taiwanais a réaffirmé sa promesse d’augmenter la capacité éolienne offshore à 5,5 GW d’ici 2025 – soit 57% de plus que l’objectif précédent de 3,5 GW dévoilé en aout 2017 – afin de faire face aux fluctuations de la demande énergétique causées par la dénucléarisation prochaine de l’île. L’objectif étant que les EnR fournissent 20% de l’approvisionnement en électricité, avec 20 GW d’énergie solaire, 5,5 GW d’énergie éolienne offshore et le reste généré par l’hydroélectricité et la biomasse. Les développeurs sont actuellement en train de planifier des parcs éoliens compétitifs au niveau international pour atteindre cet objectif, et le port de Taichung devrait jouer un rôle important dans la chaîne d’approvisionnement et la construction de sites dans le centre de Taïwan.
Alors que Taïwan affiche des objectifs ambitieux de transition énergétique d’ici 2025 et que l’UE a placé le développement des renouvelables au cœur de sa stratégie énergétique à l’horizon 2020, l’évaluation de la faisabilité et des risques des projets éoliens offshore est de première importance, expliquent les organisateurs. Par ailleurs, l’une des principales difficultés rencontrée à Taïwan est le manque d’expertise en ingénierie, en particulier dans la construction, l’exploitation et la maintenance des installations offshore. C’est pour cette raison que l’île a créé de nombreux partenariats avec des entreprises européennes telles que TUV Theinland ou MHI Vestas Offshore Wind.
Le fabricant danois d’éoliennes MHI Vestas Offshore Wind (MVOW) a noué des liens de coopération avec plusieurs fournisseurs de matériaux taiwanais dans le but de pénétrer les marchés d’Asie du Sud-Est, et prévoit d’installer son siège social Asie-Pacifique à Taïwan d’ici 2022. L’entreprise a récemment été choisie par China Steel Corp. et Copenhagen Infrastructure Partners comme fournisseur d’éoliennes pour leurs projets au large de la côte ouest de Taiwan. MVOW a signé des mémorandums d’entente avec China Steel Machinery Corp, basée à Kaohsiung, pour la coopération dans la fabrication de mâts d’éoliennes, avec Red Blades Windtek Corp dans la production de pales d’éolienne, avec Swancor pour les matériaux composites et les résines fossiles, et avec Formosa Corp. pour les matières premières utilisées dans la production de pales de turbine. D’après le PDG de MOVW, Philippe Kavafyan, la collaboration permettra à MVOW de fabriquer des éoliennes avec des matériaux fabriqués par des entreprises taïwanaises.

En présence de représentants de la direction générale de l’énergie de la Commission européenne, de la Banque européenne d’investissement, de poids lourds du secteur en Europe et d’experts taiwanais de l’éolien offshore, le séminaire a permis d’échanger sur les cadres réglementaires et sur les pratiques ayant cours en Europe et à Taïwan.

Co-organisé le lendemain par la Chambre européenne de commerce de Taïwan et la municipalité de Taichung notamment, et réunissant des hauts responsables politiques taiwanais, des experts européens, et les grandes entreprises du secteur, le sommet Europe-Taiwan sur l’industrie éolienne, a été l’occasion d’en savoir plus sur les futures chaînes industrielles régionales, la formation des talents nécessaires, et les perspectives de développement du secteur à Taïwan. Parmi d’autres grands noms du secteur, l’entreprise française Schneider Electric est intervenue notamment pour présenter ses solutions de gestion des énergies vertes, a fait savoir le Bureau français de Taipei.

Le secteur des énergies vertes fait partie des cinq secteurs innovants à faire l’objet d’une politique de promotion spécifique à Taïwan. D’après le ministre des affaires économiques, jusqu’à 33 milliards de dollars taiwanais (910 millions d’euros) seront investis dans le développement de l’éolien à Taïwan au cours des 7 prochaines années. La valeur du marché éolien est estimée à 122 milliards de dollars taiwanais (3,4 milliards d’euros) en 2025.

Ce séminaire intervient un jour après le redémarrage du deuxième réacteur de la centrale nucléaire N°2 de la ville de New Taipei, et une semaine après le projet de réactivation de la centrale électrique au charbon Shenao. Ces deux décisions ont soulevé de sérieuses questions quant à savoir si le gouvernement sera en mesure de se dénucléariser d’ici 2025 comme il l’a promis sans perturber l’approvisionnement en électricité, et sans augmenter les émissions de CO2.

Sources :

Rédactrice :
Morgane Schuhmann, morgane.schuhmann[at]diplomatie.gouv.fr
https://www.france-taipei.org/

PLAN DU SITE