6-8 novembre, Fornebu

Norvège

Rapport
Norvège
6 décembre 2017

Du 6 au 9 décembre s’est tenue la Svalbard Science Conference, une conférence rassemblant des scientifiques travaillant au et sur le Svalard, pour la première fois à Oslo.

Contexte

Organisant habituellement des conférences annuelles à Ny-Ålesund, le Svalbard Science Forum a cette année rassemblé les scientifiques travaillant sur le Svalbard à Fornebu, dans la banlieue d’Oslo. L’objectif était de réunir une audience nombreuse et internationale. L’événement sert à la fois un but scientifique (présentation des avancées de la recherche au et sur le Svalbard) et politique (démonstration de l’implication et des responsabilités de la Norvège dans l’archipel).

Le fil rouge de la conférence a ainsi été de montrer la singularité du Svalbard dans la recherche Arctique. D’une part, parce que les phénomènes observés dépendent de sa condition insulaire. D’autre part, parce que c’est une base d’études du Svalbard beaucoup plus accessible que celles situées aux Etats-Unis ou au Canada – pour des raisons de visa notamment.

Les 313 inscrits à la conférence représentaient 27 nationalités. L’assistance était principalement norvégienne avec 162 inscrits. On peut ensuite noter l’intérêt polonais (22 inscrits), russe (21), allemand et italien (17) et suédois (11). 7 français étaient présents. Le meilleur poster, sélectionné parmi les exposants des deux premières journées, était d’ailleurs français.

Programme

La conférence s’est déroulée sur trois jours, avec une quatrième journée consacrée à des événements parallèles (au Conseil Norvégien de la Recherche).

Lundi 6 novembre : « Setting the stage »
Une session sur l’importance de la recherche au Svalbard pour répondre aux défis globaux ; et une session sur les nouveaux outils pour ce faire (technologies autonomes pour la collecte de données, RiS…).
Mardi 7 novembre : « Connecting Svalbard Research »
Accent mis sur l’interdisciplinarité et le partage des données.
Mercredi 8 novembre : « Thematic Research »
Sessions parallèles par domaine scientifique (atmosphère, terre, mer, glace).
Jeudi 9 novembre : side events.

Interdisciplinarité et partage des données

De nombreux intervenants ont insisté sur la nécessité de partager les données recueillies, pour économiser les coûts de collecte et améliorer les modèles. De même, dans la majorité des problématiques étudiées, une certaine interdisciplinarité serait nécessaire pour la compréhension globale des phénomènes. Si ces deux thèmes sont récurrents dans la recherche en général, ils semblent particulièrement importants au Svalbard dans le sens où les sujets environnements sont tous très reliés…
Deux outils gouvernementaux destinés à faciliter ces deux processus sont actuellement en développement :
Research in Svalbard database (RiS) : SIOS met en place une base de données permettant de localiser les projets à proximité (laboratoires et travaux de terrain) en utilisant des mots-clés . NB : RiS se superpose à l’échange déjà existant, mais informel, des données entre les équipes de chercheurs sur place.
Copernicus (Marine Environment Monitoring Service, projet de la commission européenne pour fournir des données extensives et en libre accès sur l’environnement polaire (Arctique et Antarctique).

Problématiques scientifiques

Carbone noir. Effet complexe sur le réchauffement de l’archipel. N’est pas émis au Svalbard mais a des effets sur place ;
Dégradation du permafrost ;
Colonisation des côtes par de nouvelles espèces (venues principalement de Norvège) en raison de la disparition de la glace.
Impact environnemental et impact sur les activités de recherche de l’augmentation du trafic (tourisme + population) au Svalbard.
• Problème des débris de plastique  ;
Financement des bateaux de recherche  : absorbe une grande partie du budget destiné à la recherche.

Politique de recherche au Svalbard

Norsk Polar Institutt : dépend presque entièrement du ministère du climat (80% du financement) ;
Conseil de la Recherche : programme polaire spécifiaue (POLARPROG ) ;
H2020 : même si la Commission européenne publie des documents d’orientation tous les deux ou trois ans, les projets financés par H2020 sont bottom-up pour que les chercheurs puissent eux-mêmes faire ressortir des thèmes importants et pas seulement financer de la recherche qui est seulement étiquetée Arctique.

Rédactrice : Camille Crapart

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