Et si seuls les tissus cancéreux pouvaient être traités ?

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Israël | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
21 septembre 2018

Les chimiothérapies permettent de bloquer la division cellulaire et donc réduisent la prolifération des cellules cancéreuses. Cependant les chimiothérapies atteignent aussi des tissus sains et ont donc de nombreux effets secondaires. Et s’il existait une technique permettant de traiter seulement les tissus atteints ?

Les matériaux capables de répondre à des stimuli ont des applications biomédicales intéressantes et pourraient notamment servir à dispenser des traitements uniquement dans une zone précise du corps. Parmi ces matériaux, ceux répondant aux stimuli lumineux sont particulièrement prometteurs, en raison de la facilité à contrôler de tels stimuli. Les récents progrès en nanotechnologie et en développement de matériaux photosensibles rendent de telles technologies réalisables.

Cependant, ces matériaux présentent deux obstacles majeurs. Tout d’abord, la plupart des matériaux ont été utilisés avec des stimuli ultra violets (UV). Or les UV sont nocifs et ne peuvent pas pénétrer profondément dans la peau. De plus, ces nanomatériaux photosensibles doivent être montés sur une structure rigide faite en polymères, tels que les acrylamides, qui peuvent présenter une forte toxicité.

Le Prof. Boaz Mizrahi et sa doctorante Alona Shagan du département de Biotechnologie du Technion ont développé un nouveau système qui remédie à tous ces inconvénients. Comme vous pouvez le voir ci-dessous, la matrice de ce matériau est faite d’un composite biodégradable couplé à des nanocoques d’or. De plus, ce matériau est contrôlé par de la lumière infrarouge, qui présente le double avantage de ne pas être nocive pour les tissus et de pénétrer profondément dans la peau.

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Image. Composite biodégradable couplé à des nanocoques d’or (crédits : Shagan et al)

Les nanocoques d’or ont la capacité d’absorber la lumière et de diffuser de la chaleur à leur milieu environnant. En outre, le composite développé par l’équipe du Technion possède plusieurs points de fusion, ce qui permet de réduire le risque de surchauffe et donc de dommages pour les tissus non atteints.

Désormais, l’équipe du Technion a débuté la création de nanoparticules contenant les médicaments et va tester la capacité de son matériau à délivrer le médicament seulement dans la zone sélectionnée !

Source : https://pubs.acs.org/doi/full/10.1021/acsami.7b17481

Rédactrice : Odélia Teboul (odelia.teboul1[a]mail.huji.ac.il), doctorante à l’Université hébraïque de Jérusalem

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