Une entreprise polonaise impliquée dans la construction et les tests de composants d’un satellite de l’Agence Spatiale Européenne

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15 mai 2018

L’Agence Spatiale Européenne (ESA) compte dans ses futures missions l’élaboration et l’envoi du satellite Biomass. Il doit évaluer le volume global de la biomasse tropicale de la planète afin d’estimer les quantités de carbone stockées et les flux de celui-ci. Ce projet fait partie du programme Living Planet qui se concentre sur l’étude de l’atmosphère terrestre, de la biosphère, de l’hydrosphère, de la cryosphère et de l’intérieur de la planète.

L’appareil devrait être mis en orbite en 2020 et fonctionnera pendant 5 ans.

L’entreprise polonaise d’ingénierie SENER travaille sur la construction et les tests de composants permettant d’assembler le satellite Biomass.

Les technicités de l’Earth Explorer Biomass

Biomass utilisera pour la première fois un radar à synthèse d’ouverture en bande P (utilisation d’une bande de fréquence étroite afin de d’évaluer précisément la biomasse forestière) capable de mesurer la hauteur de la biomasse et des arbres avec une résolution de 200 mètres et d‘évaluer les surfaces au sol avec une résolution de 50 mètres. Il pourra ainsi fournir des cartes précises de la biomasse des forêts tropicales, tempérées et boréales.

Le satellite sera placé sur une orbite héliosynchrone (désigne une orbite géocentrique légèrement rétrograde dont on choisit l’altitude et l’inclinaison de sorte que l’angle entre le plan d’orbite et la direction du Soleil demeure quasiment constant) par le lanceur européen Vega à une altitude avoisinant les 660 km.

L’apport polonais

La société SENER Polska, mandatée par OHB Italie, concevra, fabriquera et testera des dispositifs pour l’assemblage de la structure satellite, y compris le système de transport vertical, montage et démontage des panneaux satellites, montage et démontage des principaux équipements de recherche - radar, et un conteneur pour le transport par radar.

L’ensemble du satellite pèsera 1 170 kg et aura une dimension de 10 x 12 x 20 m.
Le défi technique repose dans la structure du satellite qui doit être conçue pour s’accommoder au volume restreint de la coiffe du lanceur Vega. Or le réflecteur radar de 12 mètres de diamètre stocké en position repliée occupe un volume important.

Les axes de recherche et résultats attendus

Tous les six mois, les scientifiques obtiendront une carte 3D précise des forêts du monde et sur sa mission de 5 ans Biomass sera témoin d’au moins huit cycles de croissance de ces mêmes forêts.

Les objectifs scientifiques de cette mission sont multiples. Elle vise notamment à réduire les incertitudes concernant les stocks et émissions de carbone liées à la déforestation et à la dégradation des sols (soit 10 à 20% du carbone libéré dans l’atmosphère).

Ce satellite apportera également un soutien essentiel aux traités des Nations Unies sur la réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts.

Les observations de cette nouvelle mission permettront également de mieux comprendre les taux de perte d’habitat et, par conséquent, l’effet que cela peut avoir sur la biodiversité dans l’environnement forestier.

La mission offrira l’occasion de cartographier la géologie souterraine dans les déserts, les mouvements des calottes glaciaires et la topographie des sols forestiers. Par exemple, les archéologues peuvent l’utiliser pour rechercher des bâtiments cachés sous la surface des déserts.

La mission Biomass, dotée d’un budget de 420 millions d’euros, est réalisée en coopération avec des agences spatiales d’Europe et des États-Unis.

Pour en savoir plus :

Les missions de l’ESA du programme Living Planet

Rédacteur :

Thibaud DUBRULE, Chargé de Mission Scientifique à Varsovie, thibaud.dubrule[at]diplomatie.gouv.fr

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