Lutte contre le cancer : deux projets prometteurs à l’Université de Varsovie

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Pologne | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
15 mai 2018

La lutte contre le cancer est au cœur de deux projets prometteurs conduits par deux équipes distinctes mais toutes deux affiliées à l’Université de Varsovie. Leurs travaux pourraient peser dans la lutte contre le cancer de ces prochaines années.

Le dépistage du cancer par séquençage génomique ciblé

Le premier projet développé dans le cadre de la start-up de biotechnologie Warsaw Genomics et chapeautée par l’Université de Varsovie, propose une détection des personnes présentant un haut risque de cancer en utilisant le séquençage génomique ciblé. En effet, soixante-dix gènes ont été catégorisés comme les plus susceptibles de posséder une mutation cancérigène : en restreignant le séquençage, d’ordinaire extraordinairement coûteux, à ces soixante-dix gènes, on peut dépister un maximum de cancers et identifier une population à risques à un coût minimal. Avant même que les cellules n’évoluent, une étude attentive des gènes permettrait de déterminer les probabilités de cancer, et de suivre attentivement leur évolution.

L’équipe dirigée par Krystian Jazdzewski s’est fixé l’objectif de dépister les 200 000 femmes qui risquent de développer un cancer du sein, selon les estimations chiffrées, grâce aux données cliniques fournies par le patient et d’une méthode de séquençage de pointe. L’équipe pourra alors dresser un tableau des risques, et prendre des mesures pour chaque personne (un « programme prophylactique personnalisé »).

Recherche et essais cliniques collaborent étroitement : dès qu’une méthode est testée et validée par l’équipe de recherches, elle est mise à l’essai par la start-up de biotechnologie, permettant un retour rapide et une efficacité accrue.

Biologie moléculaire et lutte contre le cancer

Un second projet est à quant à lui consacré à la synthèse moléculaire d’ARN messagers.

L’acide ribonucléique (ARN) est une molécule biologique présente chez pratiquement tous les êtres vivants et très proche chimiquement de l’ADN, et en général synthétisé dans les cellules à partir d’une matrice d’ADN dont il est une copie.

Une équipe du Centre de nouvelles technologies et de la Faculté de physique s’intéresse de près à la biologie moléculaire, plus précisément à la synthèse chimique de nucléotides, et de groupement de nucléotides tels que les « ARN messagers », des copies d’une portion de l’ADN destinées à stimuler la production de certaines protéines par l’organisme.

Sous la direction des Pr. Jacek Jemielity, Pr. Edward Darzynkiewicz et Dr. Joanna Kowalska, l’équipe a mis au point notamment une méthode permettant de pallier le principal défaut des ARN messagers : la vulnérabilité de leurs « coiffes », des nucléotides situés à leur extrémité qui protègent le code de la dégradation. En effet, ils ont réussi à synthétiser des coiffes jusqu’à cinq fois plus résistantes qui offrent des possibilités nouvelles, notamment à la lutte contre le cancer. Ainsi parés, les ARN contribueraient activement et efficacement à lutter contre le cancer depuis l’intérieur du corps – un pas de géant scientifique.

Pour couronner son succès, le laboratoire a été sélectionné pour faire partie des 15 finalistes du « European Inventor Award 2018 » ; il sera en lice le 7 juin pour la remise de prix qui se déroulera à Paris.

Rédactrice :

Marie CHUVIN, Stagiaire, service de Coopération Scientifique et Universtaire, marie.chuvin[at]diplomatie.gouv.fr

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