L’α-caténine, molécule-clé pour le maintien d’épithéliums cohésifs

Japon

Brève
Japon | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
9 août 2018

Les épithéliums qui tapissent la surface du corps et les cavités et conduits internes tout comme les organes creux sont une véritable barrière entre l’organisme et son environnement. Plus qu’une protection chimique, infectieuse et mécanique, les épithéliums assurent également des fonctions de transport, d’excrétion de molécules et sont capables de percevoir des stimuli sensoriels.

Les cellules de l’épithélium sont étroitement associées en feuillets, elles communiquent entre elles grâce à plusieurs types de jonctions cellulaires spécialisées. Parmi celles-ci, les jonctions d’ancrage, zonula adherens, permettent l’attachement mécanique et le mouvement collectif des cellules entre elles. Elles sont des sites de liaison pour les filaments d’actine, connectent ainsi les éléments du cytosquelette d’une cellule à ceux d’une autre et permettent la formation de groupes de cellules se comportant comme une structure unitaire.

Pendant longtemps on pensait que le caractère invasif des cancers métastatiques d’origine épithéliale était systématiquement associé à une rupture des jonctions d’ancrage rendant les cellules plus sensibles aux signaux de prolifération, de récentes études montrent pourtant que certains cancers peuvent migrer vers d’autres organes tout en maintenant une cohésion tissulaire intacte.

Les récents travaux du Professeur Junichi Ikenouchi et de son équipe de la faculté des sciences de l’université de Kyushu nous en apprennent davantage sur le rôle de l’α-caténine dans ce processus cellulaire, une molécule qui, comme le montre le schéma ci-dessous, joue un rôle d’intermédiaire entre la cadhérine et l’actine.

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Représentation schématique d’une jonction d’ancrage entre deux cellules épithéliales.


Crédits : http://ressources.unisciel.fr

L’α-caténine agit comme un mécano-senseur qui se trouve activée pendant la migration des cellules. Dans cet état stable, en partie grâce au recrutement de protéines liant l’actine (vinculine et afadine), l’α-caténine contrôle l’activité de la voie de signalisation actine-cytosquelette et agit ainsi comme un régulateur de perception et de transmission des forces qui s’exercent entre cellules au niveau des jonctions cellulaires. Elle garantit in fine le maintien d’un mouvement collectif des cellules épithéliales.

Référence : Kenji Matsuzawa, et al. α-Catenin Controls the Anisotropy of Force Distribution at Cell-Cell Junctions during Collective Cell Migration. Cell Reports. 2018.

Rédaction : Thibaut Dutruel, ch.mission.sdv chez ambafrance-jp.org

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