International Polar Ocean Day

Norvège

Actualité
Norvège
26 février 2018

Organisée par l’Académie norvégienne des Sciences et des Lettres, la conférence International Polar Ocean Day visait à résumer les orientations de la recherche polaire, en particulier Arctique. La journée était organisée en deux parties : une partie sur les infrastructures de recherche le matin, suivie par des interventions sur des points scientifiques plus précis l’après-midi.

Plusieurs intervenants se sont succédés au pupitre.

  • Anne Christine Brusendorff, du Conseil International pour l’Exploration de la Mer (ICES/CIEM). Elle a insisté sur les ressources mises à disposition par le CIEM à destination des scientifiques : des bases de données en ligne couvrant tant la biologie que l’océanographie. Le CIEM propose également des formations aux scientifiques ainsi que du conseil en coopération pour le montage de projets européens. En se fondant sur les bases de données, les experts du CIEM travaillent sur également sur des « descriptions d’écorégion » qui permettent d’avoir une vision intégrale des effets des activités combinées dans une région et sert de base à du conseil en politiques publiques, par exemple pour la pêche dans la mer de Barents. Le CIEM travaille également sur l’Arctique et sur les régions côtières de la Norvège.
  • Karin Lochte, du Alfred Wegner Institute, a ensuite présenté les principaux changements intervenant actuellement dans l’océan Arctique, se résumant en deux points : la fonte de la glace marine et ses effets sur la production primaire (plancton) ; et l’acidification des océans.
La banquise est de plus en plus irrégulière, se couvrant de bassins d’eau fondue. Ce phénomène modifie l’albedo de la banquise ainsi que la production primaire sous la place. Les études montrent que le plancton prolifère juste après le retrait de la glace au printemps. Si le moment de la production de plancton change, toute la chaîne alimentaire qui s’ensuit est bouleversée. Les mesures de l’âge de la glace montrent aussi que la glace plus ancienne (de plus de deux ans) est très touchée par la fonte.

Les bassins de fonte ont également une influence sur la balance radiative de la glace. Alors que 62% de l’énergie radiative était renvoyée par la glace en 1982, seulement 37% l’est en 2010. 52% de l’énergie reçue est stockée par la glace, et transmise ensuite à l’océan.

Par ailleurs, les modèles d’acidification de l’océan montrent que tous les océans passeront bientôt en dessous d’un pH7, ce qui change la répartition des espèces vivant dans l’eau : celles qui supportent le changement d’acidité prendront le pas sur les autres.

Selon Karin Lochte, l’utilisation des nouvelles technologies et la formation en continu de scientifiques sera indispensable pour comprendre les causes et les conséquences de ces changements.

  • Anniken R. Krutnes, Ambassadrice norvégienne auprès du Conseil de l’Arctique. Le gouvernement norvégien vise à prendre des décisions politiques fondées sur la meilleure connaissance scientifique possible. Par exemple, la pêche en Arctique est très régulée à partir des données disponibles sur les populations de poissons. Après avoir rappelé le rôle du conseil de l’Arctique, Mme Krutnes a présenté la déclaration de Fairbanks, une déclaration ministérielle concernant la coopération scientifique en Arctique. Lancée à l’initiative des Etats-Unis et la Russie, qui souhaitaient mettre en place un accord pour faciliter la recherche, la Déclaration a finalement été signée en 2017. Cet accord conçu pour faciliter l’accès aux infrastructures et à la logistique pour la recherche, le stockage et le transport d’équipement et de matériel.
  • Nicole Biebow, également membre du Alfred Wagner Institute, a présenté le consortium ARICE (Arctic Research Icebreaker Consortium). L’objectif de ce consortium est de donner accès à des navires de recherche Arctique à des scientifiques dont le pays n’en possède pas. 15 pays partenaires participent, et 6 navires seront partagées. Plusieurs croisières de 6 jours seront organisés. Il est possible de déposer une candidature pour plusieurs périodes. Le premier appel à projet aura lieu fin mars.

Les présentations de l’après-midi concernaient des sujets scientifiques plus précis. A noter, la présentation de Marit Reigstad, responsable du Nansen Legacy project, qui a exposé les grandes lignes et objectifs de cette toute nouvelle équipe de recherche dédiée à l’étude du Grand Nord.

Liens :

AWI

Déclaration de Fairbanks

ARICE

Nansen Legacy Project

Rédactrice : Camille Crapart

PLAN DU SITE