Une lignée cellulaire identifiée pour expliquer le retour de la leucémie après traitement

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Israël | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
15 novembre 2017

La leucémie est un cancer du sang à fort taux de mortalité. Elle touche principalement les jeunes enfants et les personnes âgées. Tandis que certaines équipes de scientifiques cherchent à comprendre comment éradiquer la maladie, des chercheurs de l’Institut Weizmann ont identifié la cause qui entraine le retour de ce cancer après traitement.

Le choix d’étudier la leucémie n’est pas anodin. Ce cancer du sang représente 29 % des cas de cancer chez les moins de 15 ans [1]. En 2015, tout âge confondu, les leucémies aiguës et les leucémies chroniques représentaient 3084 cas et 2733 décès (88%) en France [2]. Contrairement à un grand nombre de cancers, la leucémie est généralisée et les cellules cancéreuses peuvent se retrouver dans la quasi-totalité du corps humain, empêchant toute opération. C’est donc un enjeu majeur de santé publique.

Malgré les traitements de plus en plus efficaces, il arrive que le cancer revienne au bout de quelques mois. Il s’avère que lors de cette rechute, les cellules cancéreuses sont bien plus résistantes aux différents traitements. Il est donc primordial de comprendre si les cellules acquièrent un mécanisme de résistance durant le traitement, ou si certaines cellules cancéreuses sont ab initio résistantes aux traitements. S’intéressant à une lignée cellulaire précise et résistante aux médicaments pour la leucémie, le docteur Liran Shlush et son équipe de l’Institut Weizmann ont découvert dès le stade précoce de la leucémie la présence de ces cellules [3].

Durant leurs recherches, Liran Shlush et ses collègues ont prélevé deux échantillons tissulaires par patient. L’un des échantillons est prélevé lors du premier diagnostic et le second, après la récidive. Ces échantillons ont été analysés en détail, retrouvant l’intégralité des séquences des différents génomes présents dans les tissus. Une fois les cellules triées, celles ayant un rôle supposé dans la récidive ont été testées sur la souris.

Les résultats montrent que les patients leucémiques peuvent être classés en deux groupes bien distincts : un premier groupe (environs 40%) possède un nombre relativement faible de cellules leucémiques résistantes (environ deux cellules malades par millions) et, malgré leur faible nombre, ces cellules sont suffisantes pour se développer et devenir problématiques à nouveau. Cependant, le deuxième groupe est bien plus inquiétant. Dans ce groupe, une cellule cancéreuse sur cinq est résistante aux traitements. Ces cellules sont particulières et ne peuvent être reconnues à coup sûr comme étant cancéreuses puisqu’elles présentent des caractéristiques similaires aux cellules souches (une cellule non-différenciées). Dans ce groupe d’individus, les risques de voir les récidives de la leucémie sont bien plus élevés que dans le premier groupe.

Ces cellules non complètement différenciées, présentes dans le deuxième groupe, ne semblent que peu affectées par les traitements qui empêchent les cellules de se répliquer. De plus, un grand nombre de ces cellules possède des mécanismes de pompe pour extraire les médicaments du corps cellulaire.

Ces cellules étant clairement identifiées, nous pouvons espérer dans un premier temps un diagnostic plus précis quant à la récidive. Dans un deuxième temps, en comprenant en détail les mécanismes de résistance de ces maladies, nous pouvons espérer la découverte d’un traitement plus efficace. Il est aussi important de rappeler qu’environ dix pour cent des patients atteints de leucémie ont besoin d’un don de moelle osseuse et que le nombre de donneurs en France reste faible.

Sources :

[1] Institut National du Cancer - http://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Les-chiffres-du-cancer-en-France/Epidemiologie-des-cancers/Donnees-globales
[2] Donnée consultable sur http://invs.santepubliquefrance.fr//
[3] Tracing the origins of relapse in acute myeloid leukaemia to stem cells. Liran I. Shlush et al. Nature 547, 104-108 (06 July 2017) doi:10.1038/nature22993

Rédacteur : Samuel Cousin, post-doctorant à l’Institut Weizmann

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