Le budget de la Fondation pour la Science et la Technologie augmente de 10% en 2018.

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Portugal | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
16 novembre 2017

« Garantir le processus de convergence vers l’Europe de la Connaissance » est le grand objectif de la proposition de budgétisation 2018 de l’Etat dans le domaine de la Science, la Technologie, et l’Enseignement supérieur.

Quatre mesures politiques composent ce budget :
1. Concrétiser le contrat de législature (stimulation à l’emploi) avec les universités et les instituts polytechniques, à travers l’augmentation du financement général des institutions d’enseignement supérieur, qui atteint 1 Milliard d’Euros2. Renforcer les compétences digitales chez les citoyens et élargir la base de recrutement de l’enseignement supérieur en promouvant l’Initiative Nationale Compétences Digitales (INCoDe2030), tout en maintenant le nombre de boursiers à 20% du total des étudiants de l’enseignement supérieur, avec un budget pour les bourses d’action sociale élevé à 144 millions d’euros.3. Renforcer l’emploi scientifique, en « promouvant l’internationalisation de la capacité de la science, la technologie et l’innovation nationale, tout en stimulant la responsabilisation des institutions dans le renforcement des activités de base scientifiques et technologiques ». Dans cette optique, l’augmentation du budget de 55 millions d’euros prévue pour la FCT, soit 10% (passant donc de 511 à 566 millions d’euros en un an) prend en compte le financement de 3000 contrats pour les chercheurs obtenant leur doctorat en 2018.
4. Continuer l’augmentation de l’investissement public et privé en recherche et développement (R&D), promouvoir l’innovation, l’appui aux instituts scientifiques, le lancement d’un programme de stimulation à la création de laboratoires collaboratifs, et diversifier les sources de financements pour ces projets de R&D. Pour cela, le budget total de la FCT inclut notamment l’augmentation de l’investissement en culture scientifique et en formation avancée, de manière à soutenir les 1600 nouvelles bourses de doctorat en 2018 (contre 1440 en 2017).

Les laboratoires collaboratifs sont conçus pour transférer les connaissances et la technologie entre ses différents acteurs : centres de recherche, universités, écoles polytechniques, centres technologiques, entreprises, autorités locales, associations locales, hôpitaux, musées, institutions politiques sociales…

Par ailleurs, le 11 octobre, la FCT a ouvert l’appel d’offre pour la reconnaissance et l’attribution du titre de laboratoire de collaboration, mettant en lumière l’objectif de « créer, directement et indirectement, la main d’œuvre qualifiée et l’emploi scientifique au Portugal, à travers la mise en œuvre de programmes de recherche et d’innovation visant à créer une valeur économique et sociale ». L’appel sera ouvert en permanence.

Au-delà de ces quatre mesures, le Ministère des Sciences, de la Technologie et de l’Enseignement Supérieur (MCTES de son acronyme portugais), souligne dans ce même document que le besoin de se développer dans de nouveaux domaines de recherche et de renforcer la position du Portugal en Europe « exige un recours à des fonds remboursables pour les activités de R&D et pour la valorisation économique de la science et de la technologie ». Selon les termes du processus initié en mars 2017 avec la Banque européenne d’investissement, le gouvernement entend « attirer au Portugal un investissement de 180 millions d’euros sur une période de quatre ans, remboursable sur 20 ans ». Pour 2018, un investissement d’au moins 35 millions d’euros est prévu.
Le projet de budget 2018 prévoit un renforcement continu de l’enseignement supérieur, ce qui devrait être discuté sérieusement en 2018 après l’évaluation de l’OCDE présentée fin 2017, comme l’expliquait Manuel Heitor, Ministre de la Science, Technologie et de l’Enseignement Supérieur. Ce dernier ajoute notamment que le document « considère la co-responsabilité croissante des établissements d’enseignement supérieur, en particulier pour le renouvellement de leur personnel enseignant et de recherche ».

D’autre part, il vise à « renforcer les institutions, en particulier leur identité et leur autonomie, tout en continuant à valoriser l’enseignement polytechnique » ; stimuler la diversification et l’internationalisation de l’enseignement supérieur, promouvoir l’entrée dans l’enseignement supérieur des étudiants issus des écoles secondaires professionnelles et des étudiants de plus de 23 ans ; renforcer le soutien social pour les étudiants dans le besoin ; développer la formation aux compétences numériques et lancer l’initiative « Study In Portugal » pour la diplomatie académique et scientifique.

En ce qui concerne la science et la technologie, le MCTES souhaite, entre autres objectifs prioritaires :

  • Renforcer la collaboration scientifique et institutionnelle entre les différents secteurs de la société et de l’économie (la santé, l’agriculture, l’environnement, la mer, l’économie, la culture et le tourisme) ;
  • Approfondir les interactions de l’Atlantique, y compris l’installation du Centre International pour la recherche de l’Atlantique (AIR Center) aux Açores afin d’intégrer les connaissances des changements climatiques, l’atmosphère, l’espace et les océans ;
  • Renforcer l’agenda scientifique et culturel pour la Méditerranée (programme européen PRIMA) ;
  • Lancer et renforcer un nouvel agenda pour l’espace ;
  • Poursuivre l’élaboration d’un plan national des sciences et de la technologie, et enfin compléter le processus d’évaluation des unités de recherche.

Ces initiatives et projets font échos au discours de Manuel Heitor en mai 2017 lors de la Journée de la Science, lors de laquelle était clairement affichée l’ambition du Portugal de se hisser à un niveau compétitif européen en Sciences et Technologie, étoffée par un investissement toujours plus conséquent dans le domaine.

Sources :

Rédacteur : Amaury HOCQUET, Chargé de coopération scientifique à l’Institut Français du Portugal amaury.hocquet[at]ifp-lisboa.com

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