La question de la biomasse

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Israël | Science de la terre, de l’univers et de l’environnement : énergie, transports, espace, environnement
21 décembre 2018

Des équipes de recherche de l’Institut Weizmann et du California Institute of Technology ont collaboré afin de faire un inventaire précis et complet de la biomasse terrestre. Il s’agit de comptabiliser la masse de tous les êtres vivants sur terre ou bien la masse d’une classe d’êtres vivants. De nombreuses études ont déjà été publiées par le passé sur le sujet, mais la plupart d’entre elles n’étaient pas suffisamment fondées ou bien obsolètes. Cette nouvelle étude permet ainsi de juger de l’impact récent de l’homme sur la faune et la flore.

Quelle est l’espèce la plus abondante sur la planète ? Y a-t-il plus d’arbres que de bactéries ou bien de champignons ? La masse de la vie dans les océans est-elle plus importante que celle sur la terre ferme ? Des chercheurs de l’Institut Weizmann et du California Institute of Technology se sont attaqués à ce type de questions. La plupart des études qui étaient disponibles jusqu’à présent étaient soit obsolètes, soit basées sur des idées reçues. C’est ce qui a poussé les chercheurs à entamer un véritable travail de fourmi, car ces données peuvent aider les scientifiques à aborder des problèmes bien plus vastes. Savoir quel est le cycle du carbone sur terre fait partie de ces questions fondamentales, dont les réponses pourraient aider les climatologues dans leurs recherches sur le dérèglement climatique.

Ce travail de deux ans a conduit les équipes à publier un article dans lequel ils recensent la masse carbone de nombreuses classes d’êtres vivants. La masse carbone est une méthode de mesure qui ne prend en compte que la masse des atomes de carbone qui constituent les êtres-vivants. Cela a pour avantage de ne pas prendre en compte la teneur en eau d’un être-vivant, ce qui ajouterait un biais à l’interprétation des données.

On apprend entre autres dans cette étude que la biomasse des plantes domine de loin la vie sur la planète. Ainsi, si certains pensaient avant cette étude que les bactéries dominaient la biomasse, le contraire a maintenant été démontré. Même si les océans couvrent plus de 70% de la surface de la terre, la biomasse terrestre est 10 à 100 fois plus importante que la biomasse marine. Aussi, les arthropodes (crabes, araignées et insectes) constituent le groupe d’animaux ayant la biomasse la plus élevée, suivi des poissons. Les humains pèsent quant à eux 0.05 gigatonnes de carbone, environ la même masse que les termites.

Figure. La biomasse terrestre en gigatonnes de carbone (crédits : Yinon Bar-On, Rob Phillips et Ron Milo)

Figure. La biomasse terrestre en gigatonnes de carbone (crédits : Yinon Bar-On, Rob Phillips et Ron Milo)

L’impact de l’homme sur son environnement transparaît également et l’étude montre que nous avons probablement décimé près de la moitié de la biomasse terrestre. Aussi, les animaux de bétail sont 15 fois plus massifs que les mammifères en liberté ! L’étude nous permet maintenant de prévoir quel serait l’impact d’une déforestation plus poussée des grandes forêts sur le cycle de recyclage du carbone. En résumé, voici un très bon outil pour mesurer notre empreinte sur la Terre.

Sources :
https://wis-wander.weizmann.ac.il/earth-sciences/new-biomass-census-trees-rule-planet
http://www.pnas.org/content/early/2018/05/15/1711842115

Rédacteur : Arnaud Courvoisier, doctorant à l’Institut Weizmann

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