Ne rate pas ton petit dej’, surtout si tu es diabétique

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Israël | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
12 mars 2018

Les résultats d’une étude clinique dirigée par l’Université de Tel Aviv et l’Université Hébraïque de Jérusalem sont sans équivoque : que vous soyez diabétique ou non, un petit déjeuner copieux est crucial, sous peine de perturber votre horloge interne pour le reste la journée.

Une nouvelle étude clinique conjointe entre l’Université de Tel Aviv (Centre médicale Wolfson) et l’Université Hébraïque de Jérusalem, avec l’aide de l’Université de Lund en Suède et l’Institut Weizmann, montre que l’importance du petit déjeuner influe sur la réponse métabolique de personnes saines ou atteintes de diabète après le déjeuner mais aussi le dîner. Cela va même plus loin que cela, puisque qu’un petit déjeuner copieux va entraîner la régulation de nombreux gènes qui vont avoir un impact sur la façon dont notre corps réagira après un repas pendant le reste de la journée.

Cette étude réalisée par la Prof. Daniela Jakubowicz et le Dr. Zohar Landau de la Faculté de Médecine de l’Université de Tel-Aviv, en collaboration avec le Prof. Julio Wainstein du Centre médical Wolfson et les Prof. Oren Froy et Itamar Raz de l’Université Hébraïque de Jérusalem, apporte une explication fondamentale sur l’importance de la quantité, la qualité et le timing de chaque repas.

Les scientifiques ont sélectionné 18 patients sains et 18 patients atteints de diabète de type 2 qui ont été soumis à deux régimes différents (l’un après l’autre) pendant une certaine période. Le premier régime dit « YesB » (pour Yes Breakfast) incluait un petit-déjeuner alors que le régime « NoB » n’en incluait pas, les deux régimes ayant le même apport calorifique.
Ils ont ensuite réalisé toute une batterie de tests : taux de glucose sanguin ; taux d’insuline ; suivi de divers indicateurs liés aux métabolismes du glucose et relève du niveau d’expression de gènes issus du cycle circadien notamment ceux liés à la prise de poids, au métabolisme et au bon fonctionnement de l’horloge interne.
Ils ont ainsi observé que la prise d’un petit déjeuner copieux (régime « YesB ») entraînait une réponse plus faible après le déjeuner (lui-aussi copieux) pour les deux groupes de patients (sains et diabétiques). Cette réponse glycémique plus faible signifie que le taux de glucose après le repas grimpe certes, mais de façon significativement moindre comparée à la réponse après le déjeuner sous le régime « NoB ».
Qu’est ce que cela veut dire ? Cela signifie que le taux de glucose est mieux régulé après le déjeuner si le patient a pris un petit déjeuner copieux au préalable, qu’il soit sain ou diabétique. Or, un taux de glucose trop élevé est justement lié à de nombreuses complications de santé, telles que les accidents cardiaques, particulièrement chez les personnes diabétiques. Il serait donc possible de diminuer ce risque par la seule prise d’un petit déjeuner copieux !

En plus de cette découverte, les chercheurs ont également analysé dans cette étude la façon dont étaient régulées l’expression des gènes de notre horloge interne et leur sensitivité ou influence sur les repas. Ils ont ainsi observé que la prise d’un petit déjeuner copieux entraînait toute une série de régulation de l’expression de certains gènes du cycle circadien, menant à une oscillation normale du taux de sucre après le repas, c’est-à-dire à une forte hausse du taux d’insuline et une faible hausse du taux de glucose.
A l’inverse, sauter le petit déjeuner va entraîner un faible taux d’insuline, une forte augmentation du taux de glucose après repas et finalement une mauvaise utilisation du sucre, entraînant par exemple une prise de poids supplémentaire (alors même que l’apport calorifique des deux régimes testés est identique), que ce soit après le déjeuner ou après le dîner. De plus, en « détraquant » certains gènes de l’horloge biologique, cela a des effets plus globaux liés par exemple à la régulation hormonale, l’obésité ou la régulation du cholestérol (lui même lié aux risques cardio-vasculaires). Un simple repas peut ainsi avoir un effet sur toute le reste de votre journée.

La stratégie consistant à privilégier « pas de petit dej’, mais une double ration aux déjeuners » est donc à proscrire, tout comme la tactique « après un copieux dîner, je peux me passer de petit dej’ », puisque votre corps veut son petit dej’ et vous en fera payer le prix si vous lui sucrez.

Sources :
• Lien sur le site des amis français de l’université de Tel Aviv : http://www.ami-universite-telaviv.com/index.php/2013-05-26-08-41-51/recherche/sciences/medecine/827-manger-le-matin-fait-moins-grossir,-d-après-les-chercheurs-de-l-université-de-tel-aviv
• Lien vers le site de l’université de Tel Aviv : https://english.tau.ac.il/news/timing_of_meals
• Article sur Diabetes Care : http://care.diabetesjournals.org/content/40/11/1573.full-text.pdf

Rédacteur : Arthur Robin, doctorant à l’Université de Tel Aviv

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