Budget public japonais 2018 pour la science, la technologie et l’innovation

Japon

Brève
Japon | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
15 février 2018

Le budget public japonais pour l’année fiscale 2018 (du 1er avril 2018 au 31 mars 2019) a été adopté par le Conseil des ministres le 22 décembre 2017. Suite à l’adoption du budget général, le Conseil pour la Science, la Technologie et l’innovation (CSTI) qui est en charge de la politique de la science, de la technologie et de l’innovation (STI) du pays a regroupé les enveloppes destinées à la STI allouées à différents ministères.

Augmentation remarquable du montant du budget public 2018 pour la STI

Le montant pour la STI, comprenant les frais de construction et d’entretien des infrastructures de recherche et les salaires des personnels, s’élève à 3840 milliards de yens (28,8 milliards d’euros, 1euro=133yens), ce qui représente une augmentation de 251,0 milliards de yens (1,9 milliards d’euros) (+ 7,0%) par rapport à l’année fiscale 2017. Cette augmentation est remarquable compte tenu de l’évolution faible du budget pour la STI des dernières années : + 0,9% en 2017, + 0,1% en 2016, - 5% en 2015, + 1,1% en 2014. Par contre, la part des crédits destinés à la recherche proprement dite (financement des programmes de recherche et de la promotion des activités de recherche), qui est comprise dans le montant du budget STI, est de 1316 milliards de yens (9,9 milliards d’euros), soit une augmentation de 0,9% comme l’année précédente.

En décembre 2017, le CSTI a mis en place une méthode permettant de juger si les enveloppes ministérielles sont de nature scientifique ou non, pour obtenir, de façon plus objective et plus pertinente, le montant du budget public pour la STI du pays et l’a appliqué au budget 2018 alors que, jusqu’en 2017, ce jugement était confié à chaque ministère (voir l’article « Nouvelle méthode de classification des enveloppes pour le budget 2018 destiné à la science et à la technologie »)

Le CSTI a, par ailleurs, encouragé les ministères à utiliser de façon active de nouvelles technologies dans leurs programmes, en introduisant par exemple l’intelligence artificielle, l’internet des objets et le big-data dans les projets de travaux publics. Ceci devrait permettre aux utilisateurs (ministères) d’augmenter l’efficacité de leurs opérations et aux développeurs de technologies de mettre en évidence d’éventuels problèmes et de contribuer ainsi au développement des technologies japonaises et à la promotion de l’économie du pays. De plus, ces programmes, qui étaient classés jusqu’ici comme programmes non scientifiques, pourraient être classés comme tels et bénéficier d’enveloppes budgétaires destinées à la science et à la technologie.

En ce qui concerne l’augmentation importante du montant du budget 2018 pour la STI, le CSTI a identifié les causes suivantes en analysant les enveloppes ministérielles :

A. les efforts des ministères, qui ont essayé d’utiliser de nouvelles technologies dans leurs programmes, ce qui a permis aux programmes considérés jusqu’à l’année dernière comme non scientifiques d’être classés comme scientifiques et comptabilisés dans le budget pour la STI : + 191,5 milliards de yens

B. la simple augmentation du montant des enveloppes : + 58,9 milliards de yens

A + B correspond à 7% d’augmentation.

Pour éviter les impacts de la nouvelle comptabilisation sur l’évolution des budgets de 2017 à 2018, le CSTI a recalculé le budget 2017 (3498,2 milliards de yens) avec la nouvelle méthode et obtenu un montant corrigé de 3589,2 milliards de yens. Si on avait utilisé les valeurs 2017 non corrigées, l’évolution aurait été plus importante que les 7% annoncés : une augmentation de 341,4 milliards de yens (+ 9,8%).

Répartition du budget STI par ministère

Les efforts visant à utiliser de nouvelles technologies sont particulièrement sensibles dans trois ministères qui ont vu le montant de leur enveloppe augmenter largement. Il s’agit du Ministère du Territoire, de l’Infrastructure, du Transport et du Tourisme, ou le MLIT (+ 139,5%), du Ministère de l’Agriculture, de la Forêt et des Pêches, ou le MAFF (+ 31,1%) et de l’Agence de Reconstruction (+ 24,2%). Ils sont tous en charge de grands travaux publics dans lesquels les nouvelles technologies dont les drones, l’intelligence artificielle et le big-data, peuvent être utilisées.

Pour plus d’informations, télécharger ici le détail complet de la répartition du budget STI par ministère.

Objectif à atteindre en 2020

Le 5ème Plan-cadre de la science et de la technologie pour les cinq années 2016-2020 indique plusieurs objectifs à atteindre avant la fin de la période, dont 1% du budget public pour la STI par rapport au PIB (0,63% en 2015). Si on calcule avec un taux de croissance annuel de 3,3% du PIB de 2016 à 2020, la totalité des budgets STI devrait être de 26 mille milliards de yens (195,2 milliards d’euros) pour réaliser l’objectif de 1%.

Or, l’ensemble des budgets publics STI 2016 et 2017 (budgets gouvernementaux initiaux + budgets supplémentaires + subventions gouvernementales pour les collectivités territoriales + réserves) et du budget gouvernemental initial 2018 est de 12,8 mille milliards de yens (96,1 milliards d’euros) (les valeurs corrigées avec la nouvelle méthode).

Toutefois, pour atteindre l’objectif fixé, des efforts complémentaires du gouvernement japonais seront nécessaires d’ici 2020.

Sources
Budget 2018 pour la science et la technologie, Cabinet Office (en japonais)

Rédacteur
Kumiko UEHARA – interprete.sst [at]ambafrance-jp.org

PLAN DU SITE