Nouvelle méthode de traitement de l’ischémie critique des membres

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14 mai 2018

Doctorante dans un laboratoire à la Faculté de pharmacie de l’Université Comenius, Adriana Samáková effectue des travaux de recherche sur une pathologie qui représente l’un des problèmes de santé publique majeur dans les pays industrialisés : l’ischémie critique des membres.

L’ischémie critique des membres

L’ischémie critique chronique (ICC) des membres est une maladie qui provoque un flux sanguin insuffisant au niveau des membres. Cette insuffisance artérielle chronique est alors telle que la fonction microcirculatoire et le débit nutritif des membres sont sévèrement compromis. Les patients éprouvent dans les jambes de douloureuses crampes et au fil du temps certains patients éprouvent des symptômes plus graves : ulcère de jambe et gangrène. La restauration d’une perfusion par pontage ou angioplastie doit être envisagée en première intention, mais elle n’est réalisable que dans 70% des cas. Ainsi, à court terme, l’ICC est associée à un risque élevé d’amputation des membres en l’absence de revascularisation ainsi qu’à une mortalité élevée. L’évolution clinique est alors souvent péjorative. La prise en charge de patients atteints d’ICC s’articule autour de trois axes : le dépistage de facteurs de risque cardiovasculaire et des comorbidités, le traitement médical et l’approche interventionnelle.

Vers une nouvelle thérapie

Actuellement doctorante au sein du département de pharmacologie et de toxicologie de la Faculté de pharmacie de l’Université Comenius, Adriana Samáková s’intéresse aux nouvelles méthodes de traitement de l’ICC des membres inférieurs (ICCMI), et notamment à la thérapie cellulaire mononucléaire mise en place dans un but d’angiogenèse thérapeutique (formation de nouveaux vaisseaux sanguins. Cette nouvelle thérapie offre une alternative de traitement par injection de cellules du patient susceptibles de stimuler l’angiogenèse dans le membre affecté. Elle consiste à extraire des cellules mononuclées provenant de la moelle osseuse du patient (cellules souches mésenchymateuses), à les traiter en laboratoire puis à les implanter par voie intramusculaire dans l’artérite des membres inférieurs. Cette stratégie de greffe cellulaire intramusculaire constitue un espoir important pour de nombreux malades actuellement dans une impasse thérapeutique.

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Adriana Samáková, doctorante au sein du département de pharmacologie et de toxicologie de la Faculté de pharmacie (Université Comenius). Crédits photo : A. Samáková

Les chercheurs de la Faculté de Médecine à Bratislava travaillent sur ce projet en collaboration avec l’Institut National des Maladies Cardiovasculaires. Adriana Samáková s’intéresse plus particulièrement aux statines, médicaments hypocholestérolémiants et hypolipidémiants, et à leur utilisation en médecine régénérative. Elle a participé à la réalisation d’une étude clinique impliquant 22 patients de plus de 18 ans présentant un stade avancé d’ICCMI. Les patients ont été pris en charge d’octobre 2014 à mai 2017 à l’Institut national des maladies cardiaques et vasculaires de Bratislava et ont subi une thérapie cellulaire, telle qu’expliquée précédemment. Cette étude a consisté à analyser l’effet des statines à la fois sur les cellules souches mésenchymateuses greffées chez les patients mais aussi sur leurs cellules progénitrices endothéliales (EPC) circulantes dans le sang périphérique. Les cellules EPC ont un rôle important puisqu’elles stimulent l’angiogenèse et favorisent ainsi la régénération de la zone post-ischémique, la cicatrisation de la plaie et la régénération du tissu. Le manque de ces cellules EPC constitue un facteur de cause majeur dans l’ICCMI.

Les résultats de cette étude ont montré que les statines n’influencent pas la quantité de cellules régénératives greffées chez les patients. Une augmentation significative de la quantité des cellules EPC a pu être observée chez les patients suivant un traitement avec des statines, par rapport au groupe de patients ne suivant pas de traitement. Cette nouvelle thérapie cellulaire associée à un traitement avec des statines semblerait être bénéfique pour la multiplication des cellules EPC, stimulatrices de l’angiogenèse. Adriana Samáková et son équipe prévoient de répéter cette étude et d’en effectuer d’autres pour confirmer ces résultats.

Pour en savoir plus :

Sources :

Rédactrice : Adèle Picquet, Chargée de mission pour la Coopération Scientifique et Universitaire, Ambassade de France en Slovaquie, http://sk.ambafrance.org

Contact : adele.picquet[a]diplomatie.gouv.fr

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