MPS III-E ou la maladie découverte sans avoir observé au préalable de patients déclarés

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Israël | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
15 mai 2018

Ces dernières années, les outils d’analyse génétique sont devenus de plus en plus performants. Les méthodes de séquençage de notre ADN, ainsi que les programmes servant à analyser les grandes quantités d’informations qui en sont issues, nous permettent de découvrir des maladies bien avant d’avoir un seul patient à traiter. Ainsi, suite à la découverte de la maladie « MPS III-E » (initialement dénommée « Dierks’ disorder ») en 2012, cinq patients atteints de cette maladie ont été diagnostiqués par des médecins au Centre Médical universitaire d’Hadassah à Jérusalem.

Suite à des études du génome humain effectuées à l’Université de Lausanne (Suisse), un gène pouvant être impliqué dans une maladie lysosomiale (un composant des cellules) a été révélé. Le Dr. Thomas Dierks et son équipe de l’Université de Bielefeld ont étudié le gène en manipulant son expression chez la souris.
Cette étude, qui fut publiée en 2012, montrait la désactivation du gène responsable de la production de l’enzyme arylsulfatase G (cette dernière assure la dégradation du sulfate d’héparane, qui est un glucide présent dans le milieu extra cellulaire), cela conduit à l’accumulation du sulfate d’héparane dans les lysosomes (« usine » de dégradation des cellules). Cette accumulation conduit alors à l’augmentation de la taille des lysosomes, ce qui entraîne inéluctablement la destruction de la cellule et donc une dégénérescence du tissu.

En parallèle, au Centre Médical universitaire d’Hadassah, les médecins faisaient face à des patients présentant un trouble génétique inconnu qui se caractérise par une vision de plus en plus mauvaise en raison d’une atrophie rétinienne progressive, accompagnée d’une déficience auditive de l’oreille interne. Ces symptômes étaient décrits dans l’étude du Dr. Thomas Dierks dans son modèle murin en 2012.
Pour s’assurer que le gène muté chez ces patients conduit réellement à un défaut d’enzyme, l’équipe du Dr. Dierks a étudié l’expression du gène dans une culture cellulaire à partir d’échantillons prélevés sur les patients israéliens. L’étude cellulaire a montré que l’enzyme était bien produite, mais que cette dernière était en réalité gravement endommagée, l’empêchant d’assurer sa fonction.
Alors que les conclusions des travaux du Dr. Dierks en 2012 prédisaient une expression des symptômes à partir de l’âge de 10 ans, le groupe de chercheurs allemands ont été surpris de voir que les signes cliniques ne se sont en réalité manifestés qu’après 40 ans chez les patients.

La cause des symptômes étant désormais connue, il serait possible d’envisager une thérapie de substitution enzymatique pour les patients. Pour le traitement, l’enzyme serait injectée par voie intraveineuse, puis serait ensuite transportée à travers le corps et décomposerait le sulfate d’héparane dans les tissus. Le désavantages d’un tel traitement est qu’il est difficile pour une enzyme de se frayer un chemin jusqu’au cerveau et que le trouble doit être diagnostiqué par des tests génétiques avant que les symptômes n’apparaissent, si l’on veut que le traitement commence avant que les dommages ne soient irréparables.

Source : http://www.jpost.com/HEALTH-SCIENCE/Israeli-researchers-identify-symptoms-of-progressive-blindness-533036

Rédacteur : Henri-Baptiste Marjault (henri.margault[a]mail.huji.ac.il), doctorant à l’Université hébraïque de Jérusalem

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