L’expédition Blue Açores va explorer des fonds marins peu connus

Portugal

Brève
Portugal
13 juillet 2018

Une première longue plongée des zones profondes les plus inexplorées de la mer açorienne – c’est ce que propose l’expédition scientifique Blue Azores qui va naviguer entre les îles de Flores et Corvo durant le mois de juin.

L’expédition Blue Azores - dirigée par Emanuel Gonçalves, biologiste marin à l’Institut Universitaire des Sciences Psychologiques, Sociales et de la Vie de Lisbonne (ISPA de son acronyme portugais), et Paul Rose, de la société National Geographic - vise à cartographier les fonds marins et chercher de nouveaux habitats.

Cette expédition résultant d’une pré-expédition réalisée en 2016, explorera certaines zones moins connues de la région, déclarait Emanuel Gonçalves au journal Publico, expliquant que les îles de la mer (Flores et Corvo) qui composent le groupe occidental de l’archipel açorien, sont à ce jour encore peu connues.

Selon le chercheur, cette région est riche en sources hydrothermales, ce qui entraine une forte concentration en nutriments et minéraux dans ces eaux. L’étude vise en outre à quantifier ce que représentent ces sources hydrothermales en termes de biodiversité.

L’expédition, selon le communiqué, compte 23 scientifiques de différents domaines de recherche, organisés en quatre équipes. Celles-ci se dédieront au recensement de la biodiversité, le marquage et le placement d’émetteurs, la récupération à distance des images par des caméras munies d’appâts, l’étude d’habitats en profondeur et des plongées avec un véhicule sous-marin piloté à distance (ROV de son acronyme anglais – remote operated vehicle).

Le ROV permettra d’explorer la dorsale médio-atlantique, et d’y découvrir de nouveaux habitats ; il permettra également de cartographier le fond marin pour un relevé plus précis du relief sous-marin et de la géographie de cette région. Emanuel Gonçalves pense également y découvrir de nouvelles espèces.

En plus de l’équipe scientifique, composée d’experts de l’Université des Açores, de l’Institution Océanographique Woods Hole, l’Université d’Hawaii (toutes deux situées aux États-Unis) et du Conseil International pour l’Exploration de la Mer, l’expédition sera accompagnée de l’équipe de tournage et de photographie de National Geographic et de la Fondation Waitt ainsi que du photographe portugais, Nuno Sá, qui s’est récemment vu récompensé d’un BAFTA TV Awards, pour la série télévisée Blue Planet 2, sur la BBC.

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Açores, 2016
EMANUEL GONÇALVES

L’expédition se fera sur le navire Santa Maria Manuela qui a été entièrement rénové en 2010. Il naviguera en compagnie de l’Almirante Gago Coutinho, de la marine portugaise, qui sera au service de l’Institut hydrographique pour cartographier le fond marin de la région, ainsi que du bateau de recherche açorien Living Waters.

Sera à bord le chercheur Alan Friedlander, qui compte plus de huit mille heures de plongée, passées à explorer quelques-unes des zones les plus reculées et difficiles de la planète. L’équipage souhaite en effet explorer certains environnements peu profonds (30 mètres), et quantifier la faune et de la flore existantes et en les comparant avec d’autres zones océaniques, selon Emanuel Gonçalves. Celui-ci explique que, si le ROV agira à des profondeurs comprises entre 200 et 300 mètres ou entre 1000 et 1500 mètres, les plongeurs analyseront les zones moins profondes.

Outre l’état des lieux de la biodiversité, il est également question d’utiliser des caméras dotées d’appâts en haute mer pour évaluer les occurrences de la mégafaune et d’autres espèces, ainsi que de marquer la mégafaune marine avec des émetteurs radio et satellite utilisant un équipement non invasif.
Cet environnement marin encore peu connu compte de nombreux reliefs sous-marins comme les monts « Géant », « Princesse Alice », et le « Cachalot », qui font partie du réseau des réserves naturelles de l’UNESCO. La société National Geographic produira un documentaire sur l’expédition, comme elle l’avait déjà fait en 2016 avec le documentaires « Îles Sauvages » tourné à Madère.

Source :

Rédacteur : Amaury HOCQUET, Chargé de coopération scientifique à l’Institut Français du Portugal amaury.hocquet[at]ifp-lisboa.com

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