Des chercheurs tchèques développent un cristal qui permettrait d’accélérer la sauvegarde de données

République Tchèque

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République Tchèque | Science de la matière : matériaux, physique, chimie, optique
18 janvier 2016

Des scientifiques tchèques en coopération avec des chercheurs du Royaume-Uni et d’Allemagne ont développé un nouveau type de cristal permettant d’accélérer la sauvegarde de données. Ce travail a été publié en ligne par la revue « Science » le 14 janvier 2016.

Dans les matériaux ferromagnétiques, les aimants microscopiques se basent sur des atomes individuels, les fameux « spins ». Ils s’orientent tous dans la même direction. Cette dernière peut être changée par la circulation d’un courant électrique. C’est le principe de l’enregistrement des données et du stockage dans les supports ferromagnétiques.

Les aimants ferreux et non ferreux sont les deux organisations magnétiques principales. A priori, les scientifiques pensaient que le magnétisme peut être contrôlé et utilisé seulement dans les aimants ferreux. Ces chercheurs ont démontré qu’une commutation par le courant électrique du magnétisme d’une micro-puce non ferreuse était possible.

Dans un support non ferreux, la moitié des spins s’orientent dans la même direction et l’autre moitié dans la direction inverse. Pour inverser leurs orientations, il est donc nécessaire de faire circuler deux courants électriques dans le sens opposé. Réaliser cela est très difficile puisque les deux types de spins sont mélangés avec une distance très réduite entre eux.

Pour résoudre ce problème, les chercheurs se sont intéressés à un nouveau phénomène physique. Au sein d’un support non ferromagnétique, lorsqu’un courant électrique macroscopique traverse certains cristaux non ferromagnétiques, des électroaimants microscopiques se forment spontanément sur chaque atome et joue le rôle inverse des spins d’un support antiferromagnétique. Si le courant électrique est coupé, ces micro-électro-aimants disparaissent. Il s’agit du nouveau principe d’écriture et de stockage sur des supports non ferromagnétiques.

L’avantage de ce nouveau type de support pour stocker l’information réside dans son insensibilité aux champs magnétiques qui pourraient malencontreusement effacer les données stockées. De même, ces matériaux ne produisent pas de champ magnétique parasite pouvant interférer avec d’autres supports de mémoire connexes. Ils sont aussi plus sûrs puisqu’il est impossible de lire le champ magnétique, ce dernier n’étant pas émis.

Une autre avancée majeure concerne la vitesse à laquelle peut être enregistrée l’information sur les supports non ferromagnétiques. Sa vitesse physique est de 100 à 1000 fois plus élevée que dans les supports ferromagnétiques, a indiqué le chercheur Tomas Jungwirth de l’Académie tchèque des sciences.

Pour en savoir plus :

http://science.sciencemag.org/content/early/2016/01/13/science.aab1031

Source :

http://www.cas.cz/sd/novinky/hlavni-stranka/2016/160114-novy-koncept-pro-ukladani-dat-elektricky-zapis-v-antiferomagnetu.html

Rédacteur(s) : Clément DIOT – clement.diot[a]ifp.cz

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