Sans mercure, c’est encore mieux

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Israël | Science de la terre, de l’univers et de l’environnement : énergie, transports, espace, environnement
28 août 2018

Le mercure toxique, qui s’échappe des centrales électriques au charbon, des installations d’incinération des déchets, des cimenteries, des usines de traitement des métaux et de nombreuses autres industries, pollue l’air, l’eau et la terre. Pour se conformer à des règlementations environnementales de plus en plus strictes, les gestionnaires d’installations sont toujours à la recherche de nouvelles technologies pour réduire et même éliminer les émissions de mercure. La nouvelle technologie proposée par la start-up israélienne « MercuRemoval » apporte une réponse innovante à ce problème.

Aujourd’hui, le mercure représente un enjeu majeur des politiques environnementales et sanitaires mondiales. En effet, du fait de sa toxicité, son usage doit être particulièrement surveillé et maîtrisé. La prise de conscience à l’échelle européenne a permis une nette réduction des émissions de mercure. Par exemple, les sources de mercure dans les déchets incinérés sont principalement dues aux amalgames dentaires et aux piles boutons usagées. Le mercure est une espèce chimique très volatile, dont les mécanismes diffèrent des autres métaux lourds. La spéciation du mercure (distinction entre les différentes formes de liaisons possibles de cet élément dans un environnement donné) dans les flux sortants, qu’ils soient solides ou gazeux, dépend directement des conditions d’oxydo-réduction, de la température, de la présence de certaines espèces réactives ou oxydantes et des temps de séjour au sein des différents compartiments de l’incinérateur. L’injection d’éléments adsorbants, couplée à d’autres dispositifs de traitement, permet de capturer le mercure efficacement.

C’est sur ce principe que la start-up israélienne MercuRemoval a développé sa méthode d’élimination du mercure en 2015. La société a été créée au sein de l’incubateur de start-ups appartenant à Hutchison Water (Hutchison Water développe une technologie pour identifier et compter les micro-organismes dans l’eau. La société a été constituée en 2008 et est basée à Singapour) et a été soutenue par les fonds de R&D de l’Autorité Israélienne de l’Innovation. La méthode a été commercialisée trois ans plus tard.

Tout a commencé par le développement d’un liquide chimique développé dans les laboratoires de chimie des professeurs Yoel Sasson et Zach Barnae de l’Université hébraïque de Jérusalem.
Ce liquide, appelé 80RT-IL, est un composé ionique (pouvant former des liaisons grâce à la présence de charges positives ou négatives) qui lie le mercure lorsque ce dernier est oxydé (possédant une charge positive). La particularité de ce liquide est qu’un bref contact avec le mercure permet de l’oxyder et de le capturer. Il est injecté en amont des fumées produites par l’incinération sous la forme de gouttelettes. Ces petites gouttes vont donc capturer le mercure toxique, qui est ensuite acheminé vers un réservoir où il va être modifié afin d’obtenir du sulfure de mercure, qui est une forme stable, solide et facilement traitable.
Le 80RT-IL, quant à lui, est réutilisé après avoir été lavé de tout mercure. Ce système fonctionne donc en circuit fermé (aucun besoin d’ajouter à chaque cycle un nouveau liquide). Le tout est conditionné sous la forme d’un dispositif de contrôle de la pollution appelé « épurateur humide ».

Un essai, mené en collaboration avec l’Israel Electric Corporation, a démontré que le système de MercuRemoval atteint un taux de capture et d’élimination du mercure supérieur à 95%, ne laissant aucun sous-produit contaminé.
Après avoir remporté le concours local Cleantech Open TLV 2018, organisé par MIT Enterprise Forum, MercuRemoval était l’une des trois entreprises sélectionnées pour représenter Israël à la compétition Cleantech Open Global Ideas à Los Angeles fin janvier 2018, où elle a remporté la première place du classement Seed Track. A noter que les autres finalistes israéliens étaient Twine Solutions, qui a développé un procédé sans eau et respectueux de l’environnement pour l’impression numérique, et 3DSignals, une entreprise experte de l’audition comme technique de contrôle non-destructif (elle peut diagnostiquer des dégâts via les sons produits par les composants d’une machine industrielle).

Source : https://www.israel21c.org/novel-process-removes-mercury-from-factory-emissions/

Pour en savoir plus : https://www.mercuremoval.com

Rédacteur : Henri-Baptiste Marjault (henri.margault[a]mail.huji.ac.il), doctorant à l’Université hébraïque de Jérusalem

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