Et si la protonthérapie devenait plus accessible ?

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Israël | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
28 août 2018

La protonthérapie a prouvé son efficacité dans la lutte contre le cancer. De plus, contrairement aux techniques de radiothérapie classiques, elle permet de moins endommager les cellules non cancéreuses. Et si elle devenait plus accessible ?

Aujourd’hui, la radiothérapie classique utilise des faisceaux de photons (particules constituant la lumière) et d’électrons. Or, ces faisceaux ne peuvent pas être parfaitement localisés. Par conséquent, des cellules non cancéreuses sont aussi détruites. Au contraire, la protonthérapie, qui utilise des faisceaux de protons, permet de déposer une énergie plus forte dans une région plus localisée et à une profondeur exacte.

Malgré l’efficacité de la protonthérapie, il n’existe que soixante-dix centres dans le monde. En effet, la technique est très coûteuse et nécessite des équipements très sophistiqués, notamment un accélérateur de particules. Et si il existait une solution pour accélérer les protons à de très hautes énergies sans accélérateur de particules ?

Telle est la solution proposée par Hil, une start-up israélienne qui compte parmi ses fondateurs d’anciens doctorants du laboratoire de physique des hautes énergies de l’Université hébraïque de Jérusalem.
La technique proposée combine des lasers à très haute intensité avec des nano cibles. Les impulsions générées par les lasers à haute intensité produisent, lorsqu’ils atteignent la cible, des particules chargées, en l’occurrence des protons. Ces particules sont ensuite ré-accélérées grâce à des champs électromagnétiques. Vous pouvez voir ci-dessous un montage de lasers à très haute intensité.

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Image 1. Montage des lasers à très haute intensité (crédits : HIL)

Et la technique fonctionne ! Ils ont, en effet, réussi à accélérer des protons jusqu’aux énergies nécessaires pour la protonthérapie. De plus, la technique des lasers permet d’avoir une précision de la taille de la pointe d’un stylo. Désormais, les chercheurs de Hil travaillent à la réalisation d’un modèle en taille réelle.

Ces techniques permettent de réduire significativement le coût et la taille des infrastructures nécessaires à la mise en place de cette thérapie. Par conséquent, la protonthérapie pourrait devenir accessible à un beaucoup plus grand nombre de patients !

Sources : http://hilappliedmedical.com

Pour en savoir plus : https://aip.scitation.org/doi/pdf/10.1063/1.3520420

Rédactrice : Odélia Teboul (odelia.teboul1[a]mail.huji.ac.il), doctorante à l’Université hébraïque de Jérusalem

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