Douze entreprises portugaises rejoignent des consortia pour le centre spatial des Açores

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17 décembre 2018

Les résultats de la première phase de la création d’une base pour le lancement de petites fusées de l’île de Santa Maria ont été publiés. Elle sera suivie, au début de l’année prochaine, du lancement d’un concours international. L’objectif est que les premières fusées soient prêtes d’ici trois ans à décoller pour lancer des satellites.

Les entreprises aérospatiales du monde entier avaient été invitées, fin septembre, à manifester leur intérêt, jusqu’au 31 octobre, pour la création d’un centre spatial aux Açores. Le Ministre de la Science, de la Technologie et de l’Enseignement supérieur (MCTES) du Portugal, Manuel Heitor, a annoncé les résultats de cette consultation : 14 consortia internationaux, dont 12 sociétés portugaises, ont manifesté leur intérêt pour la conception, l’installation et l’exploitation d’un centre spatial aux Açores, sur l’île de Santa Maria. Malbusca, dans le sud de l’île, serait le meilleur site pour installer cette base spatiale.

Parmi les 14 consortia figurent des entreprises de plusieurs pays : 11 de l’Union européenne, deux des États-Unis et un de Russie. L’un est dirigé par une société portugaise : Valispace. Selon le MCTES, ces entreprises "ont manifesté leur intérêt pour agir tout au long de la chaîne de valeur associée à la nouvelle génération de services de lancement de petits satellites dans l’espace".

Sept des consortia ont soumis des propositions pour de nouvelles solutions d’accès à l’espace en utilisant de petites fusées (ou micro lanceurs), tandis que les sept consortia restants ont proposé des produits et services d’ingénierie et de logiciels, ainsi que l’infrastructure au sol d’un centre spatial. Afin de proposer des lancements à faible coût et à faible impact environnemental préservant la biodiversité des Açores, Manuel Heitor estime que le développement de nouvelles technologies est nécessaire, en particulier les carburants liquides, différents des combustibles solides utilisés dans la plupart des lancements, de par leur meilleur contrôle. Ainsi la priorité est aux nouvelles technologies à faible impact environnemental.

L’échéance fixée à 2021 - soit trois ans - pour voir les premières fusées munies de petits satellites décoller des Açores, et offrir ces services de transport dans l’espace à plusieurs opérateurs, en fait un projet ambitieux.

Des études de faisabilité financière devront également être effectuées ; néanmoins, il est déjà convenu que l’investissement public correspondant aux infrastructures portuaires, aéroportuaires, routières et terrestres, sera au total de six millions d’euros. Le reste de l’investissement proviendra du privé, d’où l’importance pour le ministre de trouver des consortia internationaux et d’avoir accès aux fonds européens.

D’un projet ambitieux quoi qu’un peu vague en avril 2017, le Portugal est donc passé à un début de concrétisation dès novembre 2018. Les prochaines étapes du processus sont déjà définies. Les 14 propositions vont maintenant être analysées par une Commission Internationale de haut niveau, composée de neuf experts portugais et étrangers, coordonnée par Jean-Jacques Dordain, ancien directeur général de l’ESA (2003-2015), comprenant notamment : Gaele Winters, directeur des lanceurs de l’ESA jusqu’en 2017 ; Dava Newman, administratrice adjointe de la NASA jusqu’en 2017 et professeure à l’Institut de Technologie du Massachusetts ; Byron Tapley, professeur émérite à l’Université du Texas à Austin ; et Antonio Cunha, professeur à l’Université de Minho et ancien président du Conseil des Recteurs des Universités Portugaises.

La première réunion de cette commission a eu lieu en novembre 2018. Elle aura pour tâche initiale de définir les exigences d’un concours international pour les services de lancement spatial de l’île de Santa Maria (qui sera ouvert en janvier et février de l’année 2019) et choisir parmi les propositions des 14 consortia qui seront invités à participer à ce concours.

À la fin du concours, un consortium unique, qui pourra résulter de la fusion de plusieurs concurrents, sera désigné. Le MCTES appelle la Commission de haut niveau à négocier avec les différents concurrents afin de garantir une conception appropriée en matière d’environnement, de sécurité et de technologie.

L’évaluation des propositions par la Commission internationale de haut niveau et sa présentation publique devraient avoir lieu entre février et mars 2019.

La dernière étape de l’évaluation des propositions aura lieu en mai 2019. Puis, à la fin du mois de mai, les négociations finales commenceront avec les entreprises et les consortiums, suivies de la signature en juin 2019 du contrat de développement et d’exploitation du "port spatial" des Açores. À ce moment-là, le ministre veut que l’Agence Spatiale Portugaise soit déjà créée.

Ainsi, si tout se passe comme prévu, lors des prochaines élections législatives de septembre ou octobre 2019, le contrat de développement et d’exploitation du centre spatial sera déjà établi. Au cours des deux années suivantes, jusqu’en juin 2021, une évaluation externe de la phase de mise en œuvre du centre spatial sera réalisée.

Sources :

Rédacteur : Amaury HOCQUET, Chargé de coopération scientifique à l’Institut Français du Portugal amaury.hocquet[at]ifp-lisboa.com

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